Par argali
Il s’appelait Tristan, il avait trois cents ans, il avait connu toute la gamme des passions humaines. Une tempête vient de l’abattre, et c’est une nouvelle vie qui commence pour lui. Planté sous Louis XV, ce poirier nous entraîne à la poursuite du terrible secret de ses origines. Des guerres de religion à la Révolution française, de l’affaire Dreyfus à l’Occupation, il revit les drames et les bonheurs dont il a été le témoin, le symbole ou la cause. Mais, s’il est prisonnier de sa mémoire, il n’en reste pas moins lié au présent, à travers ce qui reste de lui : des racines, des bûches, une statue de femme sculptée dans son bois, et les deux êtres qui ont commencé à s’aimer grâce à lui…
Mon avis :
De quoi se compose la conscience d’un arbre ? Est-il doué de sentiments, de mémoire ? Et si les objets et les arbres pouvaient parler, que nous raconterait-il ? Ne nous sommes-nous pas tous posé la question, un jour ou l’autre ?
Tatiana de Rosnay pense que les maisons ont une âme et se souviennent, Didier Van Cauwelaert donne la parole à un poirier. Son histoire, ses secrets dévoilés nous font voir le monde de manière nouvelle, nous donne une autre version des faits écrits ou racontés par les hommes. Trois cents ans de souvenirs, cela en fait des choses à raconter.
Mais ce qui est mieux encore, c’est que le récit ne s’achève pas avec la mort de l’arbre. Il va au-delà grâce à ses bûches et à une statuette qui sera témoin, des années encore, de la vie comme elle va autour de lui.
Original et intéressant, ce livre dépasse le roman à proprement parler pour nous instruire de faits réels comme la capacité qu’ont les végétaux à produire des hormones qui stériliseront leurs insectes prédateurs ou l’affaire des Convulsionnaires de Saint Médard ou un autre regard porté sur l’affaire Dreyfus. Plaisant à lire, écrit dans un style fluide qui donne envie de tourner les pages pour en découvrir davantage, ce roman m’a parfois désarçonnée par le non respect de la chronologie. Cela part dans tous les sens au gré des souvenirs qui affleurent, l’un entraînant l’autre. Comme lors d’une conversation entre proches.
Au diable l’Express et le test de la page 99, j’ai passé un agréable moment avec ce roman qui sort un peu des sentiers battus et nous pose au final, une question toute simple : quelle est la bonne façon de mourir ?
Merci aux Editions Michel Lafon pour cet envoi.

Afin de terminer mon challenge "Petit Bac" initié par Ennalit, j'inscris ce livre dans la catégorie "Végétal".

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