• Régis Mille, l'éventreur, René BELLETTO

    Régis Mille, l'éventreur, René BELLETTORégis Mille est un tueur de femmes qui a programmé une série d'assassinats à Lyon. Michel Rey, un jeune inspecteur de police peu conforme, guitariste et luthier, va tenter d'arrêter le mécanisme fatal, basé sur un système numérique complexe. Entre Michel Rey et Régis Mille se joue une histoire de grâce et de damnation...

    Mon avis :

    Parmi les romans ramenés des Quais du Polar, trois sont écrits par des auteurs lyonnais. J’aime beaucoup cette ville et j’apprécie la manière dont les écrivains du cru en parlent, surtout les auteurs de polar.
    Je ne connaissais de René Belletto que « Sur la terre comme au ciel » le roman dont on a tiré « Péril en la demeure » avec les excellents Nicole Garcia et Christophe Mallavoy. Je l’ai lu il y a plus de vingt ans et je n’avais plus rien lu de l’auteur depuis.

    L’action de Régis Mille, l’éventreur se passe donc aussi à Lyon et comme dans le précédent, la musique y a une place prépondérante. Michel Rey, l’inspecteur, est un mélomane averti, guitariste besogneux. Sa sœur est pianiste et l’assassin est lui-même sensible à certaines mélodies comme « la danse de la bergère » de Halffter ou les chansons de Nathalie Rhode.
    La comparaison s’arrête ici car si je garde un souvenir assez fort de « Sur la terre comme au ciel », j’ai été moins emballée par ce roman-ci.

    L’histoire se déroule sur quatre jours. Un quadragénaire, bien de sa personne mais très perturbé, poignarde des jeunes femmes selon un code compliqué, mu par une raison que l’on ignore. Tout a été soigneusement programmé, méticuleusement préparé. Il a étudié ses victimes avant de commencer sa tâche, connait leurs habitudes et sait que ce sont des femmes seules. Il n’y a aucun lien entre elles, ce qui ne facilitera pas la tâche des enquêteurs. Entre psychopathe et solitaire meurtri, Régis Mille a quelque chose d’attachant. On a envie de le plaindre alors que ses actes sont impardonnables.
    Belletto nous présente aussi toute une brochette de personnages qui ont leur importance. Chacun à deux facettes, portant en lui le mal et le bien de manière innée, naturelle. Ils fonctionnent également en duo, par certains traits de caractère, comme si chacun avait son miroir : Rey et Mille, Nadia et Robert, Mille et Robert, Nadia et Michel... Un jeu complexe de similitudes et de contraires auquel s’ajoute une construction mathématique que j’ai perçue sans bien la comprendre. Ainsi le nom de l’assassin Mille, les victimes au nombre de six, la septième épitre de St Paul, le code 26241 qui est la clé de l’énigme (l’explication m’a échappé)... Edité chez POL à l’origine, ce roman a un côté expérimental, oulipien que je n’ai pu appréhender.

    L’étude des personnages est intéressante et on aurait pu en tirer davantage parti. De même on se laisse prendre par l’atmosphère lourde du récit, l’énigme tient en haleine une bonne partie de l’histoire, aidée par de courts chapitres qui donnent du rythme et l’envie d’en savoir plus. Puis les coïncidences se succèdent de manière un peu trop fortuite.
    Enfin, les nombreuses références à la technique audio-visuelle et informatique ne sont pas, à mes yeux, intéressantes, d’autant qu’elles ont mal vieilli, le roman datant de 1996.

    Au final, un avis mitigé car je pense être passée à côté de certains éléments. Ce qui m’a plu ce sont les références musicales, les références lyonnaises -que je connaissais presque toutes- et le rythme du récit qui m’a fait passer une bonne soirée de détente.

     

     

     

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