• Julius Winsome, Gérard DONOVAN

    Julius Winsome, Gérard DONOVANJulius Winsome, quinquagénaire, vit solitaire dans un chalet au cœur de la forêt du Maine. Fils et petit-fils d'anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région. Il préfère chérir ce que son père aimant lui a légué : les milliers de livres qui tapissent son chalet et le lee-enfield, ce fusil rapporté par son grand-père anglais des tranchées de la première guerre mondiale. Son unique compagnon est son chien Hobbes. La mort de ce dernier, abattu par un chasseur, déclenche chez cet homme doux une fureur meurtrière.

     

    Mon avis :

     

    Comment un homme simple, doux, solitaire ; un amoureux des livres et de la belle langue anglaise, peut-il soudain devenir un tueur implacable ?

    Comment un homme qui fait corps avec la nature, détestant la chasse, peut-il se mettre à tuer ses semblables ?

    Il aura suffi qu’un acte de malveillance lui ôte son chien pour que cet homme hypersensible perde ses repères et sa morale.

    L’auteur ne cherche pas à analyser la psychologie de Julius. Il ne fait pas non plus l’apologie des crimes. Il nous livre simplement les faits bruts et les souvenirs de son « héros » sans les décrypter.

     

    La nature joue un rôle primordial ici. Elle nourrit ses sens, le berce de ses saisons, l’émerveille chaque jour. Il est en harmonie avec elle, en osmose, heureux. Il y est né, y a grandi et lui reste fidèle.

    Hobbes est tué à l’automne. Une saison aux couleurs chaudes, où la forêt se pare de ses plus beaux atours, comme pour se dédouaner du paysage triste et morne qu’elle imposera dès les premières gelées. On ne devrait pas mourir quand la nature est si belle.

    L’hiver arrive très vite ensuite. Dur, obsédant, cynique. Une saison où Julius ressent la solitude, le froid, le silence. Julius se calfeutre alors chez lui et lit, hume l’encre, le papier, écrit, se retire un peu plus du monde. « Un hiver dure 50 livres » dit-il. Mais cet hiver-là, il n’arrive pas à lire, à se concentrer et sa vie va peu à peu basculer.

    L’hiver s’installe et Julius va froidement chercher le responsable de la mort de son chien, le pister, se venger. Il reste maître de lui, mais se glace de l’intérieur.

    Comme le héros de Camus était poussé au meurtre par le soleil, Julius va tuer à cause de la neige. Ce linceul de pureté et de mort.

     

    J’ai aimé ce récit puissant. Il est à l’image de la nature : cinglant, implacable. Le style concis maintient le suspens, en allant droit au but, sans détour ou détail inutile. Chaque mot est pesé.

    La montée en tension est efficace, sans relâchement, on ne décroche pas.

    C’est enfin un très bel hymne à la littérature et à la nature.

    Un roman noir à découvrir.

      

    L'avis de l'or des chambres 

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 7 Décembre 2011 à 11:22
    Grim'livres

    Je note pour mes futures lectures. Ton article nous met déjà sous tension, il donne très envie de se plonger dans les pages de ce roman !

    Gwen

    2
    Jacqueline H
    Mercredi 7 Décembre 2011 à 18:07

    Je prends note de ce roman : ton billet me donne vraiment envie de le lire !

    3
    Jeudi 8 Décembre 2011 à 09:19
    Alex-Mot-à-Mots

    Sans doute un peu trop de nature pour moi, même si le côté polar me plairait bien.

    4
    Jeudi 8 Décembre 2011 à 21:05
    Chaplum

    J'ai aimé, sauf la fin. Trop américaine sans doute.

    5
    Mardi 3 Janvier 2012 à 17:48

    Il me tente beaucoup, ce livre !

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