• Deux singes ou ma vie politique, François BEGAUDEAU

    Deux signes ou ma vie politique, François BEGAUDEAU«La France des années 70 est un banquet gaulois où l’on boit et mange en parlant fort sous le regard magnanime de nos hommpolitiques punaisés au mur comme on place un patriarche en bout de table. Moi je suis à l’autre bout, disposé à imiter ce qui passe, à devenir un adulte comme ceux qui me nourrissent, me servent des grenadines, me reprennent si je jure, me déposent à l’école publique. Bientôt je prendrai leur place, puis celle du patriarche. Une vie se sera passée et dedans il y aura eu de la politique, dès le début et jusqu’à la fin. Elle ne s’est pas passée comme ça.»

    Mon avis :

    Entamer ce livre autoportrait par une dédicace à Montaigne, excusez du peu.

    François Bégaudeau, je l’ai découvert comme la majorité, après le succès du film « Entre les murs » adapté de son livre et dans lequel il incarnait le prof de français. Je ne savais rien de lui avant cela. Je ne l’ai plus vraiment suivi par la suite.

    Ce livre m’a intriguée car je me suis demandé quelle part il pouvait bien prendre en politique pour en faire le sujet principal de cette sorte d’examen de conscience d’un bobo dans la quarantaine.

    Ayant grandi dans un contexte et un milieu politique, presque naturel dans les années 70, Bégaudeau s’est interrogé sur la place de cette dernière dans sa vie, son parcours, son œuvre… Sorte de syndrome français, le réflexe politique est en lui. Il s’intéresse à la politique, en parle, a des opinions, des avis et refait le monde en société comme d’autres au café du commerce. Puis, peu à peu, il apprend à se dépassionner, à quitter ce déterminisme, cet amour de la Chose publique.

    Avec des amis, il crée un groupe de rock punk et se met à écrire des textes engagés, réactionnaires, explorant les milieux qui ont été les siens autrefois et les jugeant sans complaisance. Il passera ensuite à la littérature et s’imposera le même exercice critique.

    Polyvalent, il refuse d’être caricaturé, enfermé dans un genre, un milieu et se moque beaucoup des clichés de chaque groupe auquel il a adhéré ou adhère. Il semble présenter ce refus d’être limité à une seule facette, comme une stratégie de survie indispensable. Je lui laisse le bénéfice du doute. Même si j’ai senti beaucoup d’autosatisfaction derrière ses doutes et ses contradictions. Autodérision ? Pas si sûre.

    L’intérêt de ce livre m’a un peu échappé, je l’avoue. Certes, c’est bien écrit (très écrit). Le verbe est beau, la phrase parfaite et le propos nous replonge dans quarante ans de vie politique française, de créations culturelles et de pensées philosophiques. C’est quelque fois drôle. Mais…

    Peut-être la génération Bégaudeau se retrouvera-t-elle dans ce récit particulier, pour peu qu’elle soit française. Personnellement, je suis restée en marge de ce livre. Sans doute le propos typiquement hexagonal et la forme : passion du verbe, de la formule, de la formalisation même de la pensée trop typique à nos voisins du sud. C'est finalement assez formaté. Je suis déçue.

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 10 Mars 2013 à 19:32
    Alex-Mot-à-Mots

    Comment cela : des propos typiquement hexagonal ? 

    2
    Dimanche 10 Mars 2013 à 20:53

     Le fait de discuter de politique, de refaire le monde, de philosopher sur tout... c'est assez français comme habitude. Et la génération Mitterand, cela ne signifie pas grand chose pour nous. Mais c'est plus une remarque qu'une critique.
    Ouf, j'espère être pardonnée.

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