• Après la chute, Marie LeymarieLe diagnostic du médecin est sans appel. Après sa chute aux barres, Lilou doit arrêter l’entraînement de gym pendant deux mois au moins. La jeune fille est sous le choc. Le sport de compétition occupe toute sa vie.

    Elle a seize ans, les JO ont lieu dans quatre mois, il n’y aura pas d’autre chance. Ce corps qu’elle entraine sans relâche depuis l’enfance, qui ne l’a jamais trahie, elle va lui demander, encore une fois, l’impossible.

     

    Mon avis :

     

    J’ai lu ce roman pendant les Jeux olympiques ce qui a mis en perspective les propos tenus dans ce récit. Gymnaste dans sa jeunesse, l’auteure sait de quoi elle parle et s’est particulièrement documentée en lisant les biographies de grandes sportives comme Nadia Comaneci, Carole Micheli ou Simone Biles. Cela donne à l’histoire des accents de vérité même si les personnages sont fictifs.

     

    Lilou a tout sacrifié à sa passion. A onze ans, elle a quitté la maison familiale pour un prestigieux centre de formation à Toulon, elle a rejoint l’équipe de France et s’est entrainée des heures et des heures pour être à la hauteur des attentes de ses parents, de ses coachs et des siennes. Mais quand elle se blesse et doit renoncer au sport, Lilou perd pied. Elle refuse de croire que son cerveau lui envoie un signal et contraint son corps à guérir pour donner encore et toujours le meilleur.

     

    J’ai beaucoup apprécié ce récit qui permet aux jeunes de prendre conscience des sacrifices endurés par les athlètes dont on ne voit que les exploits à la télévision. Personne ne met l’accent sur les années de préparation intensive pour quelques minutes aux JO, ni la pression de l’entourage ou le besoin physique et mental qu’ont les athlètes de donner le meilleur et d’être reconnus.

    Au moment où Simone Biles osait reconnaitre qu’elle craquait et n’était plus capable de supporter la pression, que son mental n’était plus en phase avec son corps, ce roman faisait écho à toute cette souffrance, à la peur de l’échec et à la question inévitable de savoir que faire d’autres de sa vie.

     

    J’ai trouvé la personnalité de Lilou intéressante et sa famille atypique également. Dans cette famille, chacun croit savoir ce qui est bon pour les autres et personne ne s’écoute réellement. Chacun refuse aussi de se poser les bonnes questions car cela pourrait remettre en cause un équilibre fragile. C’est très bien amené et beaucoup de jeunes s’y reconnaitront dans un ou l’autre aspect. Le sport est omniprésent mais il est aussi le prétexte à une réflexion plus profonde.

    Un roman intéressant à proposer aux jeunes dès 12 ans.

    Merci aux éditions Syros pour cet envoi. Le roman paraitra le 9 septembre.

     

     

     


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  • MOXIE, Jennifer MATHIEUVivian Carter, 16 ans, en a marre.

    Marre que l'équipe de foot de son lycée se croie tout permis.

    Marre qu'on impose des règles vestimentaires aux filles, mais jamais aux garçons.

    Marre du sexisme dans les couloirs du bahut et des profs qui ferment les yeux.

    Plus que tout, Vivian en a marre qu'on lui dise qui elle doit être.

    Vivian Carter dit STOP.

     

    Mon avis :

     

    Vivian a 16 ans et est dans un lycée américain « classique » : avec ses BG sportifs, machos sexistes, ses pompom girls, ses clans… A l’arrivée d’une nouvelle élève, cible des remarques acerbes du capitaine de l’équipe de football, elle décide de réagir. Quand une liste parait qui classifie les filles selon leur physique, Vivian passe à l’action. Elle publie un journal anonyme intitulé Moxie qui pousse les filles à se rebeller contre la situation et à s'unir pour faire bouger les choses.

     

    J’ai beaucoup apprécié les propos tenus dans cette histoire. Partant de faits avérés, l’auteure, professeur d'anglais au lycée, relate des situations de la vie quotidienne, les petits vexations que vivent les filles, le sexisme ordinaire et l’indifférence des enseignants. Elle parvient aussi à éviter les clichés en faisant de Vivian une étudiante comme les autres et non une passionaria. Elle lutte à son niveau, avec ses moyens et son intelligence, sans violence et sans mettre tous les garçons dans le même sac. Son combat c’est le respect de tous et l’égalité filles-garçons. Dans ce lycée texan, il est plus que temps que la solidarité des filles se mettent en place pour faire changer les mentalités.

     

    On est loin de la violence de certaines actions médiatisées mais en plein dans l’actualité. En effet, je terminais cette lecture quand un journaliste sportif flamand a insulté l’équipe féminine de basket belge revenant des JO, les trouvant trop peu féminines pour être hétéro. Non mais sérieux, quel rapport avec leurs performances ? Et pourquoi ces réflexions obscènes qu’on ne se permettrait pas envers des hommes ?

     

    Même si les filles risquent d’être plus sensibles au propos, je pense que ce roman est à donner à lire aux filles comme aux garçons pour amorcer un débat de société et permettre aux uns et aux autres de s’exprimer sur le sujet et sur le respect dû à tous.

    A lire dès 14 ans.

     


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  • Salle de classe, Florence AUBRYQu’ont-ils fait, tous, tous les élèves de 3 

    A, à cette prof, Stella Godin ? Jeune, passionnée, heureuse. C’est ce qu’elle était avant de pénétrer dans leur salle de classe. Ils sont allés trop loin.

     

    Mon avis

     

    Avec « Salle de classe », l’auteure de « Biture Express » nous offre à nouveau un roman troublant et fort. Florence Aubry nous plonge dans le quotidien scolaire de deux personnages. D’une part Stella Godin, fraîchement diplômée de l’ENA et qui se voit confier son premier poste en collège et d’autre part, Manou, élève de 3A, une de ses classes.

    De septembre à juin, nous suivons l’évolution de la relation entre Florence, prof d’histoire-géo, et ses élèves. De très bons moments vécus en 6e et 5e, des tensions à supporter en 3e.

    La force du roman est l’alternance entre les pensées de la prof et celles d’une de ses élèves. Cela permet de comprendre les raisons de l’attitude frondeuse des étudiants, les relations qui sous-tendent la classe… On voit l’enseignante passer de l’enthousiasme du début, au découragement, cherchant ce qu’elle fait mal, ce qui cause leur attitude et ne trouvant pas de sortie possible.

    Le récit est très fidèle à la réalité, ne diabolisant rien ni personne, n’accusant personne mais présentant une situation lambda, sans exagération ou angélisme, renvoyant chacun face à ses responsabilités. On ne peut s’empêcher de se dire « et si Stella avait dit… », « Stella devrait faire… », « Manou aurait dû… » et c’est ce qui rend le récit intéressant. Profs et élèves s’y reconnaitront et une discussion riche pourrait s’engager en classe à la suite de cette lecture. Chaque prof a été élève un jour, chaque élève a connu ce genre de situation et peut témoigner du rôle qu’il a joué. Chaque enseignant a connu, personnellement ou autour de lui, de telles attitudes. Comment a-t-il réagi ? Qu’a-t-il fait ?

     

    Un roman jeunesse qui sent la rentrée et présente des thèmes actuels comme le harcèlement, les réseaux sociaux, le milieu scolaire, la manipulation. Un roman à faire lire dès 14 ans.

    Merci aux éditions Mijade pour cet envoi.


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  • Sorry, Bart MOEYAERTBianca.

    Un petit frère malade. Une mère débordée. Un père absent. Une belle-mère bien trop jeune. Heureusement, il y a la série télévisée avec Billie, l’actrice fétiche de Bianca. Et le temps d’un après-midi, une rencontre inespérée…

     

    Mon avis :

     

    Bianca est une ado mal dans sa peau, qui se sent oubliée face à l’attention portée à son petit frère malade et incomprise par ses parents. D’ailleurs, bien que divorcés, ils sont d’accord pour la trouver « ingérable ». Blessée, elle fuit la maison alors que son frère de 9 ans accueille un copain qui vient jouer avec lui. En rentrant, elle se rend compte que la mère du copain n’est autre que Billie King, son actrice préférée de la sitcom qu’elle suit avec attention. Une rencontre qui vient illuminer un peu son quotidien.

    Bianca est constamment dans la retenue et la maitrise d’elle-même. Elle s’interdit de montrer la moindre émotion et pourtant cela bouillonne en elle. Elle souffre vraiment du manque d’attention de sa mère et se réfugie dans une espace rien qu’à elle ce qui a l’art de l’irriter encore plus. La présence de l’actrice amène Bianca à comparer sa vie à celle du personnage que Billie interprète. La jeune fille se montre particulièrement perspicace et lucide dans cet exercice.

     

    C’est la première fois que je lis cet auteur brugeois de littérature jeunesse. Son premier roman « Duo avec fausses notes » est un classique de la littérature néerlandaise et il est très connu au nord du pays.

    J’ignore si cela vient de la traduction, qui trahit toujours un peu l’auteur, ou de son style fait de phrases courtes, d’ellipses et de suggestions ou encore de l’unité de lieu et de temps de cette histoire, mais j’ai eu des difficultés à goûter cette histoire où il se passe finalement peu de choses.

    L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

     

     


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  • Rafale sur la toile, Audrey UBAGSSuite à un déménagement, une adolescente arrive dans une nouvelle école. Malgré ses craintes, elle se lie rapidement avec une autre nouvelle élève de sa classe, Lindsay. Très vite, les deux jeunes filles vont tisser un lien fusionnel et se confier l’une à l’autre. Mais la malveillance de certains et les rumeurs auront des conséquences sur leur amitié.

     

    Mon avis :

     

    La narratrice grandit au sein d’une famille dysfonctionnelle, entre une mère dépressive et une grand-mère âgée. Peu liante, elle est surprise de trouver rapidement une amie attentive et à l’écoute. Brune, ronde et peu sûre d’elle elle s’étonne d’intéresser Lindsay, blonde, jolie et rayonnante. Grâce à son journal, on suit la naissance de leur amitié, les petites joies quotidiennes et les aléas de la vie.

     

    Ce très court roman, destiné aux jeunes de 12-13 ans aborde la difficulté des relations à cet âge, la force des sentiments, les rumeurs, jalousies, moqueries et le harcèlement qui en découle sur les réseaux sociaux.

    La forme épistolaire permet à l’auteure d’aller à l’essentiel et donne un rythme énergique au récit. La narratrice confie à son journal ses émotions, sa vie, ses coups de blues et les trahisons dont elle est victime. On découvre son évolution psychologique, physique, ses réflexions sur la vie et la détresse dans laquelle elle finira par se retrouver.

    Malgré ses 140 pages à peine, c’est un livre dur mais essentiel. L’auteure liégeoise, Audrey Ubags est enseignante. Très sensible au problème du harcèlement pour lequel elle se mobilise, elle a écrit ce roman pour ses élèves. Il devrait d’ailleurs être donné à lire dans toutes les écoles pour sensibiliser les jeunes au harcèlement, aux dangers des réseaux sociaux et libérer la parole.

    En complément de la lecture, une série de morceaux musicaux dont parlent les deux amies sont disponibles sur l’application Soundcloud et accompagnent agréablement la lecture.

    Ce roman autoédité est vraiment une perle et je ne peux que vous encourager à la curiosité. Il en vaut vraiment la peine.

     

     


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  • Fondue au noir, Hervé JUBERTLola ne parle plus depuis ses dix ans et les médecins ignorent pourquoi. Ca ne l’empêche pas de se faire très vite repérer comme le talent prometteur de sa classe de seconde pro cuisine. Les six apprentis de la brigade sont coachés par Le Bosco, une cheffe renommée et imprévisible. Quand elle leur apprend que seuls deux d’entre eux participeront à l’émission Sur le gril ! spéciale Apprentis, l’ambiance se tend. Dangereusement.

     

    Mon avis :

     

    Lors du confinement, Lola découvre les plaisirs de la cuisine, elle dont les parents ne cuisinent jamais. Malgré le fait qu’elle a arrêté de parler à dix, elle pense avoir ses chances et décide de passer l’examen d’entrée au Lycée Suzanne Bonneval, prestigieuse école de cuisine du Périgord noir. Et elle est admise ainsi que cinq autres jeunes de son âge, tous aussi différents qu’on peut l’être. Il va falloir trouver sa place et faire équipe au sein de leur brigade. Et comme dans toutes les classes, il y aura des atomes crochus entre certains et des animosités plus ou moins vives.

     

    Ce récit sans prétention et ancré dans l’univers des apprentissages culinaires raconte l’année scolaire de Lola en faisant la part belle à la cuisine, aux produits du terroir et à la région qui lui sert de cadre. On y découvre des recettes, des spécialités culinaires, l’histoire géologique et historique du Périgord noir, le tout sur fond de suspens. En effet, entre le vol d’une truffe d’exception, la sélection des candidats qui participeront à une célèbre émission culinaire télévisée et les vicissitudes de la vie scolaire, les rebondissements seront nombreux.

     

    Agréable à lire, à la structure linéaire et au vocabulaire culinaire pointu, « Fondue au noir » intéressera les adolescents amateurs de suspens et d’émissions gastronomiques ou ceux qui veulent découvrir ce milieu. Entre « Ici tout commence » et « Top chef », ce roman devrait attirer les jeunes dès 14-15 ans.

    Merci aux éditions Syros pour cet envoi. Sortie prévue le 3 juin prochain.

     

     

     

     

     


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  • Le doux murmure du tueur, Nadine MONFILSJack a 15 ans. Il vit un amour dévorant pour Nina, mignonne petite rouquine au sourire ravageur, un brin pimbêche. Mais quand il a fait une tentative d'approche, celle-ci l'a rabroué. Elle lui préfère un mystérieux inconnu. Jack reste obnubilé par Nina. Plus encore depuis qu'il a ouvert le funeste livre noir confié par une voisine un peu sorcière. Ce livre souffle à ses lecteurs les drames futurs... Jack a ainsi eu la vision de Nina, portant des ballerines rouges, morte étranglée par un ruban rouge. Simple délire d'un amoureux éconduit ou prémonition ? Son trouble augmente encore lorsque Nina arrive à l'école avec de nouvelles ballerines rouges. Comment arrêter le tueur ? 

     

    Mon avis :

     

    Un très bon roman jeunesse aujourd’hui, écrit par Nadine Monfils, auteure prolifique qu’on ne présente plus. Entre enquête et fantastique, elle nous emmène dans une aventure où amitié, amour et prémonitions le disputent à un mystère que Jack fera tout pour élucider.

     

    Dans la vie de Jack, rien ne semble tourner comme il faut. Orphelin d’une mère qui ne s’est jamais beaucoup intéressée à ses enfants, un père très pris par son travail et avec lequel il n’a pas beaucoup d’atome crochu, Jack est plutôt solitaire. Sa seule raison de vivre, c’est Nina dont il est amoureux mais qui ne s’intéresse pas du tout à lui. Le jour où Louise, sa vieille voisine, lui confie un grimoire magique capable de montrer le futur, la vie de Jack va être chamboulée définitivement. Il n’aura de cesse de comprendre ce que ce rêve prémonitoire signifie et ce qu’il peut faire pour empêcher le drame annoncé.

     

    Une fois encore, Nadine Monfils nous prouve que son imagination est sans limite. Mêlant habilement rêve et réalité, fantasme et cauchemar éveillé, elle nous conduit au cœur d’une recherche de la vérité. Propulsé dans le monde des ténèbres, Jack doute de tout et de tous, s’interroge, met en lien ce qu’il découvre pour éviter qu’un drame ne se joue.

    Mené tambour battant, rythmé par de très courts chapitres qui alternent les points de vue narratifs, ce roman se lit en quelques heures à peine. Tenu en haleine jusqu’au bout, le lecteur est emporté dans un tourbillon qui le pousse à imaginer plusieurs suspects. Mais de fausses pistes en révélations, il faudra attendre les dernières pages pour que la vérité éclate. Brillant !

    Un roman original, à la croisée des genres et mettant en lumière les relations toxiques, la manipulation et les apparences trompeuses. A lire dès 15 ans.

     

    Le doux murmure du tueur, Nadine MONFILS4e 

     Merci aux éditions Mijade pour cet envoi !

     


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