• La fille du Triangle, Franco MEGGETTO

    La fille du Triangle, Franco MEGGETTOCharleroi, novembre 2009, quartier du Triangle, haut lieu des bars à filles de la ville. La police est sur le pied de guerre en ce petit matin pluvieux. Une jeune prostituée roumaine a été sauvagement assassinée de plusieurs coups de couteaux.
    Tout récemment nommé inspecteur principal, Bruno Bianchi se voit confier la très délicate enquête. Flanqué de son inénarrable acolyte Cuvelier alias « cuve à bière », et chapeauté par la très (trop ?) troublante juge Chevalier, Bianchi pénètre l’univers glauque de la prostitution de rue, où se côtoient des filles aux abois, des michetons amoureux, des exploitants sans scrupules et des maquereaux sanguinaires.
    Qui a bien pu en vouloir à la belle et douce Irina, échouée par accident sur les trottoirs carolos ?
    Bruno cherche des réponses. Bruno veut trouver. Bruno doit trouver.

    Mon avis :

    Après une découverte de Mons en ce mois belge, je me suis plongée au cœur de la ville basse de Charleroi. Le Triangle est le nom donné au quartier chaud où trois rues rassemblaient (avant les travaux) l’essentiel de la prostitution. Le Triangle, c’est un univers particulier, « une ville dans la ville » dit un des personnages.

    L’auteur est né et a grandi dans cette ville qu’il connait par cœur. Chroniqueur judiciaire, il a couvert de nombreux faits divers en tant que journaliste et c’est donc tout naturellement qu’il a eu envie d’en raconter un.

    Ce quartier est un univers romanesque à part entière. Il y a les bons, les méchants, la jalousie, l’entraide, les filles, les macs, les clients... Rien n’est tout rose ou tout noir mais tous les ingrédients sont déjà naturellement disponibles pour écrire un roman. Franco Meggetto est passé avec aisance de la réalité à la fiction. Il n’a eu qu’à mettre en musique une partition quasiment écrite à l’avance et à donner le rythme tout en ajoutant des points d’orgue ou des silences.

    Des histoires glauques, toutes les grandes villes en regorgent. Franco Meggetto a choisi de camper la sienne dans le monde particulier de la prostitution, un univers où l’on croise beaucoup de misère humaine. L’action se déroule en 2009, dans un quartier où les filles tapinent sur le trottoir sous le regard des conducteurs qui roulent à allure réduite, ballet incessant éclairé de néons rouges ou verts. Un appel arrive au petit matin au central : une jeune roumaine a été retrouvée morte au 24 rue Desandrouin. Commence alors la lente enquête du commissaire Bianchi qui devra se faire accepter par le milieu pour espérer collecter quelques informations qui le mettraient sur la piste du tueur.

    Ce roman est celui d’une enquête classique menée par un flic ordinaire. De la découverte du corps à la conclusion, on suit les démarches de l’inspecteur Bianchi et de son équipe de l’intérieur, les interrogatoires, les devoirs d’enquête... On discerne les rapports entre unités policières, les liens avec la hiérarchie ou avec le juge d’instruction. On le suit aussi dans ses tribulations personnelles : père divorcé ayant la garde de ses enfants une semaine sur deux, fils unique d’une mère veuve, immigrée italienne, racines pour laquelle il a une tendresse particulière (comme beaucoup en Wallonie) et Carolo dans l’âme.

    Dans ce roman, la ville est, en effet, un personnage à part entière. Si on la connait mal, comme moi, on ne perçoit sans doute pas toutes les subtilités du récit. Les rues, les bars, les restaurants... n’évoquent pas grand-chose. Mais on sent que l’auteur l’aime, cette ville, qu’elle lui est chevillée au corps et il en parle merveilleusement bien même s’il le fait sans complaisance. Les souvenirs d’enfance, les sorties en boite, la musique des années 80-90, les faits divers célèbres... sont par contre accessibles à tous, surtout si on appartient à la génération de l’auteur.

    L’écriture est simple et fluide, efficace. Elle ne s’embarrasse pas de fioritures inutiles. L’auteur va droit au but et ne perd pas son histoire de vue. C’est un bon polar qui m’a plu du début à la fin.

    Je ne peux passer sous silence la couverture, signée François de Brigode. La photo choisie fait partie d’un reportage-photo que le journaliste et photographe a effectué dans le milieu carolo de la prostitution. Soudé par une amitié indéfectible depuis leurs études à l’Athénée de Châtelet, ils le sont aussi par cette ville. L’ambiance de la photo colle parfaitement au roman. Difficile de savoir qui a inspiré l’autre.

    Un récit idéal pour ce mois belge mais aussi un bon polar qui plaira à tous les amateurs du genre. N’hésitez pas.

     

    La fille du Triangle, Franco MEGGETTO5e

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Jacqueline
    Samedi 15 Avril à 09:12

    Je note ....... Un bon polar .... écrit par un compatriote = deux raisons de m'y intéresser ...:)

      • Samedi 15 Avril à 11:12

        Il devrait te plaire.

    2
    Samedi 15 Avril à 12:38
    Anne (desmotsetdesno

    Ma soeur se l'est fait dédicacer l'année dernière à Boulevard du polar, il faudra que 'y pense pour l'année prochaine ?

    3
    Samedi 15 Avril à 21:01

    J'arrête de noter car ma liste est trop longue ! 

    Bonne fête de Pâques. 

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