Par argali
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Province du Québec, 1942. Sur Grosse-Île, dans le fleuve Saint-Laurent qu’arpentent les sous-marins allemands, les gouvernements américain, britannique et canadien mettent en place un projet top secret. Des dizaines de scientifiques y sont réunis dans la plus grande discrétion, afin de mettre au point une arme bactériologique nouvelle. Des décennies plus tard, à l’occasion d’un épisode de canicule d’une ampleur inédite, des accès de rage bousculent la petite ville de Montmagny et ses alentours. Elle semble se propager comme une épidémie à mesure que les frappabords se multiplient.
Mon avis :
Les frappabords sont des mouches piquantes au sang chaud dont la morsure s'avère particulièrement douloureuse. Dans cette fable percutante de 150 pages, Mireille Gagné en fait de redoutables héroïnes.
L’intrigue tisse un parallèle captivant entre deux époques : l’été 42 sur la Grosse Ile et l’été 2024 où une canicule extrême frappe le Québec, favorisant l’afflux de ces insectes voraces. A travers ce chaos, on suit trois personnages, Thomas et Emeril puis Théodore.
Après avoir apprécié « Le lièvre d’Amérique », je retrouve avec plaisir la plume de Mireille Gagné. Elle signe ici un roman écologique haletant au croisement de la science-fiction, du thriller historique et du récit d’anticipation. Son choix de narration double, entrecoupée par le point de vue sensoriel d’une mouche, rend le récit captivant. L’autrice parvient à créer une atmosphère d’anxiété et de tension psychologique rare où les attaques des frappabords se vivent de l’intérieur. J’ai apprécié ces insertions où la mouche confie son rapport à l’homme avec une certaine sensualité.
Quel sera le sort des personnages en présence dans ce tourbillon angoissant ? Réussiront-ils à survivre ?
J’ai lu d’une traite cette fable originale et inquiétante au style addictif qui pose des questions essentielles sur l’environnement et sur le danger des dérives humaines.
Une lecture percutante !
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