• Souviens toi de nous toujours, Sylvie ALLOUCHEUne fête foraine, une grande roue et la vie qui défile...

    Zoé a avalé une importante dose de médicaments et attend qu'ils fassent effet dans la cabine de la grande roue où elle a trouvé refuge. Lui reviennent alors tous les événements de sa vie qui l'ont conduite à cette tentative de suicide...

     

    Mon avis :

     

    L’adolescence est une période à la fois enthousiasmante et fragile durant laquelle les jeunes passent par diverses émotions qui soufflent le chaud et le froid. C’est ce dont parle ce court récit de Sylvie Allouche qui, pour la collection Court Toujours de Nathan, fait une petite infidélité à Syros.

     

    Le récit commence le jour des 16 ans de Zoé. Elle va mal et a avalé des médicaments. Alors que son esprit s’embrume, elle revoit par flash-back les événements des dernières années. Son monde a changé le jour où ses parents ont divorcé. Elle avait alors douze ans et a vu voler en éclats tout ce en quoi elle croyait.

    Dans son délire, elle aperçoit une petite fille qui lui ressemble beaucoup quand elle était enfant et la surnomme Rose. Par ses interventions, Rose parviendra-t-elle à la maintenir en vie malgré elle ?

     

    Vous l’avez compris, ce récit tient en haleine jusqu’au bout. Comment Zoé en est-elle arrivée là ? Quel est l’événement de trop qui l'a fait flancher ? La fin est-elle inéluctable ?

    Ce récit m’a beaucoup touchée car il fait écho à des histoires vécues par certains de mes élèves. D’ailleurs, tous les romans de Sylvie Allouche ont des accents de vérité et les jeunes ne s’y trompent pas. Celui-ci rappelle qu’il ne faut pas minimiser la souffrance des ados ni les traiter trop vite comme des adultes responsables. Ils sont plus fragiles qu’on ne croit. Même si elle a fait bonne figure longtemps, Zoé est fragilisée par plusieurs événements. Un de plus, un de trop et elle bascule. Ce récit interpelle les adultes dont je suis.

    Un récit intense, concentré sur peu de pages, qui devrait trouver son public une fois encore.

     

     

     

     

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  • Sur la route de Shangri-La, Patrick DELPERDANGEÀ treize ans, Arthur connaît à peine son père, qui se fait appeler Jim et n’est présent dans son existence qu’en coup de vent. Alors, quand Jim propose d’emmener Arthur et sa sœur en week-end à Bruxelles, l’occasion est trop belle de pouvoir enfin lever un peu le voile sur son passé mystérieux et de nouer des liens jusqu’alors distendus. Mais à peine arrivés là-bas, Jim laisse Arthur et sa sœur tout seuls à l’hôtel et il disparaît, happé par son ancienne vie, à la recherche d’un certain Alex. Essayer de le retrouver dans la ville inconnue, c’est se mettre en quête d’un lieu imaginaire, merveilleux, où tout serait comme neuf, comme la mythique cité de Shangri-La.

     

    Mon avis :

     

    Quand Jim, père absent et peu affectueux, propose à ses enfants Arthur et Lorraine de les emmener en week-end à Bruxelles, c’est la fête. Leur mère est moins enthousiaste connaissant l’apôtre mais laisse faire. Jim voit si peu ses enfants.

    Après trois heures de car, les petits Parisiens arrivent à Bruxelles. La visite de la ville, de la Grand’Place et des bâtiments anciens n’est pas vraiment du goût d’Arthur 13 ans mais sa sœur de 7 ans semble s’amuser et il ne veut pas gâcher sa joie. Même si son père fait des blagues lourdes et n’est pas très au clair avec ses intentions.

    Rentrés à l’hôtel pour se changer avant d’aller au restaurant, Arthur s’endort. A son réveil, il est tard et son père n’est pas là. Sa sœur a faim. Il appelle son père qui s’excuse. Sa course a duré plus de temps que prévu. Mais il va rentrer.

    S’enchainent alors pour les deux enfants des péripéties inattendues et effrayantes pour leur âge d’autant qu’ils sont dans une ville qu’ils ne connaissent pas. Pour faire face, Arthur trouve la force dans son imaginaire et la ville de Shangri-La qu’il a rencontrée dans un de ses jeux vidéo. Une ville où le temps s’est arrêté.

     

    Parue dans la collection Médium de L’école des loisirs, l’histoire imaginée par Patrick Delperdange est angoissante. Une nuit s’écoule qui n’épargnera rien à Arthur. Bien que mûr pour son âge, il n’est pas forcément armé pour traverser ce qui l’attend accompagné d’une fillette naïve et spontanée de 7 ans.

    Le suspense nous entraine de page en page laissant parfois le lecteur dubitatif face à l’inconscience de ce père fantasque. Quant aux autres adultes du récit, ils ne sont pas en reste côté défaillance. Arthur, héros malgré lui, est un personnage lumineux et attachant. Comme souvent dans les romans de cet auteur.

     

    Patrick Delperdange est un écrivain belge, auteur d’une soixantaine de romans. Plutôt connu pour ses romans noirs, il signe aussi des romans jeunesse dont « Comme une bombe » de 1985 et réédité plusieurs fois ou « La beauté Louise » de 2001. Son univers est unique, parfois glauque, parfois pétillant mais toujours dans l’humour… caustique.

    C’est un plaisir de le lire car il ne ressemble à aucun autre. Il est unique.

    Et si vous profitiez de ce mois belge pour le lire ?

     

     

     

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  • Lettres mortes, Tangi & Christian LUne jeune fille, Jodie, vient de perdre la mémoire lors d'un accident de voiture. Son médecin lui suggère de retourner dans son village natal auprès de sa grand-mère, avec qui elle entretenait depuis 5 ans une correspondance régulière, afin de retrouver ses souvenirs…

     

    Mon avis :

     

    J’ai découvert cette bande dessinée dans le cadre de l’opération « Lisez-vous le belge ? ». Tangi, le dessinateur est issu de St Luc et Christian Lallemand est éditeur aux éditions du Tiroir.

    Jodie perd la mémoire lors d’un accident de voiture et son médecin l’envoie dans son village natal auprès de sa grand-mère pour retrouver ses souvenirs. Hélas, la vieille dame décède peu avant son arrivée et Jodie se retrouve livrée à elle-même, dans un village où tout le monde la connait alors qu’elle ne reconnait personne.

     

    Le rythme est agréable et l’enquête que mène Jodie est cadencée par plusieurs péripéties et découvertes que fait la jeune fille. Le scénario explore un panel de sentiments : empathie, amitié, jalousie… et développe des thèmes sérieux sans lourdeur.

    Tangi illustre ce scénario en harmonie avec l’ambiance et ces décors cadrés avec soin sont dynamiques et d’une grande précision. En revanche, je n’ai pas trop apprécié les visages, trop taillés au couteau.

     

    Cette lecture est agréable et le suspens intéressant. La fin est inattendue et m'a plu mais je sais déjà que mes élèves seront dubitatifs. Je pense que je vais leur demander d’imaginer une autre fin.  

     

     

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  • L'ile du crâne, M.L'HERMENIER, C.LEFEVRE, A.HOROWITZDavid Eliott est renvoyé de sa prestigieuse école et ses parents l’envoient à Groosham Grange, réputé pour sa discipline et son unique jour de congé annuel. Dans le train qui l’emmène, il rencontre Jill et Jeffrey qui deviennent ses amis. Ils découvrent une école très particulière avec des professeurs très étranges. Groosham Grange cache un secret que David et ses ami sont déterminés à découvrir.

     

    Mon avis :

     

    Mes élèves de 2e étant de faibles lecteurs, j’ai choisi quelques romans adaptés en bande dessinée pour les encourager à lire. A cette occasion, j’ai découvert l’adaptation de « L’ile du crane » d’Horowitz, sorti en août dernier chez Jungle.

     

    L’histoire est connue. Ce roman est lu par les jeunes depuis trente ans. Son adaptation récente en BD lui donne une nouvelle vie.

    Maxe L’Hermenier au scénario a parfaitement transcrit l’histoire. On y retrouve le style de l’auteur et l’ambiance mystérieuse du lieu. Le premier tome s’arrête à un moment charnière et donne envie de lire la suite.

    J’ai aimé d’emblée la couverture dessinée par Clément Lefèvre, son graphisme et sa couleur. Elle est très belle. J’ai, en revanche, été un peu déçue par les illustrations à l’intérieur.

    Le roman d’Anthony Horowitz est paru en 1988. Dix ans plus tard, JK Rowling a sorti Harry Potter qui s’en est librement inspiré. Je regrette que le graphisme de la BD s’approche beaucoup trop du Poudlard des films. On aurait pu imaginer tout autre chose à la place et rendre un réel hommage à l’imagination d’Anthony Horowitz. D'autant que Clément Lefèvre a le talent pour le faire.
    Sinon, j’ai aimé le rendu de l’ambiance sombre que le roman décrit ; le mystère et l’humour du roman sont respectés de même que les caricatures caustiques des adultes.

    Cette bande dessinée devrait plaire à mes jeunes élèves et les pousser à lire la suite.

     

     

     

     

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  • Tant que fleuriront les citronniers, Zoulfa KATOUHTant que fleuriront les citronniers, il y aura de l'espoir...

    Salama Kassab, 18 ans, avait la vie devant elle, quand la révolution a commencé en Syrie et quand les combats lui ont tout pris : sa famille, son avenir de pharmacienne.
    Il ne lui reste plus que Layla, sa belle-sœur enceinte, et sa conviction de pouvoir aider son pays grâce à son travail bénévole à l'hôpital. Mais elle est tiraillée entre l'envie de se rendre utile, et celle de mettre Layla à l'abri. Au moment où elle se résigne finalement à fuir la Syrie, une rencontre avec un jeune militant plein d'espoir va tout remettre en cause.
     

     

    Mon avis :

     

    Après une lecture qui m’a emmenée au cœur d’Israël, je me suis immergée en Syrie. Le point commun de ces deux lectures est de plonger le lecteur dans un pays gangréné par les conflits, les heurts, où la population paie le prix fort et souffre.

     

    Zoulfa Katouh est canadienne d’origine syrienne et vit actuellement en Suisse. Elle nous présente ici son premier roman aux accents autobiographiques.

    Nous sommes en 2011. Orpheline, Salama vit avec sa belle-sœur Layla, enceinte de 7 mois, à Homs. Son père et son frère ont été jetés en prison pour avoir manifesté contre Bachar Al-Hassad. Quant à sa mère, elle a été tuée dans l’explosion de sa maison. En quelques jours, la vie de cette famille heureuse et de cette jeune fille pleine de vie a basculé.

    Etudiante en pharmacie, elle travaille à l’hôpital bénévolement et soigne, réconforte, opère aux côtés du Dr Ziad. Les blessés affluent. Elle y rencontre Kenan venu faire soigner sa sœur. Ce jeune homme n’a de cesse de faire connaitre la situation en Syrie en postant, au péril de sa vie, des vidéos sur les réseaux sociaux.

    A travers ces deux jeunes gens et leurs proches, l’auteur pose une question primordiale en temps de guerre : doit-on fuir pour sauver sa vie ou rester pour sauver celles des autres ?

     

    J’ai vraiment apprécié ce roman jeunesse bouleversant qui nous fait partager le quotidien violent de la population syrienne lors du Printemps arabe. Les nombreux rebondissements dynamisent l’intrigue et accroissent les tensions déjà présentes intrinsèquement. Le contexte historique est finement rendu et outre la peur, l’incertitude et le deuil l’auteur met également en évidence la résistance et l’abnégation des Syriens. Tout est décrit avec justesse et permet au lecteur de mieux comprendre ce qui motive les Syriens à fuir leur pays.

    Une lecture nécessaire mais douloureuse, mieux vaut le savoir.

     

    Merci aux éditions Nathan et à Babelio pour cet envoi.

     

     

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  • Une ile lointaine, Frank ANDRIATDu haut de ses quinze ans, Valentin a des projets plein la tête, une famille formidable et Apollon, le chien qui a grandi avec lui. Son confident, son frère.

    Mais tout comme son grand-père adoré, Apollon décline dangereusement. Comment admettre que l’on peut perdre ceux qu’on aime lorsque la vieillesse n’est encore qu’un ile lointaine ?

     

    Mon avis :

     

    Quand on a 15 ans et la vie devant soi, comment vivre la vieillesse de ses proches et admettre que l’on peut les perdre ? C’est ce qui arrive à Valentin. Son compagnon de toujours, son chien Apollon s’affaiblit. A 13 ans, il n’a plus la fougue d’autrefois et décline lentement. Lui, le confident de Valentin, qui semble tout comprendre devient vieux et cela attriste le jeune garçon.

    D’autre part, son grand-père voit une maladie dégénérescente le clouer au fauteuil et le faire chuter de plus en plus souvent. Il n’a pourtant que 75 ans. Lui qui fut un marathonien reconnu est épuisé par 500 mètres de marche avec son déambulateur. L’adolescent lui rend visite le plus souvent possible ; pour soulager sa grand-mère d’abord, parce qu’il a conscience que ses jours sont comptés ensuite.

    Cependant il y a aussi des moments heureux dans sa vie : les soirées passées en famille avec ses parents, l’optimisme joyeux de son père, la douceur de sa mère et Marta ! Marta qui fait battre son cœur et dont il rêve en secret.

     

    Malgré le thème abordé par ce roman, Franck Andriat ne tombe jamais dans le pathos. Bien que de nombreux passages soient émouvants, ils sont contrebalancés par des moments d’humour qui rendent la lecture très agréable.

    J’ai aussi aimé le fait que Valentin en soit le narrateur et qu’il se confie à Apollon, dynamisant ce récit intimiste.

    Un roman jeunesse, sensible, tendre et humain, qui m’a beaucoup plu. Je l’ai ajouté aux lectures de cette année.

     

     

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  • Une nuit de mon enfance, Gaël AYMONLorsqu’elle avait 6 ans, Aurore a provoqué un horrible accident. À 17 ans, incapable de dépasser sa culpabilité et d’affronter la vie, elle décide de retrouver Trevor, lié comme elle à ce drame et au lac de son enfance. Mais elle découvre de terribles secrets. Que s’est-il réellement passé cette nuit-là ? 

     

    Mon avis :

     

    Dès le début, on sait qu’un événement a bouleversé l’enfance et la vie d’Aurore, au point de la brouiller avec sa famille. Cet événement a fortement influencé son estime d’elle-même et l’a amenée à quitter l’école assez tôt. La vie « parfaite » de sa sœur la renvoie sans cesse à sa faute et à l’échec de sa vie. Elle l’évite donc depuis des années.

    Le retour dans sa vie d’un ami d’enfance va la replonger dans des souvenirs qu’elle voudrait oublier.

     

    Les chapitres alternent entre présent et passé. J’ai apprécié les implicites de ce récit qui amènent le jeune lecteur à émettre des hypothèses et à tenter de comprendre ce qui a bouleversé la vie de la jeune Aurore. La psychologie du personnage est réfléchie et donne de la profondeur au personnage et si les autres ne sont qu’esquissés c’est justement pour mettre Aurore en lumière et comprendre tout le processus par lequel elle est passée après l’incident.

    Les thèmes abordés sont douloureux et il faudra armer les élèves pour qu’ils puissent s’y confronter. On ne sait jamais ce que nos élèves ont vécu dans leur vie privée et cela pourrait être difficile à lire pour certains. Mais je suis sûre que cela leur permettra de s’identifier et peut-être d’oser en parler avec les adultes du CPMS.

    Il est beaucoup question de musique classique dans ce roman et Gaël Aymon recense tous les titres cités à la fin du livre. J’ai apprécié et j’espère que cela amènera certains jeunes à être curieux.

     

    Ce thriller psychologique, sans grande surprise ou rebondissement, met en exergue la culpabilité et le poids des secrets qui influencent et façonnent une vie. Il parle aussi du manque d’empathie ou de compréhension de l’entourage qui n’a rien fait pour aider une enfant de 6 ans à rebondir après le drame et soigner sa culpabilité. Certes, la vie de la famille entière a été impactée mais peut-on en rejeter toute la faute sur une enfant ? Une réflexion intéressante à mener en classe.

     

    Merci à Gaël Aymon et à Babelio pour cette découverte. Le roman sort le 3 juillet.

     

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