• Muse, Jonathan GALASSI

    Muse, Jonathan GALASSIPaul Dukach est l’héritier présomptif de Purcell & Stern, l’une des dernières maisons d’édition américaines indépendantes, dont les bureaux miteux, au cœur de New York, dissimulent un catalogue fabuleux. Il apprend les ficelles du métier aux côtés du flamboyant président de la maison, Homer Stern : comment s’attirer les bonnes grâces d’un agent littéraire au cours d’un déjeuner en ville, survivre au milieu des requins de l’édition à la foire de Francfort et, surtout, ménager les egos fragiles des auteurs aussi éblouissants que versatiles qu’il chérit.
    Mais un écrivain fait l’objet de l’adoration sans bornes de Paul : la poète Ida Perkins, dont les vers et la vie ont façonné le paysage littéraire contemporain de l’Amérique, et dont l’éditeur – qui se trouve être son cousin et ancien amant – est le plus grand rival d’Homer. Lorsque Paul parvient enfin à rencontrer Ida dans le palais vénitien où elle s’est retirée, celle-ci lui confie des secrets qui vont bouleverser leur vie à tous.

    Mon avis :

    Dans sa jeunesse, Paul Dukach, est séduit par le talent de la poétesse Ida Perkins, véritable icône de son époque, dont le franc parler et la liberté de ton ont défrayé la chronique depuis son premier recueil Virgin Again, publié alors qu’elle n’a que 18 ans. Sous le charme, il se passionne pour l’ensemble de son œuvre, au point de lui consacrer une partie de sa thèse et devient rapidement LE spécialiste d’Ida Perkins.

    Devenu directeur littéraire chez Purcell et Stern (P & S) une légende dans le monde de l’édition, Paul Dukach n’a qu’une idée en tête : la publier. Une âpre rivalité va alors se nouer entre Stern et Wainwright, le rival historique.
    Charismatique, talentueuse et très populaire, Ida Perkins donnerait à Stern le coup de fouet financier dont il a besoin. Paul nous raconte ainsi une bataille de dix ans, animée par sa détermination et sa passion, pour accueillir dans son giron l’auteure adulée. Ce faisant, il nous plonge au sein du New York littéraire du « bon vieux temps », époque où les relations entre auteurs et éditeurs étaient courtoises, élégantes et brillantes. On pourrait presque croire idéales. Une époque où l’on tenait salon, où les écrivains étaient invités à la Maison Blanche et où T.S Eliot prononçait une conférence dans un stade de base-ball, devant 15000 admirateurs ! Un rêve !

    Bien que ce roman soit une œuvre de fiction qui jette un regard satirique et affectueux à la fois, sur le monde de l’édition, il s’inspire fortement de personnages existant ou ayant existés. Ainsi, le héros s’apparente à Jonathan Galassi, lui-même éditeur à New York depuis de nombreuses années. Et son directeur, le flamboyant Homer Stern, à Roger Straus, co-fondateur de la maison d’édition FSG (Farrar, Straus et Giroux) dont la présidence est assurée par Galassi lui-même.
    Enfin, peaufinant la crédibilité de son personnage, Jonathan Galassi n’a pas hésité à glisser quelques poèmes d’Ida dans son récit et à terminer son livre par une bibliographie concise de ses recueils.

    Muse est un conte sur un monde révolu où éditer était une vocation noble plutôt qu’une entreprise. C’est aussi un récit poétique et mythique sur les relations entre les écrivains et leur travail et l’impact que peut avoir la célébrité sur leur vie.

    L’histoire se met lentement en place tant l’auteur prend soin de planter le décor et de faire entrer en scène, tout en les décrivant, les (très) nombreux personnages qui la composent. Joliment descriptive, élégante et soignée, l’écriture de Jonathan Galassi souffre cependant de sa propension aux phrases longues et complexes. Ces deux caractéristiques rendent la lecture plutôt lente.

    Ce roman plaira à ceux qui, comme moi, goûtent les récits sur le monde littéraire, l’édition, la vie d’écrivain... Il passionnera sans doute ceux qui connaissent l’auteur et son entourage professionnel. Au-delà de ces initiés, je doute qu’on trouve beaucoup de lecteurs prêts à plonger dans cet univers nostalgique rendant hommage à un monde fermé et en pleine mutation.

    Merci aux éditions Fayard et à NetGalley pour ce partenariat. Le roman paraitra le 5 septembre.

     

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