• Mes lecturesBruxelles est une ville en plastique, comme le reste de la planète : on y voit courir des petits bonshommes dérisoires, emportés dans le courant de leur vie comme des bouteilles vides à la surface du canal. On rit, on se bat, on se débat, puis on se laisse aller et on se retrouve noyé dans la vase, sans avoir rien remarqué. A moins qu'un soubresaut ne change le cours des choses...

    Ce n'est pas moi qui le dit, mais la 4e de couverture de ce recueil de nouvelles.

    Mon avis :

    Dix nouvelles. Dix tranches de vie. C'est moi, toi, vous, cela peut être n'importe qui. Amusantes, déroutantes, scabreuses, surprenantes, ces nouvelles ne laisseront pas indifférent. On aime ou on déteste, on y voit du talent ou au contraire on pense que Nicolas Ancion brade le sien ici. La nouvelle est un genre difficile et je pense que Nicolas Ancion y excelle. Mention spéciale pour Moi je dis qu'il y a une justice et Haute pression, mes préférées.

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  • Mes lecturesLes parents de Fabrice sont séparés et leurs métiers ne leur permettent pas de s'en occuper convenablement. Il est donc confié à sa grand'mère. Persuadé que ses parents l'ont abandonné, il devient solitaire et méchant. Un jour, il découvre un hibou blessé, cloué sur la porte d'une grange. Il décide de le recueillir et de le soigner. Mais Fabrice tombe gravement malade.

    Mon avis :

    Ce livre débute comme un roman policier mais très vite, on comprend que l'auteur s'attache surtout à Fabrice, à sa quête identitaire, à ses difficultés de vivre. Un classique du roman d'apprentissage qui plaît encore, vingt-cinq ans après sa sortie, à de jeunes lecteurs.

     

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  • Faites l’expérience. Demandez autour de vous que l’on vous cite un auteur belge en littérature. Je suis sûre qu’un nom se détachera du lot : Amélie Nothomb. Quelques audacieux se risqueront peut-être à oser Didier Van Cauwelaert (qui n’a de belge que son nom) et les plus érudits Alexis Curvers, Simenon ou Pierre Mertens.

     

    Force est de constater que les Belges méconnaissent leur patrimoine culturel. Sans doute ce complexe d’infériorité qui nous colle à la peau, cette belgitude mal assumée. A moins que ce ne soit cette volonté d’être différents des Français et de fuir tout chauvinisme au point de ne même plus oser revendiquer nos artistes comme étant de chez nous.

    De plus, le rayonnement de la culture française en Europe fait aussi de l’ombre à la minorité francophone que nous sommes. Un certain snobisme à croire que ce qui vient de France est forcément meilleur, également. Pourtant nos auteurs ont du talent. Et un talent multiple.

    Sont-ils pour autant donnés à lire dans nos classes ?

     

    En ce qui me concerne je dois bien reconnaître que non. Si je dresse la liste des livres donnés ces cinq dernières années en 4e, je ne vois apparaître qu’un Simenon et un Amélie Nothomb. Mea culpa. Je me rattrape cependant au 1e degré où Gudule se taille la part du lion. Ouf !

     

    Interpellée par une amie qui me proposait le défi de découvrir ou redécouvrir cinq auteurs belges cette année, je me suis d'abord penchée sur ma propre bibliothèque. Pour me rendre compte qu’adolescente, j’avais eu à lire trois ouvrages de France Bastia Le cri du hibou, L’herbe naïve, Vingt jours – quarante jours, un de Delperdange, Comme une bombe et deux Simenon, Le pendu de Saint Pholien, Les fiançailles de M.Hire. Plus que je n’ai jamais donné à lire à mes élèves.

    Pourquoi ? Probablement parce qu’en littérature jeunesse les auteurs abondent et que les Belges passent un peu inaperçus. Sans doute parce que je ne m’étais encore jamais posé la question du choix des livres à proposer en termes de nationalité d’auteur.

    Mais comme je m’y suis engagée, je vais remédier à cela. Je pars à la découverte et redécouverte de nos auteurs. Je vous tiendrai bien sûr informés.

     

     http://marecages.be/?p=2738

     

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  • Mes lecturesInspiré de l'histoire de son propre père, Sandi Toksvig nous offre un roman sur la 2e Guerre mondiale qui a l'originalité de se dérouler au Danemark.

    Nous sommes en avril 1940. Bamse a douze ans. Les Allemands viennent d'envahir le Danemark. Pensant que le conflit sera passager, les parents de Bamse, artistes, tentent de tenir leur fils à l'écart. Mais peu à pue, les Danois vont devoir choisir leur camp. Alors que son oncle ouvre sa maison aux nazis, le frère de Bamse rallie la Résistance. Bamse, lui, voudrait participer et sauver ses amis juifs des menaces qui les guettent.

    Mon avis :

    Prisonnier dans son propre pays, comme un canari en cage, le peuple danois est contraint de chanter la gloire d'Hitler et du nazisme. Beaucoup y opposeront une résistance discrète mais implacable. L'intérêt de ce roman tient à la personnalité de ses personnages et aux questionnements qui les habitent. Peurs, audaces, contradictions... l'auteur dépeint merveilleusement bien ce qui les taraude. Comment trouver sa voie tout en préservant l'unité de la famille ?

    D'une écriture fine mais aisée, ce livre peut être apprécié par de jeunes lecteurs (12-13 ans). Par les aspects de la 2e Guerre mondiale qu'il aborde, il sera néanmoins mieux compris par de plus grands lecteurs.

     

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  • Mes lectures Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, "ville des prodiges" marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon, Daniel Sempere, le narrateur, dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y "adopter" un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets "enterrés dans l'âme de la ville" : L'Ombre du Vent.

     

    Mon avis :

    Une époustouflante histoire d’amour, de haine et de rêves. C'est à la fois et tour à tour un tableau historique, un récit fantastique, une énigme policière où les mystères s'emboîtent comme des poupées russes. Cela commence dans le monde des libraires de l'immédiate après guerre à Barcelone. Cela parle de passage de savoir, de livres mystérieux, d'amour adolescente... et l'intrigue commence à s'épaissir.
    Tout est fait pour nous maintenir en haleine et ça marche.  

    Surréaliste et nostalgique, plein de poésie et de violence ce roman est un petit bijou. Barcelone y est omniprésente, vivante et hantée de fantômes. Elle respire, soupire, palpite et vibre.  

    J'ai d'autant plus apprécié que je l'ai lu en grande partie à Barcelone !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • "Malgré moi, je la guette derrière la porte blindée. Je la déteste d'avance."

    C'est par ces mots que j'ai fait la connaissance de Susie Morgenstern, au fond d'une librairie. Le 1er roman que j'ai lu d'elle était "L'Amerloque". J'ai été séduite par le ton radicalement différent de cette auteure. Un peu irrévérencieuse, mais pas trop, libre de penser et d'écrire ce qu'elle veut, drôle, spontanée... la lire est plaisir, enthousiasme.

    J'ai eu la chance de la rencontrer en 2007 à la Foire du Livre de Bruxelles. Elle était seule à sa table, ce matin-là et nous avons pu prendre le temps de la découverte. Je ne fus pas déçue. Susie Morgenstern est comme on l'imagine : sympathique, abordable, souriante, parlant un français impeccable matiné d'une pointe d'accent "qu'elle ne perdra jamais" soupire-t-elle. J'ai appris qu'elle adorait Georges Perec, que pour elle l'amitié était aussi essentielle que l'air que l'on respire et qu'au delà de l'amusement, elle esperait que ses livres donnent aux enfants et aux adolescents un peu plus confiance en eux !

    Comment ne pas aimer une telle femme ? Mes élèves ne s'y trompent pas d'ailleurs. Ils aiment ! Même si les garçons regrettent qu'"elle écrive plus pour les filles que pour eux."

    L'Amerloque, Le Vampire du CDI, La Sixième, La première fois que j'ai eu seize ans, Trois jours sans... Autant d'histoires dévorées avec plaisir.

     

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  • Mes lecturesQue doit-on dire ? Roman polyphonique ? Roman chorale ?
    5 voix se mèlent pour nous livrer leur vécu, leur douleur, leur espoir, le jour où l'ouragan Katrina a déferlé sur la Louisiane.
    5 voix : celle d'une vieille négresse, Joséphine Linc. Steelson, celle d'un évadé de prison, celle d'un prêtre dont la raison s'égare, celle d'un homme qui veut retrouver la femme aimée complétée par celle de cette femme.
    Ces voix vont s'enchaîner, se heurter, se téléscoper pendant 48h environ. 5 destins nous sont ici présentés.

    J'ai aimé le style différent, vif. Un style auquel il faut être attentif pour ne pas s'y perdre car les personnages se succèdent à allure irrégulière.

    Un très bon livre, une histoire (des histoires) cruelle, sans pitié, sans happy end. Sans doute comme le fut l'histoire des habitants de la Louisiane en 2005.

     

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