• A corps perdu, Muriel ZURCHERAccusé d’avoir commis un crime monstrueux, Sacha profite d’un transfert en ambulance pour s’évader de prison. Pas le temps d’hésiter : la montagne sera sa planque. Surtout qu’il a été élevé pour survivre seul en milieu hostile.

    Mais lorsque l’étau se resserre, Sacha doit se confronter à un choix bien plus difficile : faire confiance à quelqu’un pour la première fois de sa vie…

     

    Mon avis :

     

    Alors que le pays succombe au Covid, Sacha, un gamin de quinze ans, est accusé d’un crime et se retrouve en centre pénitentiaire avant son procès. Son jeune âge et la nature de son méfait en font une cible privilégiée et il est passé à tabac. Lors de son transfert à l’hôpital, il s’évade.

     

    Le récit est construit avec alternance de chapitres dans l’ordre chronologique et de flash-back permettant de comprendre qui est Sacha ainsi que les autres protagonistes de l’histoire. On suit chacun tour et tour et on découvre leur point de vue sur la situation.

    Orphelin de mère à 5 ans, Sacha a été élevé par son père, adepte du survivalisme, afin d’être capable de se défendre dans toutes les situations extrêmes. Certaines scènes sont cruelles et révoltantes et on ne peut que se demander comment un père peut agir ainsi et pourquoi aucun adulte n’est intervenu. Tous les indices concordent pour le désigner coupable mais l’enquête a-t-elle été bien menée ?

    Océane est vive, drôle, alerte mais souffre du regard qu’on pose sur elle en raison de ses kilos en trop. Malgré sa ténacité et ses capacités, elle ne trouve pas de travail sauf dans la bergerie de sa tante.

    Louise est journaliste et tente par tous les moyens de couvrir des événements vraiment importants mais sa jeunesse et son physique de mannequin la cantonnent dans les interviews people. Elle est prête à tout pour qu’on la prenne enfin au sérieux.

    Tous les trois rendent ce récit dynamique en raison de leur personnalité et actuel grâce aux thèmes abordés à travers eux.

     

    C’est un récit poignant, dur parfois que je conseillerais dès 13 ans. Ames sensibles s’abstenir.

    Merci à Masse Critique de Babelio et aux éditions Didier Jeunesse pour cet envoi.

     


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  • Le jour où j'ai réussi à effacer mes interros et le reste, Cyril GUINETSi vous en aviez le pouvoir, qui ou que feriez-vous disparaitre de votre vie ?

    Pour Emile, élève de sixième, la liste est longue, des choses qu’il aimerait voir se volatiliser comme par enchantement, à commencer par le diner, son interro d’anglais, et Monsieur Crumbeul, le prof d’anglais…

    Mais suffit-il d’une gomme magique pour effacer tous ses ennuis ?

     

    Mon avis :

     

    Emile est en 6e et n’a pas une vie facile entre les tensions familiales et le trio maléfique de sa classe qui mène la vie dure à tous et notamment à lui. Le jour où il achète une gomme magique, sa vie va changer. Il se sent pourvu d’un pouvoir exceptionnel. Il peut effacer tout ce qui ne va pas autour de lui. Mais un grand pouvoir s’accompagne de grandes responsabilités.

     

    J’ai apprécié ce récit drôle au héros attachant qui tente d’affronter ses problèmes du quotidien. Des problèmes ordinaires mais qui lui empoisonnent la vie. Et cela permet aux jeunes lecteurs de s’identifier à ce héros sympathique qui vit les mêmes mésaventures qu’eux : une interro mal préparée, des aliments qu’on n’a pas envie de manger, une belle-mère qu’on n’a pas envie de trouver sympathique et des petites frappes qui lui mènent la vie dure.

     

    Un peu fantastique, ce récit parlera aux jeunes qui ont sûrement déjà rêvé d’un tel objet magique. Humoristique et dynamique, il est aussi agréable à lire et plaira au plus grand nombre.

     

    Merci aux éditions Mijade pour cet envoi. 

     

     

     


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  • Seconde chance, Lorelei KAROLIls habitent dans une région que les industries ont désertée, provoquant fermetures, pertes d’emplois… Si personne ne parle de ses difficultés, au collège, à bien y regarder on les devine derrière certains détails, pas si anodins, comme cette ado qui arrive sans manteau sous la neige. Mais heureusement les amis sont là pour faire face, grâce à de super initiatives solidaires.

     

    Mon avis :

     

    Ce roman jeunesse aborde un sujet sensible : la paupérisation des familles dans les régions où le travail vient à manquer. Derrière les volets clos, on ignore les drames qui se jouent. La fierté des adultes les empêchent d’avouer qu’ils sont démunis et de demander pour eux les aides qu’ils donnaient généreusement aux autres il y a encore quelques mois. Et ce sont les enfants qui pâtissent, vivant dans l’inquiétude, les tensions et la peur du lendemain.

    Mais dans cette ville du Nord, quatre amis vont affronter la réalité en face et proposer de l’aide sans que personne ne se sente redevable ou ne perde la face.

     

    Un roman à l’écriture simple mais percutante, un rythme soutenu et dynamique pour parler d’un sujet hélas d’actualité. Pas de pathos, rien de larmoyant, le ton est plutôt humoristique entre les ados et donne envie de lire. De plus, c’est un récit mobilisateur.

    Un bon roman à proposer dès 11 ans.

     

    Merci aux éditions Mijade pour cet envoi.

     

     


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  • Peur dans la neige, Sandrine BEAUMais quelle idée d’emporter ce trésor…

    Voilà Fleur, son frère Julius et leur grand-mère Mamilia embarqués dans une série noire. La curiosité est parfois un bien vilain défaut !

     

    Mon avis :

     

    Court roman de 125 pages, cette histoire destinée aux jeunes dès 11 ans n’est pas seulement un thriller haletant. Il dévoile aussi au fil de l’histoire, des événements historiques.

    Ce livre a tout pour plaire aux jeunes lecteurs.

    D’abord il est trépidant et donne envie de tourner les pages pour en savoir plus.

    Ensuite, les personnages ayant l’âge des lecteurs, on peut s’identifier facilement à eux ; que ce soit l’intrépide Fleur qui ne réfléchit pas toujours aux conséquences de ses actes ou le plus réservé Julius, plus prudent mais sur lequel on peut vraiment compter.

    Enfin, il démontre avec un brin d’humour que l’on ne doit pas s’apitoyer sur son sort mais lutter tant qu’on peut pour vaincre les obstacles. C’est un récit formidablement optimiste.

    Il rappelle aussi les heures sombres de la guerre en Franche-Comté et tous les anonymes sauvés par de courageux paysans refusant de soumettre à l’ennemi. Une grande partie de la population a d’ailleurs été déclarée « Juste parmi les Nations ».

    Je ne peux que vous conseiller pour vos enfants ou vos classes ce thriller de Sandrine Beau, auteure jeunesse prolifique.

    Merci aux éditions Mijade pour cet envoi.

     

     

     

     


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  • Après la chute, Marie LeymarieLe diagnostic du médecin est sans appel. Après sa chute aux barres, Lilou doit arrêter l’entraînement de gym pendant deux mois au moins. La jeune fille est sous le choc. Le sport de compétition occupe toute sa vie.

    Elle a seize ans, les JO ont lieu dans quatre mois, il n’y aura pas d’autre chance. Ce corps qu’elle entraine sans relâche depuis l’enfance, qui ne l’a jamais trahie, elle va lui demander, encore une fois, l’impossible.

     

    Mon avis :

     

    J’ai lu ce roman pendant les Jeux olympiques ce qui a mis en perspective les propos tenus dans ce récit. Gymnaste dans sa jeunesse, l’auteure sait de quoi elle parle et s’est particulièrement documentée en lisant les biographies de grandes sportives comme Nadia Comaneci, Carole Micheli ou Simone Biles. Cela donne à l’histoire des accents de vérité même si les personnages sont fictifs.

     

    Lilou a tout sacrifié à sa passion. A onze ans, elle a quitté la maison familiale pour un prestigieux centre de formation à Toulon, elle a rejoint l’équipe de France et s’est entrainée des heures et des heures pour être à la hauteur des attentes de ses parents, de ses coachs et des siennes. Mais quand elle se blesse et doit renoncer au sport, Lilou perd pied. Elle refuse de croire que son cerveau lui envoie un signal et contraint son corps à guérir pour donner encore et toujours le meilleur.

     

    J’ai beaucoup apprécié ce récit qui permet aux jeunes de prendre conscience des sacrifices endurés par les athlètes dont on ne voit que les exploits à la télévision. Personne ne met l’accent sur les années de préparation intensive pour quelques minutes aux JO, ni la pression de l’entourage ou le besoin physique et mental qu’ont les athlètes de donner le meilleur et d’être reconnus.

    Au moment où Simone Biles osait reconnaitre qu’elle craquait et n’était plus capable de supporter la pression, que son mental n’était plus en phase avec son corps, ce roman faisait écho à toute cette souffrance, à la peur de l’échec et à la question inévitable de savoir que faire d’autres de sa vie.

     

    J’ai trouvé la personnalité de Lilou intéressante et sa famille atypique également. Dans cette famille, chacun croit savoir ce qui est bon pour les autres et personne ne s’écoute réellement. Chacun refuse aussi de se poser les bonnes questions car cela pourrait remettre en cause un équilibre fragile. C’est très bien amené et beaucoup de jeunes s’y reconnaitront dans un ou l’autre aspect. Le sport est omniprésent mais il est aussi le prétexte à une réflexion plus profonde.

    Un roman intéressant à proposer aux jeunes dès 12 ans.

    Merci aux éditions Syros pour cet envoi. Le roman paraitra le 9 septembre.

     

     

     


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  • MOXIE, Jennifer MATHIEUVivian Carter, 16 ans, en a marre.

    Marre que l'équipe de foot de son lycée se croie tout permis.

    Marre qu'on impose des règles vestimentaires aux filles, mais jamais aux garçons.

    Marre du sexisme dans les couloirs du bahut et des profs qui ferment les yeux.

    Plus que tout, Vivian en a marre qu'on lui dise qui elle doit être.

    Vivian Carter dit STOP.

     

    Mon avis :

     

    Vivian a 16 ans et est dans un lycée américain « classique » : avec ses BG sportifs, machos sexistes, ses pompom girls, ses clans… A l’arrivée d’une nouvelle élève, cible des remarques acerbes du capitaine de l’équipe de football, elle décide de réagir. Quand une liste parait qui classifie les filles selon leur physique, Vivian passe à l’action. Elle publie un journal anonyme intitulé Moxie qui pousse les filles à se rebeller contre la situation et à s'unir pour faire bouger les choses.

     

    J’ai beaucoup apprécié les propos tenus dans cette histoire. Partant de faits avérés, l’auteure, professeur d'anglais au lycée, relate des situations de la vie quotidienne, les petits vexations que vivent les filles, le sexisme ordinaire et l’indifférence des enseignants. Elle parvient aussi à éviter les clichés en faisant de Vivian une étudiante comme les autres et non une passionaria. Elle lutte à son niveau, avec ses moyens et son intelligence, sans violence et sans mettre tous les garçons dans le même sac. Son combat c’est le respect de tous et l’égalité filles-garçons. Dans ce lycée texan, il est plus que temps que la solidarité des filles se mettent en place pour faire changer les mentalités.

     

    On est loin de la violence de certaines actions médiatisées mais en plein dans l’actualité. En effet, je terminais cette lecture quand un journaliste sportif flamand a insulté l’équipe féminine de basket belge revenant des JO, les trouvant trop peu féminines pour être hétéro. Non mais sérieux, quel rapport avec leurs performances ? Et pourquoi ces réflexions obscènes qu’on ne se permettrait pas envers des hommes ?

     

    Même si les filles risquent d’être plus sensibles au propos, je pense que ce roman est à donner à lire aux filles comme aux garçons pour amorcer un débat de société et permettre aux uns et aux autres de s’exprimer sur le sujet et sur le respect dû à tous.

    A lire dès 14 ans.

     


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  • Salle de classe, Florence AUBRYQu’ont-ils fait, tous, tous les élèves de 3 

    A, à cette prof, Stella Godin ? Jeune, passionnée, heureuse. C’est ce qu’elle était avant de pénétrer dans leur salle de classe. Ils sont allés trop loin.

     

    Mon avis

     

    Avec « Salle de classe », l’auteure de « Biture Express » nous offre à nouveau un roman troublant et fort. Florence Aubry nous plonge dans le quotidien scolaire de deux personnages. D’une part Stella Godin, fraîchement diplômée de l’ENA et qui se voit confier son premier poste en collège et d’autre part, Manou, élève de 3A, une de ses classes.

    De septembre à juin, nous suivons l’évolution de la relation entre Florence, prof d’histoire-géo, et ses élèves. De très bons moments vécus en 6e et 5e, des tensions à supporter en 3e.

    La force du roman est l’alternance entre les pensées de la prof et celles d’une de ses élèves. Cela permet de comprendre les raisons de l’attitude frondeuse des étudiants, les relations qui sous-tendent la classe… On voit l’enseignante passer de l’enthousiasme du début, au découragement, cherchant ce qu’elle fait mal, ce qui cause leur attitude et ne trouvant pas de sortie possible.

    Le récit est très fidèle à la réalité, ne diabolisant rien ni personne, n’accusant personne mais présentant une situation lambda, sans exagération ou angélisme, renvoyant chacun face à ses responsabilités. On ne peut s’empêcher de se dire « et si Stella avait dit… », « Stella devrait faire… », « Manou aurait dû… » et c’est ce qui rend le récit intéressant. Profs et élèves s’y reconnaitront et une discussion riche pourrait s’engager en classe à la suite de cette lecture. Chaque prof a été élève un jour, chaque élève a connu ce genre de situation et peut témoigner du rôle qu’il a joué. Chaque enseignant a connu, personnellement ou autour de lui, de telles attitudes. Comment a-t-il réagi ? Qu’a-t-il fait ?

     

    Un roman jeunesse qui sent la rentrée et présente des thèmes actuels comme le harcèlement, les réseaux sociaux, le milieu scolaire, la manipulation. Un roman à faire lire dès 14 ans.

    Merci aux éditions Mijade pour cet envoi.


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