• La Guerre des Lulus, 6 : Lucien, HAUTIERE & HARDOCNovembre 1918.

    Les armes se sont tues mais le combat des Lulus pour leur propre survie continue. Hospitalisé à Troyes, Lucien se souvient de son arrivée à l’orphelinat de Valencourt et de sa rencontre avec ceux qui allaient devenir ses meilleurs amis. A cette époque la Grande Guerre n’avait pas encore ravagé l’Europe et les moments de joie et d’insouciance étaient fréquents.

     

    Mon avis :

     

    C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les enfants de cette épopée. Lucien, amputé d’une jambe, réapprend à marcher avec Adélaïde, une jeune infirmière de Troyes. Lors de leur séance de marche, il lui raconte son arrivée à l’orphelinat en 1910, sa rencontre avec Luigi, son premier ami puis avec Ludwig et Lucas. Dès les premiers jours, il lui a fallu serrer les dents et résister aux attaques d’Octave et sa bande qui jouaient les chefs.

     

    Avec ce retour en arrière, on en apprend un plus sur chacun des enfants et les raisons de leur présence à l’orphelinat. On découvre aussi comme s’est formé leur petit groupe et ce qui leur a donné la passion des cabanes. Sentant sa convalescence prendre fin, Lucien est un peu inquiet, ne sachant où aller ni comment retrouver les autres. D’autant qu’un autre danger menace : la grippe espagnole fait des ravage en Europe.

     

    Quelle belle idée de poursuivre cette saga en donnant la parole à Lucien. C’est un battant, le grand de la bande qui a pris sous son aile les autres Lulus. Ce flash-back sur la genèse de l’amitié indéfectible de ces garçons est à la fois drôle et émouvant. Une fois encore la tension dramatique est présente et rendue avec soin et l’ambiance créée par le scénariste et le dessinateur est fidèle à celle des albums précédents. C’est le trait d’union parfait entre la guerre et le portrait des enfants. Cet album tout en tendresse, réalisme et affection nous attache encore un peu plus aux personnages de Hautière et Hardoc.

    Un régal.

      

     

    La Guerre des Lulus, 6 : Lucien, HAUTIERE & HARDOC11e

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  • Anna Caritas, Patrick ISABELLELe retour de Marianne Roberts au prestigieux collège Anna Caritas semble avoir enclenché une série d'événements bizarres dans la petite ville de St-Hector. William Walker n'a jamais cru à ce genre de phénomène. Pourtant, lorsque lui et ses amis décident d'interroger l'au-delà, ils réveillent quelque chose d'étrange dans la maison de Sabrina et bientôt, cette force surnaturelle semble s'attaquer à eux sans répit. Forcé d'admettre son impuissance face à l'ennemi invisible, William, accompagné de ses fidèles complices, Anthony et Gabrielle, n'aura pas d'autre choix que de se tourner vers celle qu'il essayait d'éviter à tout prix : Marianne. 

     

    Mon avis :

     

    Une ville de province où les commérages et les médisances vont bon train, un collège prestigieux où cohabitent les jeunes de St Hector et les pensionnaires aisés attirés par la qualité des études, des jeunes qui n’ont pas beaucoup de loisirs en dehors des clubs de sport scolaires, voilà le décor du roman de Patrick Isabelle.

    Nous suivons quatre étudiants d’Anna Caritas dont la vie va être bouleversée lors d’une soirée pourtant bien anodine au départ. Après avoir entamé une séance de spiritisme, pour s’amuser, tout va déraper. On ne réveille pas impunément les esprits. Des événements paranormaux vont alors s’enchaîner et perturber la fin d’année scolaire de ces jeunes. Marianne Roberts y est-elle pour quelque chose ou a-t-elle simplement la clé de ces phénomènes ?

     

    Si vous me suivez, vous savez que j’adore Patrick Isabelle, sa plume, les sujets qu’il aborde et la force de son écriture. Ici, il plonge dans l’univers de la peur et du fantastique, jouant avec les codes du spiritisme et de la sorcellerie. Il n’édulcore rien. Il y a des morts, des blessés, des scènes de violence mais rien n’est exagéré ou gore. Tout est maîtrisé par l’auteur qui n’est pas du tout dans la surenchère ou le gratuit.

     

    En toute objectivité, c’est juste très bon ! Dès le départ, on est ferré par l’auteur grâce à une intrigue bien ficelée qui n’a pour but que de nous prendre dans ses filets. Une fois entamé, on n’a de cesse de connaître le dénouement. De plus, les personnages sont attachants et leur personnalité est habilement construite au fur et à mesure du récit. C’est tout simplement machiavélique à souhait.

    Je ne peux que vous le conseiller et je ne manquerai pas de lire la suite.

      

    Merci à Masse critique et aux éditions Kennes pour cet envoi.

     

     

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  • L'affaire Boris, Frédéric BETHJe marche, je marche, un pied devant l’autre. J’ai mal aux yeux, l’air froid me fait mal. Je marche plus vite. Le sol est mouillé… J’ai mal aux mains aussi. Je marche… Je ne reconnais pas le quartier dans la nuit. Une rue ? Deux rues ? Où habite le Docteur Fraimont encore ? Elle doit dormir mais si je sonne, elle ouvrira parce que c’est moi. Elle sait. J’ai mal, je boite, je traine un pied.

    Un bruit de pas ? Non, c’est mon cœur que j’entends dans mes temps. Je marche encore un peu, je reconnais le café qui est fermé, le docteur habite au bout de la rue. J’y suis bientôt, elle ouvrira et tout sera fini, enfin Je…

    Des phares, une voiture… Le moteur, je reconnais le moteur…

     

    Mon avis :

     

    Aujourd’hui, je passe la plume à mon époux.

     

    Frédéric Beth s’inspire d’une vraie enquête sur la disparition d’un enfant et nous propose un récit où le suspense est présent jusqu’à la fin. L’action se situe en terre carolo, dans un milieu modeste. L’inspecteur devra se battre tout au long de l’enquête pour exploiter les pistes qui s’ouvrent à lui, peu aidé par sa hiérarchie.

     

    L’auteur nous emmène également dans le milieu de la police - un milieu qu’il connait bien étant jeune retraité - en nous faisant vivre l’envers du décor. Son passé d’ancien policier nous permet d’avoir une vue interne bien réaliste des enquêtes et de l’atmosphère : les relations humaines entre enquêteurs, les moyens octroyés, le manque de personnel et le manque de vision des supérieurs sur la situation sur le terrain... (Lui, c’est en tant que photographe qu’il a incorporé les rangs de la police fédérale en 2003, une époque où on y engageait des civils.)

    En parallèle à l’enquête sur la disparition du jeune Boris, né d’un couple belgo-polonais, l’auteur évoque les difficultés présentes chez des ressortissantes des pays de l’est, mariées sans amour et dépendantes de leur époux qui les maintient dans l’ignorance.

     

    Ce livre est écrit dans un style très agréable et précis où le suspense est maintenu jusqu’à la fin avec une alternance entre les différents protagonistes. Comme l’auteur me l’avait dit, nous découvrons aussi une vue très réaliste de la police et c’est vraiment interpellant. J’ai beaucoup aimé ce roman.

    Une lecture à conseiller vivement.

     

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  • Ailleurs meilleur, Sophie ADRIANSENJe m’appelle Alassane, j’ai 15 ans et déjà je dois quitter ma famille et mon pays. M'en aller me fend le cœur, mais depuis la mort de mon père et la perte des terres que nous cultivions, je n’ai plus d’avenir ici. Je m’en vais donc en trouver un ailleurs.
    Le chemin jusqu’à la France promet d’être long et semé d’embûches, entre les passeurs qui demandent toujours plus d’argent et les murs de barbelés érigés aux portes de l’Europe. Pourtant ma décision est prise : je pars pour un ailleurs meilleur.
     

     

    Mon avis :

     

    Sophie Adriansen propose aux enfants, dès 10 ans, de découvrir le parcours d’un jeune Africain qui quitte la Côte d’Ivoire, contraint, pour la France.

    Pour lui, c’est le pays des Droits de l’Homme et de Jacques Chirac et il pourra y faire des études. Il l’a vu à la télévision. Il ignore que le chemin sera long et semé d’embuches. La faim, le froid, l’épuisement mais aussi les passeurs, les gardes armés, les rondes et « le mur » sont autant d’obstacles qu’il devra surmonter.

    En route, il fait la connaissance de Modeste, un adolescent qui fuit lui aussi et dont les conseils lui seront utiles. Grâce à lui, il parviendra au camp de la Croix Rouge, une enclave espagnole au Maroc et pourra rejoindre l’Europe. Mais il ne sera pas au bout de ses peines pour autant.

     

    C’est la rencontre de deux jeunes immigrés lors d’un salon qui a donné à Sophie Adriansen l’idée de rédiger cet ouvrage. Ayant lu « Max et les poissons », ils avaient abordé l’auteure avec l’idée de lui raconter leur histoire. Elle rend ici hommage à ces adolescents, à leur courage et leur audace qui leur ont permis de surmonter les obstacles pour aller au bout de leur rêve. Outre les difficultés du trajet, Alassane et Figaro, un autre jeune rencontré en formation, devront affronter l’administration et ses arcanes, la méfiance des Français, des tentatives d’exploitation et de nouveaux obstacles qu’ils n’imaginaient pas.

    Heureusement, des mains vont aussi se tendre pour les aider, les soutenir et les encourager à aller au bout de leur rêve.

     

    Une fois encore, Sophie Adriansen nous offre un roman édifiant, destiné à informer les jeunes lecteurs sur un fait de société. Dans une langue simple (peut-être trop ?), elle rédige un récit poignant sur le quotidien des migrants, loin des clichés, des fausses informations et de l’ignorance des adultes. Le livre se clôture sur un dossier concernant les étapes de l’acceptation d’un mineur étranger sur le sol français.

    Merci aux éditions Nathan pour cet envoi. C’est un roman à donner aux enfants afin de les aider à comprendre sans juger.

     

     Ailleurs meilleur, Sophie ADRIANSEN11e

     

     

     

     

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  • La probabilité mathématique du bonheur, Maxence FIRMINEÀ trente-neuf ans et des poussières, Noah, éternel adolescent, a de plus en plus le sentiment d'un vide essentiel qui le fait passer à côté de sa vie telle qu'il l'avait rêvée enfant. Alors un soir, il décide de poser son mal-être pour trouver la clef du bonheur. D'expérience en découverte, Noah traque le bonheur dans chaque aspect de sa vie, guidé par cette seule question : y a-t-il une recette, une formule pour y parvenir ? Une rencontre va changer la donne au-delà de toutes ses espérances...

     

    Mon avis :

     

    J’avais beaucoup aimé la poésie et la profondeur de « La petite marchande de rêves » et de « La fée des glaces ». J’avais hâte de retrouver Maxence Fermine avec ce roman pour adultes dans lequel il s’interroge sur notre quête du bonheur et le sens de la liberté. Je remercie d’ailleurs les éditions Michel Lafon pour cet envoi qui m’a permis la découverte.

     

    A l’approche de la quarantaine, Noah fait le point sur sa vie, titillé par une remarque de sa collègue et amie Elsa. Le constat est clair, malgré son métier, sa maison, ses amis… il n’est pas heureux. Il va donc tenter de s’écouter davantage et réaliser de nouvelles expériences.

    A travers Noah, son questionnement et ses tentatives d’accomplissement, l’auteur nous propose une réflexion sur le bonheur. Sport, rencontres, recentrage sur soi, expérience sensorielle… Noah fera des essais, suivra les conseils de son entourage, pensant avoir la solution qui lui faut. Mais le bonheur se trouve-t-il dans une activité divertissante ? Dans une manière de vivre épanouissante ou dans des relations d’échanges ? Devons-nous tous emprunter le même chemin vers le bonheur ?

     

    L’idée est intéressante et j’attendais beaucoup de ce roman. Mais les tentatives de Noah prêtes à sourire tant elles sont naïves. Et bien qu’on ait envie de savoir ce qui va lui arriver, ce conte de développement personnel ne décolle jamais vraiment. J’avais tant aimé le style de Maxence Firmine et son écriture envoûtante dans « La petite marchande de rêve » que je m’attendais à autre chose. Je n’ai pas été séduite par le style et le début est une longue suite de propositions pour se sentir mieux, une liste énumérant les expériences à vivre. C'est consensuel, dans l'air du temps et sans réelle surprise. L'histoire ne devient intéressante que lorsqu’il rencontre Tao et que l’on est dans le récit d’une rencontre, d‘un dialogue entre deux vies dysfonctionnant et non dans une recherche égoïste d’un mieux-être. Et même si j’avais vu arriver la fin, j’ai apprécié cette partie.

     

    Je suis déçue de n’avoir pas été enthousiaste mais je suis contente de l’avoir lu. Je me demande cependant si ce roman n’est pas une commande, une publicité déguisée car certaines références sont interpellantes et le style de ce récit est très différent des précédents de l'auteur.

    Mais je m’en voudrais de briser votre envie de le lire ; faites-vous votre propre avis. Le plaisir de lecture, comme le bonheur, est tellement personnel.

     

    La probabilité mathématique du bonheur, Maxence FIRMINE10e

     

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    Voilà, le mois québécois s'achève dans quelques minutes.
    J'ai lu deux romans de moins que l'an dernier, faute de temps. Le dernier n'est pas achevé et j'en parlerai donc dans les jours prochains. Il s'agit d'un roman de Patrick Isabelle. Par contre, j'ai lu de très belles choses, j'ai fait des découvertes (comme la poésie de Vanessa Bell) retrouvé avec plaisir un ami de plume, été secouée par Larry Tremblay et eu un coup de cœur pour le roman de Andrée A. Michaud. Un bon cru donc.

    Et parce qu'un bonheur ne vient jamais seul, je retourne au Québec cet été. On s'est enfin décidé. Que demander de plus ?




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  • L'angoisse du poisson rouge, Mélissa VERREAULTManue aime se faire croire que son existence, « digne d’un scénario hollywoodien », est catastrophique. Fabio, jeune Italien immigrant, ne se sent chez lui nulle part, car « lorsqu’on a choisi de quitter sa maison, elle nous devient à jamais interdite ». Leurs chemins se croisent alors que Manue recherche son poisson rouge mystérieusement disparu. Le récit de leur relation s’entremêle avec celui de Sergio, soldat de la Seconde Guerre mondiale, homme mort cent fois. Tous trois s’embarqueront dans une épopée improbable où les méduses détiennent la réponse aux questions existentielles, où les messages sont livrés par pigeon voyageur et où il est parfois nécessaire d’entrer par effraction dans sa propre demeure.

     

    Mon avis :

     

    Ce roman choral met en présence trois personnages excentriques. Manue, jeune graphiste sans boulot, désœuvrée, traine son mal-être dans une vie vide. Un jour où elle cherche son poisson rouge disparu, elle rencontre Fabio, très proche de son grand-père Sergio qui a combattu durant la Seconde Guerre mondiale et survécu aux goulags. La seconde partie du roman nous transporte d’ailleurs à cette époque. Enfin, la dernière nous emmène en Italie où Sergio vient de mourir. Fabio se rend à son enterrement et reçoit de sa grand-mère une mystérieuse boite qu’il ne veut ouvrir qu’en présence de Manue.

     

    Inspirée par le grand-père de son compagnon, Mélissa Verreault a imaginé le personnage de Sergio qui donne tout son sens au roman. Après tout ce qu’il a vécu, il a surmonté ses souvenirs d’atrocités, s’est marié et a eu une vie bien remplie. En découvrant cette vie, Manue se rend compte que si Sergio a pu survivre à toutes les horreurs qu’il a connues, elle peut aussi surmonter ses peines de cœur, la perte de sa sœur, le départ de son père…

     

    Sur un ton badin voire burlesque, l’auteure nous raconte des histoires familiales parfois légères, souvent pesantes sur l’angoisse de vivre. Il arrive qu’on trouve le récit décousu mais il reste profond et traversé de sensations fortes. Et pour désamorcer l’aspect dramatique du récit, Mélissa Verreault emploie un ton pétillant et fantaisiste soutenu par une écriture juste et cela fonctionne à merveille.

     

    J’ai trouvé ce roman, qui parle de la vie, de son sens et l’interroge, profondément humain. A la fois drôle, bouleversant, hors normes, ce roman fait du bien et remet les choses à leur juste place.

    A découvrir absolument, si ce n’est déjà fait.

     

    L'angoisse du poisson rouge, Mélissa VERREAULT 8e

     

     

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