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    Je lis parce que lire me met à distance de moi-même et du monde. Je lis parce que lire me ramène à moi-même et au monde.

    Susie Morgenstern

      

    Challenge sur Berlin ici : http://argali.eklablog.fr/ich-bin-ein-berliner-recapitulatif-a46964735

     

    Bonjour à vous, visiteurs de passage, et bienvenue sur mon blog.

    Vous trouverez ici, une présentation des livres que je lis et un commentaire personnel sur l’histoire et le style de l’auteur. Mon but est d’abord de garder trace de mes lectures, ensuite de les partager avec vous pour vous donner, peut-être, l’envie de les découvrir à votre tour.
    Ici vous êtes sur la page d’accueil. Dans cette rubrique, vous pouvez lire de courts articles concernant les à-côtés de la lecture, la vie des blogs, les échanges…

     

    Quatre rubriques présentent les livres que j’ai lus.

     -       Mes lectures (romans, essais, bd, ouvrages historiques… pour adultes)

     -       Romans jeunesse (romans, récits, albums… à destination des jeunes dès 10-11 ans)

     -       Romans policiers (polars, thrillers, romans noirs… bref mes mauvais genres)

     -       Littérature québécoise (une majorité de romans, d’auteurs québécois que j’apprécie)

    Enfin, si vous cherchez un livre pour illustrer un thème particulier, rendez-vous dans la rubrique « Thèmes » où sont classées mes lectures.
    Pour les curieux, la rubrique « Auteurs » présentent des comptes-rendus de rencontres, conférences, interviews… d’écrivains, auxquels j’ai assisté.

     

    Bonne découverte !

     

     

     

  •  Tout a un prix...

      J’aimerais tant croire que Philippe Claudel, Eric-Emmanuel Schmitt, Bernard Pivot... sont libres et indépendants. J’aimerais tellement croire qu’on couronne le meilleur roman de la rentrée, un auteur de talent, celui qui a su faire vibrer ses lecteurs...
    Je ne dis pas que ce n’est pas le cas. Cette année, le roman primé est un bon roman et Leïla Slimani, qui n’est pas une novice, est charmante. De plus, c’est une femme et c’est suffisamment rare pour ne pas bouder son plaisir.

      Cependant, dès la première liste de sélections, des voix se sont élevées un peu partout, pour affirmer que le Goncourt serait un Gallimard. Que cette maison d’édition ne l’avait plus reçu depuis cinq ans et que le rachat de Flammarion lui avait couté cher, qu’il fallait renflouer les caisses. Et tout le monde le sait : le Goncourt fait vendre.* Au point que de véritables stratégies éditoriales se mettent en place pour cette course aux prix. Les éditeurs rompent des contrats, débauchent des auteurs et se comportent souvent de manière bien peu respectueuse. Et la littérature dans tout ça ?

      J’ai fouillé un peu dans les archives médiatiques.** Il y a longtemps que ce prix est critiqué car galvaudé. Au départ, à l’initiative des frères Goncourt, on mettait en évidence la littérature, la narration, le style de l’auteur. En 1903, le premier Prix est décerné (John-Antoine Nau). Les jurés sont des quadragénaires d’avant-garde issus du naturalisme. Ils se réunissent dans un bistrot et discutent entre eux pour choisir le lauréat. Les discussions vives et polémiques portent alors sur l’esthétisme du roman. La presse en fait écho et, de suite, les éditeurs s’emparent de ce prix. Bernard Grasset annonce qu’il « veut faire de la littérature un événement. » Très vite, ce prix sera vendeur. On passe alors, dans les années 20, de cent à cent mille exemplaires vendus pour le roman couronné.

      Aujourd’hui chez Drouant, Bernard Pivot a déclaré à chaud, en direct : « C’est un roman très visuel, tout est là pour un bon scénario de film. » Le livre est devenu objet de marketing, produit à placer, à rentabiliser. Le débat n’est plus littéraire, il porte sur la valeur marchande de l’ouvrage. Savez-vous qu’à la rentrée littéraire de septembre, les maisons d’édition vont jusqu’à distribuer gratuitement plus de « 800 exemplaires par titre pour faire connaitre les auteurs qui leur semblent prétendre à un prix ? L’investissement est extrêmement élevé et le retour attendu. » (Marion Mazauric, Au diable Vauvert)
    « Chez nous, c’est le texte qui compte. On publie les textes qu’on juge prêts et qui seront capables d’affronter la rentrée, précise Françoise Nyssen (Actes Sud). Il n’y aura qu’un Goncourt, il faut pouvoir rivaliser avec lui. On organise la rentrée en fonction des textes et des auteurs et non des prix possibles et du nombre idéal. » Sincérité ou langue de bois éditoriale ?

      Un premier roman de littérature peut se vendre à deux-cents, cinq-cents exemplaires couramment mais un auteur connu fera entre deux mille et sept mille exemplaires, vingt fois plus s’il obtient un prix. Les gros éditeurs peuvent se permettre de jeter une vingtaine d’auteurs dans la bataille en espérant rafler un prix ; les petits parieront sur un ou deux.
    Vous me direz que tout cela n’est pas neuf. Déjà en 1951, Julien Gracq dénonçait l’industrialisation du livre, la surproduction littéraire et la course aux prix... Soixante-cinq ans plus tard, c’est toujours le cas, cela s’est même accentué. Et ce prix convoité est toujours autant controversé.

      Il faut dire que petits et grands scandales ont émaillé ce prix au fil des ans : confraternité littéraire, vengeance et règlement de compte des jurés, tractations et échanges de bons procédés des éditeurs, tout cela sur le dos des auteurs. Ca n’a pas toujours été joli-joli.
    Qui se souvient par exemple que Pascale Roze a reçu ce prestigieux prix en 1996 pour « Le Chasseur Zéro » ? Qui même connait cet écrivain ? Quand elle est couronnée en 1996, beaucoup ont parié sur Houellebecq qui le rate pour la deuxième fois. Le scandale provoqué par les fans de Houellebecq a complètement occulté le roman primé et n’a pas mis en lumière Pascale Roze et ses qualités littéraires. Ce prix l’a même plutôt desservie car, ayant déjà été lauréate du Goncourt, elle n’a plus jamais édité à la rentrée. Quant à Houellebecq, il le ratera une troisième fois au profit de Weyergans suite à un conflit ouvert entre les représentants de Fayard et Grasset. Il le recevra finalement en 2010 mais est-on sûr qu'il couronne ses qualités littéraires ?

      Au pays des prix littéraires (plus de 2000 !!), le Goncourt reste cependant un prix prestigieux à recevoir pour les auteurs. Ils seront invités dans les médias, mis en lumière quelques temps et réaliseront une plus value. Pas sûr qu’il soit un repère pour le lecteur, souvent perdu dans la masse de publications ni qu’il soit vraiment gage de qualité littéraire, chaque année. Mais une chose est sûre, il permet à l’industrie du livre d’engranger des bénéfices et de se maintenir en ces temps troublés.


    * Dans les six semaines qui suivent l’obtention du prix, le gain pour l’éditeur sera environ de trois  millions d’euros.

    ** Wikipédia
       ARTE, Dans les coulisses du Goncourt
      
    Le blog de Raphaël SORIN
       France Culture, Les prix littéraires, 31.10.2016
       Pierre ASSOULINE, Du côté de chez Drouant

      

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • 6 ans déjà !

      

    Merci aux fidèles qui me suivent depuis le début.

     

    Merci aux nouveaux qui m’ont témoigné leur sympathie.

     

    Merci aux lecteurs occasionnels qui passent sur le blog au gré des publications.

     

    Merci aux amis, aux blogueurs, aux auteurs, aux maisons d’édition, à mes élèves et à tous ceux que je ne connais pas personnellement de faire de ce blog ce qu’il est : un lieu de convivialité et de partage.

     

     

     

     

     

     

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  • Chasseurs de livres


    En cette période morose, en cette époque du repli sur soi et de l’incommunicabilité, il y a encore des phénomènes surprenants qui me laissent espérer dans le genre humain.

    Ainsi, après l’incroyable engouement pour le jeu Pokémon Go, une directrice d’école de Jemeppe sur Sambre a eu l’idée de proposer, via une page Facebook, une chasse aux livres. Le but est simple : le joueur choisit un livre qu’il souhaite partager, il l’abandonne dans un lieu public avec un mot d’accompagnement (voir sur la page), prend une photo et la poste sur le groupe « Chasseurs de livres » en n’oubliant pas de préciser le nom de la ville où il a été laissé. C’est alors que les chasseurs se lancent pour dénicher le précieux livre. Une fois trouvé, on prend une photo et on la poste à son tour sur la page du groupe. Il ne reste plus qu’à lire le livre, en donner un petit avis sur le groupe et le relâcher à son tour dans la nature.

    Certains diront que le bookcrossing n’est pas neuf. Ce qui l’est ici, c’est de prévenir via photo, qu’on a abandonné le livre en donnant des indices de localisation et de participer ensuite à sa recherche. Du simple hasard, on est passé à la technique de recherche via indices photographiques.

    Lancé le 12 août, ce groupe comportait 300 membres quand je me suis inscrite le 15 août. En une semaine, on atteignait les 8000 membres. L’enthousiasme des joueurs est tel que les médias ont relayé l’affaire et aujourd’hui, le groupe compte 35 000 membres. Phénoménal !
    Au-delà du jeu, de l’excitation qu’on connait à préparer les dons et la joie qu’on ressent lors d’une découverte, de vraies relations se nouent entre les joueurs. La page regorge de remerciements de personnes envers l’instigatrice, pour leur avoir rendu le goût de lire ou envers les donneurs pour leur avoir fait découvrir un livre qu’ils n’auraient jamais lu sans cette trouvaille inattendue.
    Deux des personnes qui ont emporté mes livres sont entrées en contact avec moi pour solliciter des conseils de lecture. Depuis une semaine, nous échangeons via messages privés sur ce sujet qui me passionne. Non seulement les gens sortent de chez eux, mais ils lisent et communiquent entre eux ! Une chouette occasion de discuter littérature en toute simplicité.

    Lundi, en allant déposer quelques dons, j’ai croisé dans ma ville des dizaines de personnes, de tout âge, assises sur des bancs, des murets, des pelouses... et plongées dans leur lecture. N’est-ce pas beau ?

    J’espère que cet engouement ne s’arrêtera pas avec la rentrée et que cette chasse aux livres continuera dans le temps. Et, pourquoi pas, qu’elle trouvera d’autres formes dans nos écoles.

    Chasseurs de livresChasseurs de livres

     

     

     

     

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  • Mr Optimiste, adaptation de Christine DELMOTTECes 10 et 11 août, le Festival de Théâtre de Spa propose la pièce Monsieur Optimiste tirée du récit du même nom d’Alain Berenboom.

    A la mort de ses parents, Alain Berenboom décide de ranger les archives familiales, travail ô combien fastidieux, sans se douter un seul instant de ce qu’il va découvrir. Son père n’a pas du tout eu la vie tranquille et rangée qu’il imaginait.

    De leur voyage de noces à Boulogne, sous les bombardements, à la perte de la sœur cadette dans le ghetto de Varsovie en passant par une dangereuse amitié avec un espion allemand, ses parents ont dû surmonter de nombreuses épreuves dont ils n’ont jamais parlé à leur fils.

    Le récit d’Alain Berenboom, très personnel, était à la fois émouvant et drôle. J’étais curieuse de savoir comment un couple d’acteurs –Daphné D’Heur et Fabrice Rodriguez- allait rendre ces émotions, l’autodérision de l’auteur et l’atmosphère pesante des années 30-40.
    Christine Delmotte, le metteur en scène, s’est appuyée sur des documents personnels de la famille Berenboom : photos, lettres, documents administratifs, objets... respectant ainsi l’œuvre originale. Les acteurs jouent tour à tour les parents d’Alain Berenboom, ses grands-parents ou lui-même avec beaucoup de fluidité. Jamais on ne s’y perd.
    Différents styles théâtraux se mêlent pour coller le plus possible à l’histoire : projections, théâtre d’objets, chants... et cela fonctionne à merveille. Les acteurs passent d’un registre à l’autre avec aisance et justesse et on se retrouve très vite immergé au sein de cette famille dont ils incarnent chaque membre avec générosité. Le spectateur oscille entre vie et mort, passé et présent, grâce notamment à un singulier jeu de masques. Tout est subtil, réfléchi, innovant.
    Le spectacle est poignant et les inventions scéniques y apportent légèreté et humour, ce qui permet de relâcher la pression d’une histoire familiale sombre. Il est aussi fidèle au roman d’origine et je dirais même qu’il le transcende.
    J’ai beaucoup aimé cette adaptation et le jeu des acteurs. Le public lui a également réservé un accueil enthousiaste, applaudissant chaleureusement et longuement à l’issue de la pièce. Et les commentaires élogieux, entendus à la sortie, ont confirmé ce succès.

    La pièce est au programme du Théâtre de Liège la saison prochaine, je vous invite chaleureusement à aller la voir.

    Mr Optimiste, adaptation de Christine DELMOTTE

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  •  Boulevard du Polar

     

    Il y a à peu près un an, j’apprenais que des passionnés un peu fous souhaitaient mettre sur pied un salon du polar à Bruxelles. Une rencontre entre auteurs et lecteurs, dans l’esprit des Quais du Polar de Lyon, soutenue par des libraires.
    Bien évidemment l’idée m’emballait. Pour avoir participé deux fois aux Quais du Polar, je ne pouvais qu’être enthousiaste à l’idée que cela pouvait se passer si près de chez moi. C’était sans compter sur les aléas de la vie, les difficultés qu’ont parfois les libraires les hommes à se fédérer, à se mettre d’accord ou les terroristes prêts à plonger Bruxelles dans une zone de danger niveau 4, pour de longs mois.

    Et pourtant, malgré tout, ils y ont cru et se sont investis pour que ce rêve devienne réalité. Une édition zéro, modeste mais très prometteuse, a eu lieu ce week-end des 11 et 12 juin dans le prestigieux bâtiment de la Bourse, à Bruxelles. (Quand je vous parlais de l’esprit des QdP...)
    Deux jours durant, les amateurs du genre ont été accueillis dans un bâtiment paré de vermillon pour célébrer le policier dans tous ses états. Dans une ambiance festive, cette Murder Party a rassemblé une trentaine d’auteurs venus rendre hommage à un genre qui fait battre les cœurs, sous le parrainage bienveillant de Nadine Monfils et de Patrick Raynal. Un duo franco-belge idéal, l’une étant écrivain, réalisatrice et productrice, l’autre écrivain, éditeur, scénariste et directeur pendant 14 ans de la Série Noire chez Gallimard.

    Romans, essais, BD, DVD... soigneusement sélectionnés invitaient les visiteurs à faire connaissance de ce mauvais genre ou à succomber à leurs vices.

    Boulevard du PolarBoulevard du PolarBoulevard du Polar

    Pour l’amatrice du genre que je suis, comment résister à la découverte de nouveaux auteurs ou à la parution du dernier ouvrage d’un écrivain qu’on apprécie ?

    Mais le Boulevard du Polar c’était aussi une multitude de rencontres possibles. Celle des auteurs d’abord, avec lesquels on pouvait discuter lors des dédicaces ou écouter dans les débats auxquels ils participaient, celle des dessinateurs et scénaristes de BD, des libraires, des chroniqueurs, journalistes ou animateurs des tables rondes et même celle d’un expert en tueurs en série. Deux expositions étaient aussi accessibles : une rendant hommage à Dashiel Hammet, l’autre présentant les photos de François de Brigode, parallèle au roman de Franco Meggetto sur le milieu de la prostitution. Des projections de reportages et de films étaient également organisées.

    Cette première édition brassait donc tous les aspects et disciplines du polar.

    Quand on sait qu’un livre écrit sur quatre est un polar et que trois livres de poche achetés sur cinq sont des polars, on ne s’étonne donc pas de l’accueil chaleureux que le public a réservé à cette manifestation et aux auteurs présents. Citons par exemple, histoire de donner des regrets à ceux qui ne sont pas venus, Barbara Abel, Jean-Baptiste Baronian, Alain Berenboom, Philippe Berthet, Stéphane Bourgoin, Paul Colize, Patrick Delperdange, Caryl Ferey, Eva Kavian, Pascal Marmet, Jean-Bernard Pouy, Franck Thilliez, Larry Tremblay, Tim Willocks... et tant d’autres.

    La librairie éphémère était assurée par Tulitu, Polar & Co et Brusel, dirigées par des libraires dynamiques et passionnés, de très bons conseils.

    Sans doute perfectible, cette édition pilote a malgré tout tenu ses promesses. On ne peut qu’espérer qu’elle persévère et que l’an prochain, ce soit les invités qui tiennent les leurs. Même si certains auteurs de polars prétendent que Bruxelles est noire, c’est aussi une ville accueillante, vivante, ouverte à tous où il fait bon flâner. Le danger était donc plus entre les lignes que dans les rues de la capitale.

    Vivement la première édition !

    Boulevard du PolarBoulevard du Polar Boulevard du Polar

     

     

     

     

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    Grand Procès du Festival du Film Policier de Liège : Violette Nozière

    Les faits :

    En 1933, Violette a 18 ans. Son père, Baptiste Nozière, est mécanicien dans les chemins de fer. Avec sa mère, Germaine, son père et elle, ils vivent dans un minuscule appartement. Ses parents, de condition modeste, rêvent pour Violette d’une existence autrement plus brillante que la leur. La fille, étouffée par cette atmosphère petite-bourgeoise, s’enfuit la nuit, fréquente des étudiants. Elle ne tarde pas à contracter la syphilis. C’est le scandale. Violette est exaspérée par l’attitude lâche de ses parents. Elle tente une première fois de les empoisonner.

    Mais Violette tombe amoureuse d’un garçon médiocre, Jean Dabin, qui rapidement profite d’elle. La fille vole les économies de ses parents. Sa famille lui est de plus en plus insupportable. Violette empoisonne Baptiste et Germaine qui, elle, est sauvée. Sa fille indigne est arrêtée. Le procès mobilise la presse et l’opinion.

    Violette déclare qu’elle ne désirait pas la mort de sa mère mais celle de son père parce que ce dernier aurait abusé de sa vertu. Germaine accuse néanmoins sa fille d’une double tentative de meurtre.

    Grand Procès du Festival du Film Policier de Liège : Violette NozièreGrand Procès du Festival du Film Policier de Liège : Violette Nozière

     

    Le procès :

    Dans le cadre du Festival du Film Policier de Liège, ce grand procès qui défraya la chronique il y a 82 ans a été reconstitué ce week-end à la Cour d’Assises de Liège, transposé à notre époque avec des professionnels du barreau et de la magistrature.
    Relu et réécrit par Maître Franchimont, ce célèbre procès a rassemblé outre ce dernier, dans le rôle de l’avocat de la partie civile : Madame Germaine Nozière, Maitre Moureau, avocat de Violette, Maitre Lejeune, avocat général, le juge Warnon et d’autres magistrats, médecin légiste et policiers, dans leur propre rôle.

    Pendant 2h30, nous avons écouté l’histoire de Violette, ses réponses aux questions du président de la Cour d’Assises, assisté aux témoignages des témoins puis aux plaidoyers et réquisitoires des magistrats.
    Pendant que le jury, choisi parmi les spectateurs, (composé d’un quart d’hommes seulement alors qu’en 1934 il ne comptait aucune femme) se retirait pour délibérer, Maitres Lejeune, Moureau et Franchimont ont répondu à nos questions sur l’histoire de Violette Nozière et sur la Cour d’ Assises d’aujourd’hui. Des échanges, francs, clairs et sans langue de bois. Merci à eux.

    Alors qu’en réalité, Violette a été condamnée à mort en 1934 à Paris avant que le président de la République, Albert Lebrun, ne commue la peine en travaux forcés à perpétuité puis que le maréchal Pétain ne la réduise à 12 ans, le jury de Liège en 2016 l’a reconnue coupable de meurtre sur la personne de son père et de tentative de meurtre sur celle de sa mère. Mais au vu des circonstances, jugées comme atténuantes, il l’a condamnée à 15 ans de prison ferme.

    Les années précédentes, j’ai malheureusement raté le procès de Dominici et celui de Ranucci, je suis ravie d’avoir pu assister à celui-ci.

    Un excellent moment, une organisation parfaite et des magistrats très à l’aise dans la peau de comédiens.

     

     Grand Procès du Festival du Film Policier de Liège : Violette Nozière

     

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  • Depuis quelques jours, je suis abasourdie.
    Je lis dans la presse que « L’Ecole des loisirs change de ligne éditoriale en ce qui concerne les romans. » Quelques jours plus tard, j’apprends la mise à l’écart de Geneviève Brisac. Depuis 27 ans, elle était la directrice éditoriale de cette section romans. 27 années de vie professionnelle consacrée à cette maison d’édition et à sa passion.

    Geneviève Brisac, je l’ai rencontrée en avril 2015, rue de Sèvres. Le club ado de ma librairie avait emmené ses membres, et quelques parents, rencontrer des auteurs et leur éditrice. Cette dernière, après avoir travaillé chez Gallimard, voulait créer une maison d’édition jeunesse à une époque où les romans pour la jeunesse n’existaient pas :
    « J’ai commencé mon travail d’éditrice au culot, en y croyant à fond. Mon premier roman publié fut « Trois minutes de soleil en plus » de Chris Doner. Tout le monde disait que cela ne marcherait pas. Il a surpris, on en a parlé au JT et il s’est très bien vendu. Dans la vie, il faut toujours faire les choses par passion »

    Passion, le mot est lâché. C’est je pense ce qui caractérise le mieux Geneviève Brisac, avec « caractère » aussi. Elle n’a pas nié ce jour-là qu’elle en avait un sacré et qu’elle n’était pas toujours facile à vivre. Mais les auteurs présents ont aussi reconnu l’aide précieuse et le soutien sans faille qu’ils trouvaient auprès d’elle.

    Mais aujourd’hui, « L’Ecole des loisirs » change de ligne éditoriale.
    Qu’est-ce à dire ? Une bonne ligne éditoriale, ce sont des livres qu’un éditeur juge bons et pas seulement en fonction de ses goûts personnels. Mais parce qu’ils ont quelque chose en plus, qu’ils proposent une approche différente d’un sujet connu, qu’ils racontent une histoire qui plaira aux jeunes, les fera rêver, trembler, rire, pleurer... bref suscitera en eux des émotions.

    Mais quand on lit les déclarations du nouveau directeur éditorial de la section roman, on s’interroge : « Je n’aime pas le fantastique. Ca m’ennuie. C’est mon goût personnel. Je préfère lorsque le personnage se débrouille avec des choses concrètes, simples. Et que le monde de l’imagination ne remplace pas notre quotidien et notre terre bien pragmatique, manquant de gloire et d’extravagance. Cette originalité ne me plaît pas parce que je pense que la réalité est plus puissante, parce qu’il ne faut pas faire des efforts afin de transformer le monde, pour qu’enfin on puisse se réaliser. » Arthur Hubschmid

    Mais à qui doit plaire le roman avant tout ?

    Nous avons tous une histoire avec cette maison d’édition. En ce qui me concerne, je l’ai découverte à sa création, alors que j’étais jeune enseignante de collège. Elle a accompagné mes élèves chaque année depuis lors. Puis, je suis devenue maman et mon fils a, à son tour, fait ses propres découvertes via un abonnement scolaire.
    Dans ma bibliothèque de classe, trônent Verte, La prédiction de Nadia, Léon, Lettres d’amour de O à 10, L’Amerloque, Journal d’un chat assassin, Comment écrire comme un cochon, Simple, Maïté coiffure, Tête à Rap, Mandela et Nelson, La plus belle fille du monde, Une bouteille dans la mer de Gaza, Le Passeur, Le dernier ami de Jaurès, L’Odysée, Liber et Maud et tant d’autres...

    Avant de plaire à mes élèves, c’est d’abord moi qu’ils ont séduite : par leur humour, leur liberté de ton, leur tendresse, la véracité des histoires, leur originalité, leur fantaisie,... et leurs grandes qualités littéraires. Donner un roman de l’EdL à un élève, c’était être sûr qu’il lirait une histoire bien écrite, bien racontée et qui l’intéresserait.

    Et maintenant ?
    Maintenant, on lit sur le blog « La Ficelle » créé par des auteurs et collaborateurs en soutien à Geneviève Brisac, que « la nouvelle ligne éditoriale » débarque des auteurs, rompt des contrats signés, fait comprendre à certains que leur genre ne plait plus, qu’il est temps de passer à autre chose, plus en attente avec les goûts du public. On assiste à un véritable lissage des textes (sur les thèmes, les styles, les sensibilités) bien loin de l’exigence que proposait Geneviève Brisac. Une littérature formatée, semblable à celle que l’on trouve déjà chez certains concurrents nous attend. Une resucée d’histoires communes, de thèmes rabâchés, peut-être dans un langage simplifié, formaté. On entre de plain pied dans l’ère de l’économie de marché.

    Alors je tiens à m’indigner ouvertement de tout cela et à témoigner de mon soutien aux auteurs et aux collaborateurs de cette maison d’édition qui souffrent eux aussi de l’évincement de Geneviève Brisac.

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    Louis Delas
    11 rue de Sèvres
    75020 Paris

     

     

     

     

     

     

     

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