Par argali
Pourquoi François Lombard a-t-il vu se distendre les liens qui l’unissaient à Sonia ? Quel secret cache-t-il au fond de sa mémoire ? Que cherche-t-il, sillonnant les quais de Meuse, traversant les ponts, creusant dans son passé, dans l’histoire d’une ville, dans les méandres d’un fleuve ? Est-il encore temps de jeter une passerelle entre Sonia et lui ?
Mon avis :
A l'aube de sa vie, François Lombard jette un regard dans le rétroviseur. Il revoit sa vie s’écouler, comme les eaux du fleuve qu’il longe quotidiennement, au fil de ses balades. Tantôt calme et joyeuse, tantôt tumultueuse, sombre, tourmentée. Chaque promenade est l’occasion de se remémorer un événement précis, une époque de sa vie qu’il a soin de replacer dans le contexte géographique et historique. Ainsi en sept chapitres au titre évoquant des ponts de Liège, il nous confie sa vie et nous conte également sa ville et ses transformations, les heurs et malheurs qui l’ont façonnée et la façonnent encore aujourd’hui. Et l’on plonge dans l’une et l’autre avec curiosité et tendresse. La Meuse devient miroir de l’âme.
Au fil des pages, nous découvrons le paradis perdu de François, arpentons Liège et la sentons vibrer sous ses pas. Je serais curieuse de savoir si les non Liégeois sont sensibles à ce roman. Tout y est si intime, si parlant pour un habitant de la Cité ardente que j’ai eu l’impression à chaque page qu’il avait été écrit pour moi, pour que je me souvienne et que je n’oublie pas. Je me suis immergée dans les parfums de l’enfance, ai retrouvé des images enfouies, des visages, des lieux que j’avais connus et aimés. J’ai retrouvé des sensations oubliées. Mais peut-on goûter à ces petites perles narratives, si on ne les a pas vécues de l’intérieure ?
L’écriture de Daniel Charneux est pleine de charme et de rigueur, frôlant parfois l’obsession. Après avoir été séduite par la maîtrise de la langue et la beauté des mots, j’avoue pourtant m’être un peu lassée de ses multiples appositions et des énumérations sans fin. Certes la langue est belle mais les phrases sont longues et par trop ouvragées. Cela sied à merveille à cet octogénaire sur lequel pèse le poids des ans et du passé. Forme et fond s’unissent pour attiser le propos ; l’effet est indéniable. Mais j’aurais goûté un trait un peu plus léger.
Mis à part ce petit bémol, je quitte à regret cette balade en amnésie dans laquelle ce roman m’a plongée. Ce fut pour moi un vrai coup de cœur. ![]()
Pour ceux que cela intéresse, Daniel Charneux sera à la FLB, le 9 mars prochain à 17h, sur le stand des Editions Luce Wilquin, afin de dédicacer son roman.
Ici, l'avis d'une non Liégeoise sur ce roman, Minou. Et pour une autre découverte de cet auteur, voir le très beau billet d'Anne sur son roman "Nuage et eau"
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