• Patricia, Geneviève DAMAS

    Patricia, Geneviève DAMASAu Canada, Jean Iritimbi, un Centrafricain sans papiers, rencontre Patricia, une femme blanche, qui s’éprend de lui. Pour le ramener avec elle à Paris, elle vole le passeport d’un Afro-Américain. Mais Jean Iritimbi n’a pas dit à Patricia qu’il a une famille au pays, une femme et deux filles. Il apprend en les appelant qu’elles sont en route pour le rejoindre. Hélas, le bateau qui les transporte fait naufrage. On annonce peu de survivants. 

     

    Mon avis :

     

    Paru en 2017, Patricia est un roman polyphonique. L’héroïne, une bibliothécaire française, solitaire, rencontre dans son hôtel aux Chutes du Niagara, un Centrafricain en situation illégale : Jean Iritimbi. Ce dernier vit depuis dix ans de petits boulots clandestins. Arrivé au Canada dans l’espoir d’y commencer une nouvelle vie et de faire venir sa famille, il n’a rencontré que désillusions et embûches. Quand il peut, il envoie de l’argent au pays, espérant que sa femme et ses filles en profitent pour se créer un peu de confort.

    Sa rencontre avec Patricia lui semble la chance de sa vie. Elle est douce, aimante et généreuse. Sans rien lui dire de sa situation familiale, il se laisse gâter et la suit à New York puis à Paris. Il travaille un peu, joue et gagne au casino pour sa famille. Mais un jour, il apprend que loin de profiter de l’argent pour mieux vivre, sa femme a décidé de venir le rejoindre avec leurs filles. Et c’est le drame.

    Dans ce roman, Geneviève Damas parle vrai. Dans la première partie racontée par Jean, rien n’est tu de sa haine des blancs et des sentiments ambigus qu’il ressent pour Patricia. Elle raconte aussi les conditions de vie difficiles des migrants, les profiteurs de toutes sortes qui les exploitent et la naïve espérance de ceux qui, vivant l’enfer, pensent trouver ici le paradis. Son écriture précise et ciselée, comme d’habitude, montre notre société telle qu’elle est, égoïste et inhumaine où les frontières ne sont pas seulement des barrières infranchissables. Même si ces dernières éloignent les gens, brisent des familles et font de certains hommes des indésirables sur terre.

    Comment fait-on le deuil de tous ces disparus ? Ces morts laissés sans sépulture ?

    Après Jean, Patricia puis Vanessa raconteront leur histoire et leurs perceptions des événements.
    Avec sensibilité et véracité, Geneviève Damas nous pousse à voir comment cette crise des migrants nous interroge et nous met face à nos responsabilités. Peut-on laisser la situation en l’état ? Laisser des profiteurs s’enrichir sur le dos des migrants, fermer les yeux sur le travail au noir, ne pas dénoncer les entreprises et états qui font du profit en exploitant les mines des dictatures dont les chefs d’état sont largement corrompus ?

    Ce récit intense et bouleversant touche par son authenticité. Et malgré la dureté des faits, il est néanmoins porteur d’espoir.

    A découvrir si ce n’est déjà fait.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 19 Juillet à 09:21
    Fanny

    J'avais beaucoup aimé ce récit! (Comme le précédent de l'autrice d'ailleurs, "Si tu passes la rivière") :-)

      • Vendredi 19 Juillet à 22:47

        J'ai aimé tout ce que j'ai lu de Geneviève Damas.

    2
    Vendredi 19 Juillet à 18:05
    Anne (desmotsetdesno

     ne l'ai pas encore lu, merci pour la piqûre de rappel ;-)

      • Vendredi 19 Juillet à 22:47

        Pas de souci, avec plaisir wink2

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