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    Le rêve de Mademoiselle Papillon, A.CARDYN & J.ARNALEn 2020, Alia Cardyn publiait « Mademoiselle Papillon », l’histoire de Gabrielle, une infirmière, inspirée de celle de Thérèse Papillon, devenue Juste parmi les Nations après une vie consacrée aux enfants. Ce roman fut un vrai succès.

    En février 2022, parait « Le rêve de Mademoiselle Papillon », un album adapté aux enfants et à ceux qui le sont restés où l’auteure raconte les grands moments de l’histoire, joliment mise en dessin par Julien Arnal. Cette infirmière hors du commun voulait absolument venir en aide aux enfants dans le besoin : orphelins de la Première Guerre mondiale, malades puis enfants juifs cachés par leurs parents. Pour cela, elle rêvait d’une grande maison où les accueillir et pendant des années multiplia les démarches pour trouver un bâtiment digne de son projet. Elle finit par le trouver à l’abbaye de Valloires, dans la Somme, un édifice du 18e siècle où elle accueillit jusqu’à 300 enfants.

     

    Au-delà de cette histoire d’exception, l’album est un bel objet. Les dessins de Julien Arnal sont poétiques, ses personnages un peu naïfs dans les traits et la dominante bleue fait appel aux rêves que Mademoiselle Papillon porte en elle. Avec l’auteure, il a réussi à donner vie, en quelque sorte, à cette femme volontaire, douce et forte à la fois en lui rendant un hommage lumineux et sensible. Le message qui transparait est aussi qu'il faut croire en ses rêves, avoir l'audace d'y croire et les réaliser.
    Cet album fait partie de ceux qu’on porte en soi longtemps.

    A découvrir quelque soit l’âge du lecteur.

     

     

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  • Blackout à New ork, CLAYTON, D.JACKSON, STONE, THOMAS, WOODFOLK, YOONQuand la lumière s'éteint, les cœurs s'allument...

    Un été caniculaire à New York – et voilà qu'une gigantesque panne d'électricité plonge toute la ville dans le noir. Mais tandis que la confusion règne, c'est un autre genre d'étincelles qui vient illuminer l'obscurité...

    Des inconnus que le hasard réunit. Des amis de longue date. Des ex forcés de cohabiter. Dans le noir, plus la peine de tricher, chacun peut révéler sa vérité, ses sentiments. L'amour s'expose, l'amitié se transforme.

     

    Mon avis :

     

    En pleine après-midi caniculaire, une pannée d’électricité plonge New York dans le noir. C’est partout la confusion : dans les entreprises, les commerces, le métro… plus de climatisation, plus de distributeur de billets, de possibilité de charger son portable, d’ouvrir les portes des rames du métro…

    Six auteurs américains jeunesse réputés prennent la plume pour nous raconter l’histoire de leurs personnages en ces heures de blackout. Tous sont issus de la communauté noire, volonté des auteurs, et loin des clichés qui souvent leur collent à la peau. Les histoires se croisent, via une lieu ou une rencontre fortuite et nous offrent un roman choral réussi. Cet ouvrage devrait plaire aux ados car ils parlent d’amour, d’amitié, de lutte contre l’adversité… des thèmes qui leur sont chers.

     

    Personnellement, je suis restée sur ma faim. J’ai trouvé les histoires un peu trop fleur bleue, faciles et le style volontairement « jeune » des dialogues m’a gênée. Je me serais bien passée des « wow, yo, wesh, nan, ouais, genre, j’y crois pas… » censés être le langage des jeunes d’aujourd’hui. Un peu cliché non ?

    La diversité des scénarios est cependant plaisante et celle des relations entre les protagonistes aussi. Et les auteurs nous les présentent tels qu’ils sont, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs rêves, leurs fêlures et leurs hésitations.

    Lecture légère d’été destinée aux ados, en cela elle trouvera sans souci son public. Dont je ne suis pas.

     

     

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  • Lumière sur le NOIR, Une sélection de livres jeunesse sur le thème du NOIRLa Commission jeunesse du Service général des Lettres et du Livre a publié en 2010, une sélection de 209 livres jeunesse sur le thème du noir. La sélection s’adresse aux 0 – 16 ans et les livres sont présentés en tenant compte du niveau de lisibilité afin de permettre aux lecteurs de se situer par rapport aux livres.

    Les ouvrages ne sont pas récents (2005-2009) mais restent pertinents par rapport au thème. Le « noir » c’est vaste. On y trouve aussi bien des ouvrages qui abordent la mort, la nuit, la peur du noir, la cécité mais aussi le roman noir. Quant aux genres, on y trouve autant des albums, des contes, des mangas, des nouvelles et de la poésie que des romans.

     

    Parmi les titres, on peut citer « Ouh ! Il fait noir ! » de Jeanne Ashbé, « Il y a un cauchemar dans mon placard » de Mercer Mayer, « Les trois brigands » de Tony Ungerer, « La chèvre de Mr Seguin », pour les plus jeunes. Et pour les plus de 12 ans, « Ma rencontre avec Violet Park » de Jenny Valentine, « Le Sauvage » de David Almon, « Scènes de crimes » de Brigitte Aubert, « La cérémonie d’hiver » d’Elise Fontenaille, « Jeu mortel » de Moka, « Si je reste » de Gayle Forman…

    Chaque ouvrage est présenté brièvement et chaque thème est introduit.

    Bref, de bonnes idées de lectures.

    A trouver en bibliothèque ou en ligne :

    http://www.litteraturedejeunesse.cfwb.be/index.php?id=14564

     

     

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  • Dans la gueule du diable, Anne LOYERA 14 ans, Tom est déjà le photographe attitré de la Gazette du Bahut. Armé de son tout nouvel appareil, il espère bien réaliser un super reportage sur la fête foraine. Quel dommage qu’il doive faire équipe avec Amina, cette fille bizarre qu’il a du mal à supporter ! Mais dans le train hanté, attraction phare de la foire, une découverte macabre fait basculer leur reportage. Avec autant d’inconscience que de courage, les deux journalistes en herbe se lancent à la poursuite de malfaiteurs, sans imaginer une seconde qu’ils se jettent dans la gueule du diable…

     

    Mon avis :

     

    Ce thriller jeunesse aux chapitres courts est particulièrement bien construit. 180 pages de pur plaisir de lecture au suspense haletant.

    Tom est un garçon réservé, timide, amoureux de Marine en secret. Seul Jérémy son seul ami le sait. Bénévole au sein du journal de l’école, il a ainsi l’occasion de la côtoyer et de travailler avec elle sur les sujets clé. Mais alors qu’il propose de faire un reportage sur la fête foraine qui vient de s’installer en ville, il se voit associer par le rédacteur en chef à Amina, nouvelle venue au collège au look bizarre et qu’il apprécie peu.

    Contre toute attente, le reportage va devenir dangereux et ces deux journalistes amateurs vont prendre des risques pour le mener à bien. Inconscients, courageux, déterminés, ils vivront des moments critiques mais se découvriront aussi l’un l’autre et apprécieront la personnalité de leur coéquipier.

     

    Ce thriller de bonne facture plonge le lecteur dans une enquête pour meurtre et trafic sur les pas d’adolescents curieux qui se sont trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment. Au-delà de l’enquête, j’ai apprécié la psychologie des personnages et l’évolution de leur relation. Peu à peu, on découvre pourquoi Amina est arrivée en cours d’année, pourquoi elle est si mal fagotée et Tom, plutôt introverti, sort de sa réserve quand il donne libre cours à sa passion pour la photographie. Des héros consistants, avec du relief qui plairont aux adolescents.

     

    A donner à lire en classe pour travailler le thriller, le schéma narratif ou les préjugés. Tous les ingrédients sont là pour que les élèves accrochent.

     

    Merci aux éditions Mijade pour cet envoi !

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  • Le déclencheur, Neal SHUSTERMANEt si vous pouviez changer le monde ?

    Ash est un adolescent de 17 ans ordinaire, joueur de football, populaire... jusqu'au jour où il devient le centre de l'univers. Littéralement. Un coup sur la tête, et il se retrouve dans une réalité parallèle.

    Cela commence par de petits changements : des panneaux de stop bleus. Mais, très vite, les choses dégénèrent.

     

    Mon avis :

     

    J’avais beaucoup aimé « Le goût amer de l’abîme » du même auteur, c’était même un coup de cœur. C’est donc avec plaisir que j’ai reçu son dernier roman. Merci aux éditions Nathan.

     

    Ash, un adolescent de 17 ans comme les autres, bien dans sa vie, va se voir propulser dans un autre monde à la suite d’un coup reçu au football américain. Un monde alternatif à celui qu’il connait. Il est le « locsub » (le centre de l’univers) et chaque coup brusque qu’il encaisse provoque des dérèglements de l’univers et le projette dans des mondes parallèles. Si au début, les changements visibles sont anodins, cela ne va pas durer. Bientôt le monde alternatif va s’obscurcir et connaitre les mêmes problèmes, les mêmes clivages que notre monde. Pire, il se retrouve dans une Amérique qui n’a jamais aboli la ségrégation et va voir ses amitiés mises en danger et sa vision des choses va s’en trouver perturbée. Ash évolue, s’interroge, se remet en question et c’est un élément important du récit.

     

    Si ce roman est fantastique, il aborde aussi de nombreux thèmes actuels comme la violence, le racisme, l’orientation sexuelle, le sexisme… Cela devrait plaire aux adolescents d’autant que je trouve que l’auteur a traité ces sujets avec doigté. On s’attache au héros et on n’a qu’une envie, qu’il sorte de ce monde alternatif pour une réalité plus positive pour lui et ses proches.

     

    J’ai apprécié ce roman original et prenant mêlant imaginaire et réalité. Mais je n’ai pas connu le même coup de cœur que celui que j’ai eu pour « Le goût amer de l’abîme ».

     

     

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  • Le stylo, Frank ANDRIATLe fait : un vol de stylo.
    Le lieu : une école.
    Le temps : une heure de cours.
    Les personnages : Le prof de maths, l'éducatrice, la victime, les amis, les manipulateurs,...
    Soixante minutes pour démasquer le coupable et ouvrir les yeux sur la vie de la classe, avec ses faits, ses méfaits, ses surprises et ses mystères.
     

     

    Mon avis :

     

    Tout commence par un vol de stylo « pour rire » dans une classe de 3e. Dragul Zorb, le prof de math, qui aime jouer de sa réputation, prend l’affaire au sérieux et décide de mener l’enquête. Pour lui, c’est une question de valeur et de respect des autres que de confondre le voleur. Evidemment, tout le monde nie, personne ne veut se dénoncer. Cristina Punto, l’éducatrice, va l’aider dans sa tâche.

     

    Au fur et à mesure de l’heure de cours dont les titres des chapitres décomptent les minutes, plusieurs élèves vont livrer leurs pensées et les personnalités vont se révéler peu à peu. L’histoire recèle aussi des réflexions pertinentes sur l’enseignement et le système belge. On découvre l’école, l’équipe éducative et ce que les uns pensent des autres. Un vrai bras de fer se livre entre les élèves et les adultes rendant l’atmosphère lourde et tendue. Dragul Zorb prend plaisir à jouer les cyniques et titiller les élèves, sans méchanceté aucune, et cela livre les jeux d’influence qui pèsent sur la classe.

     

    J’ai aimé le rythme de l’histoire ; le récit ne s’appesantit pas sur les détails, il se centre sur les protagonistes. Le langage est simple sans être simpliste, il sonne juste et parle aux ados. L’humour est également présent. On sent que Frank Andriat s’amuse et le lecteur aussi. Que ce soit élève ou professeur, chacun a connu la situation décrite au moins une fois et le récit en apporte des réminiscences. Un récit court, un plaisir simple pour une heure ou deux de lecture.

     

     Le stylo, Frank ANDRIAT

     

     

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  • Si seulement, Lucie, Vincent ENGELDepuis l’enfance, Lucie porte un secret qui l’empêche parfois de faire des choix. Lorsqu’elle rencontre Jim, elle le déteste tout de suite car elle sait qu’elle pourrait tomber amoureuse. Lorsque Jim croise le regard de Lucie, il sait que sa vie va changer.

     

    Mon avis :

     

    Ce roman de Vincent Engel destiné aux adolescents est une réédition chez Mijade. Nous y faisons connaissance de Lucie et Jim, deux jeunes de 15 ans. Lucie emménage dans l’immeuble de Jim et se retrouve aussi dans sa classe. Lucie semble lutter pour rester seule mais Jim, patiemment, l’apprivoise. Très vite, il comprend qu’elle cache un secret mais se refuse de la brusquer et attend qu’elle se confie à lui. Mais Lucie a la tête pleine de « si jamais… » et de superstitions qui l’empêchent de lâcher prise.

    Nous lisons en alternance le point de vue de chacun, leurs joies, doutes et peines. Ces deux solitaires se dévoilent peu à peu et on comprend au fil des pages l’origine de leur isolement.

     

    L’écriture de Vincent Engel, comme toujours, est d’une grande finesse et teintée d’émotion. J’ai beaucoup aimé les personnages de ce roman, décrits avec justesse et sensibilité. L’auteur nous partage leurs difficultés de vivre, leur passé et la manière dont ils devinent l’autre, l’observent et l’interprètent. L’histoire d’amour naissante, ses balbutiements, ses hésitations… est assombrie par le passé de Lucie dont on ne sait rien et les difficultés familiales des deux ados. Ce sont d’ailleurs ces non-dits qui rendent le récit addictif et la fin trop rapide.

    Un chouette roman pour adolescents dès 13 ans.

     

     Si seulement, Lucie, Vincent ENGEL

     

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