• Shutter Island, Dennis LEHANENous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l'allure sinistre. C'est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l'une des patientes, Rachel Solando, manque à l'appel. Comment a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée à clé de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d'une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s'enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu'au choc final de la vérité.

    Mon avis :

    J’ai mis longtemps à lire ce roman que je savais noir et dur. J’ignorais qu’il allait me ferrer d’un bout à l’autre.
    Dans les années 90, le docteur Lester Sheehan revient sur quatre jours qui ont marqué sa vie quarante ans plus tôt.

    Persuadés que Rachel Salando, la disparue, a bénéficié de complicités internes, Daniels et Aule n’auront de cesse de découvrir tout ce qu’on leur cache dans ce centre psychiatrique. Victimes de fortes migraines, Daniels lutte contre lui-même et contre les démons du passé que ce drame fait ressurgir : il a vécu la guerre, faisait partie des libérateurs du camp de Dachau, ce qui le hante encore, et a perdu sa femme dans l’incendie criminel de leur immeuble.

    Alors que le récit commence lentement, en respectant les codes du genre, l’atmosphère vire ensuite à la paranoïa. Le coéquipier s’interroge sur les véritables intentions de Daniels quand il découvre que le pyromane responsable de la mort de sa femme est interné à Shutter Island. A-t-il été attiré dans un piège ou est-il venu se venger ? La tension monte de page en page, dans ce lieu clos, inhospitalier. On bascule en même temps que Daniels -ce sera l’occasion pour Lehane d’analyser les tréfonds de l’âme humaine - et la réalité comme les fantasmes se mélangent, devenant indissociables et plus on croit comprendre plus le mystère s’épaissit.

    Lehane joue merveilleusement bien avec les nerfs du lecteur, la tension est énorme et son habileté à la créer plus grande encore. Construit comme un puzzle diabolique à l’intrigue déstabilisante, ce thriller psychologique est une réussite remarquable. Le suspens est intense et machiavélique faisant de ce récit une claque magistrale d’un bout à l’autre.

     

     

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  • Le trésor d'Hugo DOIGNY, Eva KAVIANHugo aime les namuroises. Rondes ou maigres, riches ou pauvres, en talons aiguilles ou en baskets, le pas vif ou l'allure trainante, il les aime. Sans doute cette odeur sambrée, ce voile mystérieux qui trouble le regard de ceux qui vivent à deux pas d'un confluent ou peut-être encore ce mélange de force et de fragilité dans l'échine des provinciales protégées par une citadelle depuis des générations.
    A vrai dire, il ignore pourquoi, mais il aime les Namuroises. Depuis que Marlène est partie, il s’est juré de se consacrer à leur offrir le plus beau moment de leur vie : il les demande en mariage.

    Mon avis :

    Je vous ai déjà parlé de la collection des Editions Luc Pire « Romans de Gare ». Voici un des derniers nés. Eva Kavian signe ici un roman en apparence romantique, qui se déroule au cœur de la ville de Namur et dans le labyrinthe des galeries de sa Citadelle.

    Hugo, guide touristique durant l’été à la Citadelle de Namur, est un beau jeune homme solitaire depuis la mort de ses parents et le départ de Marlène, son grand amour. C’est à la Citadelle qu’il l’avait rencontrée et ce bâtiment a pour lui une importance capitale. Hugo a « un besoin de lire comme d’autres ont besoin de voyager » et aime se rendre place Saint Aubin à la librairie de son ami Régis qui le conseille si bien. En dehors de son job d’été qui dure six mois, il ne fait rien et est très casanier. Il rend donc visite à Régis deux fois par mois pour renouveler son stock de livres (on connait tous cela). Chrichri, sa directrice à la Citadelle, est la seconde personne à laquelle il tient. Dès le départ, elle lui a plu car elle est entière et sans chichi. Elle est directe, un peu abrupte mais ne juge personne et cela lui plaît.
    Hugo est donc beau, gentil, romantique et seul. Ce que ne manque pas de remarquer les Namuroises qui le croisent. Il a une propension à s’intéresser surtout aux femmes délaissées, incomprises ou malheureuses auxquelles il aime remonter le moral. Sa gentillesse le perdra. Mais il ne peut se résoudre à voir une femme souffrir, c’est plus fort que lui. Alors il lie connaissance avec Charlotte, Vinciane, Laetitia, Ginette, Brigitte, Axelle, Cathy... et nous dresse le portrait de chacune.

    J’ai aimé déambuler dans les rues de ce Namur pittoresque que je connais un peu (merci Joëlle) et retrouver ces endroits où je suis moi-même allée ; la Maison des Desserts, les Cafés Delahaut, la parfumerie Delforge, les librairies Point Virgule et Papyrus, le musée Félicien Rops, le Caméo, les bords de Sambre... C’est d’ailleurs ce que ces romans ont de plaisant, c’est qu’ils nous immergent complètement dans une ville qui en devient un personnage à part entière.

    J’ai aimé suivre Eva Kavian dans ce roman étrange, un peu surréaliste, faisant la part belle à l’histoire et la culture wallonne. J’ai apprécié découvrir une palette bigarrée de personnages féminins et peu à peu voir apparaitre la personnalité complexe du héros, ses pensées, ses secrets et le suivre dans ses fantasmes particuliers. Un style simple, efficace ; un humour belge, empreint de finesse et de dérision ; un mélange de tendresse et d’horreur... tous les ingrédients concourent à nous faire passer un bon moment de lecture.

     

    Mon extrait préféré du récit :

     « Elle lisait. C’est rare une fille qui lit dans un bistrot namurois. Si les femmes étaient moins compliquées, il vivrait bien avec une lectrice assidue. Une qui serait capable de passer la journée dans un divan avec un bon roman, à côté de lui qui lirait un bon roman. Le rêve absolu. »

     

     

     

     

     

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  • S.A.S.H.A, Martin MICHAUDElias et le petit Sasha errent dans l'aéroport Trudeau. Ils vont y accueillir Luana, la maman du garçon, qui revient d'un long séjour à l'étranger. Mais est-ce bien là toute l'histoire ? Trois jours plus tôt, un incendie a ravagé la cabane où ils habitaient, au fond des bois. Est-ce pour cette raison qu'Elias se tient sans cesse sur ses gardes? Cela a-t-il plutôt à voir avec l'aura de mystère qui entoure l'enfant?

    Mon avis :

    Une fois encore, Martin Michaud nous prouve qu’il peut tout écrire, polar ou thriller. Ce court roman touchant et sombre à la fois maintient la tension d’un bout à l’autre.
    Huis clos intrigant, S.A.S.H.A (n’oubliez pas les points) nous entraine au cœur de l’aéroport Trudeau l’espace de quelques heures. Traqués par d’inquiétants personnages, Elias et Sasha guettent l’arrivée de la mère de ce dernier tout en essayant de passer inaperçus dans la foule bigarrée des passagers en attente. Que craignent-ils ? Pourquoi le danger semble-t-il partout ?

    Alors que le vol 459 se fait attendre, Elias et l’enfant croisent diverses personnes et ces rencontres fortuites font craindre le pire à chaque fois : amis ou ennemis ? Sur ses gardes, Elias nous transmet sa crainte d’être découvert, sa peur d’avoir fait tout ça pour rien, de voir tout anéanti si près du but. Mais de quoi s’agit-il ? Ce ne sont que les dernières lignes qui lèveront le voile sur cette question.

    En une centaine de pages, Martin Michaud parvient à rendre les personnages attachants et à nous communiquer leur angoisse. L’espoir de l’enfant de retrouver sa mère nous touche de même que le dévouement d’Elias pourtant bougon et imprévisible. Mais il y a plus. En toile de fond, ce roman nous parle de transmission, de paternité et d’amour. Via les introspections d’Elias, on perçoit ses espoirs et ses peurs, ses forces et ses faiblesses de père et j’ai beaucoup apprécié. 

    Le récit de Martin Michaud s’inscrit dans un projet original. VLB éditeur a proposé à quatre auteurs de créer quatre histoires ayant comme lieu commun un aéroport et un point de départ, le vol 459. Une idée qui me donne envie de découvrir les récits de Pierre Szalowski, Aline Apostolska et Claudia Larochelle.

     

     S.A.S.H.A, Martin MICHAUD

     

     

     

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  • Faims, Patrick SENECALBienvenue à Kadpidi, une petite ville tranquille située au cœur d'une région tranquille. C'est là que vit une petite famille tranquille.
    Joël, le père, est policier ; Martine, sa femme, est propriétaire d'une clinique vétérinaire. Leurs deux enfants sont maintenant des ados et, à la fin de l'été, Nicholas entrera au cégep, Émilie en troisième secondaire. En ce second samedi de juillet, la trente-deuxième édition du Bal du Chien-Chaud bat son plein au parc Woodyatt et la journée est magnifique. Or, au même moment, le « Humanus Circus » arrive en ville avec ses quatre autocaravanes et ses trois fourgons tirés par des camionnettes. Bientôt, plus rien ne sera tranquille?

    Mon avis :

    Sixième roman de Patrick Senécal que je lis. A chaque fois, la surprise est totale ; aucun récit ne ressemblant aux précédents. 
    Cette fois, l’auteur québécois nous plonge au cœur d’une petite ville ordinaire, une communauté tranquille, en apparence sans histoire. L’arrivée d’un cirque novateur et provocateur va imperceptiblement apporter des changements au sein de la population. Electrisant l’atmosphère, réveillant chez certains les démons enfouis, les fantasmes inassouvis ou les frustrations primaires, il va opposer chacun à ce qu’il est vraiment au plus profond de lui-même. Cela n’ira pas sans drame.

    Joël, l’inspecteur de police local, a une famille bien sous tous rapports qui montre l’apparence du bonheur. Quand un meurtre sera commis dans leur ville de Kadpidi, le premier depuis dix ans, et que l’enquête sera confiée à Joël, lentement, la tranquillité heureuse de cette famille se fissurera.
    Alors que jusqu’ici, Patrick Senécal s’attardait à décrire un personnage précis, il met en scène toute une famille et l’influence que les actes et paroles de chacun ont sur l’ensemble de ses membres. Pour l’auteur, les hommes modèles, sans défaut ou face cachée, cela n’existe pas. En tout cas, cela ne l’intéresse pas. Pour lui, tout le monde est hypocrites, lâches, envieux, débauchés, frustrés, égocentriques... au plus profond de lui et cache, sous le vernis de la respectabilité, ces désirs qui rongent de l’intérieur. C’est pourquoi il suffit d’un rien pour les faire jaillir à la surface. Tel est l’humain.

    C’est le retour d’un Senécal gore, comme dans 5150 rue des Ormes ou La loi du talion. Une intrigue policière qui tient la route, des personnages marginaux et hauts en couleur, une noirceur qui sied aux romans de l’auteur... les ingrédients qui ont fait le succès du maître avant Malphas sont ici les éléments du quotidien. Les fans retrouveront aussi, pour leur plus grand plaisir, des personnages des romans précédents ou des allusions à ceux-ci. La sexualité est également omniprésente dans ce récit, un peu trop à mon goût car elle est crue, brutale et dépourvue de tout sentiment. Et même si le sexe est vu comme une pulsion, au même titre que les autres, on aurait pu, selon moi, diminuer de moitié les passages suggestifs sans que cela ne nuise à l’histoire.

    Un thriller noir, une vision sombre de l’être humain, mais une intrigue efficace qui vous scotche au récit d’un bout à l’autre, même si l’horreur n’est pas aussi percutante que dans Le passager ou Sur le Seuil.

     

     

     

     

     

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  • Les villages assoupis, Escalana, Ariane GELINASÀ peine sortie sortie d'une relation amoureuse plus que trouble, Abigail se réfugie en Haute-Mauricie dans le chalet de son frère, près de l'ancien village d'Escalana. Amoureuse des bruits bizarres, elle-même musicienne, elle découvre une grotte aux sonorités exceptionnelles. Attirée comme par un aimant par cette grotte, elle découvrira que celle-ci cache des secrets bien pire que leur simple étrangeté.

    Mon avis :

    Voici la fin de cette trilogie originale. Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Ariane Gélinas a choisi de redonner vie à des villages fantômes. Disparus en raison de la modification du tracé des routes, de l’abandon de lignes de chemin de fer, de la fermeture d’usines, mines, entreprises... ou du déplacement des populations vers des milieux moins hostiles.

    Ici, Escalana est une ville minière où l’exploitation du quartz a cessé après de mystérieuses disparitions d’enfants. Abigail, qui s’est réfugiée dans la maison de son frère toute proche, la découvre un jour de balade. Elle qui a l’habitude d’enregistrer les sons qu’elle entend, depuis qu’elle est toute petite, a été guidée jusque là par d’étranges sonorités. Musicienne à l’oreille absolue, ces sons étranges ne semblent audibles que par elle, comme s’ils l’appelaient distinctement. Malgré les mises en garde de deux habitants du coin, elle va descendre dans les galeries afin de découvrir leur origine, quitte à mettre sa vie en danger.

    Une fois encore, les qualités d’écriture d’Ariane Gélinas font merveille. Les descriptions sont d’une précision chirurgicale, le lexique musical et auditif est omniprésent sans qu’il alourdisse le texte. Le style est enveloppant, d’une sensualité à fleur de peau. L’auteure est excellente pour créer un décor, une atmosphère... 
    Cependant, j’ai moins aimé ce tome-ci que les précédents. La redite peut-être, le traitement du thème ou l’amplification du phénomène fantastique -il était plus mesuré à mon goût dans les deux premiers- à moins que ce soit les personnages qui m’ont laissée indifférente... Bref...
    Je ne suis pas sûre non plus d’avoir tout compris et ça participe à ma déception.

    Il n’en reste pas moins qu’Ariane Gélinas est une jeune auteure à suivre car je suis sûre qu’elle fera parler d’elle dans l’avenir. Et elle aura quand même réussi l’improbable pari de me faire aimer des romans fantastiques, ce qui n’arrive pas si souvent. 

    Soyez curieux, laissez-vous tenter par son monde onirique et sa plume magnifique.

    Les villages assoupis, Escalana, Ariane GELINAS

     

     

     

     

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  • Les villages assoupis, L'ile des naufragés, Ariane GELINASDans son manoir de l'île d'Anticosti, le comte Florian Moret se languit de rencontrer une femme de la trempe de son épouse décédée. Son souhait semble sur le point de se réaliser lorsqu'il rencontre une jeune femme au visage pâle. Esthète à la Huysmans, version forêt boréale, le comte rêve dès lors de la convier à une somptueuse soirée, de lui faire visiter son immense salle aux trophées. Mais que se passe-t-il dans cette fameuse baie qui a la forme d'un crochet à boucher ? La forêt qui la borde semble être habitée d'enfants sanguinaires. Qui survivra à l'étrange maladie qui se répand sur cette île où les bateaux ont tant de fois fait naufrage ? Un détour par le village fantôme de l'Anse-aux-Fraises, où poussent des plantes médicinales, semble inévitable. Mais est-ce que ces remèdes seront suffisants pour empêcher Florian Moret de succomber au mal ?

    Mon avis :

    Deuxième tome de la trilogie « Les villages assoupis », L’ile aux naufrages nous emmène sur l’ile d’Anticosti. Ariane Gélinas met, une nouvelle fois, au centre de son roman, un village fantôme, délaissé par les hommes. De belles demeures anciennes, une usine, un port, sont tombés en ruine au fil du temps, abandonnés par des hommes fatigués de trimer dans un environnement rude et austère, coupé du monde. Seule demeure le manoir des comtes Moret, énigmatique bâtisse d’où la vie s’est retirée peu à peu laissant place aux souvenirs et aux fantômes.
    Bel homme, d’apparence normale, Florian Moret est un esprit dérangé, vivant avec les morts et le souvenir d’un passé plus flamboyant. Elevé par deux hommes, son père veuf et l’intendant du manoir, il est en perpétuelle recherche d’affection et d’amour alors que ses plus bas instincts le portent à la mise à mort. Dans une atmosphère lugubre de fin du monde, il ne désespère pas de trouver la compagne idéale qui lui permettrait de perpétuer la lignée des Moret. Mais dans ce lieu clos et hostile, cette quête relève de l’inaccessible.

    Une fois de plus, on sent que les lieux ont séduit Ariane Gélinas avant qu’une histoire ne naisse. Baie-Sainte-Claire et l’Anse-aux-Fraises sont décrites avec précision rendant, par leur caractère déserté, l’histoire intemporelle.
    Alors que ce n’est pas mon genre de prédilection, j’ai aimé ce récit fantastique pour sa prose fine et distinguée même au plus fort de l’horreur décrite et l’ambiance gothique du roman. La découverte de villages oubliés me plait également car il éveille en moi une part d’enfance où le mystère des lieux abandonnés me fascinait. (Et me fascine toujours d’ailleurs.)

    Un grand merci à Billy qui m’a permis de découvrir cette auteure et sa trilogie. Je vous présenterai son dernier tome très prochainement.

     

     Les villages assoupis, L'ile des naufragés, Ariane GELINAS

     

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  • Garden of love, Marcus MALTEIl est des jardins vers lesquels, inexorablement, nos pas nous ramènent et dont les allées s’entrecroisent comme autant de possibles destins. A chaque carrefour se dressent des ombres terrifiantes : est-ce l’amour ou est-ce la folie qui nous guette ? Alexandre Astrid, flic terré dans ses souvenirs, voit sa vie basculer lorsqu’il reçoit un manuscrit anonyme dévoilant des secrets qu’il se croyait seul à connaitre. Qui le force ainsi à décrocher les fantômes pendus aux branches de son passé ? Qui lui tend ce piège ? Mensonges et faux-semblants comme les roses et les ronces s’entremêlent, en ces lieux luxuriants dont le gardien a la beauté du diable...

    Mon avis :

    Après avoir dévoré « Les harmoniques », j’avais très envie de lire « Garden of love » dont le titre est inspiré d’un poème de William Blake.

    Dans ce roman noir, Alexandre Astrid, flic maudit tourmenté, fait brutalement face à un passé douloureux qui l’a littéralement broyé. Il va cependant faire face à ce traumatisme personnel et, avec une amie surgie du passé, il reconstitue le fil de son histoire. Une histoire tortueuse au cours de laquelle apparait un mystérieux trio d’adolescents maléfiques.

    D’emblée, le lecteur est plongé dans une ambiance torride et glauque comme j’en ai rarement lue. Dérouté, il voit ensuite les personnages changés à chaque chapitre sans qu’ils ne semblent avoir de lien entre eux. Où veut l’emmener l’auteur ? Est-on dans le présent ou le passé ? Dans les pensées d’Astrid ou la réalité ? On se perd dans un labyrinthe psychologique savamment tracé. Mais lentement, dans une atmosphère oppressante, les pièces du puzzle vont s’assembler. (Il est d’ailleurs impossible d’en dire davantage sans risquer de dévoiler cette histoire aux multiples facettes.)

    Le moins qu’on puisse dire c’est que Marcus Malte maitrise avec maestria les arcanes de son récit. Il faut être très attentif pour ne pas perdre le fil. Heureusement, le talent de conteur de l’auteur et sa précision stylistique ont tôt fait de nous emporter dans son imaginaire.

    « Garden of love » est un récit complexe, de souffrance, de manipulations et de rédemption ; un récit envoutant qu’on ne lâche pas facilement. A découvrir !

     

     

     

     

     

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