• Le crime du prince de Galles, Jacques NEIRYNCK

    Le crime du prince de Galles, Jacques NEIRYNCKHomme de l'ombre du président de la République, Raoul Thibaut de Mézières opère en toute discrétion au cœur du Paris tumultueux de la Belle Époque. En pleine nuit du mois de mai 1908, il est réveillé par un coup de téléphone : Marguerite Steinheil, une vieille amie, lui annonce que son amant vient de tuer son mari. Or cet amant n'est autre qu'Édouard VII, roi de Grande-Bretagne. Si cette affaire venait à être connue, les conséquences pourraient se révéler désastreuses pour la République. Affabulations ou vérité gênante ? Chargé officieusement par le président Fallières de s'en mêler, Raoul va se retrouver au cœur des secrets d'alcôve et des manœuvres politiques, entre une cocotte hystérique et les cancans journalistiques.

     

    Mon avis :

     

    Passionnante de bout en bout, cette histoire m'a beaucoup plu et m'a fait prendre conscience que je connais très mal l’Histoire de France contemporaine. En effet, des trois présidents dont il est question ici, seul Félix Faure m’est connu. Je n’avais jamais entendu parler de ses successeurs.

    Ce roman raconte l’histoire vraie de Marguerite Steinheil, entrée dans l’Histoire pour avoir été la maîtresse de Félix Faure et la dernière à l’avoir vu vivant. Neuf ans plus tard, elle sera à nouveau au centre d’une affaire qui défraya la chronique : le meurtre, jamais élucidé, de son mari et de sa mère, dans leur villa de l’impasse Ronsin à Paris.

    Jacques Neirynck imagine ici qui pourrait être le meurtrier et pour quelles raisons cela n’a jamais été révélé. Prenant peu de liberté avec l’Histoire, il nous livre une enquête de belle facture, agréable à lire et très intéressante sur le plan historique. La vie et les mœurs de la République de l’époque nous sont révélées tout au long du récit de même que les nombreuses manœuvres politiques auxquelles se livrent les puissants sous prétexte de préserver la paix et l’unicité de la nation. Ce n’est pas toujours reluisant.

    J’ai particulièrement goûté le passage expliquant les dessous de l’Affaire Dreyfus et les raisons ayant poussé le président Faure à refuser la révision de son procès. Cela m’a toujours édifiée de voir comment, sans remord, on pouvait sacrifier la vie d’un homme à la raison d’Etat.

    Moins roman policier que roman historique, le récit se lit vite car on a envie de savoir par quel tour de passe-passe Marguerite Steinheil va bien pouvoir s’en sortir et comment elle justifiera l’ampleur donnée à cette malheureuse affaire.

     

    Né à Uccle en 1931, Jacques Neirynck est diplômé de l’Université Catholique de Louvain où il a obtenu son diplôme d’ingénieur en électricité puis son doctorat en sciences appliquées. Ayant travaillé dans un charbonnage puis enseigné à Kinshasa avant de revenir à Bruxelles, chez Philips entre autre, il part s’installé à Lausanne où il enseigne à l’Ecole polytechnique fédérale. Naturalisé Suisse aujourd’hui, il a publié outre de nombreux ouvrages techniques, trois polars historiques et de nombreux romans entre 1994 et 2008.

      

    J’inscris ce livre dans le challenge voisins-voisines. Anne décidera s’il doit paraître dans la catégorie Belgique ou Suisse. Et en polar historique aussi, bien sûr.

      

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 21 Janvier 2012 à 14:53
    niki/sheherazade

    j'ai lu "le siège de bruxelles" de cet auteur - assez tiré par les cheveux d'ailleurs, mais soit c'était de la politique-fiction

    je note cependant ce titre car j'aime bien les polars historiques

    2
    Samlor Profil de Samlor
    Samedi 21 Janvier 2012 à 14:56

    Neirynck m'a toujours tentée! Merci pour cette chronique, cela me donne bien envie!

    3
    Samedi 21 Janvier 2012 à 19:01

    u m fais hésiter sur la nationalité à attriuer à ce livre !! Dans ton commentaire sur le billet récap', je l'avais spontanément classé en Belgique, car cet auteur eest Belge pour moi, je ne savais pas qu'il est nationalisé Suisse... Bon, je mets bien MEtin Arditi en Suisse, alors je le change de catégorie. Il faudra donc attendre encore un peu pour un Belge. En tout cas, Belge ou Suisse, tu m'as donné envie de lire ce livre !

    4
    Dimanche 22 Janvier 2012 à 10:13

    Sincèrement, je préfère Suisse (au cas où je n'en lirais pas d'autres) car Belgique, je sais qu'il y en aura...

    5
    Dimanche 22 Janvier 2012 à 16:28

    Je l'ai mis en Suisse, tout en laissant le mot "Belgique" seul, parce qu'il n'y a pas encore de lectures belges (pour le moment). Figure-toi que j'ai déjà lu deux livres suisses depuis le début de l'année ! ;-)

    6
    Lundi 23 Janvier 2012 à 16:17
    Alex-Mot-à-Mots

    Je suis tentée, après ceux que tu m'as envoyé pour le swap, qui attendent patiemment.

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