• Le gardien de l'arbre, Myriam OUYESSAD & Anja KLAUSSLa vieille Minoa conservait un inestimable trésor. Une graine grosse comme un poing et brillante comme de l’or. Le moment de la confier à quelqu’un de plus jeune était arrivé. Gravement, elle la donna à Djalil. Le jeune garçon veillerait à son tour sur cette graine extraordinaire : la graine de l’arbre unique.

     

    Mon avis :

     

    Ce conte peut être lu dès 11 ans.

    Djalil est ami avec une dame que les gens de son village n’apprécient pas, certains la trouvant un peu sorcière. Alors qu’elle arrive à la fin de sa vie, elle confie à Djalil une graine précieuse : celle d’un arbre qui n’existe plus et pour lequel elle craint la concupiscence des hommes.

    Djalil marchera des kilomètres pour trouver l’endroit idéal pour planter cette graine et emmènera avec lui un faucon afin qu’il éloigne les animaux qui pourraient le mettre en danger. Il faudra longtemps pour qu’il pousse. Son fruit en forme d’œil attise la curiosité de Djalil. Il donne des visions à celui qui le mange. Il permettra à Djalil de sauver la cité de Ganhar et ses habitants d’une mort certaine.

     

    Cet album s’inspire du triptyque de Gustav Klimt « L’arbre de vie »réalisé pour le palais Stoclet de Bruxelles. Les illustrations sont juste magnifiques aux couleurs chaudes et orientales comme celles de l’artiste. Les motifs que l’on aime dans les toiles de Klimt se retrouvent dans les tissus les paysages et les chevelures. Outre l’histoire qui mêle la sagesse des contes orientaux et la magie, l’album permet de (re)découvrir un artiste exceptionnel.

     

    C’est pour moi, un album d’une grande beauté qui permettra plusieurs niveaux de lecture selon l’âge et pourra être travaillé dans le cours de français, d’art plastique ou de philosophie.

    Quelques notes sur Gustav Klimt clôturent l'album et un dossier pédagogique peut être obtenu sur le site Réseau Canopé.

    Une belle idée pour les cadeaux de fin d’année.

     

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  • Monsieur Blanc, Jo SCHOOVAERTSJe m’appelle Suzanne. J’ai treize ans. Mes parents ont été tués dans un bombardement à Liège. J’ai été recueillie par ma famille à Bruxelles.

     

    Mon avis :

     

    Nous sommes en Belgique, en pleine Seconde Guerre mondiale. Alors qu’elle vit tranquillement chez Monsieur Blanc, depuis le décès de ses parents, Suzanne voit débarquer la Gestapo. Jusqu’ici, les adultes ont tenté de la protéger des horreurs qui se passent dans sa ville. N’a-t-elle pas assez souffert ? Elle n’est donc pas très au fait des arrestations, déportations, menaces… qui menacent les Belges. Elle va être jetée brutalement dans la réalité.

     

    La grand-mère de l’auteure a été résistante. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle a été arrêtée par les Gestapo et emprisonnée à Tournai où elle a été torturée. C’est en s’inspirant de son histoire familiale que l’auteure a imaginé la fiction qu’elle nous présente dans Monsieur Blanc.

    Ecrit pour des adultes apprenant le français, l’auteure a rédigé un récit simple où les mots les moins courants sont expliqués en bas de page. Ce récit est aussi à la portée des jeunes enfants et la réalité est édulcorée, quant aux horreurs qu’ont pu subir les personnes dénoncées et arrêtées par la Gestapo.

    Le livre est court et percutant et présente la situation en Belgique ce qui permet aux jeunes de s’identifier à l’héroïne. Des documents historiques sont proposés à la fin et nous présente la grand-mère de Jo Schoovaerts. L’ensemble est intéressant et agréable à lire.

     

    Le seul bémol pour moi, c’est le prix du livre. 10 euros (pour une soixantaine de pages), c’est beaucoup pour nombre de mes élèves.

     

     

     

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  • Les aventures de Myrtille Jones, La ville en danger, Rob BIDDULPHDepuis que son père a disparu, la vie de Myrtille est bien morose... Jusqu'au jour où elle retrouve dans ses affaires un incroyable crayon qui donne vie aux dessins. Après avoir esquissé une porte, voilà Myrtille plongée dans le monde extraordinaire de Chroma !

    Mais face à des poissons mécaniques volants, une grêle d'encre et, surtout, au mystérieux M. White, l'aventure s'annonce plus compliquée que prévu. 

     

    Mon avis :

     

    Myrtille a l’esprit vif et un peu frondeur. Elle déteste l’école où l’a inscrite sa mère et le patron de celle-ci. Elle aime beaucoup sa petite sœur Elisabeth May, dite Tite Bête, Nerys, l’assistante de sa mère et se défend d’apprécier Rockwell, son binôme scolaire.

    Elle était heureuse avant, dans son ancienne école, au sein de sa famille… mais depuis la disparition de son papa, rien ne va plus. Elle est persuadée qu’il est tenu loin d’elle contre sa volonté alors que sa mère l’accuse de les avoir abandonnés.

    Myrtille adore dessiner. Elle semble avoir hérité du talent de son père. Un jour, elle trouve un crayon magique qui donne vie aux dessins. Et voilà qu’elle se retrouve dans l’univers de Chroma.

     

    Ce roman jeunesse original est agréable à lire et l’intrigue tient en haleine. Le rythme est soutenu et les courts chapitres donnent envie d’avancer dans la lecture. La liberté d'expression, il n'y a rien de tel ! Et dans l'art, elle permet de raconter tant de choses et de résister. Le récit est parsemé de références artistiques et un lexique reprend les noms des peintres et artistes évoqués , agrémentés d’une courte note biographique. Pour les jeunes lecteurs, c’est enrichissant.

    Quant aux personnages, ils sont originaux et ont un caractère bien trempé, chacun dans son style. Le trio formé par Myrtille, sa petite sœur et Rockwell est improbable et pourtant il fait mouche. Je dirais même qu’il est jubilatoire.

     

    Le livre, quant à lui, est un bel objet et les illustrations sont superbes. J’ai beaucoup aimé les dessins de Rob Biddulph, tout en noir, gris et blanc agrémenté de quelques notes orange. Ils sont en parfaite harmonie avec l’histoire et la rende plus vivante encore. Les jeunes lecteurs apprécieront.

    Je suis ravie d’avoir accepté cette proposition de Masse Critique ; j’ai découvert un auteur-illustrateur de talent et un univers séduisant. Seul regret, il s’agit d’une saga et non d’un roman unique.

     

    Merci à Babelio et aux éditions Bayard pour cet envoi et les goodies qui accompagnait le roman.

     

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  • Mille arbres, Caroline LAMARCHE & Aurélia DESCHAMPSUne future autoroute menace la vallée. Pour sauver un tilleul séculaire. François et son amie Diane rejoignent, d’une manière originale, le combat des riverains contre ce projet destructeur.

     

    Mon avis :

     

    Dans le jardin de Marinette, la grand-mère de François, trône un magnifique tilleul séculaire. Son époux est mort dans cet arbre alors qu’il l’élaguait. Il a une double valeur pour la famille. Et voilà qu’un projet d’autoroute menace l’arbre et la tranquillité du village. François et son amie Diane vont décider d’agir.

     

    Ce roman jeunesse fait partie d’un collection de romans engagés parus chez Cot Cot Cot Editions. Leur but est de mettre en avant des histoires qui parlent de combats actuels pour construire un demain solidaire, durable, pour une société plus respectueuse.

    Caroline Lamarche qui signe ce court roman de 80 pages écrit avec la même plume précise et incisive que celle qui sert ses romans adultes. Le récit est cependant accessible aux jeunes dès la fin du primaire. Son texte, qui dénonce le bétonnage de nos campagnes et la destruction des espaces verts, plaide pour une prise de conscience collective et le fait que les héros soient de jeunes ados n’y est pas étranger.

    Enfin, une postface explique aux jeunes ce que sont les ZAD (Zones à défendre) et les espaces essentiels concernés par les défenseurs de l’environnement. Tout est donc pensé dans les moindres détails.

     

    De plus, l’objet livre est magnifique. Imprimé sur du papier issu de forêts belges gérées durablement, il est aussi orné d’une couverture à la reliure cousue de fil rouge. Ce fil réhausse les illustrations d’Aurélia Deschamps qui mettent ce livre en valeur et sont réalisées dans des tons bleus, gris et rouges.

    Un album poétique, engagé et inspirant qui touche les lecteurs vu son actualité et qui, je l’espère, pourra faire avancer les choses en sensibilisant les jeunes.

    Merci aux éditions CotCotCot pour cet envoi ainsi qu'à l'opération Lisez-vous le Belge ? qui se déroulera en novembre. 

     

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  • Le carnet rouge, Benjamin Lacombe & Agata KAWALe jeune William est envoyé l’année de ses quatorze ans en pension au Malborough College. Ses parents ayant décidé qu’il serait prêtre. Un univers au départ intimidant, au milieu duquel William va laisser parler sa créativité en observant et en dessinant la nature environnante.
    Ainsi naîtra sa vocation…

     

    Mon avis :

     

    A la mort de son père William est envoyé en pensionnat. Très vite, il devient la vedette car il crée des divertissements pour amuser ses camarades, leur raconte des histoires qu’il invente… Mais il n’a pas vraiment d’ami. Rêveur, il écrit des histoires et les illustre dans son carnet rouge s’inventant un monde imaginaire où il aime se réfugier. Et ce même pendant les cours. Cela ne plait pas forcément aux enseignants…

     

    Cet album rend hommage à William Morris, écrivain, poète, peintre, dessinateur et imprimeur qui vécut en Angleterre au 19e siècle. Il faisait partie du mouvement Arts and Crafts et réalise des papiers peints, des textiles ou des vitraux. Le carnet rouge retrace l’enfance de ce génie mais le portrait est purement imaginaire.

     

    L’histoire scénarisée par Benjamin Lacombe et illustrée par Agata Kawa donne lieu à un magnifique album dont la lecture est agréable et donne envie d’en savoir plus sur William Morris. Les dessins sont emplis de poésie et le lien entre eux et les textes crée une atmosphère délicate et tendre. Il y a moult détails à observer et des trouvailles originales. On plonge de plein pieds dans l’art décoratif avec ravissement.

    J’espère que les adolescents y prendront du plaisir autant quand j’en ai eu.

     

     

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  • Mon passage secret, Max DUCOSDans la maison de leurs grands-parents, ce dimanche-là, Liz et Louis s’ennuient à mourir. Pour les occuper, leur Papou marmonne : « J’ai une idée ! Cherchez mon passage secret : vous allez voir, c’est extraordinaire ! »

     

    Mon avis :

     

    Vous savez certainement que j’admire beaucoup Max Ducos. Chaque album que je lis m’émerveille par ses trouvailles. Auteur et dessinateur, diplômé des Art Déco de Paris, il maitrise seul chaque aspect de ses albums. L’art est toujours bien présent dans ses dessins, parfois de manière explicite, parfois implicite. A chacun d’être attentif. Dans ce dernier album paru au début de l’année, il nous montre comment un quiproquo peut amener deux enfants à passer une incroyable après-midi d’aventure.

     

    La couverture cartonnée et percée d’un trou montre deux enfants agenouillés face à l’ouverture d’un passage secret. Tout de suite, le lecteur est plongé dans le mystère. Que vont-ils donc y trouver ! Et l’on retrouve un thème qu’affectionne Max Ducos : des enfants en recherche de quelque chose qu’ils vont s’obstiner à trouver.

     

    Par cinq fois, les enfants croient toucher au but et avoir découvert le passage secret. Ils en ramènent même un trésor mais ce n’est jamais ce que leur Papou a en tête. L’histoire est dynamique, vivante et pleine d’humour.

    Contrairement aux albums précédents, la majeure partie de l’histoire se passe à l’intérieur de la maison. Chaque lieu de fouille est l’occasion de découvrir des trésors de plus en plus extraordinaires et chaque dessin est parsemé de détails qui accrochent le regard et que l’on ne se lasse pas de découvrir.

    Enfin, autre différence avec les habitudes de l’auteur, le style des dessins a changé. Moins de rigueur architecturale et plus de fantaisie dans les traits. La maison des grands-parents est une maison on ne peut plus classique et nous rappelle celle de nos propres aïeuls.

     

    Quand à la chute, elle éclaire le récit par un clin d’œil malicieux de l’auteur.

    J’ai aimé, une fois encore, cet album teinté d’humour et de tendresse. Nous sommes curieux de savoir où le Papou veut en venir et ce que renferme ce fameux passage secret. Et l’on découvre que le trésor le plus précieux n’est pas toujours celui qu’on croit.

    Je vous recommande vraiment chaudement la lecture de cette album.

     

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  • Au nom de nos rêves, CollectifNola vit dans une chambre de bonne. Marwan travaille la nuit pour payer ses études. Célian ne sort plus de chez lui depuis le confinement.

    Entre angoisse et précarité, leur seul refuge est l’association « Liens publics », un espace de solidarité et d’espoir pour les étudiants. Benjamin et Espérance, les bénévoles, y apportent réconfort, repas et soutien.

    Jusqu’au jour où Roger, le propriétaire, vend le local.

    Alors que l’association risque de disparaître, ils décident de se battre ensemble pour la défendre. Parviendront-ils à sauver ce lieu qui les unit ?

     

    Mon avis :

     

    Un grand merci à Masse Critique et aux éditions Scrinéo pour cet envoi. Je l’ai attendu longtemps mais je suis heureuse de l’avoir découvert.

    Comme tous les enseignants et parents, j’ai vécu et vu ce que le confinement a eu comme influence sur la vie des jeunes. Non seulement l’isolement fut difficile mais pour ceux qui subvenaient à leurs besoins grâce à des jobs d’étudiants, le manque de ressources s’est ajouté à leur détresse quand la plupart ont cessé.

     

    C’est le thème de ce roman formé de 11 nouvelles chacune écrite par un auteur jeunesse différent. Chacune présente un personnage et son point de vue sur sa situation et sur l’ASBL qui va devoir fermer ses portes. Quant aux droits d’auteur, ils sont intégralement versés à l’association Linkee qui vient en aide aux étudiants en difficulté.

     

    Les nouvelles nous plongent au cœur du quotidien de huit jeunes. Tous ont des parcours de vie différents, suivent des cursus différents mais ont en commun de trouver auprès des animateurs de l’asso, une oreille attentive et même de quoi manger quand le frigo est vide. Ce sont des jeunes comme les autres mais le confinement les a fait basculer dans la précarité sociale et économique. Entre crainte, honte, volonté de s’en sortir, il n’est pas facile pour eux de franchir la porte d’une telle association et d’oser dire ce qui leur arrive. Heureusement, la générosité et la discrétion d’Espérance font des merveilles. Et quand elle annonce qu’ils vont devoir fermer les portes de « Liens publics » tous se mobilisent pour l’aider et la soutenir comme elle l’a si bien fait avec eux.

     

    J’ai beaucoup aimé ce recueil, les liens entre les nouvelles qui créent un récit cohérent et agréable à lire ainsi que la manière dont le sujet est traité. J’y retrouve quelques-uns de mes élèves et ce qu’ils ont enduré. C’est bien d’en parler et de continuer à aider les autres, ceux que d’autres raisons jettent dans la précarité.

    A faire lire à tous les ados, surtout les plus nantis.

    Auteurs : Sylvie Baussier, Pascale Perrier, Silène Edgar, Régine Joséphine, Christine Féret-Fleury, Pascaline Nolot, David Bry, Marie Colot, Fabien Fernandez, Aurélie Gerlach, Charlotte Bousquet

     

     

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