•  Lire pour réussir - Un enjeu de sociétéLire pour réussir - Un enjeu de sociétéLire pour réussir - Un enjeu de société

    Première conférence écoutée à la Foire du Livre, cet échange sur les enjeux de la lecture aujourd’hui m’a passablement agacée. Pas seulement par les constats négatifs qu’il a véhiculés encore et encore mais par le fait que l’on a, une fois de plus, pointé du doigt les enseignants comme facteurs de ces échecs.

    Je vais ici relater le contenu de cette rencontre puis me permettre quelques réflexions personnelles sur le sujet qui s’appuient non seulement sur une expérience de trente ans mais sur de nombreuses lectures sur le sujet.

     

    Le postulat de départ était que la maîtrise de la langue est primordiale et indispensable à tout apprentissage.

    Madame Shillings, chargée de cours à l’ULG, nous a résumé les résultats d’une enquête concernant le niveau de lecture des enfants de 4e primaire. Un panel de 4623 élèves ayant été interrogés à partir de textes comptant entre 600 et 900 mots. Si l’on constate que l’apprentissage du code est assez performant en Belgique (2 ans pour l’installer et le maîtriser chez la majorité), la compréhension de l’écrit est une catastrophe. La Belgique se classe dernière des pays européens et au niveau mondial, seuls les pays moins développés nous suivent. Nos élèves en 4e ne sont pas capables de mettre en place un processus de compréhension de niveau expert, c’est-à-dire : collaborer, intégrer, évaluer, faire des liens et comprendre l’implicite.

    Selon madame Schillings, ces piètres résultats viennent du fait que les mécanismes de compréhension qui devraient être liés au décodage ne le sont pas. Pire, les stratégies de compréhension ne sont pas enseignées. Ni aux jeunes enfants, ni aux futurs enseignants. Cela a pour conséquence que 4 enfants sur 5 en Belgique francophone ne maîtrisent pas la langue.

    Que faire ?

    Elle insiste sur la nécessité de mieux former les maîtres, de rédiger des manuels qui tiennent compte des stratégies de lecture, d’enseigner aux enfants à expliciter leur compréhension, à verbaliser leurs démarches, mobiliser des processus et d’entraîner les élèves au maximum en les soutenant dans leurs activités et en les aidant à surmonter leurs difficultés.

    Elle insiste sur un dernier fait : l’Ecole ne compense pas les inégalités sociales et la lecture en est le point de départ.

     

    Je ne me permettrai pas de contester les résultats de cette enquête, même si, comme d’habitude, on ignore tout de l’origine géographique, sociale ou scolaire des enfants. Je serai cependant plus circonspecte sur les causes invoquées qui me semblent au mieux être simplifiées, au pire être fallacieuses. En effet, je ne connais pas d’enseignant du fondamental qui ne pratiquerait les prescrits évoqués ci-avant et nombre de facteurs sont négligés. (Sciemment ?)

    Mes réflexions sur la question : 

    Enseignante dans le qualifiant, je ne nie pas le fait que mes élèves du 1e degré lisent mal. Cependant, sur les quinze élèves qui composent ma 2S (élèves n’ayant pas obtenu leur CE1D) trois ont échoué à l’épreuve de français l'an dernier. Les autres ont réussi. Et les proportions sont sensiblement les mêmes chaque année. Ce qui a par contre posé problème, ce sont les épreuves de math et de langue. Certains me diront que c’est lié. Sans doute, mais pas que.

    Pour prendre les choses dans l’ordre, je rappellerai que lorsqu’un enfant s’engage dans l’apprentissage de la lecture, il devrait posséder une maîtrise signifiante de la langue orale. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas.

    En 2005 déjà, Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’Université de Paris V, dans une interview accordée au journal La-Croix, dénonçait le manque de vocabulaire des enfants. « Nos enfants, qu’on a cru nourrir de nos mots, utilisent un vocabulaire très restreint, réduit à environ 1 500 mots quand ils parlent entre eux – et à 600 ou 800 mots dans les cités. » Pour rappel, dans le développement du langage, on estime qu’un enfant de 3 ans comprend entre 400 et 900 mots et qu’un enfant de 6 ans devrait en maîtriser entre 2500 et 3000.

    Contrairement à ce que l’on a asséné aux instituteurs pendant trente ans, ce n’est pas le fait de déchiffrer qui est responsable d’une lecture empêchant l’accès au sens, mais c’est le déficit du vocabulaire oral qui empêche l’enfant d’y accéder.

    Divers facteurs expliquent ce déficit :

    D’abord, la non maîtrise de la langue orale courante. Nombre d’enfants arrivent à l’école avec une langue orale familiale très éloignée de celle qu’ils vont rencontrer en apprenant à lire et à écrire. Ils parlent une langue étrangère à celle sur laquelle leur apprentissage de la lecture va reposer. Premièrement, en raison de la pauvreté de leur vocabulaire, deuxièmement et surtout en raison des structures mêmes, de la syntaxe, des concordances de temps et des diverses articulations logiques de la langue. La langue familiale sur laquelle reposent les savoirs primitifs de ces enfants est souvent incompatible avec l’entrée dans le monde de la lecture et de l’écrit scolaire. L’écart entre les constructions grammaticales utilisées à l’oral par ces enfants et celles des premières phrases qu’ils vont devoir lire va exiger un effort accru de leur part, multipliant les échelons à gravir pour rejoindre le sens.

    Ensuite, on tiendra compte du peu d’occasions que certains parents prennent/ont pour parler avec leurs enfants après leur journée, réduisant les échanges au côté organisationnel du quotidien. Les échanges d’idées, les relations des événements ayant jalonné la journée, sont réduits au minimum.

    De plus, faute de temps ou d’envie, les moments de lecture plaisir à la maison qui permettent aux enfants d’entendre des mots nouveaux, peu usités, sont rares voire inexistants.

    Enfin, on peut ajouter à la liste, les émissions télévisées pour enfants qui ont perdu en qualité, étant donné qu’il coûte moins cher de diffuser un dessin animé japonais que de réaliser une émission intelligente dans un langage soutenu, comme l’était Bla-Bla par exemple.

    Alors, je suis d’accord que l’Ecole doit faire progresser tous les enfants, que l’école maternelle doit s’attacher à développer le stock lexical des enfants, à travailler sur le sens des mots en contexte et hors contexte mais elle ne peut pas à elle seule pallier les manques de la société.

     

    D’autre part, depuis deux décennies au moins, les programmes ont été alourdis en primaire, laissant moins de temps aux apprentissages de base, et énormément changés en secondaire, répondant en cela à des théories pédagogiques fumeuses visant à renoncer à transmettre un héritage classique. La culture étant alors envisagée comme un outil de domination bourgeoise. Ce fut l’époque de la déconstruction des savoirs, la mise en place de pédagogies alternatives qui, commençant à peine à montrer des effets, ont été abandonnées faute de moyens. Puis celle de changements à répétition concernant la terminologie de la langue et de la diminution des prescrits de lecture… jusqu’au nouveau programme du qualifiant dicté par le monde du travail et son fonctionnement. L’enseignement du français a donc été le premier à souffrir du déracinement culturel, transformant son apprentissage comme langue de communication et non plus comme langue littéraire. Cette manière de faire a accentué les difficultés en maîtrise de la langue et précipité une acculturation générale empêchant de nombreux jeunes d’entrer dans la littérature. Cela a entrainé une double réduction du champ lexical : en dehors de l’école pour les raisons mentionnées plus haut et à l’école suite à ces théories pédagogiques d’application dans l’enseignement.

    Si l’on veut accroitre le champ lexical de nos enfants, les aider à maîtriser l’orthographe et surtout la syntaxe, il faut revenir à une littérature de la fiction, de l’imaginaire. En cela, je rejoins Xavier Vanvaerenbergh, des éditions Ker, qui a dit samedi dernier « Lire de la littérature jeunesse est fondamental car on n’a jamais accès à LA Réalité ; on n’en a jamais que notre vision. La fiction permet d’aborder et d’appréhender la réalité hors des discours ambiants. » Et Virginie Tyou, philologue et auteure, d’acquiescer en ajoutant : « Le monde se renouvelle tellement vite qu’il faut pouvoir se créer une bulle permettant de revenir à nous, à nos émotions pour en débattre ensuite en classe. Il faut reprendre contact avec son imaginaire. Et se construire en classe, des références communes qui passent forcément par la langue et la lecture. Ce qui permet de se comprendre, de comprendre les autres, de s’intégrer et d’intégrer les autres. » Xavier Vanvaerenbergh a finalisé l’échange en précisant : « Il est temps, il est primordial de montrer que le livre est dans le monde et hors du monde, qu’il relie les hommes au monde, dans le temps et dans l’espace. »

    Je ne peux qu’être d’accord. Il faut rendre à la lecture de livres une place de choix. On ne peut espérer donner le goût de la lecture aux enfants, rêver les faire progresser dans la compréhension de la langue en ne leur donnant que des extraits, des schémas, des textes informatifs ou argumentatifs dont les qualités syntaxiques et orthographiques laissent très souvent à désirer.

    Durant des décennies, la littérature a été sacrifiée sur l’autel d’idéologies diverses et notamment celle qui ne voit dans la culture qu’une vision élitiste et non, comme je la conçois, un moyen d’émanciper les jeunes et surtout ceux qui n’ont pas accès à la culture dans la sphère familiale.

    Les politiciens et pseudo experts d’hier ont détricoté l’Ecole et aujourd’hui, ils accusent les enseignants de ne pas être à la hauteur. C’est trop facile. D’autant que les changements qui s’annoncent ont davantage une vision utilitariste de l’Ecole que celle d’une émancipation sociale.

    Errare humanum est. Perseverare diabolicum.

     

     

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  • Mercredi 18h30, la Foire du Livre ouvre ses portes.
    Ici et là, on s'affaire aux dernières mises au point. La présidente d'honneur, Asli Erdogan, inaugure la 49e FLB au Théâtre des mots, rendant par la même occasion un vibrant hommage à ses confrères récemment condamnés à mort, Ahmet Altan notamment.
    Viennent ensuite, Grand Place du livre, les discours académiques dont celui d'Alda Gréoli. 
    A 19h15, la 49e Foire du Livre est officiellement ouverte.

    Je suis venue rencontrer les représentants et libraires du Québec. D'année en année, une véritable amitié s'est nouée avec certains libraires et c'est un réel plaisir de les retrouver durant quelques jours. Leurs précieux conseils sont toujours les bienvenus.


    Je discute longuement avec Billy des nouveautés, avec Jacques Côté de son dernier roman qui vient de paraître, je fais la connaissance de Morgane que je connais virtuellement depuis plusieurs années et que je rencontre enfin. Dominique et Ariane sont là bien sûr. Je discute aussi avec Rodney St Eloi qui représente la maison d'édition Mémoire d'Encrier.
    Un monde impressionnant se presse maintenant sur le stand et je décide d'aller faire un tour avec Marc, le collègue qui m'accompagne. Nous déambulons dans les allées, découvrant d'autres littératures et maisons d'édition : Luce Wilquin, Lilys, Weyrich, Livr'S, Ker et Kennes. Je croise Nathalie, Sophie, Lili, Stéphane... tous sur des charbons ardents en ces premières heures de foire. 

    Mais il est déjà 22h et il est temps de rentrer.

    Samedi, la journée commence par une conférence intitulée "Lire pour réussir, un enjeu de société". Intéressante en soi, elle a vite enfoncé des portes ouvertes. On nous reparle des difficultés de lecture des enfants en primaire, de l'incompétence des enseignants et de leur responsabilité dans ce constat, de l'inertie du politique... Heureusement, Virginie Tyou, Xavier Vanvaerenbergh et Xavier Bergen modèrent quelque peu ces propos. Mais la fracture semble cependant de plus en plus grande entre les acteurs de l'éducation. J'aurais certainement l'occasion de revenir sur cette rencontre.

    La présentation du recueil des œuvres de Maurice Carême, chez Espace Nord, vient ensuite mettre un peu de poésie dans cette matinée. J'y retrouve Cécile et Pascale avec joie. Même si la rencontre est brève.
    Il est temps d'aller manger, un pique-nique animé avec Anne, Mina, Nadège et Frédéric, la conversation étant évidemment tournée vers nos achats, nos coups de cœur et nos rencontres à venir.

    Il est déjà l'heure d'assister à la rencontre entre Asli Erdogan et Tahar Ben Jelloun sur le thème de l'écriture pour résister et témoigner, quelque peu gâchée par la médiocrité de la traduction. Heureusement, l'anglais d'Asli Erdogan est compréhensible et ses interventions bien plus riches que les traductions faites.

    La journée se termine avec l'entretien d'Olivier Guez venu nous parler de l'Europe, de son influence sur la littérature, sur ses écrits et sur l'idée européenne mise à mal en ces temps troublés.

    La soirée débute à la librairie Tulitu, autour d'un verre, en compagnie de la délégation québécoise, libraires et auteurs confondus. Une précieuse opportunité d'échanger plus librement loin de la foule et de faire plus ample connaissance. 
    Elle s'est achevée au restaurant en compagnie de Fabienne et Denis, venus de Normandie pour la Foire, et avec qui nous avons passé une excellente soirée.

     

    Dimanche, j'étais invitée à un petit-déjeuner organisé par les éditions Mémoire d'Encrier et Rodney St Eloi. Ce fut l'occasion d'entendre parler de la collection et de ses auteurs et d'en rencontrer certains. J'y reviendrai dans un billet spécial.
    Pendant que mon mari assistait au spectacle de Pierre Kroll, je suis allée saluer les auteures des éditions Luce Wilquin que je retrouve toujours avec grand plaisir. 
    A 13h, la foule devenant trop dense pour moi, j'ai quitté la foire pour rentrer me plonger dans les achats du week-end. Quelques beaux choix dont je vous parlerai très vite.

    Ainsi se termine cette 49e Foire du Livre.
    Bilan plus que satisfaisant sur le plan des rencontres et de la chaleur humaine. Mitigé quant aux propositions de conférences que j'ai trouvées moins riches cette année. 
    Vivement la 50e !

     

     

     

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    Des sourires, pour chasser la tristesse, 
    De l’audace, pour que les choses ne restent jamais en place, 
    De la confiance, pour faire disparaître les doutes, 
    Des gourmandises, pour croquer la vie, 
    Du réconfort, pour adoucir les jours difficiles, 
    De la générosité, pour le plaisir de partager, 
    Des lectures, pour colorer les idées noires, 
    Du courage, pour continuer à avancer ! 


    Bonne Année à tous !

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    Bilan 2017 et coups de cœur de l'année

     

    Voici venu pour moi le temps des bilans.

    J’aime savoir, d’année en année, quelle part j’ai laissé à la lecture et me souvenir des romans qui ont su me toucher au point d’être des coups de cœur. J’ai lu beaucoup de belles choses cette année, des histoires intéressantes, distrayantes, bouleversantes… Mais ces romans avaient à mes yeux, quelque chose en plus ; que ce soit une écriture agréable, un sujet original, un point de vue particulier, un contexte intéressant ou un dénouement inattendu. 

    J’ai lu moins en 2017 et je compte bien me rattraper l’an prochain. Nonante ouvrages seulement (roman, BD ou essai). Et parmi eux, ceux qui m’ont particulièrement plu sont :

      

    Mes lectures :

    Vi, Kim Thuy

    L’ordre du Méchoui, Lionel Noël

    La gloire des maudits, Nicolas d’Estienne d’Orves

      

    Romans jeunesse

    Stabat Murder, Sylvie Allouche

    Le jardin d’Amsterdam, Linda Mayot

    Nous, Patrick Isabelle

    Les Sœurs Hiroshima, Mariko Yamamoto

    Le groupe, JP Blondel

      

    Romans policiers

    Reflex, Maud Mayeras

    Tu ne jugeras point, Armel Job

    Temps glaciaires, Fred Vargas

      

    Et vous ? Quels sont vos coups de cœur ?

     

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  • TOP 10 de mes lectures québécoisesTOP 10 de mes lectures québécoises

     

     

    Pour ce mois québécois, il nous est demandé d’établir notre TOP 10 des lectures que nous avons aimées.

    Quel choix cornélien !

    D’autant que j’ai lu (j’ai fait le compte pour l’occasion) pas moins d'une centaine de romans et une quinzaine de BD ou romans graphiques. Et une dizaine attendent encore d’être lus et certainement de très bons romans.

    Alors après moultes hésitations, choix, changements… et pour des raisons qui me sont propres (allant de l’émotion ressentie à l’écriture et au style en passant par l’originalité, la véracité…) je vous livre le nom des dix romans qui m’ont le plus marquée. Mais j’aurais pu y mettre tant d’autres aussi. Je me sens frustrée de devoir m’arrêter à dix.

     

     

    Eux, Patrick Isabelle (et la suite, Nous)

     

    La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie

     

    Il pleuvait des oiseaux Jocelyne Saucier

     

    Nirliit, Juliana Léveillé-Trudel

     

    Le mur mitoyen de Catherine Leroux

     

    Brouillard d’automne Lionel Noël

     

    Vi, Kim Thuy 

     

    Traité de peaux, Catherine Harton

     

    Le passager, Patrick Senécal

     

    Violence à l’origine, Martin Michaud  

     

     

    Retrouvez-les à la rubrique Littérature québécoise et canadienne et vous aurez les liens vers mes chroniques.

     

     

     

     

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  • Livrés à domicile fait la fête aux lecteurs

    Depuis septembre 2011, il est, en Belgique francophone, une équipe de passionnés qui anime nos fins de soirée chaque lundi. Seule émission littéraire belge, Livrés à domicile et ses chroniqueurs ont révolutionné le genre, en choisissant de recevoir un écrivain chez un de ses lecteurs. Pari osé de vouloir mettre le lecteur au centre d’une émission ! Pour l’écrivain invité, c’est l’incertitude totale : la rencontre sera-t-elle agréable ? Le lecteur aura-t-il aimé son livre ? Si non, ce sont des milliers de téléspectateurs qui entendront son analyse. C’est parfois plus stressant que l’avis d’un chroniqueur.

    C’est, encore une fois, les lecteurs que l’équipe –des chroniqueurs au réalisateur Patrick Lemy, en passant par la script, le casteur, les divers techniciens...- a voulu mettre en évidence ce samedi 24 juin. Elle leur a donné rendez-vous à Liège pour les rencontrer et leur offrir une multitude d’ouvrages récents. Sympathique manière de fêter la lecture !

    Dès 10h30, l’équipe était au rendez-vous. Le réalisateur de l’émission, la script, les chroniqueurs Gorian Delpâture et Michel Dufranne attendaient les amoureux des livres de pied ferme. Accueil, présentation de chacun, échanges sur la face cachée et les anecdotes de tournage, rencontres avec des hôtes de l’émission, commentaires des téléspectateurs... rien ne fut tabou et toutes les questions ont trouvé réponses.

    Livrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteurs

    Au départ, une immense chasse aux livres était prévue dans le magnifique parc de la Boverie. C’était sans compter sur un malheureux contretemps (un pneu crevé) qui a retardé Thierry Bellefroid et son précieux chargement.
    Qu’à cela ne tienne, c’est en toute simplicité que les livres ont été déposés sur des couvertures et partagés avec la cinquantaine de lecteurs présents. Sans bousculade, chacun a choisi, conseillé et négocié les titres qui le tentaient.

    Livrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteurs

    Certains sont ensuite restés pour un pique-nique avec l’équipe quand d’autres rentraient se plonger dans leur lecture.

    Si je devais résumer ces trois heures en quelques mots, ce serait simplicité, joie, complicité. Non seulement l’équipe s’entend bien et cela se sent mais en plus les lecteurs ont vraiment eu l’impression d'en faire un peu partie.

    Merci à tous pour ces sympathiques et chaleureux moments ! Et longue vie à votre émission !

     

     

     

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  • Boulevard du Polar, 1er numéro.Ce week-end avait donc lieu la première édition du Boulevard du Polar.
    Dans un endroit méconnu, l’atelier Coppens, place du Nouveau Marché aux Grains, il regroupait cinquante-trois (excusez du peu) auteurs et dessinateurs de polars, thrillers, romans noirs et autres mauvais genres.

    A l’entrée, un tapis rouge invitait chacun à pénétrer dans le saint des saints afin de rencontrer, dans une atmosphère feutrée et chaleureuse, des écrivains connus ou qui ne demandent qu’à le devenir. Auteurs de bandes dessinées, écrivains, éditeurs, libraires accueillaient les visiteurs dans une grande pièce centrale. Dès les premières heures, certains fans étaient en attente de leur chouchou, livres lus à la main. D’autres déambulaient à la découverte des visages de ceux qui hantent leurs pires cauchemars. Et à de rares exceptions près, il faut bien dire que ces auteurs de mauvais genres ont tous une mine bien sympathique. Détendus, accueillants, ils bavardent avec le même naturel avec les lecteurs convaincus ou ceux qui n’ont pas encore franchi le pas.

    Dans une pièce annexe, le Compartiment Auteurs proposait de s’asseoir autour d’un verre pour écouter une série de rencontres, d’interviews, d’interrogatoires même. J
    Samedi, c’est la marraine de l’événement, Nadine Monfils qui a ouvert le bal au bras de Todd Robinson. J’ai ainsi fait la connaissance de ce Newyorkais aussi impressionnant, que charmant. Videur dans une boite de nuit, c’est son métier qui l’a inspiré pour écrire les aventures de Boo et Junior (Cassandra et Une affaire d’hommes, parus chez Gallmeister en NeoNoir)

    Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.

    Barbara Abel et Karine Giebel ont enchainé un pas de deux sous le regard amical de Marc Bailly, particulièrement en verve. Ces deux amies ont répondu avec bonne humeur à ses questions sur le métier, leur style, leurs histoires.

    Alors que Christophe Collins discutait genre et style avec deux auteurs belges, Jean-Louis Aerts et François-Xavier Dillard, je suis allé saluer mon ami Richard Sainte-Marie. Venu tout spécialement du Québec pour l’événement, il était en compagnie de Patrick Senécal sur le stand de la libraire Tulitu. Un vrai plaisir de les revoir à Bruxelles cette année.

    Après une pause repas, j’ai encore entendu Sire Cédric et Kid Toussaint discuter des adaptations de romans en bandes dessinées, Carlos Zanon et Hannelore Cayre partager leurs impressions sur la société actuelle qu’ils décrivent dans leurs romans noirs et Tim Willocks évoquer avec Benjamin Legrand le siège de Malte de 1565. Ce fait historique est au cœur du roman « La religion » de Tim Willocks, paru en 2009 et traduit puis adapté en BD par Benjamin Legrand. Une rencontre particulièrement intéressante et érudite.

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    Une troisième rencontre « roman-bd » entre Marcus Malte et Pierre-Henry Gomont a évoqué les qualités nécessaires à une adaptation réussie. « Les nuits de Saturne » est l’adaptation en bande dessinée de « Carnage constellation » de M. Malte.

    Enfin, j’ai écouté mon duo préféré raconter diverses anecdotes à propos de leur métier et de leur entrée sur le Vieux Continent. Patrick Senécal et Richard Sainte-Marie, auteurs bien connus au Québec, ont tout à prouver ici. Ils ont comparé les deux continents sur l’édition, les habitudes de lecture, les rencontres, les lecteurs... Ce fut très plaisant, comme toujours.

    Outre ces rencontres, deux projections cinématographiques ont eu lieu : celle du court métrage « Caïds » de François Troukens et le thriller de Nabil Ben Yadir « Angle mort ».

    En ce qui me concerne, je pourrais aussi vous parler des rencontres amicales partagées avec Sylvie Allouche (Stabat Murder) et Emilie de Lilys éditions, des formidables échanges avec Marcus Malte à propos de son roman « Les Harmoniques » que j’ai adoré et de son livre jeunesse « Scarriels » que j’ai acheté ou de la découverte de la revue « Sang froid » que je lirai avec plaisir cet été. Je pourrais aussi vous parler des files patientes devant Bernard Minier, Sire Cédric, Karine Giebel ou Barbara Abel et de deux auteurs que je ne connais pas du tout mais dont la gentillesse a séduit mon époux et moi-même : Pierre Pouchairet (policier à la retraite) et Véronique Sousset (avocate puis directrice d’une prison actuellement).
    Juillet sera noir cette année, à n’en pas douter.

    J’espère sincèrement que 2018 nous proposera une nouvelle édition de ce sympathique salon. Mais, si je peux me permettre, il serait bon qu’il ait lieu une ou deux semaines plus tôt. Beaucoup de lecteurs et de blogueurs sont dans l’enseignement et ce week-end est le plus chargé de l’année.

     

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