• L'or maudit, Mireille CALMEL

    Mars 1313, vallée du Razès.

    Six ans déjà que les Templiers ont été arrêtés en masse par le roi de France Philippe le Bel. L'Ordre a été dissous sans que personne sache où a été dissimulée l'immense fortune du Temple. Mais des rumeurs circulent. Et si cet or maudit servait, dans l'ombre, à protéger les hérétiques ? Alors, quand l'enquête est confiée au grand inquisiteur de Carcassonne, Margaux de Dente frissonne d'angoisse.

    La jeune châtelaine détient un lourd secret. Et la menace avance sur ses terres : une main coupée est retrouvée sur un monticule de pièces d'or ; un loup blanc rôde dans la nuit ; une femme mystérieuse rallume les feux au sommet des anciennes tours cathares.
    Tandis que le roi, pour retrouver le trésor, dépêche dans la région le rusé Guillaume de Nogaret, une implacable machination se met en place autour de Margaux. Saura-t-elle protéger les siens et déjouer les pièges qui lui sont tendus ? Ici quiconque sort de la norme est suspecté de commerce avec le diable. On ne le revoit jamais...

     

    Mon avis :

     

    Ce roman est le premier de l’auteure que je lis. J’ignorais, en le commençant, que l’héroïne était déjà apparue dans deux romans précédents. Cela ne m’a pas empêché de l’apprécier.

     

    Encore un roman sur les Templiers et leur trésor me direz-vous. C’est exact. Rennes-le-Château, l’abbé Saunier, l’or des Templiers… cela a fait couler beaucoup d’encre au fil du temps et donné lieu à de nombreux romans. Ici, nous sommes bien avant cette époque. Le personnage de Margaux et son secret apportent une intrigue supplémentaire et intéressante au récit. L’auteure nous compte une histoire de vengeance et d’amour, un combat entre deux femmes dans un climat de terreur et de suspicion constante.

    Margaux est forte et sa détermination force l’admiration. Elle lutte et se bat à armes inégales dans un monde d’hommes et d’inquisition mais son intelligence et son courage lui donnent souvent l’avantage.

     

    L’histoire que nous conte Mireille Calmel est d’une construction agréable et prenante. Très bien documentée, l’auteure nous retrace de manière vivante cette époque violente où dénonciations, tortures, vengeances… sont légion. A qui faire confiance dans ce monde où une parole mal comprise peut vous envoyer au bucher ?

    J’ai vraiment apprécié ce thriller médiéval, période de l’Histoire que j’affectionne, ainsi que la plume fluide et addictive de l’auteure. Un second tome est à paraitre cet automne ; il me tarde de le découvrir.

     

     

     

     

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  • Shit ! Jacky SCHWARTZMANNQuand Thibault débarque à Planoise, quartier sensible de Besançon, il est loin de se douter que la vie lui réserve un bon paquet de shit. Conseiller d’éducation au collège, il mène une existence tout ce qu’il y a de plus banale. Sauf qu’en face de chez lui se trouve un four, une zone de deal tenue par les frères Mehmeti, des trafiquants albanais qui ont la particularité d’avoir la baffe facile. Alors que ces derniers se font descendre lors d’un règlement de comptes, Thibault et sa voisine, la très pragmatique Mme Ramla, tombent sur la cache de drogue.

    Que faire de toute cette came ? 

     

    Mon avis :

     

    Jacky Schwartzmann est un touche à tout qui a enchaîné divers boulots en vingt-cinq ans. L’observation de la société et de ses contemporains a nourri son imaginaire et il nous livre des romans intelligents, audacieux et humoristiques.

    Ce roman ne fait pas exception. Décalé, drôle, il met en scène un duo improbable dans la banlieue de Besançon : Thibault, conseiller d’orientation dans un lycée et sa voisine, Madame Ramla, comptable et élève seule ses deux garçons. Leur quotidien est perturbé par un trafic de drogue qui a lieu dans leur immeuble et draine non seulement les consommateurs mais la clique des dealers. Un jour, un règlement de compte voit leurs ennuis résolus. Mais ils découvrent la cachette et après un rapide calcul voient tout le potentiel qu’ils pourraient tirer de sa vente.

     

    Ce roman, à lire au seconde degré, nous présente une tranche de vie de personnages attachants et hors norme. Un brin irrévérencieux et burlesque, il nous plonge au cœur du monde des trafiquants, de leurs combines, de leur vocabulaire pour mieux en détourner les codes. D’un style fluide et agréable, il nous conte des situations cocasses, surprenantes et malgré tout plausibles. On aimerait parfois qu’elles soient vraies tant ces robins des bois modernes sont sympathiques.

    La fin, impayable, met un point d’orgue à une histoire dont je me suis régalée et à un roman sans faux semblants.

     

     

     

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  • Brume rouge, Nicolas FEUZUn tueur en série sévit entre Paris et Genève, s'attaquant aux personnes prénommées Greta. Chargé de l'enquête, le procureur Jemsen est empêtré dans une procédure disciplinaire pour avoir fait libérer une de ses proches, activiste écologiste. Le meurtrier est bientôt identifié mais son nom est celui d'un petit garçon décédé depuis longtemps. La traque commence. 

     

    Mon avis :

     

    L’originalité de ce roman, le 4e mettant en scène le procureur Jemsen et son équipe, est qu’il se déroule en même temps que « Les larmes du lagon » qui viendra après mais que j’ai lu récemment. Alors que ce dernier se déroule à Bora Bora, « Brume rouge » se passe en Suisse et à Paris. Le procureur Norbert Jemsen et sa greffière Flavie Keller, enquêtent sur des crimes odieux. Des femmes et des enfants de 0 à 20 ans sont sauvagement assassinées. Leur seul tort est de s’appeler Greta. L’assassin serait un climatosceptique un peu fou qui chercherait à se venger des théories des activistes qu’il réprouve car ils sont hypocrites et qui l’entravent.

     

    L’écriture de Nicolas Feuz est vraiment agréable et son récit est addictif en diable. Sans grande description glauque, il est cependant dur voire gore.

    Cette fois, Nicolas Feuz plante son enquête au cœur du milieu des activistes écologiques et des lanceurs d’alerte climatique. Collant à l’actualité, l’histoire se passe en 2021 et fait état des inondations qui ont ravagé l’Allemagne et la Belgique cette année-là. Mais l’intrigue ne se limite pas à ça. L’auteur nous a concocté un récit incroyable et retors qui trompe le lecteur jusqu’à une fin qui l’est encore plus.

    La morale et nos valeurs sont mises à mal au fil de cette lecture. L’assassin n’a plus rien d’humain, ayant reçu en héritage des drames familiaux, des déviances et une violence innommables.

     

    Un excellent polar qui me fait regretter de ne pas avoir lu cet auteur plus tôt.

     

     

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  • Les larmes du Lagon, Nicolas FEUZTanja Stojkaj a quitté Neuchâtel et s'est exilée en Polynésie française avec sa mère et son fils pour les protéger de la mafia balkanique. Sur un motu de Bora Bora, elle mène une vie paisible jusqu'à la découverte d'un corps près du récif corallien. La gendarmerie conclut rapidement à une attaque de requin. Refusant que l'affaire soit classée, Tanja cède à ses anciens réflexes d'enquêtrice et découvre, derrière les eaux turquoise et les plages de sable blanc de la Perle du Pacifique, l'envers de la carte postale : trafics, pauvreté, croyances occultes, matériel militaire à l'abandon, pollution du lagon. Au-dessus de tout cela plane l'ombre d'un mensonge : celui de la politique métropolitaine et des essais nucléaires français. Du paradis à l'enfer, il n'y a qu'un pas. Et un torrent de larmes.

     

    Mon avis :

     

    Le prologue nous annonce d’emblée qu’un drame s’est produit. En bon procureur, Nicolas Feuz remonte la piste des indices et des rencontres effectuées par la victime pour comprendre ce qui s’est passé.

    Tanja s’est refugiée à Bora Bora où personne ne sait qui elle est. Elle a emmené sa mère et son fils et fait croire à tous qu’ils étaient décédés. Seule Flavie, sa conjointe sait qu’elle est en vie mais, pour sa propre sécurité, ignore où elle se cache.

    Sur la plage, son fils découvre, un jour, un doigt humain. Elle, le corps d’une jeune femme mutilé. Elle en informe la police qui déclare trop vite à son goût qu’il s’agit d’une attaque de requin et classe l’affaire. Contre la promesse faite à sa mère, elle va mener l’enquête et se mettre en danger.

    En parallèle, elle aide Flavie sur une enquête suisse qui lui mène la vie dure. Pour elle, elle arpente le darknet à la recherche d’un prédateur sexuel. Enquête qui fait l’objet d’un roman parallèle « Brume rouge ».

     

    J’ai aimé l’intrigue et la manière dont Nicolas Feuz l’a construite. On découvre à la fois la Polynésie, ses habitudes et ses croyances, mais aussi son histoire avec un retour en arrière sur l’affaire du Rainbow Warrior qui défraya l’actualité durant de long mois dans les années 80. Ce bateau de Greenpeace était le fer de lance de l’organisation dans son combat contre les essais nucléaires dans le Pacifique avant qu’une attaque des services secrets français ne l’envoie par le fond.

     

    Je découvre l’auteur avec ce roman et me rend compte que son héroïne n’en est pas à sa première aventure. Qu’à cela ne tienne, je ne respecterai pas la chronologie mais les lirai malgré tout. Un auteur à noter sur la liste de mes préférés.

     

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  • Les effacées, Bernard MINIEREn Galice, un tueur kidnappe des femmes qui se lèvent tôt pour aller travailler. Des invisibles. Des effacées.

    A Madrid, un autre assassin s’en prend à des milliardaires et laisse sur les murs de leurs résidences ce message : « TUONS LES RICHES ».

    Deux tueurs, deux mondes. Et le spectre d’un embrasement général, d’une confrontation de classes inédite et explosive. Les enjeux sont vertigineux.

    Quand elle reçoit les messages d’un expéditeur anonyme, la question se pose à Lucia : serait-elle devenue un simple jouet entre les mains des deux tueurs ?

     

    Mon avis : 

    Quand j’ai reçu le roman de Bernard Minier, j’étais en joie. J’allais enfin découvrir cet auteur que j’ai rencontré trois fois en salon mais jamais lu (par manque de temps). J’ai un peu déchanté en apprenant qu'il s’agissait d’un second roman, la suite de Lucia. Malgré tout, je me suis lancée et même si certaines références m’ont manqué, j’ai pris un certain plaisir à lire ce 2e tome dont l’intrigue est indépendante de 1er.

    Dans le nord de l’Espagne, en Galice, des jeunes femmes disparaissent. Ce sont des femmes ordinaires, sans histoire, séquestrées avant d’être tuées. Lucia Guerrero est chargée de l’enquête. Mais voilà qu’à Madrid, des milliardaires sont assassinés. Y a-t-il un lien entre ces deux dossiers ? Il faut que Lucia laisse son premier dossier pour enquêter. Elle va se retrouver au cœur des deux affaires, de ces deux lieux, de ces milieux différents.

     

    J’ai découvert une enquêtrice au caractère bien trempé, entière et parfois sur le fil des procédures. Lucia « la guerrière » ne pratique pas la langue de bois et cela lui joue parfois des tours. C’est une femme forte, dans un milieu d’hommes. Elle fait face au sexisme, à la pression de ses supérieurs et tente de gérer sa vie privée malgré un travail envahissant. Humaine, elle est touchée, tout comme nous, par la cruauté et les horreurs qu’elle affronte dans son quotidien.

    J'ai aimé une incursion dans le monde de l'art (un des enquêteur appartient au groupe du patrimoine historique de la Guardia Civil) et ai découvert avec plaisir le musée d'art abstrait de Cuenca.

    J’ai apprécié l’écriture de Bernard Minier, soignée, énergique, rythmée au service d’une histoire sans temps mort. Dans son récit, il jette un regard sans concession sur la société espagnole et ses inégalités et dénonce la violence faite aux femmes. Lucia en fera elle-même les frais. A cette occasion, Bernard Minier aborde le phénomène des Incels (Involuntary celibates) qui prônent la haine des femmes et leur soumission et cela fait froid dans le dos.

    Comme tout bon thriller, il nous étonne par ses rebondissements et ses surprises et nous plonge dans les tréfonds de l’âme humaine, parfois difficilement supportables.

     

    Merci à La Foire du Livre et aux éditions XO pour ce service presse.


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  • Le passager d'Amercoeur, Armel JOBEn 1988, dans la vallée de l'Aisne, le cadavre de Grâce Modave est découvert au pied d'une falaise, près de sa villa isolée. Si les gendarmes concluent rapidement à un suicide, l'attitude du veuf engendre certaines questions. Ancienne gloire du football local et propriétaire d'un magasin de chaussures, Maurice Modave a également une relation fusionnelle avec sa mère. 

     

    Mon avis :

     

    « Le passager d’Amercoeur » est le 11e Armel Job que je lis. A chaque roman, on découvre un tranche de vie, celle du héros ou de la victime, celle d’un village… Ici, un narrateur omniscient nous divulgue par petites touches la vie de Maurice Modave, dit Momo, commerçant et footballeur amateur. Comme chaque fois, l’histoire se déroule dans un passé relativement proche et cette fois dans des quartiers que je connais bien. Ce qui a ajouté du plaisir à ma lecture.

     

    Nous sommes fin des années 80. Momo qui tient un magasin de chaussures à Liège, vit à Forville dans la vallée de l’Aisne. Un soir, en rentrant chez lui, il est accueilli par la police qui lui annonce le suicide de son épouse. Mais le randonneur qui a découvert le corps commence à mener l’enquête car certains détails l’intriguent.

    Aux deux tiers du roman, j’avais compris l’intrigue. Enfin, je le pensais. Armel Job allait m’étonner avec un élément que je n’attendais pas.

     

    De facture classique, cette enquête nous permet de rencontrer des personnages à la psychologie fouillée et comme souvent chez l’auteur, avec des blessures et des fêlures cachées. C’est ce qui me plait dans les romans d’Armel Job : derrière l’histoire, l’enquête, il y a des personnages vrais, qui pourraient être nos amis ou voisins, et dont la vie, un jour, est impactée par un fait accidentel et imprévisible. Et outre l’enquête, c’est aux relations humaines qu’il porte son attention. Et c’est chaque fois différent et réussi. Quant au suspens du livre, il doit beaucoup à la manière dont l’auteur nous raconte l’histoire et nous mène vers cette fin. Une narration imparable.

    Un vrai plaisir de lecture, une fois encore.

     

     

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  • Dans mon obscurité, Valentin MUSSOEt s’il fallait affronter l’obscurité pour trouver sa vraie lumière ? 

    Trois femmes unies par un lien secret, qui devront se battre pour faire face à une menace invisible.
    Dans ce roman aux rebondissements plus inattendus les uns que les autres, Valentin Musso tisse un suspense psychologique implacable et nous manipule jusqu’aux dernières pages.
     

     

    Mon avis :

     

    Emma, jolie jeune femme dans la vingtaine sort peu et ne voit personne. Aveugle depuis un accident, elle travaille à domicile comme traductrice en braille. Christelle, sa seule amie, l’invite un soir à une fête de son bureau. Elle s’y rend avec des pieds de plomb n’aimant pas sortir de ses habitudes.

    Ludivine est lycéenne à Rennes. Bonne élève, jeune fille sérieuse, ses amis d’enfance, Solène et Lucas, sont tout son univers. Jusqu’à ce qu’un nouvel élève arrive dans sa classe.

    Zora, maman d’une fillette de 3 ans est inspectrice à la brigade criminelle de Paris. Récemment séparée de son mari, elle ne vit que pour sa fille et son travail. Un jour, un dossier de Cold Case atterrit sur son bureau. Contre l’avis de son chef, elle va mener l’enquête en douce.

    Le hasard, les circonstances vont les mettre en contact. Comment ? Pourquoi ? C’est la question qui nous taraude jusqu’aux deux tiers du roman où les pièces commencent à s’assembler.

     

    Comme toujours avec Valentin Musso, les apparences sont trompeuses et la chute inattendue. Entré dans une atmosphère assez oppressante dès le départ, il nous présente deux histoires en parallèle, alternant les chapitres racontant l’histoire de Ludivine et celle d’Emma. La psychologie des personnages est dressée avec soin au fil des pages et l’histoire ancrée dans la société de notre époque.

    Le rythme est assez lent, nous permettant d’entrer en empathie avec les héroïnes et quelques rebondissements font voler en éclats nos certitudes au moment où on ne s’y attend pas. Cela permet au suspens de se maintenir jusqu’au bout.

     

    Un thriller délassant et tout en finesse où les rapports humains tiennent une place primordiale. Un récit différent des précédents ; Valentin Musso se renouvèle à chaque roman et c’est appréciable.

    Un bon moment de lecture.

     

     

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