• 50 façons de dire fabuleux, Graeme AITKEN

    50 façons de dire fabuleux, Graeme AITKENBilly Boy a douze ans et vit en Nouvelle-Zélande avec ses parents fermiers. Peu intéressé par les charolaises et les brebis, Billy préfère s’évader dans un monde imaginaire où il se métamorphose en la belle Judy Robinson, l’Héroïne de « Perdu dans l’espace », sa série télévisée préférée. Les champs de navets deviennent alors des paysages lunaires, la liseuse lavande se sa mère une combinaison spatiale ultra-moulante et les chiens de son père de répugnants extraterrestres. Mais avec l’adolescence, cet univers kitsch et illusoire ne tarde pas à s’effondrer.

    Mon avis :

    A voir la couverture, on s’attendrait à un récit bucolique relatant les aventures fantasmées d’une bande d’enfants. Mais l’entrée en adolescence est une période où l’on vit des émotions intenses. On n’aime pas, on adule ; on ne déteste pas, on hait ; on n’est pas triste, on est malheureux à en mourir. Toutes ces émotions vont traverser l’histoire que nous conte Billy Boy, l’année de ses douze ans, sa dernière année d’école primaire. Une des plus intenses. Celle des découvertes, des questionnements, des premières amours et des émotions qui les accompagnent.

    Billy Boy, un jeune néo-zélandais, vit à la campagne avec son père fermier et sa mère, ex-infirmière psychiatrique. Une citadine aux idées bizarres, venue se perdre à la campagne. Son père, lui, a les pieds sur terre et une obstination héréditaire. Pour lui, on est fermier de père en fils et quand on est un homme, on aime le rugby et on y joue ! Mais Billy Boy préfère imaginer des aventures copiées sur la série « Perdu dans l’espace » et les vivre avec sa cousine Lou et sa sœur Babe. Il tient le rôle de Judy Robinson, l’héroïne, alors que sa cousine préfère de loin les rôles masculins. Il aime aussi jouer des saynètes de Shakespeare avec sa tante et se déguiser pour l’occasion, ce qui ne manque pas de faire rire ses copains dont les réflexions acerbes fusent. Un jour, Arch, le caïd de la classe, lui lance brutalement « Arrête de jouer les tantouzes ». Il a trouvé sa voie : il jouera les tantouzes ! Mais il ignore complètement ce qu’est une tantouze et à qui poser la question.

    Ce roman bien traduit est rédigé dans une écriture fluide et agréable qui donne envie d’avancer dans la narration. Cette tranche de vie linéaire nous permet d’appréhender avec justesse les difficultés de vie d’un enfant sensible dans un univers rude où il ne trouve pas sa place. Au sein de ce village où tout le monde sait tout sur tout le monde et jacasse sans cesse, Billy Boy se sent incompris. Ses différences le placent d’ailleurs souvent au centre des railleries de ses camarades, que ce soit à l’école ou dans le club de rugby. Ce personnage est particulièrement attachant, touchant. On y retrouve un peu de nos premiers émois, des premiers échecs et des interrogations que chacun connait au sortir de l’enfance.

    La cruauté des enfants, l’horreur de la puberté qui transforme les corps, le malaise qu’elle provoque, la naissance des émotions et le choc de sentiments contradictoires sont au cœur de ce récit initiatique. On le lit d’une traite car il est à la fois joliment écrit, touchant, cruel, drôle et grave. Graeme Aitken parle vrai, ne dissimule rien des tourments de Billy et ne tombe jamais dans la facilité ou la sensiblerie.
    Une histoire simple comme il s’en vit tous les jours à conseiller aux jeunes ados.

     

    50 façons de dire fabuleux, Graeme AITKEN

     

     

    Yahoo! Blogmarks

    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :