• Monsieur Hämmerli, Richard STE MARIEMon nom est Charles McNicoll. Mais pour mes clients, je suis Monsieur Hämmerli, tueur à gages. Voici quelques années, un important contrat m’a été présenté ; il a aussi été le plus imprévisible, le plus surprenant… pour ne pas dire le plus éprouvant. Depuis, je n’ai plus été le même homme.
    De fait, étant un mélomane averti, j’ai immédiatement reconnu la cliente : Donatella Bartolini, la célèbre cantatrice dont la voix rend si bien Le Pâtre sur le rocher, mon œuvre préférée de Schubert. C’est aussi parce que je suis un mélomane averti que je n’ai pu accepter son contrat. C’est que, voyez-vous, la personne que je devais occire, c’était elle-même.

     

    Mon avis :

     

    Monsieur Hämmerli est un tueur à gage. Il nous raconte comment il en est venu à faire ce métier et nous relate certains contrats qu’il a exécutés.

    Un jour, il se rend chez sa victime et se rend compte qu’elle est mélomane et que sa discothèque est remplie de CD des plus grands airs d’opéra et de musique classique, tous interprétés par de grands noms. Lui qui adore la musique, il est médusé devant cette fabuleuse collection. Il l’est plus encore quand il se rend compte que sa victime est également son commanditaire. Un dilemme se présente.

     

    J’ai beaucoup aimé ce roman et les références musicales qui le jalonnent. J’ai plus d’une fois écouté les morceaux cités pendant ma lecture et cela l’a rendue encore plus intense. « Le pâtre sur le rocher » de Schubert restera, pour moi, lié à ce roman.
    J’ai également apprécié croiser le détective Francis Pagliaro qui a mené plus d’une enquête de Richard Ste Marie, et retrouvé des liens avec ses romans précédents. C’était bien agréable.

    Mais au-delà du roman policier et de l’histoire de ce tueur mélomane, il y a des réflexions intéressantes sur la vie et le sens qu’on lui donne. Le suicide est-il une réponse à la souffrance ? La mort d’un homme peut-elle laisser indifférent ? La solitude est-elle supportable à long terme ?...

    Un roman différent de ses précédents mais agréable à lire et surtout un humour noir que j’ai goûté avec plaisir. Vivement le prochain.

     

     

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  • C'est pour ton bien, Patrick DELPERDANGENon l’homme qu’elle a épousé n’est pas celui qui l’a frappée ! Ca ne se reproduira plus jamais, c’était juste un moment de folie. Et puis cela recommence. Camille ne reconnait plus celui avec qui elle vit. Certains secrets restés trop longtemps enfouis sont plus dangereux qu’un poison mortel. Camille va l’apprendre à ses dépens.

     

    Mon avis :

     

    Camille a épousé son grand amour. Elle est enceinte et heureuse. Mais elle voit son mari changer.

    Quand elle prend un premier coup, elle est interdite mais se dit que c’est un accroc exceptionnel dans leur relation. Hélas… Camille décide de fuir et la machine infernale se met en route. Il bloque ses cartes et son compte, elle se retrouve sans rien et est arrêtée pour vagabondage. Elle n’a d’autres solutions que de rentrer. Mais cela n’en restera pas là…

    Ce roman dur et fort raconte une histoire de violence faite à une femme, comme il y en a tant. Une femme mise en cage et privée non seulement de liberté mais d’identité. Qui est-elle ? Où est la vie qu’elle pensait vivre et qui a basculé ? Et où sont sa famille, ses amis ? Le roman noir devient thriller quand Camille est kidnappée. Tout se complique. L’enquête, menée par une femme, nous plonge dans l’intimité de Camille. C’est angoissant et violent.

    Ce récit met en lumière une réalité trop ignorée encore et les mécanismes qui se mettent en place lorsqu’un mari violent prend l’ascendant sur sa femme. Mais tous les hommes, ou presque, de ce récit sont défaillants et brutaux. D’où vient toute cette haine ?

     

    Impossible de savoir ce qui se trame jusqu’à la fin du livre. Patrick Delperdange nous mène à sa guise dans une enquête pleine de ramifications.

    Ce roman machiavélique est un thriller réussi au sein duquel une femme désemparée semble prise dans une toile d’araignée tissée par des hommes agressifs et véreux. Une histoire glaçante et forte à découvrir.

     

     

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  • La prophétie des nains, Line ALEXANDRELe village ardennais était paisible et loin de tout, jusqu’à ce qu’une inconnue soit retrouvée noyée dans la fontaine. Une mort mystérieuse qui sera la première d’une série d’autres toutes aussi étranges.

    L’affaire va mettre à l’épreuve l’inspecteur Joris, en proie au doute, et la juge Werner, fraîchement débarquée dans la région. Au cœur de l’histoire, une auberge où tout est suspect, même la ribambelle de nains de jardin qui le décore. S’amuseraient-ils à obscurcir l’enquête ?

     

    Mon avis :

     

    L’histoire se déroule à Engreux, petit village des Ardennes comme il en existe beaucoup. Le centre du village, c’est le café ; ici une auberge où quelques chambres sont disponibles et où règne une armée de plus de 300 nains de jardin ! La bière est fraîche, la cuisine roborative, les chambres sans confort et des habitués tapent la carte dans un coin où boivent au bar. Un coin tranquille où il ne se passe jamais rien.

    La découverte du corps d’une jeune femme dans la fontaine de la place va animer le quotidien du village et faire les affaires de l’aubergiste.

     

    Nous faisons rapidement la connaissance des personnages emblématiques du lieu : le patron du café, Monsieur le Comte, client assidu, Julia, une psychiatre retraitée atteinte d’Alzheimer, sa fille Anna, son médecin, Martin Pieron et Carola cuisinière à l’auberge. Line Alexandre décrit avec justesse le caractère de chacun. Avec acuité, elle brosse le portrait de tous ces suspects potentiels qui campent sur leur réserve, faisant peu confiance aux inspecteurs de la ville. L’atmosphère pesante ne facilitera pas l’enquête et un sentiment d’enlisement mettra à rude épreuve les nerfs de chacun. D’autant que d’autres catastrophes auront lieu, mettant en ébullition la vie bien réglée des ruraux.

     

    J’ai trouvé truculentes la galerie de personnages en présence et la description des travers et des secrets de chacun. Avec humour et subtilité, l’auteure dépeint les différences entre les habitants du village et les envahisseurs de la ville, que ce soit dans leur façon de s’habiller ou d’agir. L’écriture de Line Alexandre est vive et rend à merveille les diverses émotions qui traversent le récit tout en ménageant le suspense jusqu’au bout.

    Une lecture agréable et une auteure que je vais tenir à l’œil.

     

     

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  • Meurtres au Potager du Roy, Michèle BARRIEREChâteau de Versailles, mai 1683. La mode est aux jardins. Louis XIV raffole des légumes primeurs : asperges, petits pois, melons... Au Potager du Roy, puis chez un maraîcher du quartier de Pincourt à Paris, des champs de melons sont vandalisés, des jardiniers assassinés. L’existence d’un complot ne fait aucun doute. Benjamin Savoisy – premier garçon jardinier du Potager – mène l’enquête dans les coulisses de Versailles, où officient cuisiniers et maîtres d’hôtel. Elle l’entraînera jusqu’en Hollande, grande puissance coloniale réputée pour son commerce. Saura-t-il déjouer les manœuvres de séduction, percer à jour les traîtrises ? 

     

    Mon avis :

     

    C’est le second roman de Michèle Barrière que je lis. J’aime beaucoup le côté polar historique qu’elle agrémente d’informations sur les traditions culinaires de l’époque.

     

    Nous sommes en 1683, à Versailles. Epoque où Louis XIV adule son jardinier en chef, Jean-Baptiste de la Quintinie. Il n’a pas son pareil pour produire des fruits et des légumes savoureux, originaux pour l’époque et mûrs avant la saison pour satisfaire le palais du Roi.

    Tout commence par un carré de melons ravagés au château. La Quintinie, qui a mis au point une technique pour faire mûrir plus vite ce fruit, voit son travail anéanti et ses cloches de verre brisées. Il envoie son bras droit, Benjamin, acheter des melons à Paris mais quand il arrive, il apprend que le jardinier et sa famille ont été sauvagement assassinés au milieu des melons piétinés. Les rumeurs les plus sottes commencent à se répandre et empoisonnent la cour.

     

    Nous passons des allées parfumées du jardin de Versailles où la diversité des couleurs explosent à chaque carré de potager, aux rues bruyantes et sales de Paris, au gré de l’avancée de l’enquête.

    En parallèle, la vie continue au palais et les dîners se succèdent. C’est l’occasion pour l’auteure de citer et décrire les métiers de bouche du 17e siècle, les mets dégustés à l’époque, les saveurs, les arômes et les modes de cuisson… et c’est un régal.

    Pour clore l’ouvrage, un carnet de recettes de l’époque reprend les plats et préparations cités dans le roman.

     

    On déguste ce livre, les cinq sens en éveil. L’enquête n’est que le prétexte à nous entrainer dans un voyage au cœur de la gastronomie du XVIIe et ses « révolutions » culinaires. Les personnages sont réels, les informations sur l’époque également et c’est tout l’intérêt du roman. Je ne peux que vous le conseiller.

     

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  • Casse-tête à Cointe, Francis GROFFPremier roman de Francis Groff que je lis sur les six parus et je suis tombée sous le charme. Le fait que l’enquête se déroule dans ma ville y est pour beaucoup. Connaître les lieux, certaines anecdotes, les personnages… apporte un plaisir indéniable à la lecture. Mais l’écriture de l’auteur et son érudition participent également à passer un très bon moment.

     

    Stanislas Barberian, bouquiniste cultivé vivant à Paris, est de passage à Liège pour préparer une exposition sur la guillotine. Il est venu rencontrer un spécialiste de la question afin d’authentifier un document en sa possession que le propriétaire souhaite vendre. Alors qu’il s’installe, la presse fait écho de la découverte d’un cadavre sans tête à Cointe. L’enquête s’annonce compliquée. La coïncidence entre la décapitation et l’exposition sur la guillotine est trop belle pour Barberian. Il propose ses services au journaliste qui couvre l’affaire, lui proposant d’alimenter ses articles d’anecdotes sur de célèbres affaires criminelles soldées par la décapitation du coupable. Et bien sûr, se mêle à l’enquête par plaisir et curiosité.

     

    Pour les non Liégeois, Cointe est une des collines qui ceinturent Liège. Au cœur de celle-ci, un parc privé de 30 hectares, appartenant jadis à la famille Hauzeur, fut divisé en parcelles à bâtir dont la première fut achetée par l’université de Liège en 1881 pour y ériger un Observatoire. Des dizaines de propriétés à quelques centaines de milliers d’euros composent aujourd’hui ce parc et la diversité des styles d’architecture en fait un lieu d’études privilégié pour les étudiants. L’adaptation cinématographique du roman de Barbara Abel a d’ailleurs été filmée dans une de ces villas. Une basilique inachevée dominant la ville et un monument art nouveau en hommage aux victimes alliées de la Première Guerre mondiale, ainsi qu’une chapelle du XVe siècle, un hôpital psychiatrique et un complexe sportif complètent ce poumon vert apprécié des Liégeois. Sans oublié le dépôt des Archives de l’Etat dont fait état le roman. Tout est vrai et agréable à redécouvrir.

     

    Journaliste, scénariste et romancier, Groff met ses talents et son expérience au service de ses romans. L’enquête est classique et ce n’est pas ce que j’ai préféré, même si elle est plaisante et tient la route. J’ai plutôt été séduite par le style de l’auteur, son humour, la vivacité du récit, la description des lieux traversés par Barberian et les faits historiques relatés avec érudition mais simplicité. On sent le travail de recherche, les repérages de l’auteur et sa minutie dans la justesse des discussions ou la présentation des faits historiques.

    Ce fut pour moi une lecture jubilatoire.

    Casse-tête à Cointe, Francis GROFF

     

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  • L'homme du Grand Hôtel, Valentin MUSSOUn auteur couronné de succès, un apprenti écrivain miné par les échecs : les deux hommes ignorent tout l’un de l’autre. Pourtant, leurs destins sont inexorablement liés et leurs routes ne tarderont pas à se croiser.

     

    Mon avis :

     

    Valentin Musso est connu pour ses thrillers psychologiques faisant la part belle aux rebondissements. Ce dernier roman ne fait pas exception. Pourtant, une fois encore, l’auteur nous plonge dans une histoire et une atmosphère sans comparaison avec les romans précédents. Et c’est bien un de ses atouts, le fait de pouvoir se renouveler à chaque fois.

    Cette fois, Valentin Musso nous propose une histoire d’amour comme trame du récit. Une relation où la personnalité et la psychologie de chacun jouera un rôle primordial et créera les tensions indispensables à tout bon thriller. Les protagonistes sont jeunes, emplis de rêves et d’idéaux et baignent dans le monde de la culture et de l’inspiration, que ce soit celui du théâtre ou de la littérature. Les références sont donc nombreuses et agréables à lire pour qui les apprécie.

    Deux récits diamétralement opposés se mêlent habillement, celui de ce jeune couple, Andy et Abigaël et celui d’un écrivain, auteur de best-sellers, qui se réveille un beau matin dans un luxueux hôtel, sans aucun souvenir de sa vie d’avant. Persuadé qu’on le drogue à son insu et qu’on le manipule, il fera tout pour découvrir le fin mot de l’histoire. Quel lien ont entre elles ces deux histoires ? Difficile de le savoir. Et quand on croit avoir compris, un événement surprenant survient, clôturant l’intrigue de façon inattendue.

     

    Je m’étais approchée de la vérité mais Musso a malgré tout réussi à me surprendre. La construction de l’intrigue est impeccable et addictive, le style fluide et le récit fait la part belle à l’humain. La beauté et la laideur se côtoient tout au long de l’histoire donnant aux protagonistes une épaisseur et une réelle crédibilité.

     

    Divertissant et émouvant, ce thriller devrait être apprécié de tous. C’est le livre idéal pour l’été.

     

     

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  • Les fêlures, Barbara ABELQui est le véritable meurtrier d'un être qui se suicide ?
    Lui, sans doute. Et puis tous les autres, aussi. Quand Roxane ouvre les yeux, elle sait que les choses ne se sont pas passées comme prévu.
    Martin et elle formaient un couple fusionnel. Et puis, un matin, on les a retrouvés dans leur lit, suicidés. Si Roxane s'est réveillée, Martin, lui, n'a pas eu sa chance... ou sa malchance. Comment expliquer la folie de leur geste ? Comment justifier la terrible décision qu'ils ont prise ?
    Roxane va devoir s'expliquer...

     

    Mon avis :

     

    Il n’est pas nécessaire de présenter Barbara Abel ni de vous dire combien je l’apprécie. Si vous me suivez, vous savez que j’ai lu tous ses livres.

    Partant toujours d’un fait de la vie quotidienne, ici un procès d’assises, elle parvient à lui donner un intérêt particulier, intriguant et à amener le lecteur à se poser mille questions au fil de sa lecture. Chaque fois qu’on croit avoir compris, on est surpris qu’une phrase, un acte, un événement vienne déjouer nos certitudes.

    Ce dernier roman ne fait pas exception. Roxane et Martin s’aiment d’un amour fou. Pourtant, un matin, Garance, la sœur de Roxane, les découvre inertes, étendus sur le lit, une lettre d’adieu à leur côté. Comment expliquer ce geste ? Si Roxane sera sauvée in extrémis, ce n’est hélas pas le cas de Martin. Mais mutique, elle ne révèle rien de ce qui les a poussés à l’irréparable. Commencent alors l’enquête, les questionnements de l’entourage et la culpabilité, les accusations, les doutes et la vérité derrière les apparences.

     

    Au-delà du thriller psychologique, ce 14e récit de Barbara Abel aborde des sujets sensibles ; le suicide bien sûr et ce qui pousse à passer à l’acte, les secrets de famille ensuite, les liens toxiques qui fragilisent, les rêves déçus, mais aussi le deuil. Passant du présent au passé au fil des chapitres, l’auteure reconstitue la vie de chacun et l’origine des fêlures qu’ils n’ont pu surmonter. Les personnages sont consistants, attachants et déstabilisants. Leurs portraits sonnent juste et émeuvent tant les blessures d’enfance ont façonné ces adultes vacillants.

     

    Si vous aimez la plume de Barbara Abel et les thrillers psychologiques, vous aimerez celui-ci. Une fois encore, l’auteure nous montre combien les familles ont une influence sur les adultes qu’on devient et comme les apparences peuvent être trompeuses. Un très bon moment de lecture en ce congé pascal.


    Les fêlures, Barbara ABEL

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