• Les fêlures, Barbara ABELQui est le véritable meurtrier d'un être qui se suicide ?
    Lui, sans doute. Et puis tous les autres, aussi. Quand Roxane ouvre les yeux, elle sait que les choses ne se sont pas passées comme prévu.
    Martin et elle formaient un couple fusionnel. Et puis, un matin, on les a retrouvés dans leur lit, suicidés. Si Roxane s'est réveillée, Martin, lui, n'a pas eu sa chance... ou sa malchance. Comment expliquer la folie de leur geste ? Comment justifier la terrible décision qu'ils ont prise ?
    Roxane va devoir s'expliquer...

     

    Mon avis :

     

    Il n’est pas nécessaire de présenter Barbara Abel ni de vous dire combien je l’apprécie. Si vous me suivez, vous savez que j’ai lu tous ses livres.

    Partant toujours d’un fait de la vie quotidienne, ici un procès d’assises, elle parvient à lui donner un intérêt particulier, intriguant et à amener le lecteur à se poser mille questions au fil de sa lecture. Chaque fois qu’on croit avoir compris, on est surpris qu’une phrase, un acte, un événement vienne déjouer nos certitudes.

    Ce dernier roman ne fait pas exception. Roxane et Martin s’aiment d’un amour fou. Pourtant, un matin, Garance, la sœur de Roxane, les découvre inertes, étendus sur le lit, une lettre d’adieu à leur côté. Comment expliquer ce geste ? Si Roxane sera sauvée in extrémis, ce n’est hélas pas le cas de Martin. Mais mutique, elle ne révèle rien de ce qui les a poussés à l’irréparable. Commencent alors l’enquête, les questionnements de l’entourage et la culpabilité, les accusations, les doutes et la vérité derrière les apparences.

     

    Au-delà du thriller psychologique, ce 14e récit de Barbara Abel aborde des sujets sensibles ; le suicide bien sûr et ce qui pousse à passer à l’acte, les secrets de famille ensuite, les liens toxiques qui fragilisent, les rêves déçus, mais aussi le deuil. Passant du présent au passé au fil des chapitres, l’auteure reconstitue la vie de chacun et l’origine des fêlures qu’ils n’ont pu surmonter. Les personnages sont consistants, attachants et déstabilisants. Leurs portraits sonnent juste et émeuvent tant les blessures d’enfance ont façonné ces adultes vacillants.

     

    Si vous aimez la plume de Barbara Abel et les thrillers psychologiques, vous aimerez celui-ci. Une fois encore, l’auteure nous montre combien les familles ont une influence sur les adultes qu’on devient et comme les apparences peuvent être trompeuses. Un très bon moment de lecture en ce congé pascal.


    Les fêlures, Barbara ABEL

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  • Un peu après la fin du monde, Patrick DELPERDANGE« J’aurais pu tenter le coup, tout à l’heure au bord de la rivière, et descendre jusqu’à la berge afin de tendre la main à ce type qui s’agitait dans l’eau tourbillonnante pour reprendre pied, même au risque de me retrouver au fond. J’avais la gorge sèche en y repensant. Steve avait toujours eu l’ascendant sur moi et son simple regard avait suffi à m’arrêter. Qui était cet homme et pour quelle raison mon frère l’avait-il laissé se noyer sans la moindre compassion ? Il fallait qu’entre eux se soit passées des choses très graves. »

     

    Mon avis :

     

    J’avoue avoir été d’abord surprise par ce récit introspectif au point de l’avoir pris pour un recueil de nouvelles. Le fait de changer de personnages d’un chapitre à l’autre et de découvrir des histoires qui semblent ne pas avoir de lien entre elles m’a un peu perturbée. Puis je me suis laissé guider par l’auteur et j’ai lu son roman en une soirée. Mais cela reste un OLNI car rien n’est habituel dans celui-ci. Ni la chronologie, ni le genre - dont le titre fait penser qu’on a affaire à de la dystopie - ni les personnages et leurs secrets.

    Sept chapitres courts composent cet ouvrage et mettent en scène à chaque fois un personnage dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est qu’il a une vie difficile souvent emplie de non-dits. Le dernier chapitre fait écho au premier et lui apporte quelques éclaircissements. Il en va de même des autres qui présentent des parallèles entre des situations ou un aspect différent des personnages cités précédemment, le point de départ étant la noyade d’un inconnu.

    Le point commun entre tous est la mort, subie, souhaitée ou marquant leur vie. L’angoisse est également une composante de chaque récit et crée une atmosphère troublante, conflictuelle à l’instar des personnages décrits. Le puzzle se reconstitue peu à peu mais une fois le livre refermé, on ne peut s’empêcher de se demander si rien ne nous a échappé.

     

    Malgré cette complexité voulue, l’ensemble est agréable à lire car servi par la plume précise et singulière de Patrick Delperdange. La chronologie complexe est parfaitement maitrisée par l’auteur et donne à ce roman noir un côté surréaliste qui ne déplaira pas aux lecteurs belges. Difficilement résumable, si ce roman vous tente, découvrez-le par vous-mêmes.

     

     Un peu après la fin du monde, Patrick DELPERDANGE

     

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  • Respire, Niko TACKIANLe sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé. 

     

    Mon avis :

     

    Envie de changer de vie ? De vous faire oublier ? De recommencer à zéro ? De vous évaporer ? C’est ce qu’a choisi de faire Yohan, écrivain célèbre et adulé suite à un premier roman bestseller pour lequel le succès n’a plus jamais été au rendez-vous ensuite.

    Il découvre l’annonce d’une agence qui promet de s’occuper de tout en échange de 10 000 euros. Ce n’est pas cher payé pour commencer une vie ailleurs. Après avoir répondu à un long et fastidieux questionnaire, il signe.

    Sans trop savoir comment il arrive sur une ile paradisiaque. Le soleil brille, la nature est luxuriante, les voisins rares, parfois étranges mais sympathiques et il ne doit se préoccuper de rien que de lui-même. Il a été rebaptisé Acab et a comme mission de remplacer le détective privé précédent. Cool.

    Mais très vite, Yohan-Acab s’interroge sur le mode de vie sur l’ile, sur l’approvisionnement du seul commerce et qui regorge toujours de fruits frais, sur les maisons en ruine qu’il croise au gré de ses promenades, sur l’histoire de cette ile et sa localisation. Il décide alors de mener à bien sa mission et de découvrir ce qu’on lui cache.

    Je découvre Niko Tackian avec ce thriller haletant même si j’apprécie depuis toujours ses talents de scénariste pour la série Alex Hugo.

    Ce roman bien ficelé et sans temps mort est un plaisir de lecture. L’auteur crée un suspens de bout en bout tout en évitant les classiques rebondissements que l’on pourrait attendre. On croit plusieurs fois toucher au but mais un élément vient faire voler en éclat nos certitudes. Au-delà de cette intrigue, Niko Tackian nous invite à réfléchir sur nous-mêmes, nos attentes de la vie, nos petits arrangements avec notre conscience, nos lâchetés… Bref sur ce qui fait la nature humaine et la recherche inlassable du bonheur.

    Un très bon thriller, une découverte de l’auteur derrière le scénariste et un récit original à découvrir. Je vous le recommande.

    Merci aux éditions Calmann Levy et à leur attachée de presse pour cet envoi.

     

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  • La trajectoire du Papillon, Patrick PARMENTIERBruxelles. Alidor succombe après avoir été roué de coups par des jeunes. Est-ce l’approche de la retraite, le suicide de sa fille ou une pulsion instinctive qui pousse l'inspecteur Van Achter à s’engager dans cette affaire. Fouiller dans le passé de la victime, suivre Sergio, le chef de la bande, un jeune sans histoire. Derrière les apparences se cache parfois le mécanisme pervers qui agit dans l'ombre. 

     

     

    Mon avis :

     

    Un jeune homme perdu, mal dans sa peau, dérape un soir de guindaille. Il vient de fêter son anniversaire, il a beaucoup bu. Pour montrer qu’il est un homme, un chef, il provoque un vieil homme qui passe son chemin sans réagir et là c’est le drame. Roué de coups par la bande, pour rien, l’homme décède sur le trottoir. L’intervention des passants n’aura rien changé.

    L’inspecteur Van Achter, un policier proche de la retraite et malheureux, décide de faire la lumière sur cette affaire et surtout de comprendre comment on peut en arriver là, si jeune. Il se met à la recherche de Sergio, le meneur de la bande, mystérieusement disparu. Il découvre alors de sombres affaires et s’interroge sur la victime. Était-elle aussi insignifiante qu’elle en avait l’air ? Quelle machination Van Achter va-t-il mettre à jour ?

    Pendant ce temps, Sergio fait le point sur ses actes, caché par de la famille à des kilomètres de chez lui.

    J’ai apprécié le fait que cela se passe à Bruxelles (et en Belgique) et que l’auteur décrive les lieux, les ambiances des quartiers, la vie nocturne... L’écriture de Patrick Parmentier est soignée, précise et donne envie de tourner les pages pour en savoir plus sur les personnages et ce qu’ils cachent. Il nous plonge au cœur d’affaires sordides dans une Belgique bousculée, blessée.

    Au cœur de ce roman policier initiatique, on découvre aussi de l’amour, du mensonge, de la passion et cela rend ce récit palpitant. Ainsi, il relie l’intrigue aux histoires d’amour des personnages. Et ce qui semblait être un fait divers banal prend une autre tournure.

    Une belle découverte que cet auteur belge qui signe ici son 5e roman.

    Merci aux éditions Memory et à la campagne "Lisez-vous le Belge ?" pour cet envoi.

     

     

     

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  • Une mort honorable, Jacques SAVOIEL'enquêteur Jérôme Marceau est victime d'un violent coup de bâton de baseball. Huit mois plus tard, il s'apprête à partir au volant d'un minivan acheté d'occasion à un certain Sanjay Singh Dhankhar.

    En inspectant son véhicule, Jérôme découvre du sang coagulé. Il suit une piste qui le mène tout droit à un crime d'honneur… mais il n'y a pas de corps. Il apprend aussi que les jours de sa mère sont comptés.

     

    Mon avis :

     

    Jérôme Marceau, blessé, est en convalescence. Il envisage d’en profiter pour partir en road trip. Mais rien ne se passera comme prévu. Non seulement, sa mère a besoin de lui mais dans la voiture achetée pour l’occasion, une tâche de sang l’intrigue et il ne peut s’empêcher de s’y intéresser. Et c’est sans compter sa supérieure qui le harcelle pour une affaire de passeports volés tout en espérant qu’il ne reprendra pas le travail de si tôt.

    Dans ce roman policier, on découvre une part d’histoire du Québec, avec le Référendum de 1995 et les tensions entre Montréal et Ottawa. Un secret bien gardé est éventé par Marceau et ce sont tous les services de police du Québec qui sont sur les dents. Il faudra jongler entre les vraies informations et les pièges et être plus rusé que ceux qui veulent sa perte. Ce n’est pas ainsi qu’il envisageait son voyage.

    Deux enquêtes s’entrechoquent donc en plus du récit de voyage que Marceau fait en compagnie de sa mère à qui il a promis de montrer la mer. C’est l’occasion de lire d’émouvantes scènes de dialogue mère-fils, pleines de tendresse ou de tristesse, mais toujours très justes. Une histoire d’amour qui vient égayer un peu la noirceur de l’enquête qu’il mène en secret.

    J’ai beaucoup aimé ce deuxième tome des enquêtes de Jérôme Marceau. Il nous plonge dans la vie privée de l’enquêteur, dans les méandres de la politique et dans la culture et la religion indienne (d’Inde). Un choc pour les Occidentaux que nous sommes. Le roman de jacques Savoie est richement documenté, humain et touchant. Il mêle harmonieusement policier, amour et espionnage ainsi qu’une réflexion sur les liens sociaux et le choc des cultures. J’ai hâte de découvrir la suite.

    Une mort honorable, Jacques SAVOIE

     

     

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  • Seuls les vivants, Lou BERNEYÀ l'été 1986, deux tragédies secouent Oklahoma City.

    Six employés de cinéma sont tués dans un vol à main armée. Un seul survit. Au même moment, une adolescente disparaît pendant la foire annuelle de l'État.

    Vingt-cinq ans plus tard, les réverbérations de ces affaires non élucidées résonnent encore dans la vie des survivants.

     

    Mon avis

     

    Je découvre Lou Berney avec ce roman après avoir lu beaucoup de bien de « Novembre Road ».

    Partant de deux faits divers réels qui se sont déroulés quand il avait treize ans, il nous propose un roman noir abouti, sombre et mélancolique à souhait qui se déroule dans sa ville natale, Oklahoma City. Ces meurtres et disparition inexpliqués forment la trame de son récit. D’un côté, on suit Wyatt, un détective privé de Las Vegas, envoyé dans cette ville par un client pour enquêter sur une affaire de harcèlement. Rescapé du massacre, il a fui son passé dès qu’il a pu, croyant échapper à la lancinante question qui le taraude : pourquoi moi ? De l’autre, Juliana chercher toujours à comprendre pourquoi sa sœur a disparu il y a 26 ans alors qu’elles étaient à la fête foraine. Bien que l’enquête n’ait jamais abouti, elle n’a jamais perdu l’espoir de comprendre. Les chapitres donnent tour à tour la parole à chacun de ces deux héros et nous permettent de suivre en simultané, l’avancée des deux affaires.

     

    Mais le personnage principal est Oklahoma City, décrite avec soin par l’auteur. Nous découvrons la ville d’aujourd’hui, plus moderne et vivante que dans les souvenirs de Wyatt mais dont certains quartiers sont toujours délabrés, pauvres et oubliés par la municipalité. Une ville marquée par la tuerie à laquelle Wyatt a miraculeusement échappé et par un acte terroriste qui a fait 168 morts en 1995. Un attentat au camion piégé, le plus meurtrier de l’histoire des Etats-Unis avant le 11 septembre.

     

    Nous croisons des gens fiers, combattifs, mais marqués par le sort, la solitude ou la pauvreté et luttant souvent à armes inégales pour survivre ou trouver des réponses à leurs questions. On sent un réel attachement de l’auteur à cette ville et à ses habitants.

    J’ai aimé la construction narrative, les points de vue de chacun et la psychologie des personnages, vraiment maîtrisée, que nous propose Lou Berney. Je ne peux que vous conseiller cette lecture.


    Merci à Masse critique de Babelio pour cet envoi. 

     

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  • L'inconnue de la Seine, Guillaume MUSSOPar une nuit brumeuse de décembre, une jeune femme est repêchée dans la Seine au niveau du Pont-Neuf. Nue, amnésique, mais vivante. Très agitée, elle est conduite à l’infirmerie de la préfecture de police de Paris… d’où elle s’échappe au bout de quelques heures.
    Les analyse ADN et les photos révèlent son identité : il s’agit de la célèbre pianiste Milena Bergman. Mais c’est impossible car Milena est morte dans un crash d’avion il y a plus d’un an.

    Raphaël, son ancien fiancé, et Roxane, une flic fragilisée par sa récente mise au placard, se prennent de passion pour cette enquête, bien décidés à éclaircir ce mystère.

     

    Mon avis :

     

    Je ne suis pas une inconditionnelle de Guillaume Musso mais j’avoue avoir été agréablement surprise par ce récit. Il m’a fait passer un bon moment.

    Inspiré d’un fait divers du 19e siècle dont nombre d’écrivains et de poètes ont parlé (Aragon, Proust, Rilke…) ce roman est une enquête qui se déroule aujourd’hui dans les milieux artistiques. Se pourrait-il que l’inconnue repêchée dans la Seine en plein hiver soit la célèbre pianiste Milena Bergman décédée dans le crash du vol Buenos Aires-Paris un an plus tôt ? Aurait-on trop vite identifié le corps à l’époque ?

     

    Mise sur la touche par son supérieur, Roxane Montchrestien, tenace et impulsive capitaine de la BNRF, décide de mener l’enquête en toute discrétion et… en dehors des clous.

    Musso revient au polar et sait y faire pour tenir son lecteur en haleine. Il distille avec parcimonie suspens, indices, rebondissements agrémentés d’un zest de surnaturel.

    L’auteur nous emmène au fil de l’enquête dans le petit monde du théâtre, des intermittents du spectacle, nous immerge dans la mythologie grecque, décrit le Paris interlope et dénonce les conflits entre services policiers et le manque de soutien et de solidarité au sein des brigades. Quand un grain de sable survient, c’est chacun pour soi et les liens noués au travail sont vite oubliés. Il nous ballade également au cœur de la capitale et n’hésite pas à dénoncer ses travers, à critiquer la mairie ou les bobos parisiens.

    L’ouvrage est agrémenté de photos, de documents propres à l’enquête et de coupures de presse. Cela donne un caractère authentique à cette fiction et permet de visualiser certains éléments décrits.

     

    L’histoire est prenante, bien ficelée et donne envie de connaitre le dénouement. Ce roman de 415 pages se lit donc rapidement. La fin me laisse cependant dubitative. Une suite est-elle prévue ? Retrouvera-t-on la capitaine Montchrestien dans d’autres aventures ?

    Merci aux Editions Calmann Levy pour cet envoi.


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