• Le labo, Jean-Yves DUHOOQuels secrets se cachent dans les plus prestigieux sites scientifiques et technologiques de France ?
    Quel avenir nous préparent les chercheurs et les scientifiques ?
    Visitez avec Jean-Yves Duhoo ces dix labos exceptionnels rarement ouverts au grand public.

    Mon avis :

    Je cherchais pour mes cours, une manière simple d’aborder la nécessité de préserver la planète. Un collègue m’a parlé de cette bande dessinée et j’ai été conquise.

    Dans ce premier tome, Jean-Yves Duhoo réalise une série de reportages dans des laboratoires de recherches prestigieux (CNRS, Museum d’Histoire naturelle, l’Observatoire de Paris...). Avec rigueur mais aussi beaucoup d’humour, il nous fait pénétrer dans le saint des saints des organismes scientifiques de recherche. Là où le grand public n’a jamais l’occasion d’entrer. Jean-Yves Duhoo interroge les scientifiques sur leur lieu de travail pour qu’ils expliquent ce qu’ils font et dans quel but.

    Notre imaginaire s’est nourri des images de laboratoires fantastiques décrits dans la littérature puis le cinéma. L’intérêt de cet album, c’est de nous montrer la réalité du terrain d’autant que le fruit de ces recherches nous concerne tous et agira un jour sur notre quotidien.
    La première partie nous présente les reportages BD et la seconde, des articles plus précis sur les lieux de travail et le parcours scolaire pour devenir chercheur.

    Deux articles m’ont particulièrement intéressée, celui sur les Iguanodons de Bernissart et celui sur le palais du Louvre mais tous sont édifiants.

    Un album à s’offrir et à laisser trainer à la portée des enfants. Cela marche à tous les coups, j’ai testé.

     

     

     

     

     

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  • La grande patience : 1. La maison des autres, Bernard CLAVELDole, 1937.
    Julien Dubois a quitté l'école et la maison de ses parents. Il a quatorze ans. Apprenti pâtissier, il découvre le travail des humbles, l'humiliation et l'injustice. Mais aussi la douceur et la beauté des femmes. Et bientôt, la guerre qui monte...

    Mon avis :

    Ce roman, choisi par mon club de lecture, ne m’aurait certainement pas attirée. Depuis « Victoire au Mans », roman jeunesse lu en secondaire, je n’avais plus lu aucun titre de cet auteur, grand classique de la littérature française du 20e siècle.

    Le récit commence le jour des 14 ans de Julien. Nous sommes en 1937 et il est temps pour lui de commencer à travailler. Il est engagé comme apprenti par les Petiots dans leur boulangerie-pâtisserie. Après une première phase enthousiaste, dans un milieu professionnel qui lui plaît, il va peu à peu prendre conscience que le paternalisme des Petiot cache des pratiques perfides. Notamment de la part de sa patronne qui n’hésite pas à jouer de ses charmes et de son manque d’enfant pour mieux émouvoir puis exploiter son personnel. Logeant sur place dans un dortoir infesté de punaises, Julien fait l’apprentissage de l’amitié et de la solidarité et découvre quelque moyen d’adoucir son quotidien en résistant à la pression ambiante.

    Ce conte initiatique met en scène un adolescent qui a tout à découvrir de la vie, tant sur le plan professionnel qu’affectif. L’auteur met l’accent sur les bouleversements qu’éprouve chacun à l’adolescence, le tout décuplé par les tensions politiques et sociales de la fin des années trente.

    L’écriture de Bernard Clavel, quoiqu’un peu surannée, est d’une belle qualité littéraire avec son passé simple, son vocabulaire ciselé et ses métaphores si parlantes. Agréable à lire, son récit nous offre un témoignage intéressant de la vie de nos aïeux et de leurs conditions de travail.

     

    La grande patience : 1. La maison des autres, Bernard CLAVEL

     

     

     

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  • Tropique de la violence, Natacha APPANAH«Ne t’endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n’est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c’est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu’à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré? Ils viennent pour toi.»

    Mon avis :

    Natacha Appanah nous emmène à Mayotte, loin des paysages de cartes postales idylliques. Cette île des Comores, ancienne colonie française située entre le continent africain et Madagascar se débat elle aussi dans les problèmes de société, liés à la délinquance, au chômage et à la drogue.

    A travers l’histoire de cinq personnages dont les voix s’apostrophent et montent tel un cri douloureux, nous découvrons la réalité d’une jeunesse abandonnée à son sort et qui, dans certains quartiers, fait sa loi pour survivre. Au centre, il y a Moïse, ce merveilleux bébé abandonné par une jeune mère célibataire clandestine parce qu’il a un œil vert, signe du djinn, et recueilli par Marie, épouse stérile délaissée. Longtemps, ce duo vivra en harmonie, dans un cocon de tendresse et d’insouciance tissé par la jeune femme. L’inévitable quête des origines que mènera Moïse à l’adolescence viendra bouleverser leurs vies et apporter le malheur. Ce sera alors une plongée dans l’enfer, au cœur de cette ile de l’Océan Indien, où affluent les migrants et où des gangs d’enfants perdus font la loi.

    Dans une belle langue, fluide et poétique, Natacha Appanah nous raconte une indicible réalité. D’un côté, il y a les beaux quartiers, l’île aux paysages paradisiaques, aux plages de sable blanc entourées de jardins de lauriers roses et d’hibiscus. De l’autre, c’est l’enfer d’un quotidien livré à la violence, à la misère et aux croyances ancestrales, une zone de non droit baptisée Gaza. Et, dans ce pays désorganisé, la crise migratoire mal gérée a des répercussions sur chacun et particulièrement les plus faibles. Drogues, alcool, brutalités... sont le lot quotidien terrifiant de centaines de gamins échoués là en quête d’un avenir meilleur.

    L’auteure ne porte aucun jugement sur ses personnages qu’une extrême misère a plongé dans un monde sans espoir. Elle parvient à éviter les clichés tout en décrivant une réalité brute quasi apocalyptique. Les mots s’enchainent, un peu plus durs à chaque page, percutants et vifs.

    Un roman fort, empreint d’émotions d’un bout à l’autre ; une histoire noire et grave qui pourrait un jour dépasser les frontières de Mayotte, si on n’y prend pas garde.

     

    Tropique de la violence, Natacha APPANAH18e

     

     

     

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  • Les gens dans l'enveloppe, Isabelle MONNIN, Alex BEAUPAINEn juin 2012, j'achète à un brocanteur sur Internet un lot de 250 photographies d'une famille dont je ne sais rien. Les photos m'arrivent dans une grosse enveloppe blanche quelques jours plus tard. Dans l'enveloppe il y a des gens, à la banalité familière, bouleversante. Je décide de les inventer puis de partir à leur recherche. Un soir, je montre l'enveloppe à Alex. Il dit : "On pourrait aussi en faire des chansons, ce serait bien." Les gens dans l'enveloppe, un roman, une enquête, des chansons.

    Mon avis :

    J’ai reçu ce roman en cadeau d’une amie. Je l’avais ignoré à sa sortie, perdu dans le nombre de parutions. La lecture de la 4e de couverture a titillé ma curiosité par l’originalité de la démarche et de l’ensemble du projet artistique conçu par l’auteure. En effet, le coffret contient, outre le livre de poche, le CD de la musique du livre réalisé par Alex Beaupain.
    L’auteure a observé longuement les personnages photographiés avant de leur inventer une histoire puis a entrepris des démarches auprès d’une association de préservation de la mémoire locale afin d’en savoir plus sur eux. Elle a ainsi pu, fil par fil, retracer la trame de la vie des gens sur les clichés.

    La première partie du livre, le roman, se déroule en France et en Argentine. L’auteure raconte la vie de trois femmes, trois générations : la fille, la mère et la grand-mère. Elle leur imagine un prénom (Laurence, Michelle et Simone) et leur invente une vie qui couvre environ quinze ans, de 1978 à 1994. Nait ainsi une fiction tout à fait réaliste et touchante.

    Ensuite, la deuxième partie du livre nous narre l’enquête réalisée pour découvrir l’identité réelle des protagonistes. Elle nous est présentée comme un rapport journalistique avec échanges de mails, rencontres des personnes l’ayant inspirée... L’auteure s’y confronte aussi à sa propre histoire. En s’immisçant dans la vie des autres, ce sont ses propres souvenirs qu’elle réveille. J’ai trouvé cette partie haletante et plus originale que le récit imaginé et j’ai aussi été surprise des coïncidences troublantes qui existent entre les deux, comme le fait que l’héroïne du roman s’appelle effectivement Laurence.
    De la fiction ou de la réalité, qu’est-ce qui est le mieux ?

    Enfin, le CD reprend les chansons, inspirées par ces vies, ces destins, qu’Alex Beaupain a écrites et dont certaines sont interprétées par les « vrais » personnages.

    Une démarche inédite et un ensemble original qui révèle une réelle tendresse. Un beau moment de lecture.

     

     

     

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  • Le bleu des rives, Marie-Claude LAPALMEUn lac, situé dans une région isolée. Sur son rivage, dans la forêt environnante, à même son cœur liquide évoluent des êtres préoccupés, tourmentés, esseulés, tous attirés par ce plan d'eau. Parmi eux, une jeune femme endeuillée, des familles dissimulant un drame, un homme hanté par sa possible paternité, un enfant rêveur, des créatures évanescentes...

    Mon avis :

    Ce recueil de nouvelles est assez désarmant. Neuf histoires le composent, se passant toutes au bord d’un lac isolé où gravitent des dizaines de personnages en quête d’eux-mêmes. Ce lieu fascinant et attractif exerce une force particulière : il apaise, permet de faire le point ou exacerbe les souvenirs. Il semble être le miroir de l’âme de tous ceux qui s’abandonnent un instant sur ses rives.
    Dès la première nouvelle, qui donne son titre au recueil, nous découvrons l’écriture poétique et inattendue de l‘auteure. Une plume gracile, fluide et pourtant capable d’une noirceur étonnante. Pris entre rêve et réalité, le lecteur est plongé dans un univers inquiétant animé de créatures oniriques et de spectres surgis du passé.

    Ecrites par une professeure de littérature à Sherbrook, ces nouvelles tressent entre elles les destinées des personnes qui n’ont comme point commun que ce lac. L’ensemble est assez noir et pessimiste. L’auteure met en scène des personnages aux fêlures profondes : la disparition d’une sœur, un inceste, ou encore une paternité non assumée... Pour chacun, le lac agit comme un révélateur. Les nouvelles dégagent une certaine douleur, une angoisse latente, une atmosphère dans laquelle on aimerait plonger pour oublier ou au contraire que l’on voudrait fuir. Marie-Claude Lapalme a dû se nourrir de ses relations à la nature pour la décrire avec autant de finesse et d’acuité.

    Ce premier ouvrage est envoutant, original et beau. L’auteure impose sa plume poétique et élégante, son écriture travaillée, exigeante, ce qui pourrait, hélas, en rebuter certains.

     

     

     

     

     

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  • La route du soleil, Francesco LORENZIEn 1997, Francesco Lorenzi créait le Sun Eats Hours qui deviendra en quelques années le meilleur groupe de punk rock dans le monde. Sur scène, les satisfactions sont énormes, mais leur vie privée se délite : drogue, alcool, sexe... Francesco entre alors dans une crise profonde : il sent que cela ne peut pas continuer, que le lien entre les membres du groupe est en train de disparaitre, qu’il lui manque une véritable source d’inspiration. Mais tout va basculer. A travers une série de « Dieuincidences », il rencontre le Christ et renait en tant qu’homme et en tant qu’artiste.

    Mon avis :

    The Sun est un groupe de rock italien de la province de Vicenza. Il est le résultat artistique de l’évolution du groupe punk Sun Eats Hours, créé en 1997.

    En 2014, le leader du groupe, Francesco Lorenzi a publié son autobiographie, dans laquelle il raconte la formation du groupe avec ses amis d’enfance Richard Rossi et Marco Auriemma. Cet ouvrage a été publié en français en 2016.

    Avec sincérité, Francesco Lorenzi, chanteur, guitariste et auteur, confie ses rêves de gloire, l’ascension du groupe, les concerts autour du monde et les excès qui les ont accompagnés. Il raconte également la profonde crise qu’il a vécue en 2007 et qui l’a mené à la rencontre du Christ et de là, à une renaissance. Alors qu’il est en pleine remise en question et que le groupe a décidé de faire une pause qui risque bien d’être définitive, cette conversion va lui redonner un second souffle. Il parviendra à faire la paix avec ses amis et les aidera à abandonner la drogue et l’alcool qui minaient alors leurs relations.

    Ce récit d’une conversion est d’une grande simplicité et donne un témoignage spirituel à contre-courant de l’époque actuelle. Sans prosélytisme, l’auteur se raconte sincèrement, expliquant par où il est passé, ce qu’il a ressenti et les signes qui l’ont amené à opérer des changements dans sa vie. Au cœur de la musique a jailli la lumière. Comme le dit Proust dans A la recherche du temps perdu « La musique m’aidait à descendre en moi-même, à y découvrir du nouveau. »
    Lorenzi a trouvé la force de prendre une nouvelle route, de créer un nouveau mode d’écriture et de reconstituer une véritable cohésion de groupe en fondant The Sun. Sans renier les origines rock du groupe, Il a donné aux textes une autre dimension, une force tirée de sa foi. C’était un pari risqué mais le public a adhéré. La sortie du livre, véritable phénomène littéraire, y a aussi beaucoup contribué. Le succès immédiat de cette autobiographie positive et pleine d’espoir fut tel qu’elle est maintenant traduite en six langues et le succès ne se dément pas.
    Le groupe a donné plusieurs fois des concerts en Terre Sainte et en Palestine où le message de paix et de fraternité qu’il délivre désormais a reçu à chaque fois un accueil chaleureux.
    « Le monde a besoin de bien, d’amour et de gratitude. Il a aussi besoin de jeunes en éveil qui se démènent pour soutenir et porter des projets auxquels ils croient et qui font bouger ce monde. Peu importe d’où ils viennent et qui ils sont, chaque jeune a un rôle à jouer. »

    Espérons que ce message d’amour et de paix sera entendu par le plus grand nombre.

     

     

     

     

     

     

     

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  • Le sourire de Leticia, Manu MILITARIJ'ai vu par hasard son nom sur une carte ; elle me plaisait déjà. Entourée de guérilleros et de narcotrafiquants, plongée au cœur de l'Amazonie, aux frontières du Brésil, du Pérou et de la Colombie, moitié ville moitié village, j'ai eu envie de mettre un visage sur son nom : Leticia. »
    Dans ce récit de voyage multisensoriel, sur les traces de Manu Militari, on découvre la Colombie à travers ses sons, ses odeurs, ses couleurs, sa chaleur. On peut presque sentir les piqûres des insectes…
    On rencontre Rick, Milena, Camilo, Tournesol Magique, mais aussi les autres, ceux qu'on croise au bord de la route, l'instant d'un regard, et que Manu sort de l'ombre en braquant la lumière sur eux, le temps de nous montrer leur grandeur ou leur déchéance.

    Mon avis :

    Manu Militari est, parait-il, un rappeur connu au Québec. J’avoue que sa notoriété n’est pas venue jusqu’à moi, sur le vieux continent. C’est donc une double découverte pour moi : celle de l’homme et celle de l’écrivain publiant ici son premier roman.

    Inspiré d’un séjour en Colombie, Le sourire de Leticia est un récit de voyage coloré et parfumé. Celui d’un bourlingueur qui voyage léger, partage sa chambre avec d’autres routards, goûte les spécialités locales (toutes les spécialités), découvre la région en pirogue, en scooter, à pied... et tombe sous le charme de ce village perdu au cœur de l’Amazonie.

    Douceur de vivre et violence, harmonie et dissonance, nature foisonnante ou inhospitalière font de Leticia un endroit propice aux rencontres, même les plus éphémères. Ce récit est donc l’occasion de tracer de nombreux portraits d’hommes et de femmes croisés sur la route, qui mêlent au récit quelques détails de leur vie et lui donnent sa saveur. Quels qu’ils soient, Manu Militari s’y intéresse et nous confie à leur propos, une anecdote, un détail savoureux, un moment furtif partagé... comme autant d’instantanés pris sur le vif. Il aime observer, décrire, dépeindre et le fait sans artifice ni faux-semblant. En peu de mots, il crée une ambiance si précise qu’on se croirait à ses côtés.

    Et pourtant, malgré tout, je suis restée en marge de ce carnet de voyage. Sans doute parce que relater le quotidien du voyage n’est vraiment intéressant que pour le voyageur lui-même. Peut-être parce que sa vision du voyage m’a semblé trop cliché et ses avis à l’emporte-pièce parfois carrément dérangeants (comme ses jugements sur les touristes allemands ou suisse allemands qu’il compare plusieurs fois aux nazis)

    Malgré quelques beaux passages, le rythme est lent, le style anecdotique et le tout manque singulièrement de vivacité. Mettons ça sur le compte de la chaleur tropicale et de la touffeur de la jungle.

     

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