• Outrageusement romantique, Manu CAUSSE« Je n’oublierai jamais l’instant où sur le chemin de la plage, nos regards se sont croisés. Un choc, un cataclysme, j’en suis resté le souffle coupé. »

     

    Mon avis :

     

    Un nouveau titre vient enrichir la collection « Court Toujours » de Nathan. Cette fois, j’ai choisi d’écouter la version audio.

     

    Le narrateur, un adolescent, se souvient de ses souvenirs d’enfance à la mer. Il aimait alors sauter dans les vagues, jouer des heures au Monopoly ou manger des glaces les jours de pluie. Mais maintenant qu’il est adolescent, il voudrait des vacances différentes, des parents moins présents, plus compréhensifs aussi et moins lourds. Les vacances en famille lui deviennent insupportables.

    Un jour, il aperçoit une ravissante jeune fille à la fenêtre d’une villa et, distrait, se prend les pieds dans une racine de pin. La propriétaire de la villa, médecin, lui propose d’entrer pour soigner sa cheville blessée. Il fait alors la connaissance de Louise et son été va prendre une autre tournure.

     

    Je m’en voudrais de déflorer l’histoire et vous en racontant trop. J’ai beaucoup aimé ce récit, les réflexions du narrateur sur les vacances en famille, sa rencontre avec Louise et sa perception des choses. Un récit qui m’a touché sur les premiers émois, les relations familiales, l’adolescence… et qui n’est pas du tout ce qu’on pourrait attendre au départ.

     

    J’ai commencé la version audio pour changer. Je précise qu’en général, je ne suis pas fan des audiolivres. Ici, Elodie Hubert lit le texte avec lenteur et expression. Elle lit bien, posément mais très vite cela m’a insupporté. D’abord parce que c’est dommage qu’on n’ait pas choisi une voix masculine pour un narrateur adolescent. Ensuite parce que, selon moi, le ton est trop doux, trop en retenue alors qu’on sent la révolte sourdre en lui. Bref, cela ne collait pas à ce que j’imaginais en lisant et j’ai abandonné la version audio pour poursuivre la lecture seule.

    Cela n’en reste pas moins un très bon support pour les élèves en difficulté de lecture ou les jeunes malvoyants. Je suis consciente du plus apporté par cette collection que j’ai fait découvrir à mes élèves et qu’ils apprécient.

     

    Un récit très intéressant qui conviendrait à merveille pour un travail en classe et que je conseille aux lecteurs dès 13 ans.

     


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  • Témoins à abattre, Olivier GRAYAlors qu’ils font du vélo en montagne, Yan et Pauline sont témoins d’un meurtre. Pris en chasse par les tueurs, ils parviennent de justesse à s’échapper.  

     

    Mon avis :

     

    La collection « Flash Fiction » de Rageot propose des romans courts rédigés par de écrivains confirmés pour des lecteurs dyslexiques. Ecrits avec une syntaxe simple et un vocabulaire compréhensible par chacun, ils conviennent aussi aux lecteurs débutants. Le papier jaune sur lequel ils sont imprimés et la police de caractère ont aussi été choisis pour faciliter la lecture de tous.

     

    Le roman d’Olivier Gay est un thriller mettant en scène deux enfants. Alors qu’ils sont en week-end à la montagne avec leur classe, Yan et Pauline décident de quitter le groupe pour réaliser une balade en VTT plus aventureuse que celle que le prof a prévue. Ils ne savent pas encore qu’ils seront témoins d’un meurtre.

     

    Même l’invraisemblable devient plausible sous la plume d’Olivier Gay. Cette histoire trépidante et dynamique, mettant en scène deux enfants débrouillards et intrépides plaira à tous. Dès leur décision de quitter le groupe, on sait que quelque chose va arriver et un sentiment d’urgence ne cesse de croitre tout au long de la lecture. Une belle façon de donner envie aux lecteurs les plus faibles de continuer à lire pour découvrir le fin mot de l’histoire.

     

     


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  • La musique des âmes, Sylvie ALLOUCHEAvant, le père de Simon était un luthier renommé, son atelier ne désemplissait pas. Puis il y a eu la guerre, l’occupation et le mot juif placardé en travers de sa vitrine. Alors Simon s’est fait la promesse : il composera une œuvre avec le violon que son père lui fabrique, pour lui dire tout son amour et son admiration. Un après-midi, Matthias, son meilleur ami, trouve l’atelier vide : la famille de Simon a disparu.

     

    Mon avis :

     

    Avec beaucoup de délicatesse, Sylvie Allouche raconte une des périodes les plus sombres de l’Histoire : les discriminations imposées aux juifs, les humiliations, les rafles.

    Avec des mots sensibles et simples, elle raconte aux enfants de 2021, comment vivaient les enfants de leur âge en 1942. Entre privations, restrictions, peur, débrouille, menaces… ils tentent de vivre comme des enfants mais sont déjà emplis de questions et de préoccupations d’adultes. Malgré tout, Simon et Matthias vont rester amis, s’épauler, partager les bons et les moins bons moments, se donnant la force de résister à tout ce qui les entoure. Mais les hommes sont décidément violents et lâches envers leurs prochains.

     

    Sylvie Allouche établit un parallèle entre les âmes humaines, le souffle, l’essence invisible de chaque être, et l’âme d’un violon, cette fine baguette coincée entre la table d’harmonie et le fond, sans laquelle le son ne sortirait pas pur et clair et rendrait l’instrument fragile. Comment ne pas penser à toutes ces âmes mortes en 40-45 ? Simon devient l’instrument qui, avec son violon, fera s’élever la musique vers ces âmes pour leur permettre de n’être pas oubliées et de reposer en paix.

    Un beau moment d’émotion, même pour nous les grands.

     

    A la fin du roman, l’auteure retrace les grandes lignes de l’Occupation à Paris. Comme elle le dit dans l’exergue, même si les personnages sont fictifs, les événement sont malheureusement vrais.

    Paru en 2006, ce court roman jeunesse vient d’être republié chez Syros dans la collection Tempo. Il s’adresse aux enfants dès 9-10 ans. Dans un an, on célèbrera le 80e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv et ce récit est parfaitement adapté pour l’expliquer aux enfants.

     

    Merci aux éditions Syros pour cet envoi, ce roman d’une auteur que j’affectionne particulièrement.

     

     

     


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  • Chère Madame ma grand-mère, Elisabeth BRAMI« Vous ne me connaissez pas mais j’ai décidé de vous écrire quand même. »

    Je m’appelle Olivia et j’ai douze ans et demi. J’ai trouvé votre nom en fouillant dans les papiers de ma mère. Je sais, ce n’est pas bien, mais est-ce que c’est bien de cacher la vérité aux enfants, de garder des secrets ?

     

    Mon avis :

     

    Publié en 2008, ce roman a été republié en 2020 par les éditions Nathan, dans la collection Dyscool. Cette version adaptée du best seller d’Elisabeth Brami est conçue par une équipe d’orthophonistes pour permettre aux élèves en difficulté de jouir de la lecture comme les autres.

    Olivia, 12 ans, habite seule avec sa mère. Elle ne sait pas grand-chose de sa naissance et de son père et ce secret de famille lui pèse. Elle décide d’entamer une correspondance avec Madame barrois, dont elle a trouvé le nom en fouillant dans les affaires de sa mère. Peut-être en sait-elle plus sur son père ?

     

    Ce récit de 90 pages, écrit en grands caractères et avec un interligne double, permet vraiment de déchiffrer facilement les phrases et de comprendre leur sens. Des sons complexes ou pouvant être confondus sont écrits en bleu et non en noir et le vocabulaire moins courant est expliqué en bas de page. Tout concoure à faciliter la lecture et la compréhension.

     

    J’ai bien aimé cette histoire sensible et touchante. Elisabeth Brami a trouvé les mots justes pour transmettre les émotions qui naissent de cet échange épistolaire. On perçoit la souffrance d’Olivia à la suite des zones d’ombre de son histoire personnelle et l’agacement de l’adulte qui lui répond de mauvaise grâce.

    En peu de pages, ce roman épistolaire aborde les secrets de famille, la recherche de ses origines et les relations intergénérationnelles. Agrémenté d’illustrations noir et blanc de Carole Gourrat, le texte est mis en valeur par ces dessins qui complètent parfaitement les émotions ressenties par les deux protagonistes

    Ce court récit permet donc des exploitations diverses en classe : thèmes, genre, analyse du rapport texte-dessins, évolution de l’attitude des personnages… et même d’imaginer d’autres lettres, une suite ou une fin à ce récit.

     

    Un sympathique récit à lire dès 10 ans.

     

     


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  • Le royaume de Minuit, Max DUCOSAchille est élèves à l’école des Bois profonds. Une école extraordinaire à plus d’un titre : elle a été conçue par le grand architecte Jean Prouvé et accueille des enfants pas comme les autres… Achille, lui, se distingue par son goût prononcé pour les bêtises. Et ce soir-là, après une énième punition, il décide de se laisser enfermer pour la nuit… Cette fois, enfin, l’école est à lui !

     

    Mon avis :

     

    J’ai découvert Max Ducos avec « Jeu de piste à Volubilis » et c’est avec plaisir que je viens de lire « Le royaume de minuit ».

    Achille a une imagination débridée quand il s’agit de faire des bêtises. Toujours prêt à réaliser un coup pendable, ce trublion joue avec les limites de l’autorité et se retrouve souvent puni, à l’écart, dans une autre pièce. Ce jour-là, on l’oublie et le soir est tombé quand il en sort. L’école est vide et toute à lui. Quelle est la première pièce que vous visiteriez à sa place ? Le bureau du directeur pardi ! Mais là, se trouve déjà Massimo, le fils de ce dernier qu’il a tendance à moquer. Celui-ci timide et replet est tout son opposé. Mais une balade nocturne va les rapprocher.

    Ce récit est un trésor d’imagination ! Amusante, originale et riche en trouvailles, c’est une actualisation des aventures de Don Quichotte. L’école, imposant bâtiment niché au fond des bois, se métamorphose en royaume de toutes les fantaisies. Chaque salle de classe devient le décor d’une aventure nouvelle et même la forêt qui cache un monstre terrifiant appelle ces téméraires chevaliers. Cette nuit pleine d’audace changera pour toujours ces deux garçons.

    Max Ducos, ce diplômé des Arts déco a, une fois de plus, soigné les dessins et y a glissé des références picturales et culturelles comme à son habitude : Achille prenant une pose impériale tel Napoléon ou défilant couronné comme Max des Maximontres, Achille se battant avec un squelette comme Peter Pan… L’auteur rend également un bel hommage à Jean Prouvé en s’inspirant de son design pour le mobilier de l’école et l’architecture du bâtiment.

    Vraiment, si vous ne connaissez pas Max Ducos, il vous faut le découvrir au plus vite. Ses récits sur l’enfance sont poétiques, tendres et tellement authentiques. Tous les jeux qu’inventent les deux héros sont criants de vérité. Chaque objet du quotidien devient, grâce à leur imagination, une épée, un bijou, un trésor… On s’y croirait.

    Petits et grands trouveront beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire puis à y revenir pour mieux observer les planches et les détails qu’elles renferment. Ne passez pas à côté.

     


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  • Le pire concert de l'histoire du rock, Manu CAUSSESurtout ne pas se faire remarquer, être transparent au collège, pour les profs, pour les autres élèves, ça il savait bien le faire Jean-Sébastien Leforestier. Maintenant qu'il habite une petite ville c'est fini, ici tout le monde se connaît, son secret est dévoilé. Pianiste classique, il ne vit que pour sa passion. Contrairement à ce qu'il pensait (ah les préjugés !), non seulement personne ne se moque de lui, mais le voilà recruté dans un improbable groupe de rock très très amateur. 

     

    Mon avis :

     

    Ce court roman rédigé à la 1re personne m’a fait sourire d’un bout à l’autre.

    Dans son collège parisien, Jean-Sébastien a réussi à passer inaperçu. Ses notes sont correctes sans plus avec 12,5 de moyenne si bien que, pour les profs et élèves, il est transparent. La plupart ne connaissent même pas son nom. Mais quand il arrive dans son nouveau collège et que la prof de musique lui demande de jouer un morceau au piano, il devient le centre d’intérêt. Repéré par les durs du collège, il s’attend à passer un sale quart d’heure. Mais ceux-ci lui demandent seulement d’intégrer leur groupe de rock amateur. Pour Jean-Sébastien, c’est pire que la raclée qu’il redoutait.

     

    Cet adolescent atypique, sérieux, mélomane dans une famille de mélomanes, est en décalage par rapport aux autres. Que ce soient ses copains de classe ou les jeunes lecteurs qui découvriront ses aventures. Mais il vit des expériences scolaires universelles, des relations sociales difficiles et la découverte d’une musique dont il ne connaissait rien. Et cela rend les situations particulièrement drôles, comme la traversée du pré aux poulets, ses perceptions des dons musicaux de l’orchestre ou les conditions de préparation du concert.

     

    Ce roman initiatique n’est pas seulement humoristique. Il parle aussi de tolérance, d’ouverture d’esprit, de découvertes musicales et de rencontres au-delà des préjugés. Au final, il aura grandi, changé et se sera trouvé des amis, lui le solitaire.

    Un roman a proposé à tous les adolescents et notamment les faibles lecteurs qui ne seront pas rebutés par le nombre de pages et prendront plaisir à lire cette histoire pleine de vie.

     

     

     

     

     


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  • Les Pas perdus du Paradis, Catherine DESCHEPPERNathan a seize ans. Un cerveau un peu trop encombrant, des amis triés sur le volet, des parents qui se disputent tout le temps, une grand-mère un peu dingue et une amoureuse qui a fui l’Erythrée.

    Nathan a seize ans et son univers s’écroule, un soir de pluie (les drames arrivent toujours les soirs de pluie), quand il apprend tout à la fois que Saïma a décidé de partir en « Youké » et que les fantaisies de sa grand-mère vont la condamner à la séniorie. L’une n’a plus d’endroit où loger, l’autre ne peut plus vivre seule dans sa petite maison de la rue du Paradis. La solution semble toute trouvée... 

     

    Mon avis :

     

    Catherine Deschepper nous propose ici son premier roman paru aux éditions de Beauvilliers. C’est un jeune nom de la littérature belge mais peut-être l’avez-vous lue chez Quadrature où elle a publié deux recueils de nouvelles dont « Bruxelles à contrejour » illustrées par de jolies photos de Martine Henry.

     

    « Les Pas perdus du Paradis » est un roman jeunesse qui vaut vraiment la peine d’être découvert. La couverture n’est pas très attirante pour un lecteur adolescent. Mais je suis sûre que son contenu le sera : un premier amour contrarié, des amis sur qui on peut compter ainsi qu'un plaidoyer pour une meilleure prise en charge des migrants et une mise en lumière des affres de la maladie d’Alzheimer. Le récit raconte un an de la vie de Nathan, Saïma, Mamynou et leur entourage. Un an qui va bouleverser chacun : faire grandir les ados et aider à vivre les adultes.

    Dans la littérature jeunesse, ce sont des thèmes déjà abordés mais l’angle de l’auteure est ici très différent. Elle ne nous parle pas seulement des migrants ou de la maladie d’Alzheimer mais met les deux en lien avec d’autres et décrit les interactions, les influences des situations des uns sur la vie des autres. Et le titre prend alors un autre sens.

     

    J’ai aimé les portraits croisés des protagonistes de l’histoire et les émotions multiples qui se nouent entre eux. Le ton est juste d’un bout à l’autre, les réactions vraies et le rythme dynamique. Trois qualités essentielles pour un roman jeunesse, selon moi. Faire rire et sourire avec des thèmes aussi durs n’est pas évident mais Catherine Deschepper y parvient avec subtilité. La structure du récit épouse les saisons tout en créant des liens entre elles et les sentiments de chacun, les unes influençant les autres. La plume de l’auteure est vive et alerte, teintée d’humour et la description des ambiances et des personnages est le fruit d’une observation très fine.

     

    Pour les enseignants, j’ajouterai que ce roman ne compte que 167 pages et qu’il se lit aisément. Il est abordable dès la 3e selon moi, les élèves ayant l’âge des jeunes héros du récit. Les exploitations possibles de l’œuvre sont nombreuses et une venue de l’auteure en classe devrait être possible en Belgique (mais je m’avance un peu).

     

    Bref, je ne peux que vous conseiller ce roman intelligent, tendre et vrai.

     


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