• Le copain de la fille du tueur, Vincent VILLEMINOT

    Le copain de la fille du tueur, Vincent VILLEMINOTCharles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils font les quatre cents coups pour tuer le temps… Jusqu’à l’arrivée de Selma. Cette fille est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un célèbre trafiquant de drogue.

    Mon avis :

    Même si je trouve le titre moche bien peu engageant, je m’attendais à autre chose, Vincent Villeminot étant un auteur jeunesse expérimenté et reconnu, auteur notamment de U4, Stéphane et de la trilogie Instinct.

    Comment parler de ce roman foisonnant et décousu qui m’a laissée sur ma faim ?
    Commençons par l’histoire. Charles est le fils d’un poète, Prix Nobel de littérature, qui a voué toute son œuvre à son grand amour perdu, Emma, la mère de Charles. Celle-ci est, en effet, décédée alors qu’il n’avait qu’un an et son père ne s’en est jamais remis. Enfermé dans sa douleur, il a négligé son fils et ils ont vieilli côté à côté en parfaits inconnus. Quand le récit débute, Charles vient d’intégrer une école suisse réputée et n’a qu’une idée en tête : obtenir son Bac et retourner aux Etats-Unis poursuivre ses études, loin de ce pays natal où il n’a aucune attache. A son arrivée, il se lie d’amitié avec le fantasque Touk-E, fils d’un président-souverain africain. Autant Charles est introverti, réservé, studieux, autant Touk-E est extraverti, excentrique, paresseux. Tout les oppose et pourtant, une étonnante amitié va les lier d’emblée. Touk-E apporte à Charles le grain de folie qui lui manque et Charles parvient quelques fois à rendre Touk-E plus responsable et pondéré. Cette première partie nous conte les frasques de ces deux compères (plus que la vie à l’internat) et décrit les aspirations de chacun d’eux.

    Arrive alors Selma qui fait son entrée à l’internat, en cours d’année. Solitaire, mutique, mystérieuse, elle bouleverse et attire Charles dès le premier jour. Très vite, il apprend qu’elle est la fille d’un célèbre narcotrafiquant et bien qu’elle représente une réalité qu’il exècre, il tombe sous son charme. Il n’aura de cesse de briser son silence et de découvrir qui elle est vraiment.

    Avec ces trois personnages au profil diamétralement opposé, on pouvait s’attendre à de belles joutes oratoires, des échanges d’idées sur la famille, l’école, le monde, le destin... Ce ne fut pas le cas. L’apparition de Selma éclipse quelque peu l’amitié entre les garçons qui passe au second plan et l’accent est mis –un peu trop- sur la romance. L’intérêt de cette partie tient au mystère de Selma. On perçoit très vite qu’elle ne se livre qu’à demi-mots et qu’elle garde des secrets de famille, des fêlures que Charles voudrait apaiser. Je regrette cependant le côté un peu mièvre de cette partie de l’histoire. On reste à la surface des choses, le côté anecdotique prend le pas sur une réflexion plus profonde.

    Dans la dernière partie, tout se précipite : l’année scolaire touche brutalement à sa fin, Selma connait des soucis avec sa famille, Charles quitte l’école pour rester au chevet de son père... et toutes les questions soulevées par la deuxième partie du récit trouvent brusquement des réponses -parfois tirées par les cheveux. Et alors qu’on attend un happy end, un ultime rebondissement vient perturber le début de l’été.

    Si le style et l’écriture sont plaisants car vifs et dynamiques et le rythme enlevé grâce à de très courts chapitres, l’histoire manque de consistance. Elle aurait pu être dense : on y parle de filiation, d’héritage, de transmission mais aussi du poids de la famille, de la société... mais rien n’est vraiment abouti. Elle aurait pu être originale mais le côté too much de certaines scènes, de certaines révélations ne les rendent pas crédibles. Les personnages ont tout pour être attachants mais certaines réactions imprévisibles empêchent de les prendre au sérieux. Il y a un peu de Tarantino dans tout ça : c’est parfois profond, souvent loufoque et toujours excentrique.
    En conclusion, je suis dubitative. Non seulement pour toutes les raisons évoquées ci-dessus mais également parce que je me demande si les adolescents parviendront à s’identifier à ces personnages ou s’ils trouveront un intérêt à leurs aventures.

    Je remercie cependant les éditions Nathan de m’avoir fait parvenir l’épreuve de ce roman qui sortira le 25 août prochain, à la rentrée.

     

     Le copain de la fille du tueur, Vincent VILLEMINOT

     

     

     

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