• Le dernier brame, Jean-Claude SERVAIS

     

     

    Le dernier brame, Jean-Claude SERVAISColette a été élevée dans une famille d’accueil. Adulte, elle cherche à entrer en contact avec sa mère. Mais pour communiquer avec elle, elle n’a d’autre choix que d’entrer dans l’univers obsessionnel que celle-ci a construit autour de “Monsieur Blanche”, le best-seller de l’écrivain Bernard Chalenton auquel elle voue un véritable culte. Ce qui n’était, au départ, qu’un substrat thérapeutique va prendre une dimension inattendue quand surgit, derrière l’icône, le pervers manipulateur.

     

    Mon avis :

     

    La saison du brame, c'est l'instant fatidique où le cerf dominant gagne au combat la suprématie sur les autres mâles et la jouissance exclusive des femelles de la harde. Mais qu'advient-il du maître quand la vieillesse le fait ployer devant un adversaire plus jeune ? (NDE)

    C’est là tout le propos du récit. En une belle métaphore, Servais nous conte deux histoires en parallèle : celle qui se noue entre Colette, sa mère et l’écrivain, et celle de la forêt qui vibre sous le brame, rituel éternel de passage de force pour la survie de l’espèce.

     

    Cette double approche lui donne l’occasion de dessiner (je dirai presque peindre) la forêt et les sous bois à l’époque où elle explose littéralement de mille feux. Les palettes de couleur et de lumière fusionnent avec brio pour nous offrir des dessins d’une criante réalité. Fascinante, la nature nous apparaît ici dans tout son éclat ; personnage à part entière du drame qui se joue devant nous. Car c’est bien d’un drame dont il s’agit ici. Orgueil, vanité, perversion, autorité et traîtrise nous offrent un cocktail âcre dont l’auteur ne sortira pas indemne. Et par l’analogie qu’il fait, Jean-Claude Servais nous rappelle que l’homme et la nature sont intimement liés.

    Cette bande dessinée se lit comme roman, puis se déguste une seconde fois comme une exposition d’instantanés sur la forêt ardennaise. L’album est magnifique et sera très certainement primé.

    S’étant inspiré de l’œuvre d’écrivains et de scientifique connus pour illustrer son récit, Servais leur rend hommage à la fin de l’album d’une bien belle façon.

     

     

    Le dernier brame, Jean-Claude SERVAIS

     

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