• Le pendu de Saint-Pholien, SIMENON

    Romans policiersPersonne ne s'aperçut de ce qui se passait. Personne ne se douta que c'était un drame qui se jouait dans la salle d'attente de la petite gare où six voyageurs seulement attendaient, l'air morne, dans une odeur de café, de bière et de limonade. Il était cinq heures de l'après-midi et la nuit tombait. Les lampes avaient été allumées mais, à travers les vitres, on distinguait encore dans la grisaille du quai les fonctionnaires allemands et hollandais, de la douane et du chemin de fer, qui battaient la semelle. Car la gare de Neuschanz est plantée à l'extrême nord de la Hollande, sur la frontière allemande. Une gare sans importance. Neuschanz est à peine un village. Aucune grande ligne ne passe par là. Il n'y a guère de trains que le matin et le soir, pour les ouvriers allemands qui, attirés par les gros salaires, travaillent dans les usines des Pays-Bas

     

    Mon avis :

     

    L’histoire débute à la frontière hollandaise et l’enquête emmène Maigret à Brême, Reims… et Liège. Ville natale de Simenon.

    On y découvre un Maigret pris de remords devant le suicide d’un jeune homme et cherchant à en comprendre les raisons. On le sent plus humain, plus impliqué dans ce récit que dans d’autres. Au fil de l’enquête minutieuse qu’il mène, il finira par faire resurgir une histoire ancienne qui nous éclairera sur la personnalité de la victime et des personnages du roman. Mais pour bien en saisir tous les aspects, Maigret doit se rendre à Liège où tout a commencé.

    C’est pour l’auteur l’occasion de décrire avec le talent qu’on lui connait, la vie de bohème de ces années-là et quelques rues de la cité ardente à l’ambiance particulière. On se perd dans les impasses et les venelles grouillant d’odeurs et de sensations diverses. On découvre des rues et des magasins aujourd’hui disparus que Simenon prend plaisir à décrire. On le sent chez lui et on se laisse guider.

     

    Ce roman prend naissance au cœur d’un fait divers réel.

    En 1922, Joseph Kleine, un jeune peintre âgé de 20 ans, s’est pendu avec son écharpe à la poignée du portail d’entrée de l’église Saint-Pholien, alors qu’il était sous l’emprise de la boisson. Cette nuit-là, le jeune Georges Simenon l’avait soutenu dans les rues de Liège. Ils fréquentaient alors un club d’artistes, « La Claque » situé derrière l’église St-Pholien, dans l’impasse de la Houppe, au-dessus d’un atelier de menuiserie.

    La place de L’Yser, cœur d’Outremeuse, s’étend entre l’église Saint-Nicolas (celle de Simenon) et l’église Saint-Pholien. A l’époque, une forte rivalité opposait les deux paroisses au point que si un jeune de Saint-Nicolas osait s’aventurer près de Saint-Pholien, il risquait d’être pris à partie voire tabassé.

     

    Un bon Maigret à l’écriture fine et précise ; un style qui, dans la deuxième partie du roman, est plus intimiste, teinté de souvenirs et d’émotion.

    Un récit qui oscille entre le policier et le roman dramatique.

      

      

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  • Commentaires

    1
    jessyjames
    Mercredi 1er Juin 2011 à 13:59

    Un grand classique du roman policier et de la littérature belge. C'est bien d'en avoir parlé ici. De plus tes infos sont intéressantes. Merci.

    2
    Jacqueline H
    Jeudi 2 Juin 2011 à 22:38

    Un Simemon qui m'avait vraiment plu !

    3
    Vendredi 3 Juin 2011 à 01:30

    Bonjour mon amie,

    Tiens, un Simenon que je n'ai pas lu ! Et avec ta chronique, j'avoue que tu m'a tenté !!!

    Merci !

    Bonne journée et surtout, bonne lecture

    Amitié

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