• La dernière valse de Mathilda, Tamara McKINLEYDans la chaleur étouffante du bush australien, Mathilda, treize ans, fait ses adieux à sa mère. Quelques voisins sont rassemblés autour de la tombe, pour rendre un dernier hommage à cette femme courageuse.
    Un peu à l'écart, le père de Mathilda n'a qu'une hâte: que tout cela se termine afin qu'il puisse vendre le domaine de Churinga. Mathilda, elle, comprend que les choses ne seront jamais plus comme avant... Cinquante ans plus tard, Jenny découvre le journal intime de Mathilda.
    A mesure que progresse sa lecture, l'angoisse l'assaille... A-t-elle bien fait de venir s'installer à Churinga ?

    Mon avis :

    A Sidney, Jennifer White perd son mari et son fils dans un accident de voiture. A la lecture du testament, elle découvre qu’elle hérite d’une exploitation dans l’outback australien. Son mari et elle avaient toujours rêvé de retourner à la terre mais seule, quel sens a encore ce rêve ? Respectant les dernières volontés de son mari, elle décide malgré tout d’aller voir à quoi ressemble ce domaine de 65 mille hectares.

    Citadine, elle n’est pas la bienvenue sur ces terres. Il faudra qu’elle fasse sa place patiemment. Désireuse d’en connaitre plus sur l’histoire de la région et de la maison, elle se lance dans la lecture du journal intime de Mathilda, la dernière propriétaire des lieux, trouvé dans une vieille malle.

    J’ai aimé le récit de Mathilda : un beau portrait de femme forte, dans un pays d’hommes, une région rude et une époque où on attendait de la femme qu’elle soit obéissante et servile. Malgré l’adversité, elle a toujours levé la tête, affronté les obstacles et s’est battue jusqu’au bout pour son domaine et la terre de ses ancêtres.
    J’ai trouvé le récit de Jennifer plus convenu, plus stéréotypé. Mis à part la révélation finale inattendue, on n’est pas surpris par les rebondissements de l’histoire et sa progression. La disparité entre les deux parcours est trop grande à mon goût.

    L’écriture sans surprise nous dépeint cependant de belles images du bush australien à différentes époques, les rivalités entre voisins d’origine anglaise ou irlandaise, la touffeur, la sécheresse, la pluie tant attendue...

    Un récit dans le style des « Oiseaux se cachent pour mourir », mêlant histoire de famille, aventure, paysages australiens et romance. Ce n’est pas un grand roman mais il est cependant addictif et permet de passer un moment agréable.

     

    La dernière valse de Mathilda, Tamara McKINLEY 

     

     

     

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  • L'Orphéon. Quinze minutes. Patrick SENECALVous en avez assez d’être un parfait inconnu ? Vous voulez vous faire remarquer ? Vous rêvez de devenir une star de la grande toile mais ne savez pas comment vous y prendre ? Johnny Net est là pour vous ! Il vous pondra un concept unique infaillible qui fera instantanément de vous une vedette sur YouTube !
    Jusqu’à maintenant, Johnny Net n’a eu que des clients satisfaits. Mais voilà qu’un individu étrange lui lance un défi tout à fait inusité. Curieux, Johnny accepte sans se douter à quel point sa vie sera bouleversée...

    Mon avis :

    L’Orphéon est un immeuble de bureaux de cinq étages. Cinq auteurs, dans cinq styles différents, ont imaginé un récit qui se passait à l’un des étages du bâtiment. Patrick Senécal occupe le premier avec son héros, Johnny Net.

    Trentenaire désenchanté, ce dernier a ouvert une agence qui vend des concepts-vidéos permettant à ses clients de devenir des vedettes sur YouTube, réalisant ainsi la prémonition d’Andy Warhol*. Il vend chèrement ses services à des clients crédules dont la naïveté n’a d’égal que la vanité. Ils obtiennent la notoriété dont ils rêvent mais pas forcément pour de justes et honnêtes raisons. Vedette ridicule et éphémère, chacun pense avoir atteint la gloire parce que son clip de quinze minutes a été vu des milliers de fois sur YouTube. Même les commentaires moqueurs ne les détrompent pas.

    Un jour, un client différent des autres le provoque et le pousse à relever son plus grand défi. Pour 10 000 $, il souhaite que Johnny réalise une vidéo où l’intelligence retrouverait ses lettres de noblesse. Mais mettre en images l’intelligence à notre époque, est-ce chose si facile ?

    En acceptant ce projet original de VLB Editeur, Patrick Senécal a délaissé pour un temps le thriller et le roman d’épouvante. Ce conte moderne qui se déroule dans l’univers du web et des réseaux sociaux critique la dictature du like. Jusqu’où sont prêts à aller certains pour un peu de célébrité ?
    Ce récit allégorique, impertinent et décalé déstabilisera les lecteurs d’Aliss ou de Hell.com, habitué au registre extrêmement noir de l’auteur. Il renoue ici avec l’humour sarcastique de Malphas. Et si je n’avais pas goûté ce dernier, j’ai pris plaisir à lire Quinze minutes. C’est léger, bien vu et même si ce n’est pas le meilleur de ses récits, cela donne à réfléchir.

    *In the future, everyone will be world-famous for 15 minutes. (1968)

     

    L'Orphéon. Quinze minutes. Patrick SENECAL11e

     

     

     

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  • Madame Victoria, Catherine LEROUXÀ l’été 2001, un squelette apparaît à l’orée d’un petit bois, à quelques pas de l’Hôpital Royal Victoria à Montréal. Une enquête s’amorce, qui deviendra une quête: découvrir l’identité de cette femme morte sans bruit. Mais toutes les pistes mènent à l’impasse; celle qu’on a baptisée Madame Victoria continue d’attendre que quelqu’un prononce son nom.
    Aujourd’hui, la fiction prend le relais.
    À partir d’une série de portraits de femmes, Catherine Leroux décline les vies potentielles de son héroïne avec une grande liberté. D’abord nettes comme le jour, ses hypothèses plongent de plus en plus loin dans l’imaginaire, comme des flèches filant vers un point où la mémoire et l’invention se confondent, vers un minuit où tout est possible, jusqu’au dernier souffle.

    Mon avis :

    Un fait divers réel : la découverte du squelette d’une dame, à proximité d’un hôpital. De là, l’imagination fertile de Catherine Leroux s’emballe. Elle nous propose de beaux portraits de femmes, des histoires qui auraient pu être celle de Madame Victoria. Une jeune mère qui perd pied ? Une femme d’affaires arriviste ? Une autre qui traine un lourd secret ? Une esclave ? Qui était-elle ? Mort accidentelle ? Suicide ? Meurtre ? Elle nous propose toutes ses hypothèses plus vraies les unes que les autres.

    Catherine Leroux prend le parti pris de raconter des histoires de femmes de divers milieux sociaux mais des femmes qui souffrent, en manque d’amour, d’enfant, de rêve... des vies complexes. Elle nous parle d’elles, de leur entourage, imagine les réactions de chacun. Elle reconstitue patiemment leur vie de femmes à diverses époques, pratiquant différents métiers mais partageant une vraie solitude. Chacune mourra seule, sans témoin, éloignée des siens. Un élément qui a visiblement bouleversé l’auteure. Entre les groupes de portraits, Catherine Leroux nous raconte l’avancée de l’enquête et l’appel à témoin pour identifier madame Victoria.

    J’ai aimé, une fois encore, l’imaginaire de Catherine Leroux. Elle imagine, brode, construit un contexte et nous conte à partir de là des histoires très différentes. Son écriture évocatrice et forte, mise au service de cette dizaine de vies, m’a émue et surprise à plusieurs reprises. Avec beaucoup d’inventivité et dans des styles foisonnants, elle passe d’un genre à l’autre, nous proposant mêmes des histoires fantastiques

    De beaux récits à la mémoire de Madame Victoria, toujours non identifiée à ce jour, mais aussi un bel hommage à toutes ces anonymes disparues, à toutes ces femmes malmenées par la vie.

     

    Madame Victoria, Catherine LEROUX10e

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  • Le nid de pierres, Tristan MALAVOYLaure et Thomas se sont retrouvés, reconnus. Après les embrasements et les désillusions de la vingtaine, ils décident de quitter la ville et achètent une maison dans le village qui les a vus grandir. Ce retour aux sources marque le début d’une vie nouvelle, faite de promesses. Le temps n’est-il pas venu de songer à mettre un enfant au monde, qu’ils sauront protéger du mal, de toutes ces forces qui nous guettent au-delà de la mort ?
    Mais les morts, les disparus, ne les oublions-nous pas trop vite ? N’oublions-nous pas qu’un gouffre peut s’ouvrir au détour du sentier le plus familier ?

    Mon avis :

    Les auteurs québécois sont visiblement attachés aux légendes et croyances des Premières Nations. (Qui s’en plaindrait ?) Une fois encore, ce roman mêle ces dernières à une histoire tout à fait contemporaine. Et le pari est réussi. Cela donne un récit qui oscille entre le fantastique et le surréalisme, tout à fait plaisant.

    Le nid de pierres est un cercle de pierres autour duquel tournaient les Abénakis en chantant et priant quand ils voulaient entrer en contact avec leurs ancêtres défunts. Dans ce roman, le nid, c’est aussi celui que construisent patiemment Thomas et Laure, revenus dans leur village natal après une quinzaine d’années passées à Montréal.

    Même si ce roman est bien une fiction, Tristan Malavoy précise que le village de Saint-Denis-de-Brompton, en Estrie, où se déroule l’histoire, est celui de son enfance et que certains personnages ressemblent en partie à des personnes qu’il y a connues. Et puis, il y a aussi ce fameux « ventre de bœuf » auquel il a été confronté, enfant. Mais il a vieilli et pris du recul sur ses souvenirs ainsi que sur l’énigme de ce trou de boue.

    Thomas, lui, reste fasciné par ce mystère qui l’empêche peu à peu d’aller de l’avant. Et quand une disparition inexplicable a lieu au village, semblable à celle qu’il a connue enfant, c’en est trop. Thomas perd pied et se referme. Le surnaturel de la situation le retient prisonnier et son amour pour Laure ou l’annonce d’une naissance dont il avait rêvé, ne parviennent pas à le tirer vers le haut, à lui faire reprendre pied dans la réalité terre à terre du 21e siècle. Ne risque-t-il pas de mettre son couple en danger avec une telle attitude ?

    Les liens brisés (Thomas a perdu ses parents huit ans plus tôt et ne voit plus son frère), les souvenirs d’enfance et les croyances ancestrales sont les thèmes au cœur de ce roman. Le climat étrange qui traverse le récit de part en part déstabilise le lecteur et l’oblige à prendre position sur l’attitude de Thomas. Egoïsme ? Folie ? Réalité ?

    Pour écrire ce premier roman, Tristan Malavoy s’est plongé dans la culture des Abénakis. Il a lu et relu les légendes auxquelles ce peuple, qui habitait jadis les lieux, croit. Une belle manière de mettre en avant cette partie méconnue du patrimoine québécois.

    J’ai beaucoup aimé ce roman original mêlant souvenirs et présent, histoire des Abénakis et époque contemporaine. Tristan Malavoy parvient à installer une atmosphère particulière d’un bout à l’autre du roman, sans forcer le trait. A pas feutrés, il laisse le surnaturel prendre sa place et bousculer le lecteur. Avec une dextérité magistrale pour un premier roman, il maintient jusqu’à la dernière page un suspens intriguant tout empreint de poésie. C’est une réussite.
    Espérons que l’auteur mettra très vite ses qualités de conteur au service d’un nouveau roman.


    Le nid de pierres, Tristan MALAVOY7e

     

     

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  • Deux jours de vertige, Eveline MAILHOTDeux jours de vertige est le récit d’une tempête. Il faut d’abord franchir les murs de cette élégante maison de campagne où se réunit une bande d’amis le temps d’un week-end ; puis repérer la belle et flottante Sara, juste au moment où elle apprend que l’amant qui l’a précipitée dans un état d’errance en la quittant sera de la partie. C’est là, au cœur des émois de Sara, que se joue l’essentiel de ce roman qui s’attache moins à raconter des événements qu’à se livrer à une minutieuse description des états de l’être dans sa perméabilité et ses imperceptibles fluctuations au gré des rencontres, de la lumière du jour, du temps qu’il fait.

    Mon avis :

    Sept jeunes adultes se retrouvent un week-end à la campagne pour fêter l’anniversaire de Félicie. Ils se connaissent depuis l’enfance ou la fac. Alexandre et Félicie sont en couple, d’autres ont eu des aventures mais ce sont surtout une bande de potes qui partagent des bons moments, refont le monde ou jouent à la pétanque. Sara, la narratrice, a 29 ans et peine à finir sa thèse. Elle y travaille depuis quatre ans mais veut abandonner. En pleine incertitude, elle se cherche autant professionnellement que sentimentalement. Alors qu’elle voyait dans ce week-end une bouffée d’air frais salvatrice et joyeuse, elle va le vivre de l’extérieur, observant, épiant, relatant tout.
    Et c’est tout ?
    Oui !
    Pourtant, on est accroché à ce court roman où Sara détaille tout ce qu’elle voit, entend, ressent. Elle retrouve Hugo -qu’elle a aimé il y a dix ans- parti à l’étranger sans donner de nouvelles et cela la trouble. Tourmentée, elle cherche une contenance et s’attache aux moindres petits détails : un mot et l’intonation de celui qui le prononce, une attitude, un geste, un regard, une absence de réaction, un rire, un soupir... Nous apprenons tout des révélations que ces amis se font, des petits drames, des secrets, des sentiments croisés...
    Dans ce récit, il y a un peu du « Déclin de l’empire américain » et de « Le chalet », et un zest de « Mes amis, mes amours, mes emmerdes » (la légèreté en moins).

    Si vous aimez les récits lents, réflexifs, qui parlent de la délicatesse des relations humaines, d’amitié et de séduction vous aimerez ce premier roman atypique qui regarde évoluer en vase clos, sept jeunes adultes à un tournant de leur vie.

    L’écriture d’Eveline Mailhot est simple, directe, au service d’une incroyable acuité des sens. Elle accroche rapidement le lecteur et on n’a de cesse de découvrir les choix que fera Sara et de savoir si cette amitié survivra à cette fin de semaine.


    Deux jours de vertige, Eveline MAILHOT6e

     

     

     

     

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  • Paul dans le Nord, Michel RABAGLIATIÉté 76. Paul a 16 ans et ne rêve que d’une chose : une motocyclette Kawasaki KE100 pour fuir son quotidien et ses parents envahissants… Voyages en auto-stop, soirées arrosées entre copains et expériences nouvelles seront au rendez-vous. Le tout, sur fond de jeux olympiques et de sérieux coup de foudre.

    Mon avis :

    Dans ce tome-ci, en une dizaine de chapitres, Michel Rabagliati nous raconte une année de l’adolescence de Paul. Il n’est pas bien dans sa peau suite à un déménagement qui lui a été imposé et au départ de sœur, partie vivre avec son copain dans son propre appartement.
    Paul a 16 ans et passe ses jours d’été à trainer comme une âme en peine, à se prendre la tête avec son père qui termine leur chalet de vacances et aimerait un p’tit coup de main. Il lui court sur les nerfs. Bref, c’est l’âge bête. Heureusement, il y a son oncle Raynald avec lequel il bosse dans des jardins afin de s’acheter la moto de ses rêves.
    A la rentrée, il va à la polyvalente où très vite, il noue une amitié avec Ti-Marc et crée sa gang de gars. C’est le temps des sorties simples au hockey, au fast food, en camping... L’occasion de découvrir de nouveaux personnages plus naturels les uns que les autres.
    Un jour, Ti-Marc lui propose une sortie de fin de semaine au chalet d’une copine, à St Sauveur. Il faudra faire du pouce pour économiser le bus. Ils partent tout fiers. C’est la première fois pour Paul qui n’en mène pas large. Et les conducteurs qui s’arrêtent sont tous un peu épais. Ils finiront à pied, dans la nuit, jusqu’à ce qu’une tempête de neige se déclare. Michel Rabagliati nous offre là une dizaine de pages superbes de trouvailles. Les flocons de plus en plus gros, de plus en plus serrés ; les gris qui montent à l’assaut des cases avant les traits blancs de neige qui balaient tout... Et le silence qui s’installe. On entend presque souffler le vent dans les arbres. Suivront deux pages hautes en couleurs où Paul revivra en rêve toutes les péripéties de ce voyage et ses peurs successives. Superbe.

    Et puis revient l’été et sur fond de Jeux Olympiques de Montréal, Paul connait son premier amour et les mille émotions qui l’accompagnent transformant le quotidien en montagnes russes.

    On ne peut que se reconnaitre dans cet épisode qui dépeint les affres de l’adolescence : rébellion, sauts d’humeur, mélancolie... Tout ce qui annonce l’entrée dans l’âge adulte.

    Graphiquement, Michel Rabagliati a, comme toujours, le souci des détails. Les planches sont riches de plusieurs lectures tant il prend plaisir à réaliser plusieurs scènes en une case en y ajoutant des effets visuels très réussis.

    Un vrai plaisir de lecture, à la fois pour le retour en adolescence et dans le Nord et le graphisme toujours aussi évocateur.

     

    Paul dans le Nord, Michel RABAGLIATI4e

     

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  • Je suis là, Christine EDDIEAngèle voyage sans bagages. Elle croit au destin et ne tourne pas le dos aux miracles. Personne ne lui veut du mal. Pas depuis qu’un tir groupé d’infortunes l’a prise pour cible. Pas depuis que la vie lui a offert le plus grand des bonheurs pour, peu après, le lui arracher et la jeter sur une île déserte.
    Presque quatre ans plus tard, l’île d’Angèle s’est repeuplée. À Shédiac, où elle vit entourée de voisins parfois turbulents et d’une tribu de meneuses de claques, elle compte les heures et apprivoise le mode d’emploi de sa nouvelle existence.
    C’est une histoire vraie, mais ce n’est pas tout à fait la vérité. Plutôt un récit à moitié inventé, un refrain consolateur où ailes rime avec embellie et force, avec mémoire. La preuve que l’imagination a toujours le dernier mot.

    Mon avis :

    Par petites touches, par bribes et souvenirs, Angèle nous raconte sa vie. Fille puis épouse et mère, elle adore la vie, le sport, le mouvement, la littérature. Elle rit, marche en montagne, rencontre des amis, participe aux fêtes du voisinage, danse... Elle a une voisine improbable, Alice Bourgeois, un ami Népenthès, une amie, Doris... Autour d’Angèle gravite toute une série de personnages hauts en couleurs et attachants : ses voisins d’immeuble à Shédiac.

    Ce n’est qu’au fil des pages que l’histoire se met en place et que l’on comprend la situation. Le récit n’est pas chronologique, il se construit au fur et à mesure qu’Angèle se livre, se souvient. Elle ancre chaque moment important à l’Histoire : sa naissance le jour de l’anniversaire d’Anne Hébert, la découverte de sa myopie lors du passage de la Comète de Halley, dix jours après l’explosion de la navette Challenger ; sa rencontre avec son futur époux à 25 ans lors du réveillon du troisième millénaire...

    Je n’ai pas envie de trop en dire car j’ai savouré le fait de ne pas savoir ce qui m’attendait dans ce roman. J’ai vraiment aimé partir à la découverte d’Angèle, de son univers, de son histoire et assembler petit à petit les pièces du puzzle de sa vie.

    Angèle existe. C’est la fille de l’amie de Christine Eddie. Elle lui prête ici une voix. C’est à la fois une histoire vraie et un récit fictionnel touchant, tendre et drôle. Il est dénué de pathos car Angèle est volontaire et battante, capable d’autodérision et d’ironie. On sent d’un bout à l’autre la tendresse et l’admiration de l’auteure pour son personnage, ce qui se traduit par un roman respectueux, beau et fort comme la vie.

    Ajoutez-y une écriture soignée, de petites perles poétiques glissées ci et là, et des dialogues d’une grande justesse ponctués de mots en acadien et vous avez un petit bijou d’émotion et d’espérance. Une ode à la vie qui fait du bien. Je vous invite vivement à le découvrir.

    Je suis là, Christine EDDIE2e

     

     

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