• Si seulement, Lucie, Vincent ENGELDepuis l’enfance, Lucie porte un secret qui l’empêche parfois de faire des choix. Lorsqu’elle rencontre Jim, elle le déteste tout de suite car elle sait qu’elle pourrait tomber amoureuse. Lorsque Jim croise le regard de Lucie, il sait que sa vie va changer.

     

    Mon avis :

     

    Ce roman de Vincent Engel destiné aux adolescents est une réédition chez Mijade. Nous y faisons connaissance de Lucie et Jim, deux jeunes de 15 ans. Lucie emménage dans l’immeuble de Jim et se retrouve aussi dans sa classe. Lucie semble lutter pour rester seule mais Jim, patiemment, l’apprivoise. Très vite, il comprend qu’elle cache un secret mais se refuse de la brusquer et attend qu’elle se confie à lui. Mais Lucie a la tête pleine de « si jamais… » et de superstitions qui l’empêchent de lâcher prise.

    Nous lisons en alternance le point de vue de chacun, leurs joies, doutes et peines. Ces deux solitaires se dévoilent peu à peu et on comprend au fil des pages l’origine de leur isolement.

     

    L’écriture de Vincent Engel, comme toujours, est d’une grande finesse et teintée d’émotion. J’ai beaucoup aimé les personnages de ce roman, décrits avec justesse et sensibilité. L’auteur nous partage leurs difficultés de vivre, leur passé et la manière dont ils devinent l’autre, l’observent et l’interprètent. L’histoire d’amour naissante, ses balbutiements, ses hésitations… est assombrie par le passé de Lucie dont on ne sait rien et les difficultés familiales des deux ados. Ce sont d’ailleurs ces non-dits qui rendent le récit addictif et la fin trop rapide.

    Un chouette roman pour adolescents dès 13 ans.

     

     Si seulement, Lucie, Vincent ENGEL

     

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  • Marcher noir, Chroniques du monde confiné, Marc MEGANCKFlâner, arpenter les rues, à son rythme. Appréhender les restrictions et les règlementations par la libre pensée, en attendant l’aube et le retour de la lumière, en écrivant mentalement…

    « Marcher noir », comme un nouveau système de prise en charge personnelle. Une marche libertaire, une autocontrebande d’idées pour se réoxygéner le cerveau. Un circuit propre de distribution créatrice pour pallier les carences sociales et culturelles du moment.

     

    Mon avis :

     

    Auteur Bruxellois prolifique, historien de formation, Marc Meganck nous propose ici une sorte de journal intime de la pandémie qui court du 25 avril 2020 au 21 avril 2021. A chaque jour d’écriture correspond une chronique (45 en tout). Il décrit ainsi les rues vides, les balades qu’il y fait, la relation au temps qui passe qui prend une forme tout autre, des réflexions sur la manière dont chacun gère cet isolement imposé par le confinement et que l’on ne vit pas de la même manière dans une villa ou dans un appartement surpeuplé.

    Il porte aussi un regard acéré sur les décisions gouvernementales et les réactions des citoyens qu’ils jugent soumis car trop frileux, trop ancrés à leur confort et leur avoir. Les bien-pensant mous comme il les appelle. Les petits caprices des nantis sont passés au crible : qui veut partir en vacances, qui exige de prendre l’avion, qui n’accepte pas qu’on le force à… alors que tant d’autres, démunis, survivent comme ils peuvent espérant seulement retrouver le droit de sortir et de respirer librement. Les scientifiques devenus par les circonstances des stars du petit écran ne sont pas non plus épargnés.

    Ces chroniques sont un cri de révolte où l’auteur exprime son désarroi, sa colère, son impuissance face à la pandémie, à la gestion de celle-ci, à cette vie dont nous avons été amputé

    Ce qui l’a aidé, ce sont les marches urbaines qu’il pratiquait le plus souvent possible, un carnet de notes à la main pour coucher ses soliloques intérieurs. Ils sont maintenant devenus un recueil au style soigné et cinglant. Un point de vue sans concession sur une années particulière de nos vies. L’écriture est forte, parsemée de citations et de références littéraires. C’est un recueil actuel et touchant, un témoignage pour les générations futures… peut-être…

    Merci aux éditions 180° pour cet envoi ainsi que leur attachée de presse.

     

     Marcher noir, Chroniques du monde confiné, Marc MEGANCK

     

     

     

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  • Par-delà les charmilles du parc, il voyait les cimes des arbres poussant hors de l’enceinte du domaine, dans les forêts, et il rêvait de pouvoir se promener là-bas. Il savait qu’au printemps le sous-bois était tapissé d’anémones et de jacinthes sauvages, il les entrevoyait depuis la fenêtre de la berline familiale lorsqu’il quittait le manoir avec ses parents et, deux ou trois fois, il avait même aperçu la mer au loin. C’était cela le vrai monde, cet espace sans limites où l’on pouvait marcher librement sur des sentiers se perdant dans les bois, vers l’inconnu, comme dans les livres d’aventures qu’il lisait le soir au lit. 

     

    Mon avis :

     

    Être à la fois jardinier et écrivain, quelle douceur de vivre !

    Dans ce recueil de nouvelles, chacune porte un nom de fleurs et est prétexte à conter des rencontres et des lieux. Ainsi, celle intitulée « Pensées » nous emmène sur les traces d’Emily Dickinson à travers la rencontre de l’auteur et de Stephen Tremblay, responsable de la Dickinson collection à Harvard. Il nous parle du domaine et de l’herbier réalisé par Emily où il admire des dizaines de variétés de pensées. « Roses » évoque Enrique Vila-Matas, Picasso, le poète Teodor Céric et son recueil « Jardins en temps de guerre » ou encore les jardins de l’Alhambra ou celui des Tuileries.

    Chaque page exhale la rose, le chèvrefeuille, l’herbe fraiche… Tout l’ouvrage est empreint de la poésie des fleurs.

    J’ai beaucoup aimé ce petit livre des éditions Acte Sud, découvert grâce à une copine du club de lecture. Marco Martella, historien des jardins, s’intéresse à la façon dont ils nous enseignent à vivre dont ils reflètent la personnalité de leur propriétaire. Il aime les jardins un peu sauvages où les insectes peuvent se régaler, où la main de l’Homme ne domine pas la fantaisie des fleurs mais vit en harmonie avec elles.

    L’écriture est douce, fine, agréable et poétique. Les descriptions laissent rêveur et donnent envie de visiter chaque espace qui se dessine lentement sous nos yeux. Un réel art de vivre et de paix émerge de chaque page. Un ouvrage idéal à offrir aux passionnés de jardin.

     

     

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  • La Grande Princesse, Julia PIETRILa princesse quitte sa petite planète pour chercher une grande planète à la taille de ses rêves. Durant son voyage, elle va atterrir sur huit planètes extraordinaires habitées par des femmes extraordinaires. De Simone Veil à Rosa Parks, chacune d’elles lui offrira de belles leçons de vie pour la guider dans sa quête.

    Êtes-vous prêt.e à rêver ? 

     

    Mon avis :

     

    Vous l’aurez compris, ce titre est une référence au « Petit Prince » de St Exupéry. Un hommage aussi. Mais ici la Grande Princesse ne rencontre pas des habitants farfelus ou obsédés par leur travail sur les planètes qu’elle visite mais des femmes inspirantes et magnifiques qui ont fait bouger le monde.
    De Simone Veil à Greta Thunberg en passant par Janis Joplin, Helen O’Connell ou Malala, nous découvrons huit personnalités, huit femmes engagées, en lutte contre les discriminations. On écoute la Grande Princesse nous confier les enseignements et leçons de vie de ces femmes. Une quête initiatique à hauteur d’enfant, par la narration et la forme grâce à de très jolies illustrations.

     

    Mais bien que l’auteure annonce que l’album est accessible dès 4 ans, je pense qu’il sera apprécié davantage par les enfants plus âgés qui pourront le lire seuls. Je regrette que chacune des personnalités ne soit pas nommée dans la narration, il faut parfois se rendre dans le lexique final pour découvrir de qui on parle et cela gâche un peu le plaisir. De plus, pour une première approche, peut-être y avait-il d’autres personnalités à présenter. Mais ceci est une appréciation toute personnelle.

    En résumé, l’album est beau, poétique, intéressant. Ce conte déconstruit les normes sexistes des album d’enfants. Mais il ne m’a pas emballée autant que je l’espérais.

     

     

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  • Après la lecture du roman de Béatrice Nicodème sur Marie Curie, nous avons embrayé, en ce mois de mars, sur les femmes inspirantes. Les élèves ont découvert l’origine de la journée du 8 mars et l’évolution des droits des femmes en cent ans.

    Cette séquence leur a fait travailler le savoir lire et la recherche d’informations sur internet.

    Si au début, plusieurs étaient réticents à l’idée de lire, ils ont peu à peu oublié leurs craintes pour se plonger dans la découverte d’informations nouvelles pour eux. Certaines ont fait écho à des situations actuelles sur la place des femmes dans nos sociétés et plusieurs discussions se sont engagées suite à leurs recherches.

    Chacun a choisi ensuite un livre présentant une femme inspirante. J’avais apporté les miens ainsi que plusieurs empruntés à la bibliothèque. J’ai veillé à proposer plusieurs difficultés de lecture et plusieurs formats de livre afin que même les élèves non francophones puissent lire une histoire en entier et la comprennent.

    J’ai été agréablement surprise de voir mes élèves se plonger en silence dans leur lecture, se détendre et se concentrer. Bon moyen de mémoriser de nouvelles informations et d’enrichir leurs connaissances.

    Le but de cette lecture était d’ensuite présenter à la classe la femme inspirante découverte. Cette dernière partie du travail est toujours en cours, j’y reviendrai plus tard.

    Mais je suis déjà satisfaite de les avoir vu lire sans rouspéter et de les avoir vu s’échanger des ouvrages. J’attends maintenant impatiemment, la suite de leur travail.

     

     Droits des femmes - Femmes inspirantesDroits des femmes - Femmes inspirantes

     

     

     

     

    Droits des femmes - Femmes inspirantes

     

     

     

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  • Est-elle prête à tout sacrifier pour sa cause, la défense de la planète ?
    " Les ados de mon âge se demandent ce qu'ils vont faire plus tard. Ils ont des envies, des idées, des options. Ou ils se paient le luxe de ne pas savoir. Moi, personne ne me pose la question. Personne ne s'inquiète pour mon avenir. " Tu es intelligente, travailleuse, connue, disent-ils. Tu pourras faire ce que tu voudras. Femme politique. Journaliste. Scientifique. Médecin. Avocate. " Mais qu'est-ce qu'on fait, justement, quand on peut tout faire ? "

     

    Mon avis :

     

    J’aime beaucoup cette collection de Nathan qui propose des textes courts, intéressants et bien écrits. J’aime aussi la diversité des sujets traités.

     

    Dans cet ouvrage, nous nous retrouvons dans les pensées de Greta Thunberg. Comment vivre une adolescence normale tout en étant une icone mondiale engagée dans le combat pour l’environnement ? Rencontrer les grands de ce monde, convaincre les membres de l’ONU, se battre pour le climat… elle sait le faire. Mais sait-elle comment se comporter au quotidien, comme les adolescents de son âge ? Et comment réagir et résister face aux attaques des réseaux sociaux et médias ?

     

    Se mettre dans la tête d’un personnage public comme Greta est une gageure. Et si celle-ci est plutôt réussie, je ne peux m’empêcher d’en chercher l’utilité. Pour répondre à la question qui sous-tend le récit (a-t-on une vie normale quand on est une ado sous le feu des projecteurs en permanence ?) fallait-il sortir de la pure fiction ? Qu’apporte le fait d’être dans la peau de Greta pour y répondre ? Tous les jeunes un tant soit peu impliqués dans un projet public, un engagement, ou médiatisés pour telle ou telle raison, vivent les mêmes interrogations.

    Malgré ce bémol, j’ai apprécié la plume de l’auteur et la réflexion qu’elle propose sur la surexposition médiatique. Un récit sensible.

     

     

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  • L'incroyable destin de Katherine Johnson, P. HEDELIN & J. REYDès son enfance, Katherine Johnson est une génie des mathématiques. Mais elle doit se battre et s’imposer pour surmonter sa condition de femme noire dans un monde dirigé par des hommes blancs. En 1953, elle parvient à intégrer l’agence spatiale américaine.

     

    Mon avis :

     

    Connaissez-vous Katherine Johnson ? Même si son nom ne vous dit rien, vous en avez sûrement entendu parler. Elle est une des « Figures de l’ombre » auxquelles le film de Theodore Melfi rend hommage.

     

    Nous découvrons dans ce court récit biographique une mathématicienne de génie. Née dans une famille pauvre, elle est très douée en mathématiques. Dès 8 ans, elle a de telles disposition que son père va déménager pour donner à ses enfants la possibilité de suivre leur scolarité dans une école secondaire pour Noirs. Nous sommes dans les années 20 et leur petite ville ne permet pas aux enfants comme Katherine de poursuivre au-delà des primaires. Elle ira ensuite à l’université.

    Elle connaitra le racisme, la ségrégation, les humiliations mais restera déterminée. Après une pause dans ses études pour élever ses enfants, elle les terminera et deviendra professeur de math puis entrera dans un centre d’aéronautique.

    Par ses capacités, sa passion de math et sa détermination, Katherine ira au bout de ses rêves, s’extrayant ainsi de sa condition de femme noire destinée à rester à la maison. Elle jouera même un rôle primordial dans la course à la conquête spatiale.

    Ce récit de 45 pages agrémenté d’illustration compte aussi cinq pages documentaires sur l’Histoire de la ségrégation aux Etats-Unis et l’évolution de la NASA. Bien qu’accessible dès 9 ans selon l’éditeur, il peut être lu bien plus tard tant le récit est intéressant et non simpliste. Une manière agréable et dynamique de faire découvrir aux jeunes une personnalité inspirante du 20e siècle.

     

     

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