• La nuit des poupées, Guy TRISTAN

    La nuit des poupées, Guy TRISTANQuels rôles peuvent bien jouer deux poupées de chiffon dans le tumulte meurtrier qui secoue en l’espace de deux jours un petit bourg proche de Romorantin ? Avec le retour d’un étrange vagabond, remontent à la surface des faits anciens... Un parfum de terroir où se mêlent notables locaux et taverne louche. 

    Mon avis :

    En vacances en Sologne, je me suis laissé tenter par un roman régional qui semblait m’attendre au centre d’une librairie. Je me suis donc plongée dans ce polar se déroulant dans des lieux visités et j’ai trouvé ça très agréable.

    Alors qu’un étrange entomologiste tombe en panne à Langon et se voit contraint d’y passer la nuit, une jeune femme bien connue de tous disparait. Lorsque son corps est retrouvé peu après, tous les soupçons se portent naturellement sur cet étrange voyageur. D’autant qu’il a l’air de connaitre les lieux alors que personne ne le connait. Mais n’est-ce pas trop évident ? Certains, dont un journaliste local, pensent qu’on veut lui faire porter le chapeau. Mais alors qui est le meurtrier ? Et qui est cet homme ?

    Ce roman qu’on pourrait qualifier de « roman de terroir » nous emmène dans un suspens, ma foi, très bien tourné. L’intrigue tient la route et nous embarque à travers une région de lacs et de forêts, magnifique, au cœur d’un village où les rumeurs vont bon train ; d’autant que tout se sait et que la vie privée ne le reste jamais très longtemps. L’auteur décrit finement l’enflammement de la vie locale alors qu’un événement inopiné survient et trouble le calme, on pourrait même dire l’ennui, de certains. Il nous offre ici une fine analyse des relations humaines, décrivant la résurgence de vieilles rancœurs que les circonstances attisent. C’est l’heure des règlements de compte. Tout le monde en est conscient.

    Le rythme est soutenu et a réussi à me ferrer dès le début car la succession de fausses pistes mais surtout les changements de chronologie qui font revenir l’auteur sur un fait ou sur l’emploi du temps d’un protagoniste donnent envie d’avancer dans l’histoire pour en découvrir le fin mot.

    L’auteur, Breton mais Fertésien d’adoption, décrit avec justesse les paysages solognots, les bords de Cher, les couleurs, les ambiances au lever du jour ou au crépuscule, l’architecture particulière de la Sologne et, pour ce que j’ai pu en juger moi-même, l’attachement des habitants à leur région.

    Une atmosphère trouble, parfois sordide et un polar maitrisé qui s’inscrit parfaitement au cœur de la région qui lui sert de décor. Un bon moment de lecture qui prouve qu’il faut parfois sortir des sentiers battus et oser des auteurs inconnus.

     

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