Par argali
Demain s'ouvre à Tour et Taxis, la 41e Foire du Livre de Bruxelles.
Sans doute cette institution n’a-t-elle jamais si bien porté son titre. Au fond, qu’est-ce qu’une foire ? Si au Moyen Age, il s’agissait d’un grand marché public ayant lieu à date fixe, aujourd’hui, on parlerait plutôt de manifestation commerciale. N’appelle-t-on pas aussi « foire » un grand désordre ?
Nous y voilà donc.
Dans un lieu immense où l’intimité a été spoliée au profit d’un tourisme pseudo culturel de masse, des exposants étalent à l’envi les ouvrages qui sont ou devront être les best seller de l’année. Qu’ont-ils de « best » ? Chacun jugera. Ils auront, en tout cas, eu la chance d’être entourés d’un marketing imparable, d’une couverture médiatique implacable voire d’un pseudo prix littéraire qui aura attiré sur eux les sunlights.
Ne vous fiez pas aux chants des sirènes, la Foire du Livre n’est rien d’autre qu’un attrape-gogo. Il y fait trop chaud - ou froid selon les années et les jours – les allées sont bondées, le personnel surmené et peu aimable et les prix identiques à ceux de votre librairie habituelle où vous auriez eu, en prime, le sourire du libraire, le conseil espéré et l’au-revoir de la caissière. Et je ne parle pas de l’écot qui vous sera réclamé pour pénétrer dans le saint des saints !
A grands coups de pubs, on vous annonce que tous les grands noms de la littérature y seront, (et les petits ? Il m’intéresse aussi moi, les petits !) que ce sera l’unique occasion de rencontrer en chair et en os les hommes et les femmes qui nourrissent notre savoir et nos loisirs, (rencontre de loin, le temps d'un débat ou celui d'une signature attendue des heures) et que cette année, la Foire fait la part belle aux femmes. (Il était temps !)
Vous l’aurez compris, il y a peu de chance que l’on m’y croise. Pour la 4e année, je boycotterai sûrement. A moins qu'un lutin malin ne vienne glisser des entrées dans ma boite aux lettres.
Je n’aime pas cette ambiance de marketing forcené, je n’aime pas le lieu anonyme et froid, je n’aime pas cette impression qu’on me donne que je dois y être et que je dois aimer puisque je suis lectrice, je n’aime pas le changement de jours qui fait qu’il n’y a plus de mercredi dans ce rendez-vous et je déplore que les enseignants ne puissent plus bénéficier de réduction.
J'attendrai que ma librairie organise une rencontre avec un écrivain. Je sais qu’on y sera bien, qu’on pourra se parler, s’écouter, se rencontrer vraiment et que le souvenir en sera impérissable !
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