• Sans nul espoir de vous revoir, Françoise PIRART

    Sans nul espoir de vous revoir, Françoise PIRARTJanvier 1820. Jeremy Alexander Voight, jeune ténor promis aux succès parisiens, s'engage sur un coup de tête dans l'expédition du capitaine William Drawbee : la traversée de l'Empire russe jusqu'à l'extrême Nord-Est de la Sibérie, un voyage extrêmement risqué.
    À Paris, Élisabeth d'Ancourt se désespère de ne plus avoir de nouvelles de Jeremy, alors qu'ils se sont quittés sur une dispute. Tous deux ont vécu une relation hors du commun, un amour non consommé mais profond.
    Attente, silence, lettres perdues ou volées, nature grandiose qui remet l'humain à sa juste place, étendues désertiques, tempêtes de neige, solitude et hallucinations, rudes confrontations avec des Yakoutes, aurores boréales, amitié virile, amour tourmenté - ce roman est l'histoire d'une passion toujours contenue entre deux êtres fiers et entiers.
     

    Mon avis :

    Dans une langue pure et soignée, Françoise Pirart explore les tourments d’une passion contenue et nous relate l’épopée fantastique de deux hommes hors du commun. Partis pour une expédition aux confins de l’Empire russe, ils vont affronter conditions climatiques extrêmes, souffrances, accidents, mort… allant au bout de leurs limites physique et morale, pour honorer leur mission.
    Par là même, l’auteure nous offre le portrait de deux hommes d’exception. Le capitaine William Drawbee, d’abord, homme droit et généreux, militaire inflexible que rien ne peut détourner du but qu’il s’est fixé. Au fil du temps, il éprouvera pour Jérémy Alexander Voight, le deuxième, un sentiment paternel profond. Celui-ci, pour qui le chant et la musique sont toute sa vie, fera preuve dans cet improbable emploi d’aide de camp, d’une rigueur et d’un courage exemplaires qui forceront le respect.

    Parallèlement à cette aventure humaine et à cette découverte d’un territoire inexploré, l’auteure nous livre la correspondance envoyée par Ninon Beauval à son amie Elisabeth. Celle-ci nous dévoile la genèse de la relation d’Elisabeth avec Voight et les raisons de sa fuite au bout du monde. Une passion impossible, romantique à souhait, où se mêle sentiments vrais et frustrations.
    Jamais Elisabeth ne s’exprimera dans ce roman. On ne la découvre qu’à travers les yeux de son amoureux et des lettres de sa confidente, quelque peu perfide vu qu’elle n’hésite pas à quémander les confidences pour ensuite s’en gausser auprès de sa cousine.

    L’opposition entre ces deux relations qui nous sont livrées en alternance est imparable. L’une virile et franche est basée sur le respect mutuel ; l’autre dévoile les faux semblants et la perfidie dont sont capables les femmes.

    D’un style brillant, à la construction narrative intelligente, aux tournures impeccables et au vocabulaire choisi, ce récit m’a enchantée. J’ai particulièrement goûté au récit de voyage, dévoilant la rudesse de la vie dans l’Empire russe du 19e siècle et la beauté sauvage des paysages. L’idée d’alterner ces descriptions avec le récit épistolaire de la relation d’Elisabeth et d’Alexander est judicieuse. Cela éclaire les circonstances du départ de ce dernier et les états d’âme des amoureux, sans alourdir par des digressions, sa narration de l’expédition. Ces lettres nous dévoilent la difficulté d’aimer, de le vivre et de se le dire. Un thème universel et intemporel.
    Pourtant, au fil des pages, ces lettres au style suranné, souvent futiles et répétitives m’ont lassée. L’intérêt que j’éprouvais pour l’aventure vécue par les deux explorateurs souffrait de ces interruptions trop régulières.
    Ceci mis à part, j’ai beaucoup aimé ce roman, l’originalité de l’histoire, son traitement et la finesse de l’écriture de Françoise Pirart. -Dans un autre registre, je l'avais découverte avec « Simon, l’enfant du 20e convoi », un roman pour adolescents paru en 2009. Je l’avais déjà appréciée.- Il me reste à découvrir la  quinzaine d’autres ouvrages qu’elle a à son actif.

    Merci à Minou qui m’a offert ce beau roman que j’inscris au challenge Luce Wilquin et que je vous recommande !

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 21 Août 2013 à 15:55
    Mina / Minou

    Je suis heureuse qu'il t'ait séduite, malgré la lassitude survenue vers la fin. Tu aiguises encore ma curiosité et mon envie de découvrir ce roman ! Ce contraste masculin/féminin, même s'il n'est pas en faveur des femmes, m'intéresse, entre autres.

    2
    Mercredi 21 Août 2013 à 17:20
    Anne (desmotsetdesno

    Ce n'est pas chez moi que tu as repéré ce livre, qui ne me dit rien ! Je l'ai bien noté en tout  cas.

    3
    pascal d
    Lundi 18 Novembre 2013 à 14:22

    Je termine ce roman que tu m'as conseillé. Une bien jolie lecture. Merci.
    Sais-tu qie Simon Gronowski était à Liège la semaine dernière ?

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