• Utopia, Penser nuit gravement à la santé, Sullivan LORD

    Utopia, Penser nuit gravement à la santé, Sullivan LORDBienvenue à Utopia, fleuron technologique moderne, verte patrie de l’espoir. Ici le chômage n’existe pas. Ici la criminalité s’apparente davantage à un concept abstrait qu’à une réalité. Tous les Citoyens naissent libres et égaux en droit. Tous ont la possibilité de vivre harmonieusement auprès de leurs semblables en vénérant les stars du tout puissant Médiastère, le ministère des Médias. Pourtant, le matricule 451 semble manifester des troubles d’intégration et rechercher désespérément la vérité sur ses origines.
    Il ne suffira que d'un incident bénin pour bouleverser sa vie. En effet, ce simple technicien de maintenance va rencontrer Eléa, une rebelle qui, hormis le fait de posséder un prénom, occupe ses journées à affronter les forces de sécurité. Pris en otage entre son amour pour cette jeune femme et son vœu de ne pas entraver la bonne marche du système, 451 se retrouve contraint d'assassiner l'un des Hauts Dignitaires de la ville...

    Mon avis :

    Etrange récit que cet Utopia, Penser nuit gravement à la santé. Nous sommes dans un futur peut-être pas si éloigné, où les chevaux ont disparu, transformés en viande de boucherie, où les oiseaux n’existent plus et où le béton a pris le pas sur la nature. La société d’Utopia est divisée en quatre zones d’habitation. 451 vit dans la zone D, la moins favorisée. Comme dans Le Passeur de Lois Lowry, tout y est uniformisé, les relations humaines sont codifiées, les mariages arrangés, les métiers imposés... Une seule chaine de télévision est captée dans la zone D et le programme vedette est une émission de délation où l’on peut, en dénonçant son voisin inadapté, remporter tout ce qui lui appartient !

    Avec une langue dépouillée, visuelle et terriblement efficace, Sullivan Lord nous décrit cette société du futur qui fait frémir. « Comment peut-on vivre ainsi ? » est la question que l’on se pose tout au long du récit. Et pourtant... ne sommes-nous pas en train de préparer ce futur sinistre ? Notre société de consommation individualiste à l’extrême n’est-elle pas annonciatrice de cette société à venir ?

    Ironique et caustique, ce roman d’anticipation se place entre le thriller et le conte philosophique. Entrainant, il nous offre un vrai suspens et se lit rapidement. Mais il nous pousse aussi à réfléchir sur nous-mêmes et sur le mode de vie que l’on nous impose entre consommation exacerbée, manipulations médiatiques et hyper surveillance. Le héros de cet univers utopique prendra conscience de la réalité et de ses limites et (bien sûr) se rebellera.

    Bien que ce ne soit pas mon genre de prédilection, j’ai beaucoup apprécié ce roman mordant qui, malgré quelques grosses ficelles de scénario, pose des questions pertinentes. Un bon roman.

     

     Utopia, Penser nuit gravement à la santé, Sullivan LORD

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 16 Mars 2016 à 20:24

    Pas trop mon genre, non plus, mais sait-on jamais? 

    Bonne fin de semaine. 

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