• Shiloh, Shelby FOOTE

    Shiloh, Shelby FOOTE"Le ciel s'était éclairci, les nuages s'effilochaient, et à quatre heures le soleil perça ; le vert vif de l'herbe et des feuilles vira à l'argent, les flaques de la route se remplirent d'or." Dans la nature luxuriante du Tennessee, la violence règne en maître. Nous sommes en 1862 : depuis un an, la guerre de Sécession meurtrit le pays. Shiloh raconte cette blessure profonde à travers les voix de six soldats des deux camps. Shelby Foote approche au plus près l'âme humaine, l'absurdité des combats, la détresse et la peur. Dans ce roman déchirant, le bien et le mal se confondent, les certitudes vacillent. 

     

    Mon avis :

     

    Shiloh, c’est le nom d’une chapelle, une modeste cabane en rondins près de la rivière Tennessee et « selon les exégètes, ça voudrait dire lieu de paix ».

    Basé sur des faits réels, Shiloh est pourtant bien un roman. Sept soldats racontent tour à tour la bataille du même nom. Ce récit croisé d’hommes du Nord et du Sud décrit l’horreur des combats de ces deux journées. Ce sont des personnages de fiction. 

     

    Dans une langue élégante, simple et dynamique, Shelby Foote décrit le lieu de la bataille, la nature, ses couleurs, ses sons avant l’assaut. Il campe magnifiquement le décor. Il relate ensuite des discussions entre officiers sudistes qui laissent clairement entendre les divergences de vue et le manque d’humanité de cette guerre civile où les idées à défendre priment sur la vie des soldats, des gamins frissonnant sous la pluie et complètement dépassés par les stratégies à mettre en place.
    Ce chœur d’hommes jeunes nous en apprend beaucoup sur le peuple américain de cette époque et sur les mentalités -pour la plupart, les armes ne sont pas leur métier- et nous montre à la fois les différences entre Nordistes et Sudistes -le milieu social par exemple et les motivations d’engagement- et les points communs de ces hommes apeurés, lancés au feu d'un affrontement mal préparé. Il nous donne aussi à voir leur détresse, la sidération, et l’horreur de cette bataille terriblement meurtrière qui vit, en deux jours, vingt mille hommes blessés, disparus ou morts, un quart des combattants. Un vrai carnage.
     

     

    Pas de scène gore ou trash mais des faits bruts et cruels. Shelby Foote choisit de coller à la réalité : ses héros relatent ce qu’ils voient, ce qu’ils vivent et confient les sentiments qui les traversent. L’auteur donne ainsi une voix (sept) à cette masse impersonnelle qu’est « l’armée ». C’est bouleversant et magistral.

    Ce roman rédigé en 1952 est publié pour la première fois en français par les éditions Rivages. L’auteur qui nous livre ici un roman proche du document historique écrira par la suite une œuvre de référence « La Guerre Civile : une histoire », trois mille pages qui racontent la Guerre de Sécession.

     

    Merci à Michel Dufranne de me l’avoir fait découvrir.

     

     


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  • Commentaires

    1
    Mardi 2 Juillet 2019 à 09:27
    Fanny

    Tu m'as convaincue :-)

      • Mardi 2 Juillet 2019 à 22:25

        J'espère que tu apprécieras.

         

    2
    Aude
    Mardi 2 Juillet 2019 à 22:47
    Tu donnes envie de le découvrir.
      • Mercredi 3 Juillet 2019 à 18:05

        Merci.

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