Par argali
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Jean Deichel est un jeune enseignant qui réalise son stage dans un collège de la banlieue parisienne. Professeur de français passionné, il subit quotidiennement trois heures de trajet et deux correspondances en RER pour rejoindre son établissement. Cette année de stage lui fait découvrir le métier dans toute sa complexité : ses joies profondes, ses désillusions brutales et ses trahisons institutionnelles.
A travers ce double romanesque, Yannick Haenel jette un œil dans le rétro de sa propre expérience d’enseignant, qu’il fut durant 17 ans. Idéaliste, poète et philosophe, Jean se heurte de plein fouet à la rigidité de la machine administrative, à ses codes immuables et à ses habitudes ancrées. Toute son existence gravite autour de sa vocation, rythmée par ses lectures et son quotidien de prof.
Ce roman d’apprentissage gagne en densité au fil des pages. D’abord anecdotique, le récit s’épaissit au fur et à mesure que le temps passe. Haenel y célèbre la transmission, la joie et la beauté d’éveiller les consciences et l’amour de la langue. Et c’est enthousiasmant. Puis vient le découragement - ce poison lent qui s’insinue en vous – distillé par l’hostilité de certains élèves ou collègues - qui minent l’ardeur de l’idéaliste - et la lourdeur de la bureaucratie. Cette chronique du quotidien, somme toute ordinaire, est sublimée par les ombres de Nerval, Charlotte Delbo, Baudelaire, ou Marguerite Duras qui traversent les classes.
Le style est beau, poétique et même les moments d’abattement ou d’anxiété semblent plus légers sous sa plume.
La solitude des professeurs est infinie s’impose comme une belle réflexion sur le métier de prof. Entre lyrisme et réalité crue, ce livre s’adresse à tous : aux amoureux des lettres, aux écorchés vifs, au désabusés… et surtout à ceux qui s’imaginent que ce métier est facile.
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