• L'étrange ville de Grimsly, Alyson NOELÀ Trembleterre, tout est magique. Certains peuvent voler, on y suit des cours pour apprendre à tordre les cuillers par la pensée, les chiens donnent naissance à des cochons et, au final, il n'y a que le jeune Grimsly, 12 ans, qui est anormalement ordinaire. Aussi, quand un malfrat dérobe les ossements du cimetière pour animaux, la source même de la magie de la ville, le pire est à craindre et Trembleterre est en passe de devenir... normale. Grimsly et ses amis se lancent alors à la recherche des coupables. Au risque de déterrer un complot dangereusement mortel.

     

    Mon avis :

     

    Un village qui ne voit jamais le soleil et où une source coule à l’envers. Des habitants dotés de pouvoirs uniques et magiques. Un tremblement de terre quotidien. Des animaux bizarres. Un augure qui alimente les plus folles rumeurs. Et au milieu de tout cela, Grimsly, un jeu garçon désespérément normal.

    Voilà le point de départ de ce roman jeunesse fantastique.

    Très vite, des événements anormaux vont venir perturber la tranquille petite ville de Trembleterre. Toute magie semble avoir disparu et le soleil pointe dangereusement le bout de ses rayons. Comme partout, on cherche une raison, un responsable et c’est tout naturellement que le jeune Grimsly va devenir le bouc émissaire. N’est-il pas différent ? Obligé de fuir, et bien décidé à comprendre ce qui se passe, il va vivre une aventure aussi inattendue qu’extraordinaire, les péripéties se suivant à un rythme effréné. Menant l’enquête avec courage, Grimsly va faire preuve d’ingéniosité pour résoudre les difficultés complexes qu’il rencontre et sauver la ville.

    Le jeune lecteur avancera dans l’histoire aux côtés du héros, découvrant peu à peu, comme lui, ce qui se cache derrière ce mystère. Il rencontrera des bons et des méchants, des personnages hauts en couleurs et attachants, ressentira le sentiment d’exclusion du jeune garçon, verra son intuition et sa réflexion mises à l’épreuve, bref, vibrera avec et grâce à Grimsly dans ce voyage initiatique de la découverte de soi et de ses racines.

    Ce roman jeunesse, accessible dès 10-11 ans, est une heureuse découverte. Il devrait ravir les plus jeunes, amateurs de mystère et d’aventure.

    Merci aux éditions Michel Lafon pour cet envoi.

     

     

     

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  • Hackers, Isabelle ROYAlex a parfaitement retenu tout ce que son père lui a appris sur le monde de l'informatique… et du piratage. Devant un ordinateur, ses doigts s'activent sur le clavier plus vite que sa pensée. Il peut percer les secrets des sites Internet, casser des codes informatiques comme si c'étaient des allumettes. C'est si facile pour lui… Trop, même. Cette fois encore, il n'a pas résisté à l'envie de relever un nouveau défi. Mais rien ne s'est passé comme prévu. Il est allé trop loin et le prix à payer est élevé. Aidé de ses amis Camille et Benji, Alex arrivera-t-il à réparer ses erreurs ? Rien n'est moins certain dans l'univers sombre et menaçant des hackers…

     

    Mon avis :

     

    Ce roman jeunesse nous plonge dès les premières pages dans le monde de l’informatique et des petits génies capables de s’infiltrer – par jeu – dans les programmes de sites supposés inviolables en ne se faisant pas remarquer. Alex n’est pas un criminel : il s’amuse, c’est tout. Mais le jour où il se rend compte qu’il a été piégé, sa vie va prendre une tournure imprévue. Apprendra-t-il seulement de ses erreurs ?

    Ce récit jeunesse haletant laisse monter le suspens au fil des pages. Riche en rebondissements, il aborde, au-delà de l’informatique et du piratage, des thèmes variés proches des ados comme la famille et ses difficultés, l’amitié, l’envie d’adrénaline, la loyauté. Les jeunes personnages de ce roman sont consistants et crédibles et donne du souffle à l’histoire évitant de se cantonner dans le monde des ordinateurs. Une amitié indéfectible, un triangle amoureux, une relation ambigüe, des personnalités mystérieuses tant chez les adultes que chez les jeunes… tout est fait pour créer une atmosphère de tension qui alimente le suspens. Mais l’auteure parvient aussi à nous surprendre par des situations inattendues. Enfin, j’ai trouvé les intrusions informatiques et les manipulations crédibles et pas trop décrites pour ne pas perdre les lecteurs non experts en route.

    Hackers est une réussite pour moi et plaira aux adolescents. On reste cependant un peu sur sa faim une fois la dernière page tournée car de nombreuses questions ne trouvent pas réponses. Mais il s’agit d’un 1er tome. Il ne reste plus qu’à découvrir la suite.

     

    Hackers, Isabelle ROY3e 

     

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  • Léon a un nouveau trampoline !
    Ce mercredi, il a invité Lou et Benoît. Mais quand Benoît entre dans le jardin, il n n’est pas seul : il y aussi Angèle. Comment vont réagir ses amis ?

    Mon avis :

    Ce court album est destiné aux enfants qui commencent à lire seuls. L’histoire est simple et amusante et les enfants peuvent s’identifier aux personnages. On y parle d’amitié, de l’acceptation d’un nouveau venu dans un groupe déjà lié et des préjugés qu’on a parfois sur les autres, le tout dans un style simple mais pas simpliste.

    Mais la particularité de ce récit, premier tome d’une nouvelle collection des éditions Flammarion, c’est qu’il a été rédigé à l’usage des jeunes dyslexiques. Aidée par une psychologue clinicienne spécialisée dans les troubles de la dyslexie, l’auteure, Nadine Brun-Cosme, a rédigé un texte adapté. Chaque album présente un phonème qui pose problème aux enfants. Ici, il s’agit du « an » d’Angèle. Dans chaque phrase le son « an » dans toutes ses graphies est imprimé dans une couleur différente permettant aux jeunes lecteurs de le reconnaitre facilement.

    Découvrir ou retrouver le plaisir de lire est l’objectif de cette collection. Dys ou pas, chaque lecteur débutant entrera facilement dans la lecture et prendra confiance en lui.

    En 2e de couverture, les personnages sont présentés au lecteur, en 3e de couverture, des jeux sont proposés ainsi que le lexique des mots marqués d’un astérisque dans le récit. Rien n’est laissé au hasard dans cet ouvrage qui plaira aux petits comme aux grands qui aiment partager la lecture de leurs enfants.

    Deux titres sont parus en août, celui-ci et un quatrième paraitront le 17 octobre. Je vous les recommande.

    Merci aux éditions Flammarion pour cette bonne idée.


     Angèle et le trampoline, Nadine BRUN-COSME, Ewen BLAIN7e

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  • Zombies Zarbis - Panique au cimetière ! M. PAVLENKO et C. TREBORIl se passe des choses étranges dans le cimetière de Noirsant. À la nuit tombée, les morts se réveillent, papotent, prennent le thé et jouent aux osselets ! Lorsque Romain, un habitant du village, rencontre Léo, une jeune zombie, il n’en croit pas ses yeux. Le cimetière de Noirsant abrite des morts-vivants ! 

    Mon avis :

    Des monstres se sont infiltrés dans le petit monde de Léo, en ce 31 octobre. Le vieux cimetière abandonné de Noirsant et son clocher vont être démolis pour faire place à un supermarché. Léo, une jeune zombie, et ses amis morts vivants sont inquiets. Où vont-ils aller ? Le nouveau cimetière du village n’a pas de place pour eux. Léo est prête à tout pour sauver l’endroit et lorsqu’elle croise la route de Romain, en ce soir d’Halloween, elle est plus que jamais déterminée à ne pas s’éloigner de Noirsant.

    Si vous aimez frissonner, ce chouette roman est pour vous. Les personnages sont délicieusement décrits avec humour et donnent à voir tout un petit monde horriblement sympathique. Mais ce n’est pas qu’un roman distrayant. Derrière ce récit fantastique, les auteures dénoncent la perte du patrimoine, la croissance immobilière dévastatrice, les luttes de pouvoir des siècles passés, le travail des enfants, la condition de la femme… et bien d’autres sujets historiques abordés avec justesse et doigté.

    Premier tome d’une saga pour les enfants (dès 9 ans) il distille suffisamment de suspens pour donner envie de découvrir la suite. Marie Pavlenko et Carole Trébo, romancières jeunesse, signent ici un petit bijou qui m’a agréablement surprise. Ce roman qui donne la pêche, allie horreur, humour et écriture d’une grande qualité. On prend plaisir à la musique des phrases, à la justesse du vocabulaire et aux dialogues d’une vraie vivacité. Sans parler des rebondissements qui tiennent en haleine jusqu’au bout.
    Chaque chapitre est illustré par les dessins de Marc Lizano, également spécialiste de l'édition jeunesse.

    Séduite, je l’ai testé sur la fille d’une amie à laquelle j’ai lu les deux premiers chapitres. Testé et approuvé : elle est repartie avec le livre.

    Une lecture idéale pour tous vos petits monstres.

    Zombies Zarbis - Panique au cimetière ! M. PAVLENKO et C. TREBOR4e

     

     

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  • Le goût amer de l'abîme, Neil SHUSTERMANA priori, Caden Bosch est un adolescent de quinze ans ordinaire, qui invente des jeux vidéos avec ses meilleurs amis et veut faire partie de l’équipe d’athlétisme. Mais dans son esprit, il est aussi le passager d’un vaisseau lugubre voguant sur les mers déchaînées. Marchant seul et pieds nus dans les rues, craignant que ses camarades de classe ne veuillent le tuer, Caden se perd petit à petit entre hallucinations et réalité. Le début d’un long voyage au plus profond des abysses, au cœur de la schizophrénie où il risquerait bien de se noyer.

    Mon avis :

    Si le début est lent et déroutant, on comprend rapidement que l’auteur nous entraine au plus près de la réalité vécue par Caden qui voit son univers chavirer peu à peu. Deux récits se mêlent ici, celui d’un adolescent comme tant d’autres ayant une famille, des amis et une scolarité normale et un récit sombre et complexe où le narrateur semble vivre sur un navire où un étrange capitaine et son perroquet commande un équipage singulier.

    Au fil de cette lecture croisée, on découvre les premiers symptômes de la maladie mentale qui affecte lentement Caden. Conscient que quelque chose ne va pas mais incapable de le comprendre ou de l’expliquer, il va lentement plonger dans un abîme noir désespérant. Déroutante pour lui, son affection l’est aussi pour ses proches qui mettent ces changements sur le compte de l’adolescence.

    Confronté lui-même à la maladie de son fils, l’auteur a habilement décrit les altérations du comportement et de l’humeur du jeune Caden ainsi que les bouleversements familiaux qui en découlent. On assite impuissant à la dégradation de sa santé : insomnies, réactions incongrues, irritabilité alternant avec des coups de déprime et enfin troubles du raisonnement et angoisses irrationnelles qu’il tente de cacher à son entourage.

    Le second récit, au cœur d’un bateau dans la tempête, est celui de son hospitalisation et des soins reçus. Si dans le premier, on le voit s’enfoncer peu à peu, dans le second on suit ses lents progrès vers la guérison. Car si la maladie ne s’en va jamais tout à fait, une rémission est pourtant possible.

    Ce roman bouleversant et fort décrit avec tact et précision une maladie encore mal connue et dont les malades et leurs proches n’ont pas toujours conscience. Il témoigne aussi de l’importance cruciale de l’apport et du soutien de la famille qui, malgré les grandes difficultés et les bouleversements profonds vécus par tous joue un rôle capital dans la guérison du malade. Ce récit maîtrisé d’un bout à l’autre est réellement percutant.

    Illustré par les dessins du fils de l’auteur réalisés à différentes étapes de sa maladie, ce roman troublant apporte un témoignage puissant et juste touchant au plus près la réalité. Je reste cependant dubitative sur l’âge de lecture conseillé aux ados ; 14 ans me semble jeune, étant donné leur méconnaissance de la schizophrénie et la dureté des faits.

    Merci aux éditions Nathan pour cet envoi coup de cœur.

     

    Le goût amer de l'abîme, Neil SHUSTERMAN2e

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  • Le grand saut 3, Florence HINCKELCa y est, ils ont fait le grand saut. Bac ou pas en poche, les six amis se sont dispersés pour faire leurs premiers pas hors du nid familial. Pour Iris, Marion, Rebecca et Sam, un grand défi s’annonce : Paris, à la poursuite de leurs rêves. Pour d’autres, c’est un combat… Alex parviendra-t-il à reprendre sa vie en main depuis son fauteuil roulant ? Et qu’est devenu Paul disparu pendant l’été ?

    Un final plein d’audace pour une trilogie où l’amitié reste la meilleure arme contre les épreuves de la vie.

    Mon avis :

    Ce 3e tome conclut l’histoire de cette bande d’amis. Chacun donne une orientation à sa vie, prend une voie personnelle et distincte de celle des autres : les maths, les lettres, le droit, le théâtre… Certains vivent en colocation, Alex suit les cours à la fac vaille que vaille, Paul… on le découvrira au fil de l’histoire. C’est l’heure des choix, de l’indépendance vis-à-vis des parents et des premiers soucis d’adultes. Ce n’est pas simple ni aussi évident qu’ils le pensaient.

    On continue à suivre cette bande d’amis dans d’autres lieux de vie et c’est l’occasion pour l’auteure de nous parler de thèmes différents que dans les deux tomes précédents : la découverte et l’incertitude des sentiments ; les rites d’accueil en fac, le bizutage des nouveaux ; l’engagement politique ; la vie d’adulte avec un handicap ; trouver sa place dans un nouveau milieu… J’ai préféré cette 3e partie à la précédente.

    Comme dans les précédentes, il y a du suspens et de rebondissements, ce qui maintient l’intérêt du lecteur jusqu’au bout, mais le tout est moins convenu, plus surprenant que dans le tome deux. Florence Hinckel trouve les mots juste pour décrire les émotions et les réactions de chacun et on a l’impression de regarder vivre des jeunes de notre entourage et de recevoir leurs confidences.

    Un tome qui finit joliment cette trilogie-jeunesse et que, finalement, je quitte presque à regret. Merci aux éditions Nathan pour cet envoi.

     

     

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  • La planète des 7 dormants, Gaël AYMONPour réparer leur vaisseau endommagé, des explorateurs spatiaux atterrissent en catastrophe sur une planète inconnue. La découverte de ruines d’une civilisation disparue ravive l’espoir de la capitaine : cette nouvelle planète pourrait-elle être habitable. Mais une partie de l’équipage est prête à tout pour repartir au plus vite, malgré l’état du vaisseau…

    La rencontre soudaine avec un peuple primitif qui les prend pour des dieux, les Sept Dormants, les place devant un choix crucial : jouer les usurpateurs ou détromper ceux qui les accueillent ?

    Mon avis :

    Vraisemblablement inspiré par la légende des Sept Dormants d’Ephèse, Gaël Aymon nous propose un récit de SF se déroulant dans un avenir lointain. Onze membres d’équipage posent en catastrophe leur vaisseau spatial sur une planète non répertoriée sur leurs cartes interstellaires. Ces explorateurs ont pour mission de rechercher une planète sur laquelle installer une colonie et développer des échanges commerciaux. Certains membres de l’équipage souhaitent repartir au plus vite, dès la réparation effectuée, d’autres, scientifiques, voudraient explorer les lieux. La découverte de sept sépultures sur lesquelles sont gravées des silhouettes humaines qui leur ressemblent étrangement suscite soudain de nombreuses conjectures.

    Je ne suis pas fan de SF et donc je n’en suis pas spécialiste. Cependant ce récit au thème de départ peu original (la conquête d’une nouvelle planète habitable) m’a plu car il pose des questions plus sérieuses qu’il n’y parait au départ.

    Grâce à des chapitres courts, l’auteur fait entrer le lecteur dans son univers. Si au départ, j’ai eu un peu de mal à y entrer, au fil des pages je me suis habituée aux personnages. La cohabitation, la promiscuité et la vie en vase clos pèsent sur certains d’entre eux, mais aussi les intérêts divergents de certains. Les tensions sont perceptibles. De plus, différentes questions se posent à eux : où sont-ils ? en territoire hostile ou ami ? d’où viennent les sépultures ? sont-ils seuls ?...

    Au-delà du récit de leur exploration, Gaël Aymon nous amène à réfléchir sur des sujets sensibles comme la conquête de l’espace, le respect de l’endroit où l’on vit, la préservation des espèces, la rencontre d’autres humains et d’autres civilisations, le sacré, ainsi que la guerre, la violence, les dangers de la sur-technologie ou la transmission du savoir.

    Un petit bémol vient cependant tempérer mon enthousiasme : le nombre de personnages empêche l’auteur de les développer tous et cela entraine parfois quelques confusions. D’autant que les noms choisis ne sont pas clairement sexués.

    Mais malgré tout, l’imagination de Gaël Aymon, portée par une écriture dynamique, nous offre un chouette roman jeunesse d’anticipation qui fait froid dans le dos.

    A découvrir dès 14 ans.

    Merci aux éditions Nathan pour cet envoi !

     

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