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La Dame et le poète, Maeve HARAN

 Dans l’Angleterre élisabéthaine, il ne fait pas bon être érudite lorsque l’on est une jeune fille de bonne famille. Pourtant, la jeune Ann More a reçu une solide éducation de la part de son grand-père. Conséquence de cette anomalie : la jeune fille refuse d’épouser un homme avec lequel elle n’aurait aucun plaisir à vivre. Un tel entêtement ne peut que lui créer des problèmes, surtout lorsqu’il se double d’un amour déraisonnable pour un jeune poète à la réputation sulfureuse… un certain John Donne.

Mon avis :

 

Une bien plaisante lecture d’été servie par une écriture noble au charme anglais indéniable.

Ce roman historique nous plonge dans l’Angleterre de la fin du 16e siècle. Elisabeth, la Reine Vierge, règne d’une main de fer sur ses sujets, dont elle fait et défait les réputations et les vies. Chez les nobles, tout est régi par l’étiquette. Les hommes servent leur souveraine, les femmes leur donnent des héritiers et tiennent la maison. Comme le dit un gentilhomme « Qu’est-ce que l’amour a à voir avec le mariage ? Le mariage est une transaction » Il n’est donc pas question d’espérer faire un mariage d’amour et moins encore de choisir son époux.

Pourtant, Ann More, jeune fille rebelle, idéaliste et spontanée, rêve du grand amour. Elevée par ses grands-parents et instruite par son grand-père qui lui a appris à lire et à écrire le latin et le grec, Ann ne peut se résigner à une vie terne et monotone auprès d’un époux insipide. Envoyée à Londres, chez sa tante pour parfaire son éducation, elle va y rencontrer le secrétaire de son oncle, John Donne, jeune libertin brillant dont le charme, la répartie et les vers mettront ses sens en émoi.

 

L’essentiel du récit nous conte la vie et les pensées d’Ann More, les sentiments qu’elle éprouve envers John Donne et l’évolution de ceux-ci. C’est d’ailleurs elle, la narratrice. Mais ce n’est pas que cela. C’est aussi l’occasion de nous dépeindre la vie à la cour, les préoccupations des nobles, la vie des petites gens, la persécution des catholiques… et surtout la condition des femmes à l’époque. Heureusement, depuis, les choses ont évolué !! Mais il en aura fallu des Ann More pour secouer les consciences.

 

J’ai beaucoup apprécié m’imprégner de l’ambiance de l’époque, me trouver immergée dans des descriptions précises et raffinées que ce soit celles des demeures, des usages domestiques, des habitudes culinaires ou médicinales ou encore du contexte politique et social.

 

Un délicieux récit à rapprocher de ceux de Jane Austen ou des sœurs Brontë, mais qui n’a rien de conventionnel ; un cadre historique d’une grande précision qui sait se fondre dans l’histoire sans l’alourdir ; une histoire d’amour tout en tendresse et pudeur ; des poèmes de Donne à découvrir au fil du récit ; bref, un livre à lire absolument.

  

Merci à Liyah de me l'avoir fait parvenir !

  

 

Reste, O ma douce, ne te lève pas ! 

  

Reste, O ma douce, ne te lève pas !

 La Lumière qui brille vient de tes yeux;

 Ce n'est pas le jour qui perce; c'est mon cœur qui est percé,

 Parce que toi et moi devons nous séparer

 Reste, ou sinon toute joie chez moi mourra

 Et périra dans sa prime enfance

 

Traduction française par Gilles de Sèze

  

La Dame et le poète, Maeve HARANLa Dame et le poète, Maeve HARAN

 

 

 

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A
Oups, le V de mon clavier faiblit ! J'avais écrit : Coment vont-ils vivre après ?
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A
Je l'ajoute à la PAP, Jacqueline ! (Pile à prêter)  Anne, il y a un mot incomplet, non ?<br />  
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J
Je note le titre ..... un roman qui pourrait/devrait me plaire ! :-)))
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A
Je note le lien. J'adore la remarque de Niki ! C'est la réflexion que je me faisais hier soir après avoir vu Jane Eyre au cinéma : comment ont-ils ire après la fin du film (ou du livre) ?
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A
Oui niki, mais le roman s'arrête avant la description de la vie de famille. Et les contes ne finissent-ils pas par "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants." ? <br />  
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