Par argali
Petite rivière paisible née dans les Hautes Fagnes, la Vesdre alimente le barrage d’Eupen puis coule vers Liège pendant 60 km. Victor Hugo a écrit qu’elle était « la plus ravissante vallée qu’il y ait au monde, qui est quelquefois un ravin, souvent un jardin, toujours un paradis. »
Qui aurait pu croire que cette rivière bucolique causerait autant de dégâts et de victimes un jour ? Ce fut pourtant le cas les 14 et 15 juillet 2021 quand, gonflée par les pluies, elle éventra les villes et villages sur son passage.
Dans ce recueil d’instantanés, Luc Baba raconte les heures terribles de ce déluge qui s’abattit sur la vallée et dont il fut le malheureux témoin. De brèves séquences, poétiques, terribles et bouleversantes rendent compte, presque heure par heure, du désastre que ce fut et de l’impuissance des hommes.
Avec la plume ciselée et le style poétique qu’on lui connait, Luc Baba confie avec justesse et pudeur, les sentiments vécus, les émotions ressenties face à cette nature indomptable qui ravage immeubles, véhicules, vies, souvenirs, laissant les hommes chaos et impuissants.
MAGNIFIQUE ! ![]()
« Quand on n’est plus gardien des objets, on devient sage, parait-il. Il reste à garder la vie, la lumière, le peu de joie, le sourire. Si c’est vrai, cette maudite crue est une fabrique de sagesse. »
« Je me hisse avec peine sur le toit, et la pluie me prend aux cheveux, légère, ballerine, garce. (…) Sur le toit, au milieu de la mer Vesdre. Une mer sale. Et mouvante. L’océan meublé de nos armoires. La broyeuse d’âmes, l’assiette à soupe. »
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