• Sombre éclat, Simon TOLKIEN

    Sombre éclat, Simon TOLKIENLondres 1958. Le jeune David Swain est condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de l’amant de son ex petite amie, Katya. Sa culpabilité ne fait aucun doute, sauf pour l’inspecteur Trave, qui ne peut cependant rien prouver. Oxford, 1960. Le prisonnier s’évade. La même nuit, on retrouve le corps de Katya, sauvagement assassinée. Une chasse à l’homme est lancée contre Swain. Pourtant, les soupçons de Trave se dirigent dans une toute autre direction : l’oncle de Katya, Titus Osman, un riche diamantaire et son mystérieux beau-frère, Franz Claes, qui semble prêt à tout pour cacher ses anciennes amitiés nazies. Mais les motivations du policier son suspectes : la jalousie de voir sa femme lui préférer Titus l’aveuglerait-il ?

     

    Mon avis :

     

    Simon Tolkien est le petit-fils de JRR Tolkien. Avocat anglais passionné d’histoire, il nous livre ici son deuxième roman. Je le découvre sans aucun a priori, étant sans doute parmi les rares qui n’ont pas adhéré au mythique « Seigneur des anneaux ». Je n’ai jamais été tentée par les romans et le premier film n’a fait que me conforter dans cette idée.

     

    Nous sommes un peu plus de dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les blessures ne sont pas refermées pour tout le monde et alors que certains veulent obstinément passer à autre chose, d’autres cherchent toujours à comprendre ce qui a bien pu arriver aux leurs. L’Europe entre dans l’âge d’or, les Golden Sixties, la guerre est un mauvais souvenir à oublier et l’avenir est plein d’espoir. Macmillan est premier ministre en Angleterre, De Gaulle, ce héros, est président de la République française, Kennedy s’apprête à le devenir aux Etats-Unis. Remuer le passé ne plaît à personne, chacun cherchant à aller de l’avant.

    C’est dans ce climat que l’inspecteur Trave, refusant de s’en tenir aux apparences, va se mettre à creuser dans le passé de certains protagonistes de l’affaire.

    Tolkien nous propose une histoire en deux temps : d’abord les meurtres ensuite une plongée dans la Seconde Guerre mondiale. C’est en effectuant cette dernière que peu à peu les pièces du puzzle se mettent en place et nous dévoilent les liens secrets unissant les uns et les autres.

    Une partie des faits a lieu en Belgique sous l’Occupation. Les faits révélés sont hélas réels ; l’horreur nazie et les camps n’ayant pas épargné la Belgique. Le commandant SS Philipp Schmitt dont il est question a bel et bien existé et a dirigé la caserne Dossin à Malines et le camp de Breendonk dès 1942. De même l’officier SS Asche avait en charge « les affaires juives » à Bruxelles. Aidés d’une dizaine de SS Allemands (dont Ernst Ehlers) et d’autant de SS Flamands, ils y feront régner la terreur durant deux ans.

     

    Impressionnée depuis toujours par la cruauté dont les hommes ont fait preuve durant cette période de l’Histoire, j’ai été particulièrement intéressée par cette partie du roman. Hélas, je suis restée sur ma faim, n’ayant rien appris que je ne savais déjà et trouvant que l’auteur aurait pu davantage développer ces chapitres. Vous me direz que ce n’était pas le propos principal. Certes. Mais quand même…

    Malgré tout, mis à part quelques erreurs de traduction (beau-frère au lieu de beau-père par exemple) et d’orthographe, j’ai trouvé le style agréable et entrainant. Il s’inscrit dans la lignée des classiques du genre, dosant avec parcimonie descriptions indispensables et dialogues révélateurs. L’intervention de divers personnages au fil de l’histoire a aussi pour résultat de créer un réel dynamisme dans l’action et d’entrainer le lecteur à tourner frénétiquement les pages.

    Cependant, si j’ai aimé le style, le rythme et le décor historique, je suis un peu déçue par l’intrigue en elle-même qui aurait pu être moins évidente. J’aime quand une histoire me résiste, quand arrive une fin que je n’avais pas vu venir ou qu’un élément m’a échappé. Ce ne fut pas vraiment le cas ici.

    Néanmoins, j’ai passé un excellent moment de lecture.

    Merci aux Editions Michel Lafon pour cet envoi.

     

    Je l’inscris dans le challenge « Voisins-Voisines » d’Anne et dans celui du « Polar Historique » de Samlor.

      

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Février 2012 à 09:41
    Alex-Mot-à-Mots

    Je me doutais bien qu'il y avait un lien de parenté. Tolkien : un nom pas si courant.

    2
    Jeudi 9 Février 2012 à 12:44

    Bon, on dirait que nos PAL peuvent te dire merci, c'est ça ? Moi aussi 'étais très intéressée par le contexte historique mais tu émets quand même pas mal de réserves.

    3
    Philippe D Profil de Philippe D
    Vendredi 10 Février 2012 à 19:24

    Et moi je n'ai pas lu "Le seigneur des anneaux". L'effet de mode, c'est rarement pour moi!

    Passe un bon weekend dans le froid encore.

    4
    Samedi 11 Février 2012 à 08:48

    Il n'y a pas que l'effet mode (que je n'apprécie pas non plus) mais le sujet ne m'a absolument pas emballée.

    5
    Jane Austen
    Mardi 14 Février 2012 à 13:20

    Peu au courant de ce qui s'est passé en Belgique à l'époque, ce roman devrait me plaire. J'aime beaucoup les policiers historiques ! Par contre, comme toi Argali, les romans fantastiques du style du "Seigneur des anneaux" ne m'emballent pas.

    6
    Olivier M
    Vendredi 2 Mars 2012 à 14:37

    Belle écriture, bonne intrigue mais un peu léger pour les amateurs du genre. Le coupable est trop vite découvert et le mobile également. A suivre pour juger mieux.

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