• Le prix de l'innocence, Willa MARSH« - On danse ?
    J'acquiesçai. Et c'est ainsi que tout commença. »
    Pique-nique et virées en décapotable le week-end, premières cigarettes, premiers slows : poussée par ses amis Vanessa et Tony, si joyeusement délurés, l'innocente Fiona prend goût à la liberté. Ce n'est pas la même chanson pendant la semaine. Au grand magasin Winslow, elle doit subir les remontrances de la terrible Mme Ferrars, chef du rayon verre et porcelaine. Elle découvre, stupéfaite, un monde d'intrigues et de coups bas.
    Trois décennies plus tard, Fiona reçoit une lettre de Vanessa lui annonçant la visite de son fils Alex. Les souvenirs affluent. Peu à peu, pour Fiona, tout s'éclaire.

    Mon avis :

    J’avais beaucoup aimé « Meurtres entre sœurs » il y a quelques années, pour son côté noir et son humour anglais. J’ai donc choisi pour les « dames indignes » du mois anglais, de me plonger dans un autre de ses romans. Elle nous propose ici un tout autre genre littéraire.

    Fiona, la narratrice, nous confie les souvenirs que son présent fait remonter à la surface. Son amie d’adolescence lui demande d’héberger son fils quelques temps, durant ses études. Elles se sont perdues de vue mais Alex est quand même le filleul de son mari. Elle accepte.

    Fiona se souvient de sa jeunesse, sa formation de vendeuse pas toujours drôle, la naissance de son couple, ses amitiés, sa naïveté de jeune femme... On se demande tout au long du récit où tous ces souvenirs, ces détails vont la/nous mener. Mais tout se met en place subtilement. (Il y a du "Au Bonheur des Dames" dans cette partie-là.)

    Willa Marsh se confie ici sur sa propre jeunesse. Mélancolie d’une époque ? Elle revient avec délicatesse sur sa vie, le temps qui passe et crée une atmosphère incomparable, celle des sixties, dans une Angleterre entre deux époques alors que nait la révolution pop. Décapotables, pique-niques, musique, choc des générations... on s’y croirait.

    Un roman doux-amer sur le parcours initiatique d’une jeune fille, l’amour, l’amitié... le tout sur un ton très british servi par une écriture de qualité. J’ai bien aimé cette histoire mais l’humour noir de « Meurtres entre sœurs » m’a manqué.

    Willa Marsh vit dans le Somerset. Elle a écrit une vingtaine de romans mais seulement trois ont été publiés en France.


    Le prix de l'innocence, Willa MARSH

     

     

     

     

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  • Un chant de Noël, Charles DICKENSLa veille de Noël, tous s'affairent aux préparatifs. Mais, préférant la solitude à ces fêtes joyeuses, Ebenezer Scrooge refuse les invitations. Pour ce vieux grincheux que tous prennent soin d'éviter, Noël se résume à un simple mot : "Sottise !" Il n'y voit qu'un prétexte pour cacher la misère de cette société et jamais ne s'associera à cette vaste fumisterie. Mais ce soir-là, les esprits de Noël en décident autrement. Plongé malgré lui entre passé, présent et futur, le vieux grippe-sou reçoit une leçon de vie.
    Paru en 1843, écrit en six semaines, Un chant de Noël est le premier et le plus célèbre des contes de Dickens. Devenu un classique de la littérature de Noël, ce conte en cinq couplets enchante par une fraîcheur et un humour intemporels.

    Mon avis :

    Quand mon fils était enfant « Le drôle de Noël de Scrooge » était un de ses films préférés. J’avais alors acheté « Un chant de Noël » de Dickens pour lui lire l’histoire originale. Je m’y suis replongée sept ans plus tard pour inaugurer ce mois anglais.

    Le conte de Charles Dickens débute sept ans après la mort de Marley, l’associé d’Ebenezer Scrooge, ce pingre, sans cœur, renfermé sur lui-même qui déteste Noël. La journée a mal commencé, il est de mauvaise humeur et refuse l’aumône à ceux qui frappent à sa porte. Il a juste consenti de mauvaise grâce à accorder un jour de congé à son employé Bob Cartchit, non sans maugréer. Après avoir mangé seul dans une auberge, il rentre chez lui où le fantôme de son ex associé lui apparait. Marley l’invite à changer de comportement sinon il vivra comme lui, l’enfer pour l’éternité. Trois esprits surgit de son passé viendront le hanter pour lui faire prendre le bon chemin.

    Ce récit à la structure simple, linéaire, est avant tout un conte pour adultes : les personnages sont essentiellement des personnes âgées ou défuntes, des esprits et pour transformer l’acariâtre Scrooge en altruiste, il faudra l’intervention répétée du surnaturel (éléments que l’on ne retrouve pas dans les récits merveilleux).

    Ce conte est aussi une métaphore de la société victorienne. Scrooge, riche et omnipotent, ne se préoccupe que de ses bénéfices et pas du tout de son employé dont il ne sait rien et ne veut rien savoir. Il n’a pas les moyens de soigner son fils malade et Scrooge n’est même pas au courant. D’ailleurs, à l’époque, bien peu de gamins atteignaient l’adolescence par manque de soin, de nourriture, d’éducation... Il le dénonce aussi sous la forme des deux allégories qui apparaissent à Scrooge : la fillette Misère et le gamin Ignorance.
    Issu d’une famille modeste, Charles Dickens avait lui-même sept frères et sœurs et avait connu la précarité. A 12 ans, alors que son père est endetté, il est déjà au travail dans une usine de polissage de bottes. Dickens dénonce ces inégalités, cette misère qui sévit alors que l’Angleterre est au sommet de sa puissance industrielle et militaire.

    Ce roman se situe en plein cœur de Londres, une ville qui est passée de 965 000 habitants en 1801 à 1 860 000 en 1845, devenant ainsi la première ville du monde. On imagine aisément une ville grouillante notamment dans le quartier de Whitechapel où s’étend un dédale de rues sombres et insalubres abritant une foule de miséreux. Tout en contraste, Londres est aussi parée d’imposants bâtiments et de quartier luxueux où se pavane l’aristocratie la plus raffinée. La cathédrale Saint Paul domine les toits de Londres et Big Ben est en construction.

    J’ai beaucoup aimé me replonger dans cet ouvrage et dans le Londres du 19e siècle. Un classique de la littérature anglaise et un récit fascinant dont la magie opère toujours.

     
    Un chant de Noël, Charles DICKENS1e

     

     

     

     

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  • La reine des lectrices, Alan BENNETTQue se passerait-il Outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements royaux ?
    C'est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs
    Brontë, Jean Genet et bien d'autres défilent sous l’œil implacable d'Elizabeth, cependant que le monde empesé so british de Buckingham Palace s'inquiète.
    Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor.

    Mon avis :

    C’est avec plaisir que j’ai appris que mon club de lecture proposait « La reine des lectrices » d’Alan Bennett. Non seulement parce que cela fait trois ans que je me promets de le lire mais aussi parce que je sortais de la projection de « The Lady in the van » inspiré du roman du même auteur. Et que je l’ai adoré.

    Par le plus grand des hasards, Sa Majesté se retrouve un jour dans un bibliobus qui s’est arrêté devant Westminster. A son bord, outre des livres, elle découvre Norman, le commis de cuisine, plongé dans sa lecture. Serait-elle la seule au palais à ne pas lire ? A ne pas avoir le temps de lire ? Pour faire bonne figure elle emprunte un ouvrage. Ô surprise, elle le rapporte la semaine suivante après lecture et demande à Norman de lui en conseiller un plus intéressant, plus vif. Commence alors une relation littéraire entre Norman, qui deviendra son tabellion, et la Reine qui se découvre une vraie passion pour la lecture et la découverte des œuvres des auteurs qu’elle a souvent rencontrés, décorés, félicités... sans les avoir jamais lus. Mais ces changements ne sont pas des goûts de tous.

    Alan Bennett est sans conteste un écrivain de talent à l’humour décalé. Il nous offre ici une histoire réjouissante où, sans manquer de respect à sa royale Majesté, il lui fait jouer un rôle involontairement drôle et égratigne au passage les habitudes de la monarchie, le protocole, l’environnement de la Reine et les écrivains eux-mêmes. Jalonné de dialogues et de scènes cocasses, cette satire jubilatoire sur la vie de Cour met aussi en avant les bienfaits de la lecture et le rôle qu’elle joue, ou non, dans la société et les relations humaines. Ce récit qui voit la métamorphose de la Reine est aussi un conte moral et un fervent plaidoyer pour la lecture. En effet, Bennett en profite pour plonger ses lecteurs dans l’univers de quelques grands noms de la littérature anglaise tels que Dickens, James, Trollope, Roth ou Frost pour ne citer qu’eux ou encore l’écrivaine canadienne Alice Munro (devenue depuis prix Nobel de littérature) Il glisse également des remarques bien senties sur l’un ou l’autre. Quelques éloges parfois. La nouvelle passion de la reine est prétexte à revisiter aussi Marcel Proust, Jean Genet, Anita Brookner ou Ivy Compton-Burnett.
    Alan Bennett, auteur apprécié Outre-Manche, n’épargne personne, même pas ses confrères, eux qui, alors qu’ils ont l’honneur d’être invités au Palais, se permettent d’ignorer la Reine en ayant l’outrecuidance de lui faire sentir qu’elle ne fait pas partie de leur monde. Elle n’est qu’une lectrice comme tant d’autres.

    Un bon moment de lecture, un peu décalé, et une souveraine attachante, qui, dix ans plus tard, semble avoir enfin acquis un peu de l’humour que lui prête Bennett dans son roman.

     

    La reine des lectrices, Alan BENNETT

     

     

     

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  • L'arbre du pays Toraja, Philippe CLAUDEL« Qu’est-ce que c’est les vivants ? À première vue, tout n’est qu’évidence. Être avec les vivants. Être dans la vie. Mais qu’est-ce que cela signifie, profondément, être vivant ? Quand je respire et marche, quand je mange, quand je rêve, suis- je pleinement vivant ? Quand je sens la chaleur douce d’Elena, suis-je davantage vivant ? Quel est le plus haut degré du vivant ? »
    Un cinéaste au mitan de sa vie perd son meilleur ami et réfléchit sur la part que la mort occupe dans notre existence. Entre deux femmes magnifiques, entre le présent et le passé, dans la mémoire des visages aimés et la lumière des rencontres inattendues, L’Arbre du pays Toraja célèbre les promesses de la vie.

    Mon avis :

    Cinquante ans, c’est souvent l’âge auquel on est confronté à la mort. Celle de ses parents mais aussi d’amis, de collègues, emportés par l’une ou l’autre maladie.

    Suite au décès de son meilleur ami, le narrateur quinquagénaire s’interroge sur la mort, la représentation qu’on en a dans notre civilisation et l’importance qu’on lui donne ou pas. Dans notre société de métaphores ou le cancer devient une longue et pénible maladie, un cancérologue, un oncologue et la mort, un monde meilleur ou le grand voyage, quelle place lui laissons-nous ? Alors que l’espérance de vie a été multipliée par trois en cent ans, nous en sommes presqu’arrivés à nous croire immortels et sommes choqués de voir la mort emporter ceux qu’on aime.
    Le narrateur plonge en lui-même pour relater ses expériences de la mort, tout ce dont ses voyages et ses réflexions personnelles lui ont fait prendre conscience. Il aborde des sujets sérieux de manière grave ou plus légère qu’il s’agisse du cancer, de la maladie, du corps, de l’amour après cinquante ans, de la solitude, de l’amitié... Comment vivre avec tout cela ?

    « Poursuivre sa vie quand autour de soi s'effacent les figures et les présences revient à redéfinir constamment un ordre que le chaos de la mort bouleverse à chaque phase du jeu. Vivre, en quelque sorte, c'est savoir survivre et recomposer ».

    L’arbre du pays Toraja qui donne le titre au roman est un tombeau où les Indonésiens enferment les enfants morts prématurément. Un peu comme ce livre où Philippe Claudel renferme le nom de ceux qui comptaient et qui sont partis. Mais l’auteur se défend d’être le narrateur. Il l’a expliqué longuement lors des deux rencontres auxquelles j’ai assisté. Il aime écrire en « je » car le plaisir du jeu c’est d’entrer dans un personnage l’espace d’un moment. Mais il s’agit bien d’une fiction.

    Une fois de plus, Philippe Claudel nous offre un récit d’une grande finesse psychologique. En conteur d’exception, il parvient à rendre l’histoire passionnante tout en soignant la profondeur des analyses. « L’arbre du pays Toraja », un roman du cœur à corps.

    A découvrir absolument.

      

     

     

     

     

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  • Les sanguines, Elsa PEPINTout sépare les sœurs Becker.
    Sarah est l’introvertie, celle qui fait tache dans le portrait de famille, celle qui aime mal et qui, malgré son talent de peintre, se contente de copier les autres. Séductrice, amoureuse et mère de deux filles, Avril est l’étoile dansante du printemps attaquée par une tempête d’hiver. L’annonce d’un cancer rare bousculera leur fragile relation et pourrait aussi bien les réunir que les éloigner à jamais. Car si les cœurs battent parfois à l’unisson, il arrive que les sangs s’entêtent à suivre des courants contraires.

    Mon avis

    Sarah introvertie, terne, solitaire et Avril, épanouie, passionnée, vivante n’ont jamais été proches. Mais la maladie pourrait changer les choses. Avril, frappée par une leucémie rare, ne peut espérer son salut que dans une greffe de moelle osseuse. Sarah, seule membre de la famille compatible, acceptera-t-elle ce don ? Ce choix, ce dilemme, est au cœur du roman.

    Elsa Pépin se penche sur l’évolution de leur relation, conditionnée par la maladie. Le sang aurait-il un pouvoir régénérateur alors que Sarah à celui de sauver Avril ?

    En parallèle de cette histoire sororale, Elsa Pépin glisse des extraits du livre « Histoire du sang », écrit par Victor, un survivant du cancer. Transfusions, circulation sanguine, découvertes médicales à travers le temps... il cherche à comprendre la maladie, à lui trouver un sens.

    J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce roman. Et je suis finalement passée à côté.
    D’abord, très vite, la relation bancale entre Sarah et Avril m’a parue agaçante. Sarah est enferrée dans le passé. L’auteure essaie bien de nous convaincre que malgré les manquements, les rancœurs, les reproches retenus, l’amour est bien présent mais j’ai eu du mal à adhérer.
    Ensuite, elle tente de nous montrer que la maladie exacerbe les rapports, transforme la perception du quotidien et la fragilise. Que la mort a quelque chose de fécond au-delà de la violence, de l’irrémédiable, qu’elle se transcende elle-même... Mais le trait est forcé, les clichés nombreux.
    Enfin, je n’ai pas non plus accroché à l’écriture d’Elsa Pépin. Certes, la langue est précise, raffinée et élégante. Mais elle manque de naturel. On la sent mûrie, réfléchie : l’aboutissement d’un long travail de réécriture, d’affinage. Et alors que l’histoire se veut poignante, dure, bousculant les certitudes, l’écriture, devenue artificielle, m’a tenue à l’écart de toute émotion.
    On sent trop nettement que l’auteure cherche à créer une tension dramatique, un sens philosophique... Cela manque de fluidité, c’est trop construit.

    J’avais lu de bonnes critiques dans la presse, je m’attendais à être emportée par l’histoire. Je suis déçue. Ce roman n’était pas pour moi.

     

     

     

     

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  • Les conquêtes véritables, Nicolas MARCHALUn narrateur trentenaire, marié avec enfants, vient d’acquérir une maison où les travaux ne manquent pas. Mais voilà, ce « héros » n’est pas un bricoleur, ce serait même tout le contraire, ou alors bricoleur de mots et d’idées car Monsieur est écrivain… plus exactement il essaie de le devenir. Heureusement, une proposition en or est faite à la petite famille, celle d’occuper provisoirement la maison du grand-père de la jeune femme, mort peu de temps auparavant. Enfin du répit et de l’espace pour que notre héros avance dans son Œuvre! Mais écrire dans le bureau du grand-père n’est pas une mince affaire. Le vieil homme, passionné de Napoléon, a constitué année après année une bibliothèque quasiment exhaustive consacrée à l’Empereur. Il a lui-même écrit un ouvrage définitif sur son passage en Belgique. C’est dire si les lieux fleurent bon l’ordre militaire, le savoir, la rigueur. Climat on ne peut plus éloigné de l’esprit fantasque du narrateur, baignant plutôt dans l’univers de Rimbaud, Cendrars ou Céline. Tout cela va entraîner le jeune écrivain vers des territoires inconnus, parsemés de grognards, de marcheurs saouls, d’un cyborg et de quelques Indiens frigorifiés.

    Mon avis :

    On rit beaucoup en lisant le roman de Nicolas Marchal. Ce premier roman paru aux Editions Diagonales est non seulement original mais aussi jubilatoire. La confrontation de l’univers de cet écrivain en devenir et de celui de ce grand-père passionné de Napoléon est la bonne idée du roman. Comment trouver l’inspiration dans ce temple dédié à cet empereur un rien mégalo ?
    D’une grande théâtralité, ce roman raconte l’histoire d’un roman qui a du mal à s’écrire. Auteur infiniment petit face à l’imposante bibliothèque du grand-père et au poids de ce qu’elle représente, elle, l’œuvre de toute une vie, comment sera-t-il à la hauteur de la tâche ?
    Le narrateur nous confie ses difficultés, l’angoisse de la page blanche, l’inspiration qui ne vient pas... et l’omniprésence de Napoléon qui va finir par l’obséder. De belles pages sur l’écriture, la littérature, les livres, l’Histoire parsèment ce récit un brin déjanté. Un humour surréaliste qui m’a souvent fait rire tant il est fin et loufoque à la fois.

    C’est drôle, imaginatif en diable, bien écrit et l’on sent une telle passion chez ce jeune auteur qu’on ne peut qu’adhérer. Surtout quand on est soi-même un grand lecteur passionné J 
    Un court roman vraiment original et réussi dont il est difficile de parler pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture. Prix Première en 2009, ce roman paru aux Editions Diagonales a été suivi de quatre autres depuis, dont « Le Grand Cerf » que Nadège a chroniqué dernièrement sur le blog d’Anne. J’ai hâte de les découvrir tous, tant l’écriture de Nicolas Marchal m’a enthousiasmée.

    Enseignant, Nicolas Marchal aime les livres. Les lire, s’en entourer, en écrire. Ce dernier plaisir, dit-il, lui est venu en rhéto, grâce à un prof fabuleux qui avait axé son cours sur les capacités créatives des élèves. Il doit se réjouir aujourd’hui de voir qu’il a permis à un talent d’éclore.

     

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  • Engrenages, Eric NEIRYNCKEric n’aime pas les psy et c’est pourtant au contact de l’une d’elles qu’il connaitra ses plus grandes circonvolutions émotionnelles. 
    Courte, trop courte, cette relation le conduira de Bruxelles à Paris où il tentera de trouver un sens  ce qu’il a vécu avec elle.

    Mon avis :

    Eric est dépressif. Désabusé, alcoolique, drogué, il erre dans la vie sans attache. Autour de lui, tout est solitude, vide, noirceur. Incompris, mal aimé, il n’a jamais pu nouer de relation stable sur le long terme. Ne faisant confiance à personne, et surtout pas aux psy, il se laisse pourtant convaincre de tenter le coup une dernière fois. Son médecin lui a dit qu’elle était très pro, très compétente. Un, deux, trois rendez-vous... il se sent à confiance. Il se met même à écrire ses pensées comme elle le lui a demandé et cela lui procure du plaisir... Ainsi débute le récit que nous propose Eric Neirynck.

    Cette courte, très courte, nouvelle se lit bien. L’écriture est plaisante, la plume vive, directe, parfois crue. L’humour noir, un brin corrosif est aussi bien présent. La narration hachée m’a cependant laissé sur ma faim. Il y a de nombreux non dits qui se transforment vite en zone d’ombre ne permettant pas d’appréhender le sens en profondeur ; on saute d’un moment à l’autre, d’un lieu à l’autre avec trois mots d’explication...

    Le monde d’Eric (le narrateur) est sombre, étouffant et malgré ses affirmations, il semble s’y complaire. On a plus d’une fois envie de lui donner un grand coup de pied au cul, qu’il se prenne en main. Il se regarde vivre, comme suspendu dans un espace-temps parallèle, noir et atone.

    Pas entièrement convaincue par l’univers d’Eric Neirynck dans cette nouvelle, j’ai cependant aimé son style. J’attends donc un récit un peu plus dense pour me faire une idée précise. Il y a un vrai potentiel dans son écriture, une maitrise des mots dont il joue habilement. J’ai hâte de les voir mis au service d’une autre histoire.

    Eric Neirynck est publié par Lilys éditions, une jeune maison d’édition belge, à suivre aussi.

     

    Engrenages, Eric NEIRYNCK

     

     

     

     

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