• 35MM, Christophe COLLINSUn cadavre retrouvé dans la chambre froide d’un restaurant.
    Un ancien agent du FBI, brisé par le passé.
    Des autorités locales aveuglées par le profit.
    Un tueur déterminé.
    Vous pensiez avoir tout lu ? Vous vous trompiez.

    Mon avis :

    Suite à une affaire qui a marqué sa carrière et sa vie, Jack s’est réfugié dans une bourgade de la banlieue de Philadelphie. Une petite ville paisible, sans criminalité, sans violence, où tout le monde connait tout le monde... Le seul événement qui brise la tranquillité de cette communauté est l’Open de golf, qui attire chaque année, les meilleurs joueurs et les Grands de ce monde.
    Une ville sans histoire jusqu’au jour où un corps est retrouvé dans le restaurant de Giacomo Palmito, ayant, lui aussi, quitté la grande ville pour ce petit patelin. De suite Jack pressent que ce meurtre ne sera pas isolé. Mais malgré son expérience, il aura fort à faire pour convaincre ses supérieurs de ne pas classer cette affaire en accident. Y aurait-il finalement des choses à cacher à Birdie’s Fall ?

    Je retrouve ici Christophe Collins, découvert lors de son premier roman L’étoile de l’est en 2011. Deux ans plus tard, l’auteur a pris de l’assurance, le style s’est affiné et l’écriture rappelle celle des polars américains au rythme soutenu d’un bout à l’autre. On sent aussi la passion de l’auteur pour le genre dans son ensemble, tant les références littéraires et cinématographiques sont nombreuses.

    Ce thriller nous offre tous les aspects d’un récit classique. L’atmosphère est subtilement rendue et l’intrigue nous emporte dans les arcanes politiques et économiques de Birdie’s Fall où, pour notre plus grand plaisir, les apparences sont trompeuses. Avec finesse et un certain humour caustique, Christophe Collins joue des codes du genre, rendant le récit intriguant jusqu’à la dernière page.

    Un bon thriller, maîtrisé d’un bout à l’autre, qui vous fera passer un bon moment de lecture.

     

     

     

     

     

     

     

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  • Dernière station avant l'autoroute, MAKO, DAENINCKX, PAGANUn sénateur s'est suicidé dans un hôtel quatre étoiles. Ses responsabilités au sein de plusieurs enquêtes parlementaires lui avaient permis de réunir des informations sensibles.
    Juste avant sa mort, il a vidé la mémoire de son ordinateur. Juste après, tout le monde est à la recherche d'une disquette.
    L'officier de police judiciaire, chef du groupe nuit, est le premier soupçonné d'avoir fait les poches du mort. Mais l'officier en question, à qui l'on a recommande de ne faire ni creux ni vagues, n'a plus rien à foutre de rien depuis longtemps.

    Mon avis :

    Un polar noir, très noir, dans un Paris interlope où les flics ont du mal à rester intègres. L’officier de la PJ, l’anti héros de ce récit, travaille de nuit, histoire de fuir le monde. Ecœuré par son boulot, alcoolique, hanté par le meurtre d’une enfant, il s’enfonce peu à peu et on assiste impuissant à sa descente aux enfers. Alors qu’il enquête sur une histoire ordinaire, un suicide dans un hôtel, il est soupçonné d’avoir soustrait à la justice une disquette renfermant de précieux renseignements. N’ayant rien à perdre, il devient dangereux pour sa hiérarchie et les politiciens sur la sellette.

    Contrairement au polar classique, l’enquête n’est pas le cœur de l’histoire. Hugues Pagan, auteur du roman initial, en fait prétexte à dénoncer les conditions de travail des inspecteurs de police et le mal être qui en découle. L’atmosphère est lourde, glauque et les pointes d’humour caustique allègent à peine les tensions. Ex flic lui-même, ayant quitté le métier pour l’écriture dans les années 80, il parle d’un monde qu’il connait bien.

    La précision des dessins de ce Paris nocturne et pluvieux, le trait brut de Mako ajoutent encore de la noirceur à ce portrait réaliste d’un quotidien déprimant. La scénarisation de Daeninckx, quant à elle, est saccadée et la narration décousue collant ainsi avec les événements.

    Le tout donne un roman graphique d’une grande force parfaitement réussi.

     

     

     

     

     

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  • Terminus Belz, Emmanuel GRANDIl s'appelle Marko Voronine. Il est en danger. La mafia le poursuit.
    Il croit trouver refuge sur Belz, une petite île bretonne au large de Lorient coupée de tout sauf du vent. Mais quand le jeune Ukrainien débarque du ferry, l'accueil est plutôt rude. Le métier du grand large en a pris un coup, l'embauche est rare sur les chalutiers et les marins rechignent à céder la place à un étranger. Et puis de curieuses histoires agitent en secret ce port de carte postale que les locaux appellent "l'ile des fous". Les hommes d'ici redoutent par dessus tout, les signes de l'Ankou, l'ange de la mort, et pour Marko, les vieilles légendes peuvent se montrer aussi redoutables que les flingues de quelques tueurs roumains

    Mon avis :

    Avec ce premier roman Emmanuel Grand nous plonge au cœur de la Bretagne profonde, de ses légendes et superstitions. Fuyant un pays sans avenir, recherché par des Roumains auxquels il a faussé compagnie, Marko croit trouver asile et paix sur l’ile de Belz. C’est sans compter sur la méfiance des iliens pour l’étranger. Se faire engager comme marin quand le travail manque pour les autochtones, même si sa vie en dépend, n’est pas du goût de tous. Jugand sera le premier à le crier haut et fort. Le danger que Marko croyait fuir sur le continent prend un autre visage sur l’ile. Parviendra-t-il à échapper à ces deux menaces ?

    Ce premier essai est un coup de maître. Le roman d’Emmanuel Grand tient la route d’un bout à l’autre. Qu’il nous parle de la mafia de l’Est, des difficultés de vie des Ukrainiens, des passeurs sans morale ou des superstitions et conditions de vie précaires des marins bretons, l’auteur maitrise la complexité des situations. Il crée une atmosphère tendue où une macabre réalité se mêle aux croyances populaires dans un huis clos impeccablement mené. La rude vie des pêcheurs, la précarité des familles, la promiscuité due à l’isolement... tout sonne vrai et concoure à créer non seulement une ambiance électrique et étouffante mais aussi un regard empathique envers cette population oubliée de tous.

    De tous les personnages, Marko est bien sûr celui dont la psychologie est la plus travaillée mais les pêcheurs de Kelz ont également une personnalité complexe et riche qui amènera nombre de péripéties faisant de ce récit à la fois un thriller palpitant et un roman noir intéressant.

    Bonne surprise que ce roman qui dépoussière quelques thèmes classiques du thriller. Emmanuel Grand est un conteur de talent et j’ai passé un très bon moment à le lire.

     

     

     

     

     

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  • Un cadavre de trop, Ellis PETERSEn août 1138, Étienne de Blois et Mathilde l’Emperesse se disputent le trône d’Angleterre. Malheur aux vaincus qui seront pendus haut et cour ! Le soin d’enterrer les morts échoit aux moines de l’abbaye de Shrewsbury, mais Frère Cadfael constate avec stupeur qu’il y a un cadavre de trop. Qui plus est, les traces que porte ce corps sont différentes de celles que laisse une exécution par pendaison…

    Mon avis :

    En ce mois de fou, je suis péniblement arrivée à réaliser une 4e lecture pour le mois anglais. « Un cadavre de trop » est le deuxième roman d’Ellis Peters (que j’ai découverte récemment) dont le Frère Cadfael est le héros.

    Nous sommes en pleine querelle pour la succession du trône d’Angleterre (ceux qui ont lu les Piliers de la Terre reconnaitront l’époque et les protagonistes). Etienne, roi d’Angleterre, a assiégé Shrewsbury qui a tenu une semaine. En représailles, il fait pendre les vaincus : plus de quatre-vingt combattants. Mais un corps étranger a été dissimulé parmi les autres. Souhaitant éclaircir ce mystère et rendre justice à ce jeune homme, Cadfael mène l’enquête. Une bonne occasion de quitter son potager et de mettre ses talents de détective en action. Mais en ces temps troublés, il sera aussi sollicité pour veiller sur un jeune garçon venu se cacher au cœur de l’abbaye. Les dangers guettent, il faudra être sur tous les fronts.

    Ce policier historique nous plonge au cœur de l’Angleterre du Moyen Age, une époque noire et violente particulièrement bien rendue par l’auteure. Les petits arrangements entre ennemis, les trahisons, les manipulations sont légions et ceux qui souffrent le plus sont les gens du peuple. En filigranes, on comprend aussi que les femmes ne sont guère plus que des enjeux ou des monnaies d’échange. Quelle douce époque !

    Quant à l’intrigue, elle nous offre son lot de rebondissements et nous montre à plusieurs reprises que les apparences sont parfois trompeuses. Cadfael va d’ailleurs devoir rivaliser d’ingéniosité pour déjouer les plans de son adversaire. Mais le jeu en vaut la chandelle et son charisme fera une fois de plus des merveilles.

    Si vous ne connaissez pas encore le Frère Cadfael, ce bénédictin gallois, ancien croisé, je ne peux que vous encourager à le découvrir.

     

    En marge du roman : l’abbaye de Shrewsbury existe vraiment, à la frontière du Pays de Galles, et abrite réellement les reliques de Sainte Winifred (lire Trafic de reliques).

    Un cadavre de trop, Ellis PETERS

     

     

     

     

     

     

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  • LScandale en Bohême, Conan DOYLEa semaine dernière, j’ai trouvé dans une brocante « Scandale en bohême » de Conan Doyle, dans une édition particulière. La page de gauche nous offre le texte original en anglais, celle de droite sa traduction. Ayant déjà lu, il y a quelques années, cette première nouvelle écrite par Conan Doyle en 1891, j’ai donc pris le risque de la lecture en version originale.

    « La ligue des roux » et « Les hêtres rouges » complètent ce recueil. Je m’engage à les lire quand j’aurais un peu plus de temps.

    Bien qu’un peu rouillée, et donc lente, j’ai pris plaisir à cette lecture. La proximité de la version française étant un plus indéniable pour palier les trous de mémoire de mon vocabulaire.

    Irène Adler, ex chanteuse d’opéra et aventurière, possède une photo compromettante du futur roi de Bohême et d’elle-même. Or, celui-ci devant se marier prochainement, il demande à Sherlock de récupérer cette photo afin de sauver son mariage et de se préserver du scandale. Par un subterfuge qu’il croit bien pensé, Sherlock Holmes parvient à trouver où elle conserve cette fameuse photo.

    La nouvelle commence ainsi « To Sherlock Holmes she is always the woman.” Quelque peu misogyne, Sherlock considère cependant Irène Adler comme supérieure. Belle, intelligente, roublarde, elle a tout pour lui plaire et lui plait d’ailleurs beaucoup. Peu d’action dans cette nouvelle, par rapport à d’autres, mais un jeu de cache-cache entre Irène et Sherlock, un jeu de rôles où chacun tente de dominer l’autre par sa finesse et son intelligence car jamais, et c’est là le génie de Conan Doyle, ils ne se présenteront l’un à l’autre. Ce que j’aime dans cette nouvelle, c’est qu’on y entrevoit le côté humain de Sherlock. Il a des sentiments ! Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on le sent amoureux ici, mais admiratif oui. Il semble avoir trouvé son maitre.

    Entre cette première nouvelle et la dernière des aventures de Sherlock Holmes, trente-cinq années s’écouleront. Et même si son père spirituel a été lassé plus d’une fois de ce fils envahissant, cent-vingt-cinq ans plus tard il est toujours aussi populaire et moderne. Il suffit de voir les nombreux films et séries qui s’inspirent plus ou moins bien de ses aventures.

     

    Scandale en Bohême, Conan DOYLE

    Scandale en Bohême, Conan DOYLE

     

     

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  • La fille au tatouage, Kristina OHLSSONLa nuit de la Saint-Jean, une jeune fille est agressée et violée. Malgré ses cris, personne n’est venu à son secours…
    Quinze ans plus tard, un pasteur et sa femme sont retrouvés morts : les Alhbin se seraient suicidés en apprenant le décès par overdose de leur fille aînée. L’affaire est confiée à l’équipe de Fredrika Bergman. Épuisée par sa grossesse mais déterminée à découvrir la vérité, celle-ci ne tarde pas à mettre au jour un sordide réseau de trafic humain exploitant la détresse des réfugiés clandestins.
    A l’autre bout du monde, Johanna, la fille cadette du couple Alhbin, travaille en Thaïlande sur un dossier sensible. Si sensible que quelqu’un cherche manifestement à mettre un terme définitif à ses recherches : son téléphone ne marche plus, son billet d’avion est annulé, et on glisse de la drogue dans sa valise…
    Alors que le piège menace de se refermer, les enquêtes de Fredrika et de Johanna semblent peu à peu converger vers une révélation terrible et stupéfiante. 

    Mon avis :

    Je gardais un bon souvenir du premier roman de l’auteure "Les enfants de cendres" et j’ai eu envie de poursuivre ma découverte. « La fille au tatouage » nous remet en présente de Fredrika Bergman, brillante analyste entrée dans l’unité spéciale de la brigade criminelle de Stockholm au début de l’enquête précédente.

    Autant j’avais trouvé le premier épatant pour un premier roman, autant je suis un peu déçue de ce second opus. L’intrigue se met lentement en place et la multitude de personnages fait que l’on s’y perd parfois.
    Deux récits croisés se rejoignent dans le dernier tiers du livre. Le premier se déroule en Suède où les corps d’un couple sont découverts sans vie dans leur appartement. Il s’agit apparemment d’un suicide même si les proches ont du mal à accepter cette explication. Au même moment, une autre affaire est confiée à l’équipe de Fredrika : un inconnu vient d’être victime d’un accident de voiture. Qui est-il et que faisait-il seul, le soir, dans le quartier où il a été découvert ? Le second a pour décor la Thaïlande où une jeune femme semble perdre la raison, victime d’un monstrueux complot. Elle se heurte à l’incrédulité des autorités et ne peut bientôt plus compter que sur elle-même pour se tirer de cette situation kafkaïenne. Commence alors le récit de la procédure policière qui permettra aux inspecteurs d’y voir clair.

    L’auteure nous dépeint longuement chacun des personnages en présence : leur présent bien sûr, mais aussi leur passé, les forces et les faiblesses qui sont les leurs et les affres qu’ils traversent. -L’équipe de Fredrika est particulièrement touchée par les déboires conjugaux.- Le foisonnement de personnages ne permet pas de suite de comprendre qui tire les ficelles de tout cela, qui est victime ou bourreau. D’hypothèses en fausses pistes, de secrets en révélation fracassante, on tâtonne pour dénouer le vrai du faux tout au long de l’intrigue. La partie qui se joue en Thaïlande apporte particulièrement son lot de tension et d’angoisse créant une atmosphère pesante à souhait qui donne envie de tourner les pages pour comprendre enfin.
    On assiste alors au dénouement final, imprévisible certes, mais tellement rapide qu’on reste sur sa faim. En quelques lignes, le sort de chacun est scellé, on n’en parle plus. Dommage.

    Un troisième tome clôture cette trilogie et je suppose que certains détails nous seront alors donnés. Mais cette fin abrupte est frustrante.

     

     

     

     

     

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  • Marche ou crève, Stephen KINGRay Garraty, un jeune adolescent natif du Maine, va concourir pour " La Longue Marche ", une compétition qui compte cent participants. Cet événement est très attendu. Il sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n'est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi... Garraty a tout intérêt à gagner. Le contraire pourrait lui coûter cher. Très cher...

    Mon avis :

    A la demande d’un élève, j’ai lu ce roman de Stephen King paru en 1979 et récemment réédité au Livre de Poche. Paru sous le pseudonyme de Richard Bachman, il laisse augurer de ce que seront les romans de King dans le futur, noirs.
    Ce roman dystopique, considéré par beaucoup comme un incontournable, a été rédigé par un King encore étudiant et décrit les quelques jours de La Longue Marche qui se déroule tous les ans. Cent jeunes volontaires de moins de 18 ans prennent la route à la frontière canadienne, vers le sud des Etats-Unis et l’état du Maine. Le pays est devenu totalitaire et des militaires sont chargés de surveiller les marcheurs et de les approvisionner durant la marche qui ne peut être interrompue sous aucun prétexte. S'arrêter c'est prendre le risque d’être « éliminé ». Le vainqueur sera le dernier debout. Il recevra une forte somme d’argent et un « prix » qui peut être tout ce qu’il souhaite.

    Le roman raconte les jours de marche, les espoirs, les petites victoires et les souffrances des jeunes marcheurs, les liens qui se nouent inévitablement, les corps qui lâchent, le mental qui flanche et l’inhumaine folie de cette aventure hors norme.
    J’ai aimé l’atmosphère qui se fait de plus en lourde, grave, tendue et la psychologie des personnages principaux qui s’épaissit au fil des discussions qu’ils partagent et des réflexions de Ray. Mais la lecture est un peu monotone, les chapitres sont construits sur le même canevas, c’est répétitif et je me suis surprise à ne ressentir aucune émotion face à toutes ces morts. Ca m’a interpellée. King ne s’embarrasse pas non plus d’explications sur le pourquoi, le comment, la situation politique... J’aurais aimé en savoir plus pourtant.

    Ce roman très noir fait froid dans le dos tant il est précurseur de ce que peut être notre société actuelle, avec ses jeux qui humilient, confrontent, éliminent ; ses spectateurs toujours plus friands de larmes, de sang, de sensationnel ; une certaine jeunesse égoïste et violente, âpre au gain...

    Un avis mitigé donc car j’ai déjà été plus transportée, plus secouée, plus touchée... par une lecture de King. Je m’attendais à l’être ici aussi et ce ne fut pas le cas. Mais cela reste un roman qui fait réfléchir sur l’être inhumain que nous pouvons tous être.

     

     

     

     

     

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