• Le jour des morts, Nicolas LEBELParis à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l'hôpital Saint-Antoine : un patient vient d'y être empoisonné. Le lendemain, c'est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie...
    Tandis que les cadavres bleutés s'empilent, la France prend peur : celle qu'on surnomme bientôt l'Empoisonneuse est à l'œuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans. Les médias s'enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d'une trentaine d'années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ? Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse : elle est une voisine, une sœur, une ex, et la chasse aux sorcières s'organise.
    Mais derrière l'Empoisonneuse, c'est la Mort elle-même qui est à l'œuvre, patiente et inexorable : nul ne lui échappera
     

     

    Mon avis :

     

    J’ai découvert Nicolas Lebel et son équipe d’enquêteurs du XIIe il y a deux semaines et j’ai très envie de poursuivre ma découverte. Après les catacombes et Victor Hugo, Nicolas Lebel nous entraine en province, sur les pas d’une tueuse en série qui assassine ses victimes en les empoisonnant. L’enquête débute le 31 octobre, jour d’Halloween pour se terminer le 11 novembre. Une semaine intense pour l’équipe du capitaine Mehrlicht.

    Il est d’emblée plongé au cœur de l’action : alors qu’il visite son vieil ami Jacques à l’hôpital Saint Antoine, un meurtre est commis dans le service. D’après les premières constatations, il s’agirait d’un empoisonnement. L’audace et la détermination du tueur semblent implacables. L’équipe du capitaine se met rapidement sur l’affaire.

    Mais l’atmosphère est lourde. Une fois encore, un stagiaire est confié à Mehrlicht. Guillaume Lagnac est un jeune homme imbu de lui-même, arrogant et sûr de son charme. Dès le départ il tutoie tout le monde, trop à l’aise, et est vite détester par le capitaine car en plus de n’être pas très malin, il est le fils d’un d’un Haut Fonctionnaire à la Défense qui joue de son influence pour caser son rejeton. De leur côté Dossantos et Latour ont d’autres chats à fouetter, chacun ayant des soucis personnels à régler. Autant dire que la tension est forte dans l’équipe. Et le quadruple meurtre d’une famille qui survient le surlendemain ne va rien arranger car ils n’ont pas le début d’une piste quant au mobile et au lien entre les victimes.

    Une fois de plus, ce roman allie la gravité des faits et le comique de situation. Les bons mots fusent dans la bouche de Mehrlicht et les situations cocasses succèdent aux scènes de crime les plus insoutenables. Une fois encore, Nicolas Lebel fait appel à l’Histoire pour ancrer son enquête et c’est bon. De plus, les protagonistes ont une vie en dehors de leur travail et il nous en dévoile davantage dans ce deuxième tome. On apprend à les connaître, à anticiper leurs réactions et on découvre qu’ils ont aussi des zones d’ombre, des secrets plus ou moins inavouables, ce qui les rend plus proches. Nous n’avons pas affaire à une équipe de super héros mais à des hommes et des femmes comme tout le monde, avec leurs forces et leurs faiblesses.

    L’intrigue est bien construite, le récit est ancré dans le réel, les personnages prennent de l’épaisseur et les fondements historiques valent la peine mais ce qui me plait le plus chez Lebel, c’est l’humour, parfois décalé, qui rend la lecture savoureuse. L’auteur joue sur les sentiments avec finesse nous proposant aussi quelques scènes émouvantes qui contrastent avec le ton général du roman.

    Si vous ne connaissez pas Nicolas Lebel, allez-y, foncez. Ce roman est une réussite.

     

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  • L'heure des fous, Nicolas LEBELParis. Un SDF est poignardé à mort sur une voie ferrée de la gare de Lyon. "Vous me réglez ça. Rapide et propre, qu’on n’y passe pas Noël", ordonne le commissaire au capitaine Mehrlicht et à son équipe : le lieutenant Dossantos, exalté du code pénal et du bon droit, le lieutenant Sophie Latour qui panique dans les flashs mobs, et le lieutenant stagiaire Ménard, souffre-douleur du capitaine à tête de grenouille, amateur de sudoku et de répliques d’Audiard...
    Mais ce qui s’annonçait comme un simple règlement de comptes entre SDF se complique quand le cadavre révèle son identité. 

     

     

     

    Mon avis :

     

    Ce roman est le premier de Nicolas Lebel, paru en 2013, et le premier que je lis. Je me demande pourquoi j’ai attendu aussi longtemps.

    L’histoire est assez classique en soi : un meurtre, un cadavre non identifié, une enquête, aucun indice au départ de ce qui semble bien être un règlement de compte entre SDF. Mais peu à peu l’affaire se corse et un vrai récit à tiroirs s’offre à nous. On découvre des documents sur Napoléon III, des articles de presse sur la pauvreté en Ile de France et les bidonvilles qui gangrènent Paris de nos jours, un brillant mémoire de sociologie passé à la Sorbonne, le tout sur fond de répliques culte de Jacques Audiard.

    Et c’est tout cela qui m’a plu, séduite même. Autour d’une histoire toute simple, Nicolas Lebel crée une atmosphère à la fois extravagante et extrêmement érudite et nous construit un récit remarquable mêlant Histoire de France, Empire et misère du peuple au 21e siècle.

    Aux commandes, le capitaine Mehrlicht, l’homme à la tête de grenouille, gouailleur et râleur mais cultivé, citant Hugo à longueur de temps. Une sorte de Danglard mais beaucoup moins polissé, passionné par les polars d’Audiard. Sous ses ordres, le lieutenant Dossantos, un dur pour qui la loi, l’ordre prime avant tout ; le lieutenant Sophie Latour, intelligente, fine et prudente et enfin un stagiaire, le lieutenant Ménard, dans le service depuis deux semaines et tête de turc du capitaine. D’emblée, on comprend que l’auteur est fan des policiers de l’époque Ventura, Blier et consort. Et cela fonctionne à merveille, donnant à l’histoire un petit côté vintage que j’ai vraiment aimé.

    Nicolas Lebel plante le décor dans un Paris sortant des sentiers battus, où grouille une faune de laissés pour compte que l’on ne voit même plus : des SDF, des clodos, des immigrés, qui campent dans le bois de Vincennes et ont reproduit une société hiérarchisée, divisée en villages où l’anarchie n’a pas sa place. Mais, là comme ailleurs, la manipulation, le chantage et les luttes d’influence gangrènent l’ordre établi.

    J’ai vraiment adoré ce roman noir qui nous plonge au cœur d’une réalité sociétale sur laquelle on ferme trop souvent les yeux. J’ai aussi aimé le ton, le style et les références culturelles de l’auteur. Je le recommande chaleureusement.

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  • Le forain, Michel CLAISEDans le jargon policier, la fraude à la TVA est appelée « carrousel ». C'est ce qui a poussé Max, le commissaire de la brigade financière de Lille, à surnommer « le Forain » un escroc qu'il poursuit depuis des années sans parvenir à l'identifier. Ce génial bandit, c'est Frédéric Galliani, un surdoué qui a choisi de régler ses comptes avec la société en empruntant la voie de la criminalité financière.


    Mon avis :

     

    Qui mieux qu’un juge d’instruction, spécialisé dans la lutte contre la criminalité en col blanc pourrait nous parler avec moultes détails de la fraude fiscale ? Michel Claise partage ses informations et les dessous de son métier avec ses lecteurs dans ce roman noir. Il décrit les mécanismes de la fraude qui repose en fait sur une organisation machiavélique qui ne s’embarrasse pas d’empathie ou de remords envers les hommes de paille dont elle va se servir à leur insu. Paumés, ruinés ou attirés par l’appât du gain facile, ces hommes seront broyés par le système qui enrichira celui qui est à la tête de la pyramide.

    C’est parce qu’un jour il a été victime d’une escroquerie que Frédéric a tout perdu. Il n’a plus en tête qu’un but, renouer avec l’aisance et retrouver sa fierté. Le hasard va le mettre en présence d’un duo bien rôdé qui lui apprendra les arcanes de la fraude. Sa vie en sera bouleversée.

    Michel Claise dresse ici une facette du tableau de la criminalité financière et de la lutte dérisoire contre celle-ci tant la justice est dépassée par l’ampleur du phénomène. Il démontre par cette histoire exemplaire comment l’évasion fiscale et la fraude gangrène la société en la déstabilisant.

    Paru il y a dix ans, ce roman ne décrit qu’un petit pan de la situation actuelle, les moyens technologiques étant toujours plus grands et les fraudes toujours plus subtilement réalisées. Mais la justice a toujours aussi peu de moyen pour lutter contre l’évasion fiscale qui, rappelons-le, s’élève à plus de 30 milliards d’euros en Belgique.

    Facile à lire, ce récit vous entrainera au cœur des malversations des fraudeurs mais comme l’écrit l’auteur, la réalité est souvent bien pire que la fiction.

    Le forain, Michel CLAISE 

     

     

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  • Poissons volants, François FILLEULRéveillon du Nouvel an 2016. Dans la ville de La Linea aux confins de l’Adalousie, face au détroit de Gibraltar, où prospèrent les trafics en tout genre, plusieurs familles sont exécutées quelques secondes avant minuit.
    Alors que grouillent les rats et s’échouent les baleines, l’inspecteur-chef Nicolas Fulgor Duran mène l’enquête sous une étrange canicule hivernale. Il croise sur sa route migrants, dirigeants locaux, travailleurs en crise et des poissons volants, égarés par le réchauffement climatique.

     

    Mon avis :

     

    J’aime les polars et plus encore ceux qui dérangent, grattent où cela fait mal. C’est le cas de ce premier roman à la dimension sociale intéressante.

     

     

    Tout au sud de l’Europe, là où des migrants tentent d’entrer sur la terre promise au risque de leur vie, s’étend la ville de La Linea, cité de pêcheurs, d’ouvriers au chômage, de débrouillardises et de magouilles. L’atmosphère sociale est sombre, la canicule écrase la ville en plein hiver, les catastrophes naturelles s’enchainent de l’invasion des rats à l’échouage de baleines sur la plage en passant par l’arrivée des poissons volants – attraction naturelle locale aux grandes retombées financières- avec six mois d’avance et sans touristes. C’est dans ce décor de fin du monde que se construit un hôpital hyper moderne, que des migrants sont ramenés manu militari à la frontière, qu’une famille se fait massacrer la nuit du réveillon et qu’un promeneur est retrouvé mort sur la plage. L’un n’a rien à voir avec l’autre et l’inspecteur Fulgor Duran cherche à dénouer rapidement le sac de nœud qui lui tombe sur les épaules en dépit des vacances, des fêtes et de son envie d’être ailleurs. C’est sans compter sur les embûches qui l’attentent et les bâtons qu’on lui met dans les roues. Un hiver très particulier pour l’inspecteur.

     

    Derrière la griffe de l’auteur, on sent la vision acérée du photographe et l’amateur de littérature et de séries policières. Le style est concis, les descriptions évocatrices, la construction du scénario est dynamique et les dialogues n’affaiblissent pas le propos. François Filleul va à l’essentiel tout en soignant son écriture. Il maîtrise les figures de style sans en abuser et nous offre un roman crédible et noir à souhait.

    Avant tout polar sociétal, « Poissons volants » est un récit d’ambiance. François Filleul nous parle ici d’une région qu’il connait visiblement très bien (l’Andalousie) et nous la décrit avec justesse et humour dans ses défauts comme dans ses bons côtés. Ses personnages ont de l’épaisseur et sonnent juste, les relations humaines sont décrites avec soin, preuve d’un regard affûté de l’auteur sur son environnement. La tension monte lentement au fur et à mesure qu’il semble que l’inspecteur perd pied dans cet imbroglio puis les zones d’ombres s’estompent peu à peu.

     

    J’ai aimé ce premier roman prometteur pour les raisons citées ci-dessus et pour l’immersion complète dans la province de Cadix, à la frontière avec le territoire britannique de Gibraltar. Une région que je ne connais pas et que l’auteur a réussi à rendre attirante et attrayante malgré tout.

    J’espère que ce premier roman en appellera d’autres et je vous invite à vous faire votre propre avis sur ce récit.

     

    Poissons volants, François FILLEUL

     

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  • La danseuse du Gai Moulin, Georges SIMENONUn apprenti espion bien maladroit...
    Deux jeunes Adolescents endettés – Delfosse, un bourgeois pervers et Chabot, le fils d'un employé comptable – fréquentent à Liège Le Gai-Moulin, une boîte de nuit où ils courtisent l'entraîneuse et danseuse Adèle. A la fin d'une soirée qu'elle a passée à une table voisine de ces derniers, en compagnie d'un certain Graphopolous, un Grec arrivé le jour même dans la ville, ils se laissent enfermer dans la cave de l'établissement afin de s'emparer de la recette. Dans le noir, ils entraperçoivent ce qu'ils croient être un cadavre, celui du Grec, et prennent la fuite. 

     

    Mon avis :

     

    Une fois n’est pas coutume, cette affaire se déroule entièrement à Liège, en Belgique. C’est la seule enquête qui ramène Maigret dans la ville natale de l’auteur. Le roman, paru en 1931, fait partie de la série des Maigret, même si le célèbre commissaire met du temps à apparaître dans l’histoire. Il réussit même à se faire si discret qu’on le prend un temps pour le coupable et qu’il se retrouvera dans le bureau du commissaire Delvigne. Mais je n’en dévoilerai pas trop car ce roman à tiroirs nous balade d’un rebondissement à un autre tout au long du récit.

    Que vient faire la danseuse du Gai Moulin dans l’histoire me direz-vous ? Elle se trouve entraînée dans cette sordide affaire bien malgré elle.

    Dans ce roman Simenon évoque une multitude de souvenirs d’enfance. Ainsi il domicilie son personnage, Jean Chabot, rue de la Loi, au cœur d’Outremeuse, où Simenon vécut, avec ses parents lui aussi, au 53. Chabot et sa mère n’entretiennent pas les meilleurs rapports qui soient, comme madame Simenon et son fils. L’histoire se déroule ensuite dans « Le Carré », incontournable quartier de la vie nocturne de la Cité Ardente. Dans les années 30, et jusqu’en 1960 environ, ce quadrilatère formé d’une dizaine de rues étroites était animé par les vitrines lumineuses des prostituées et par l’enseigne du cabaret « Le Gai Moulin ». Aujourd’hui transformé en piétonnier, il renferme à la fois commerces de luxe, brasseries et restaurants et reste le centre névralgique des sorties estudiantines.

    C’est donc un vrai roman liégeois que Simenon nous propose ici et dans lequel il confie ce qui lui plaît tant à Liège ou, au contraire, lui déplaît. Pour les natifs, c’est un régal de lecture.

    Mais ce roman policier, bien ancré dans la ville de Simenon, propose aussi une réflexion sur l’amitié entre jeunes gens : un bourgeois oisif, un peu déséquilibré et le fils d’un employé qui l’admire. Dans divers passages, on perçoit l’attirance et les sentiments, mais jamais Simenon n’en parle ouvertement. Il ne faudra cependant pas longtemps pour que cette amitié amoureuse confrontée au meurtre, à l’enquête, à la suspicion… s’étiole après les faits et que l’on se rende compte que si l’un est sincère, l’autre le manipule.

    Le dénouement viendra à la fin du récit alors que Maigret raconte les faits chronologiquement, comme le ferait Hercule Poirot.

    Un classique de l’auteur, à lire ! Surtout si on est Liégeois.

     

     

     

    La danseuse du Gai Moulin, Georges SIMENON

     

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  • Comme des mouches, Frédéric ERNOTTE & Pierre GAULONÇa ne devait être qu’un jeu pour oublier la rupture. Une manière pour deux amies déçues par l’attitude des hommes de se venger en orchestrant le canular de leur vie : sélectionner huit candidats sur le site de rencontres Love Corner et les mettre à l’épreuve pour une récompense en or… Regina ! Mais lorsque le faux profil conçu pour être un redoutable appât devient une cible et que les prétendants disparaissent les uns après les autres, Leila et Gwen réalisent que l’amour 2.0 est une arène impitoyable.

     

    Mon avis :

     

    Une petite ville tranquille comme il y en a tant. Deux amies d’enfance, célibataires. Un pub, leur lieu de ralliement. Une idée folle : s’inscrire sur un site de rencontre, pour voir et s’amuser. Des conséquences… qu’elles n’avaient pas vu venir.

     

    Alors que Leila rumine une rupture dont elle n’arrive pas à se relever, Gwen, sa meilleure amie, l’entraîne malgré elle dans ce qui ne doit être qu’un jeu. A partir d’un faux profil, appâter des prétendants et leur proposer des épreuves pour choisir le meilleur d’entre eux.

    Mais très vite, elles perdent le contrôle et le jeu dérape.

     

    Dès le départ, le lecteur est happé par l’histoire et l’envie de savoir lequel des prétendants trouvera grâce aux yeux des jeunes femmes. L’histoire démarre sur les chapeaux de roue et garde un bon rythme jusqu’au bout. Des indices parsèment les pages, parfois menant vers de fausses pistes. On se prend au jeu de l’enquête, on doute, on pense avoir trouvé et puis une révélation vient tout changer.

     

    Le changement de narrateur d’un chapitre à l’autre apporte un point de vue différent sur les événements et les éclaire ou les complexifie selon le bon vouloir des auteurs. Tout est minutieusement dosé et la structure du récit, sans faille, fait progresser le lecteur vers une fin qui apporte un point d’orgue idéal au récit.

     

    Même si j’aurais souhaité que certains personnages soient un peu plus développés, j’ai beaucoup aimé l’histoire racontée par Frédéric Ernotte et Pierre Gaulon. Ecrire à quatre mains est une gageure, plus encore lorsque l’on travaille à distance. Mais le pari a été relevé et tenu de bien belle façon. Tout est réuni pour capter puis captiver le lecteur.

      

    Ce roman à suspens, réussi et addictif m’a fait passer un très bon moment.

     

     

     

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  • Surface, Olivier NOREKIci, personne ne veut plus de cette capitaine de police.
    Là-bas, personne ne veut de son enquête.
     

     

    Mon avis :

     

    Ce résumé est ultra court mais je pense que moins on en sait plus on appréciera ce 5e roman d’Olivier Norek. Je n’en dirai donc pas beaucoup plus.

    Après une blessure qui l’a écartée de son poste aux Stups, la capitaine Noémie Chastain est envoyée « se refaire une santé » dans un petit village de l’Aveyron, Avalone. Là-bas, sa venue est attendue avec impatience car c’est, pour l’équipe en place, un honneur de recevoir une flic aussi expérimentée et gradée. Pour Noémie, cela sonne comme une punition d’autant que la vraie nature de sa mission est de fermer le commissariat, inutile selon sa hiérarchie. Quand un cadavre d’enfant refait surface après de longues années, la capitaine et son équipe se lancent dans un cold case impossible.

    Cette fois-ci, Olivier Norek a choisi de nous raconter l’histoire d’une héroïne et dès le départ, on se dit que le choix de son nom n’est pas un hasard. Est-il un hommage à la douce et belle Jessica de Roméo et Juliette ou La couleur des sentiments ou à la cruelle et malade Misery dans le roman éponyme ? A moins que la capitaine Noémie Chastain n’ait une double personnalité, une face noire et une face blanche ? Qui sait…
    Tout le roman de Norek fourmille d’ailleurs de références clin d’œil comme le nom du village et du lac dont il s’enorgueillit : Avalone et son monde englouti, où les mystérieux noms sur les tombes du cimetière : Casanova, Dom Juan et d’autres que je vous laisse découvrir… Non, rien n’est laissé au hasard.

    Je suis entrée dans l’histoire dès les premières lignes. Vous verrez, elles sont hypnotiques. Après, j’ai cherché tous les moments de loisirs possibles pour avancer dans ce roman que j’ai terminé à 1h du matin. Dévoré en une journée.

    J’ai adoré le personnage central, complexe, ambigu et attachant. Noémie, c’est un peu nous, avec ce que chacun a de cassé, de fêlé, de bancal dans sa vie. Elle est hésitante, peu sûre d’elle et si forte à la fois. Elle a peur mais elle est déterminée, ambitieuse. Elle s’en veut de ne pas toujours être à la hauteur et de laisser voir ses faiblesses. Cela ne la rend que plus humaine. Pour appréhender sa personnalité, il ne faut pas s’arrêter à la surface des choses. Il faut aller au-delà des apparences et Olivier Norek le montre et le sous-entend avec une grande justesse.

    Autour d’elle, gravitent une dizaine de personnages tout aussi énigmatiques, troubles, attachants ou dangereux. Parfois le tout réuni. Les relations entre eux tissent un cocon qui va rassurer Noémie ou l’entraver selon les moments mais vont l’aider à dépasser ses angoisses, à retrouver ses réflexes et son amour d’elle-même et de son boulot. Comme le dit avec justesse son coéquipier, la proximité des uns et des autres qui peut être pesante a aussi l’avantage que les policiers connaissent les petits secrets de chacun, les animosités et les liens qui relient les villageois entre eux. On a moins besoin de technologie à la campagne puisque chacun se côtoie au quotidien. L’humain est donc premier avec les avantages et les inconvénients que cela représente.

    Ce scénario réaliste nous emmène dans des dédales que l’auteur a visiblement pris plaisir à creuser. Il colle à la réalité du terrain, à la confrontation de deux univers différents, au passé et au présent et nous tient en haleine jusqu’à la fin.

    Le style est direct, le rythme endiablé, à la Norek, on ne s’ennuie pas un instant aux côtés de Noémie Chastain dans ce polar dense et profondément humain.

    Ce roman est aussi un bel hommage aux policiers qui laissent leur vie ou une partie d’eux-mêmes dans les missions qui leur sont confiées, comme Babeth, Amandine, Stéphane et d’autres que le roman mentionne.

    Un roman attendu et une vraie réussite. Merci aux éditions Michel Lafon pour l’envoi de cette épreuve non corrigée.
    Le roman sera en librairie dès le 4 avril.

     

     

     

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