• Ma place dans le circuit, Sabine DORMOND

    Ma place dans le circuit, Sabine DORMONDC’est sans doute l’une des angoisses lancinantes de notre époque. Ou peut-être de tous les temps.
    Trouver sa place dans le monde professionnel, quand la tendance est au dégraissage et à la déshumanisation des rapports. Quitte à écraser l’autre.
    Se profiler face à la concurrence, évincer ses rivaux.
    Trouver sa place dans une société de plus en plus clivée.
    Trouver sa place quand on porte comme une tare la culpabilité d’un autre.
    Ou sur ses épaules le poids de la vérité.
    Trouver sa place auprès de l’autre, jusqu’à se l’accaparer.
    Trouver sa place quand la vie s’obstine à nous refuser le rôle convoité.
    Et la foi, a-t-elle encore sa place dans un monde fanatiquement laïc ?
    … si tout l’enjeu se résumait à ça ?

    Mon avis :

    Je découvre l’auteure avec ce recueil et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle excelle dans ce genre. Chacune des nouvelles de ce recueil est un instantané pris sur le vif de la vie d’inconnus confrontés à l’exclusion. Soit parce qu’ils ont perdu leur travail, ou leurs repères, soit parce qu’ils se sont vus évincer pour un(e) autre. Ces exclusions réelles ou perçues sont toutes différentes mais leur point commun est qu’elles mettent en scène des gens ordinaires. Les « héros » bien malgré eux de ces histoires pourraient être chacun de nous. Broyés par la vie, par la société, ces êtres sont dépeints par Sabine Dormond avec une réelle tendresse.

    Parfois criantes de vérités, parfois caricaturales, ces nouvelles mettent en évidence l’individualisme qui grignote chaque jour un peu plus notre société et la solitude qui tôt ou tard en découle. Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce ce monde dont nous rêvons pour les générations futures ? Sommes-nous à ce point conditionnés pour trouver tout cela inévitable ?

    J’ai aimé le style concis, sans fioriture de l’auteure qui captive dès les premières lignes.

    Ces nouvelles quasiment kafkaïennes se lisent parfois avec une boule dans la gorge. On y perçoit l’exclusion mais aussi la culpabilité des protagonistes et le poids de la rentabilité, de la performance, qui broie les rapports humains. C’est parfois sombre et pessimiste mais tellement vrai. Une belle manière de nous faire réfléchir à nos valeurs et aux liens sociaux que nous souhaitons. « Il en faut des rebelles, des vrais, pour nager à contre-courant. »

     

     Ma place dans le circuit, Sabine DORMOND

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 15 Août à 21:41

    Je ne connais pas l'auteur, mais ce que tu dis des textes me pousserait bien à lire ce recueil. 

    Merci pour la découverte et bonne fin de semaine. 

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