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    Chrystine Brouillet

      

    Je lis parce que lire me met à distance de moi-même et du monde. Je lis parce que lire me ramène à moi-même et au monde.

    Susie Morgenstern

      

    Challenge sur Berlin ici : http://argali.eklablog.fr/ich-bin-ein-berliner-recapitulatif-a46964735

     

    Bonjour à vous, visiteurs de passage, et bienvenue sur mon blog.

    Vous trouverez ici, une présentation des livres que je lis et un commentaire personnel sur l’histoire et le style de l’auteur. Mon but est d’abord de garder trace de mes lectures, ensuite de les partager avec vous pour vous donner, peut-être, l’envie de les découvrir à votre tour.
    Ici vous êtes sur la page d’accueil. Dans cette rubrique, vous pouvez lire de courts articles concernant les à-côtés de la lecture, la vie des blogs, les échanges…

     

    Quatre rubriques présentent les livres que j’ai lus.

     -       Mes lectures (romans, essais, bd, ouvrages historiques… pour adultes)

     -       Romans jeunesse (romans, récits, albums… à destination des jeunes dès 10-11 ans)

     -       Romans policiers (polars, thrillers, romans noirs… bref mes mauvais genres)

     -       Littérature québécoise (une majorité de romans, d’auteurs québécois que j’apprécie)

    Enfin, si vous cherchez un livre pour illustrer un thème particulier, rendez-vous dans la rubrique « Thèmes » où sont classées mes lectures.
    Pour les curieux, la rubrique « Auteurs » présentent des comptes-rendus de rencontres, conférences, interviews… d’écrivains, auxquels j’ai assisté.

     

    Bonne découverte !

     

     

     

  • Boulevard du Polar, Festival International TransmédiaL’an dernier avait lieu dans le prestigieux bâtiment de la Bourse à Bruxelles, l’édition zéro du festival Boulevard du Polar. Ce festival se veut un rendez-vous de passionnés et de curieux, un peu dans l’esprit des Quais du Polar : un lieu à taille humaine, des auteurs disponibles et accessibles afin de favoriser de belles rencontres avec leurs lecteurs et un ensemble d’animations gravitant autour du polar et de ses différentes déclinaisons.

    Après quelques petits ajustements, la première édition du Boulevard du Polar aura lieu ces 16, 17 et 18 juin prochain à l’atelier Coppens, dans le quartier Dansaert, à deux pas de la Bourse. Le modiste Christophe Coppens avait installé son atelier place du Nouveau marché aux grains, il en a gardé le nom. De style Art Déco, le bâtiment dessiné en 1932 par l’architecte E. De Boelpaepe est un cadre exceptionnel pour un tel rendez-vous.

    Festival international transmédia, Boulevard du Polar se déroulera chaque année dans un endroit différent de Bruxelles afin de faire découvrir à tous, les petits coins cachés de la capitale. En plus des classiques séances de dédicaces, il proposera des rencontres et conférences, des tables-rondes, des concerts, des projections, une librairie éphémère, un lieu de restauration et des expositions, le tout dans le thème, bien sûr.

    Nadine Monfils et Patrick Raynal ont accepté, cette année encore, de parrainer cette édition où seront présents Barbara Abel, Sylvie Allouche, Franck Bouysse, Hannelore Cayre, Sire Cédric, Victor Del Arbol, Patrick Delperdange, Pascale Fonteneau, Karine Giebel, Marin Ledun, Marcus Malte, Bernard Minier, Jean-Bernard Pouy, Richard Sainte-Marie, Patrick Senécal, Mark Zellweger et bien d’autres.

    Dans un esprit de convivialité et de simplicité et avec le professionnalisme qu’on leur connait, Ana Garcia et Roberto Cassol vous accueilleront deux jours et deux soirs, pour rendre hommage à un genre qui fait battre les cœurs et agite les neurones.

    Amateurs de frissons, rendez-vous donc les 17 et 18 juin, de 10 à 19h, et le 16 en soirée, afin de passer un agréable moment au cœur d’une intrigue dont vous serez le héros.

     

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  •  Festival International du Film Policier de Liège

    Le Festival International du Film Policier de Liège vient de connaitre sa onzième édition. Pendant quatre jours, la ville a vibré au rythme des projections des courts métrages en compétition, des avant-premières, des documentaires, des films et d’un grand procès d’assises.

    Huit films étaient en compétition et c’est le film espagnol « May God save us » de Rodrigo Sorogoyen qui a reçu le prix du jury officiel, présidé par Jean-Pierre Mocky, mais aussi le prix du jury jeune, celui de la critique et le prix du meilleur acteur pour Roberto Alamo. « Kills on wheels » du Hongrois Attila Till a aussi été primé par le jury jeune Europe Direct et pour le meilleur scénario.
    Le prix du public est allé à « Strangled », autre film hongrois, du réalisateur Arpad Sopsits.

    Alain Delon, primé par le Festival pour l’ensemble de sa carrière, a annoncé lors de la remise de son prix, qu’il tournerait à l’automne sous la direction de Patrice Leconte, son tout dernier film. Il a ajouté que celui-ci, écrit spécialement pour lui, lui permettrait de donner la réplique à Juliette Binoche.

    Festival International du Film Policier de Liège


    Le FIFP s’intéresse aussi à la littérature policière. A côté du Cinéma, le festival tient à couronner les auteurs de polars en décernant la Plume de Cristal au meilleur roman noir édité durant l’année précédant la manifestation. Des auteurs de tous horizons y ont participé et plus d’une centaine de romans noirs, policiers et thrillers sont parvenus aux organisateurs du concours. Le jury littéraire a récompensé cette année « Prendre les loups pour des chiens » d’Hervé Le Corre, aux éditions Rivages.

     

     

    Festival International du Film Policier de Liège

    Dans le cadre du FIFP, et pour la 9e année, la reconstitution d’un grand procès a eu lieu ce week-end à la Cour d’Assises de Liège. Cette année, maître Franchimont a scénarisé et transposé à notre époque, le procès de Marguerite Japy, épouse Steinheil.
    Le 16 février 1899, Félix Faure, sixième président de la IIIe République, trouve la mort dans les bras de Marguerite Steinheil, fille de l’industriel Edouard Japy et femme du peintre Adolphe Steinheil, son aîné de vingt ans. Dix ans plus tard, en 1908, Marguerite Steinheil est à nouveau impliquée dans deux décès très médiatisés : sa mère et son mari sont retrouvés morts à son domicile, impasse Ronsin. Accusée de ce double meurtre, « la connaissance du Président » sera jugée aux assises de la Seine et acquittée en novembre 1909, sous les applaudissements d’une foule subjuguée par sa beauté.

    Festival International du Film Policier de LiègeDurant 3h, le jury populaire s’est employé à comprendre les circonstances de ce drame et à débroussailler les déclarations de l’accusée qui donna pas moins de huit versions différentes des faits. Selon elle, la confusion due au choc subi lors de l’agression puis les interrogatoires musclés dont elle fut victime, l’ont passablement perturbée, lui faisant dire tout et son contraire.

    Comme en 1909, et vu le manque d’élément probant, le jury de Liège en 2017 a déclaré l’accusée non coupable des charges qui pesaient contre elle. Elle a été acquittée et remise en liberté.

    Une fois encore, cette reconstitution fut un excellent moment. Les magistrats jouant soit leur propre rôle, soit celui de témoins étonnent chaque fois par leur naturel et leur crédibilité. Glissant ça et là des allusions à l’actualité ou se permettant quelques bons mots, ils apportent humour et bonhomie dans une situation où des faits graves et sordides sont jugés.

     

    Festival International du Film Policier de Liège

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  •  Comment utiliser la BD en classe de français ?

       J’ai toujours beaucoup aimé la bande dessinée que j’ai découverte avec Le journal de Mickey puis Spirou avant de découvrir les albums des Aventures de Sophie et enfin Tintin et tous les classiques de la BD belge. C’est donc tout naturellement que je la donne à lire à mes élèves et que je l’utilise en classe.

       Aujourd’hui, la bande dessinée n’est plus considérée comme une distraction enfantine, une étape avant de découvrir la vraie littérature. Les temps changent et les préjugés s’estompent. Il est temps.
     

       -Mais que peut-on faire avec une bande dessinée ? 

       Pour les élèves lecteurs moyens, je propose en bandes dessinées, les romans classiques que d’autres liraient dans le texte (Victor Hugo, Agatha Christie, Edgar Allan Poe...) La liste des romans adaptés en bande dessinée est longue. La qualité des adaptations est diverse. En effet, il n’est jamais facile de résumer un roman de trois cents pages en une quarantaine de planches aussi pertinentes et précises soient-elles. Il est donc important de définir ce que l’on veut faire avant de choisir.
    Ainsi, l’album de Morvan et Druet, Double assassinat dans la rue Morgue, est idéal pour introduire le roman policier. Si l’histoire et la résolution de l’énigme dans ce roman sont complexes, le dessin de Druet rend admirablement bien le Paris des années 20. Les décors sont précis et documentés et la situation initiale représentée par quatre planches sans texte est particulièrement bien amenée.

       Il est toujours intéressant de travailler la compréhension d’une planche de BD à partir de l’observation de l’image et judicieux d’amener les élèves à proposer des hypothèses.
    En 4e, ils ont travaillé des extraits de Le sang des Valentines de De Metter et Catel. Cette BD qui relate l’histoire et le retour d’un poilu à la maison est faite d’aquarelles d’une grande force d’évocation. Et aussi de C’était la guerre des tranchées de Tardi, un autre excellent album dont les dessins en noir et blanc parlent d’eux-mêmes.

       Avec les plus jeunes, je travaille surtout les strips : trois cases, juste ce qu’il faut pour raconter une petite histoire, avec quelques bulles. C’est le gabarit d’une BD comme Snoopy, Le Chat ou Calvin et Hobbes. Un strip obéit à des règles de narration qu’il est facile de comprendre. Une fois les caractéristiques dégagées, les élèves s’essaient à leur tour à réaliser un strip.

       On peut également travailler l’imaginaire en effaçant les textes d’une planche : que disent les personnages ? Quel ton emploient-ils ? Quels liens y a-t-il entre images et textes ? Quel est le registre de langue idéal ?... Tout le monde l’a déjà fait.

       Il m’arrive aussi d’étudier le schéma narratif avec Tokyo Home de Cyrielle et Gloris ou le premier tome de La guerre des Lulus d’Hautière et Hardoc. Autrefois, je travaillais Silence de Comès, mais les élèves y sont moins réceptifs, malheureusement.

       Ou encore de travailler la comparaison BD-cinéma grâce au Magasin des suicides de Collardey et Ka ou Un hiver de glace de Renard.

       Enfin, les bandes dessinées et romans graphiques font partie des listes de livres que je propose chaque année. ODESSA de Dufranne et Peka, Un hiver de glace de Renard et Woodrell, Darkroom, Mémoires en noirs et blancs de Lila Quintero Weaver, Deuxième génération de Michel Kichka ou Le cas Alan Turing de Liberge et Delalande sont de ceux-là.


      
    Lire une bande dessinée n’a rien d’un choix de facilité. La plupart de mes élèves lisent des mangas mais les autres univers graphiques et narratifs leur sont très souvent étrangers et ils ne disposent pas des codes de lecture. Si, en plus, l’œuvre est élaborée ou fait appel à des notions historiques ou culturelles, la compréhension n’est pas immédiate. Mais l’étude simultanée du texte et des images permet de renforcer diverses compétences : le savoir lire, la représentation de l’espace, l’étude de la temporalité, des retours en arrière, des anticipations ou simultanéités... Sans parler des notions de cadrages, de plans et des éléments propres au genre en lui-même.
      La bande dessinée est un support pédagogique très riche. J’espère vous avoir donné envie de le faire vôtre.

     

    Comment utiliser la BD en classe de français ?

     

    * Article rédigé pour répondre à la question de Maud. Elle se reconnaitra.

    ** Et aussi Dernière station avant l'autoroute de Mako, Daeninckx et Pagan, Le Sauvage de Almon et MCKean, Le Labo de JY Duthoo, Idées reçues et corrigées de Lejeune, Turalo, Peyraud, Le bar du vieux français de Stassen et Lapiere Le marchand d'éponges de Fred Vargas et Baudoin, Demain, demain de Maffre et tant d'autres à trouver si vous êtes curieux.

    *** Cliquez sur les titres pour rejoindre les chroniques. 

     

     

     

     

     

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  • Foire du Livre de Bruxelles - Lire MontréalLa 47e Foire du Livre de Bruxelles, qui aura lieu la semaine prochaine, a choisi la ville de Montréal comme invité d’honneur. En effet, cette belle ville des bords du Saint Laurent, fête cette année ses 375 ans d'existence.
    Quel plaisir pour moi de retourner dans cette ville à travers des rencontres et des débats qui rassembleront des auteurs que j’aime comme Ariane Gélinas, Kim Thuy, Richard Sainte Marie, Patrick Senécal, Larry Tremblay et bien d’autres.

    En prologue à ces rencontres, et pour ceux qui ont envie eux aussi de découvrir Montréal dans la littérature, je vous propose bien modestement quelques romans qui vous plongeront dans cette ville unique au monde, à différentes époques. Alliant modernité et traditions, charme des influences européennes et énergie trépidante du Nouveau Monde ainsi que diverses histoires faisant de chaque quartier un lieu unique au caractère particulier, Montréal est un lieu magique aux multiples saveurs.

    Le cœur découvert, Michel TREMBLAY

    Tchipayuk ou le chemin du loup, Roland LAVALLEE

    L’Inaveu, Richard SAINTE MARIE

    Repentir(s) Richard SAINTE MARIE

    Le blues des sacrifiés, Richard SAINTE MARIE

    Opération Iskra, Lionel NOEL

    Petal’s Pub, Arlette COUSTURE

    Sur le seuil, Patrick SENECAL

    Il ne faut pas parler dans l’ascenseur, Martin MICHAUD

    La chorale du diable, Martin MICHAUD

    Quand j’étais Théodore Seaborn, Martin MICHAUD

    La misère des laissés pour compte, Maxime HOUDE

    Tout ce qu’on ne te dira pas Mongo, Dany LAFERRIERE

    Madame Victoria, Catherine LEROUX

    La chronique exotique, Une enquête à quatre mitaines, Laurent CORBEC

    Magasin général, Tome 5 Montréal, TRIPP et LOISEL

    Prélude de cristal, Bernard TIRTIAUX (une histoire belge qui nous entraîne de Charleroi à Montréal)

     

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  • Un écrivain en classe : Nicolas ANCIONQuoi de plus motivant pour un enseignant que de faire lire un roman qui trouvera un écho favorable auprès des élèves ?

    Ce fut le cas avec "En mille morceaux" de Nicolas Ancion, le roman choral d'une classe de lycéens bouleversés par la mort prématurée d'une des leurs. Chacun ressent alors le besoin de partager ses souvenirs, ses interrogations et ses révoltes que ce soit sur les réseaux sociaux ou par divers moyens. Un sujet qui n'a pas laissé les élèves indifférents.

    C'est donc avec enthousiasme que les élèves de 4TQ ont rencontré l'auteur cet après-midi. Une occasion unique de partager son avis de lecteur et d'interroger un écrivain sur son travail.

    Deux fois une heure de rencontre très différente l’une de l’autre. 

    Dans la première classe, les élèves ont rapidement dépassé l’analyse du roman pour oser des questions plus personnelles à l’auteur. Pourquoi avoir écrit un roman ado ? En combien de temps rédigez-vous un livre ? Vous inspirez-vous de faits réels ? Cela ne vous dérange-t-il pas de ne pas être très connu ? Qu’aimez-vous lire personnellement ? Vivre en France est-il un avantage pour un écrivain ?...
    Une discussion sans fard, franche et souvent humoristique.

    Dans la seconde, les élèves ont d’emblée donné le ton en réagissant en tant que lecteurs aux propos tenus par les personnages de Nicolas Ancion et par les choix posés par celui-ci. J’ai par moment eu l’impression d’assister à un débat digne de « Livrés à domicile » tant les avis de certains étaient pertinents et étayés, ce qu’a d’ailleurs fait remarquer l’auteur, toujours heureux d’avoir des retours vrais sur ses histoires. Une particularité que les adultes n'ont pas assez à son goût.

    Deux jolies rencontres qui me confortent dans l’idée que la lecture est un vecteur indispensable d’ouverture et de dépassement de soi.

     

    Un écrivain en classe : Nicolas ANCIONUn écrivain en classe : Nicolas ANCIONUn écrivain en classe : Nicolas ANCION

     

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    BILAN 2016

    Petit bilan annuel de mes lectures 2016 : par le plus grand des hasards, j’ai lu exactement le même nombre de livres que l’an dernier, soit 96.
    L’année a été marquée par l’abandon des contraintes pour ne garder que le plaisir des lectures et du choix de ces dernières. Ainsi je n’ai conservé que quatre rendez-vous : ceux du mois belge proposé par Anne et Mina, du mois anglais chez Cryssilda et Lou, le challenge 1% de la rentrée littéraire de Sophie et Léa et enfin le mois québécois de Karine et Yueyin. Cette liberté me permet ainsi de laisser toute la place aux tentations.

    Cette année fut riche en découvertes : nouveaux auteurs, premiers romans, littérature étrangère... je me suis régalée. J’ai ainsi découvert vingt-quatre romans québécois que vous pourrez retrouver dans la rubrique qui leur est consacrée ici. (Il y a cent titres québécois répertoriés en tout)
    Et parmi l’ensemble de mes lectures, douze ont été des coups de cœur que je vous recommande chaudement. Il s’agit de :

     

    Mes lectures :

    Traité de peaux, Catherine Harton

    Nirliit, Juliana Léveillé-Trudel

    Apaise le temps, Michel Quint

    Petit Pays, Gaël Faye

     

    Romans jeunesse

    La fée de Verdun, Philippe Nessman

    La cérémonie d’hiver, Elise Fontenaille

    Sweet Sixteen, Annelise Heurtier

    Agatha, Françoise Dargent

     

    Romans policier/genre

    Pretty Girls, Karine Slaughter

    Surtensions, Olivier Norek

    Le crime, Histoire d’amour, Arni Thorarinsson

    Swastika Night, Katharien Burdekin



    Et vous ? Quels sont vos coups de cœur ?

     

     

     

     

     

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  •  Tout a un prix...

      J’aimerais tant croire que Philippe Claudel, Eric-Emmanuel Schmitt, Bernard Pivot... sont libres et indépendants. J’aimerais tellement croire qu’on couronne le meilleur roman de la rentrée, un auteur de talent, celui qui a su faire vibrer ses lecteurs...
    Je ne dis pas que ce n’est pas le cas. Cette année, le roman primé est un bon roman et Leïla Slimani, qui n’est pas une novice, est charmante. De plus, c’est une femme et c’est suffisamment rare pour ne pas bouder son plaisir.

      Cependant, dès la première liste de sélections, des voix se sont élevées un peu partout, pour affirmer que le Goncourt serait un Gallimard. Que cette maison d’édition ne l’avait plus reçu depuis cinq ans et que le rachat de Flammarion lui avait couté cher, qu’il fallait renflouer les caisses. Et tout le monde le sait : le Goncourt fait vendre.* Au point que de véritables stratégies éditoriales se mettent en place pour cette course aux prix. Les éditeurs rompent des contrats, débauchent des auteurs et se comportent souvent de manière bien peu respectueuse. Et la littérature dans tout ça ?

      J’ai fouillé un peu dans les archives médiatiques.** Il y a longtemps que ce prix est critiqué car galvaudé. Au départ, à l’initiative des frères Goncourt, on mettait en évidence la littérature, la narration, le style de l’auteur. En 1903, le premier Prix est décerné (John-Antoine Nau). Les jurés sont des quadragénaires d’avant-garde issus du naturalisme. Ils se réunissent dans un bistrot et discutent entre eux pour choisir le lauréat. Les discussions vives et polémiques portent alors sur l’esthétisme du roman. La presse en fait écho et, de suite, les éditeurs s’emparent de ce prix. Bernard Grasset annonce qu’il « veut faire de la littérature un événement. » Très vite, ce prix sera vendeur. On passe alors, dans les années 20, de cent à cent mille exemplaires vendus pour le roman couronné.

      Aujourd’hui chez Drouant, Bernard Pivot a déclaré à chaud, en direct : « C’est un roman très visuel, tout est là pour un bon scénario de film. » Le livre est devenu objet de marketing, produit à placer, à rentabiliser. Le débat n’est plus littéraire, il porte sur la valeur marchande de l’ouvrage. Savez-vous qu’à la rentrée littéraire de septembre, les maisons d’édition vont jusqu’à distribuer gratuitement plus de « 800 exemplaires par titre pour faire connaitre les auteurs qui leur semblent prétendre à un prix ? L’investissement est extrêmement élevé et le retour attendu. » (Marion Mazauric, Au diable Vauvert)
    « Chez nous, c’est le texte qui compte. On publie les textes qu’on juge prêts et qui seront capables d’affronter la rentrée, précise Françoise Nyssen (Actes Sud). Il n’y aura qu’un Goncourt, il faut pouvoir rivaliser avec lui. On organise la rentrée en fonction des textes et des auteurs et non des prix possibles et du nombre idéal. » Sincérité ou langue de bois éditoriale ?

      Un premier roman de littérature peut se vendre à deux-cents, cinq-cents exemplaires couramment mais un auteur connu fera entre deux mille et sept mille exemplaires, vingt fois plus s’il obtient un prix. Les gros éditeurs peuvent se permettre de jeter une vingtaine d’auteurs dans la bataille en espérant rafler un prix ; les petits parieront sur un ou deux.
    Vous me direz que tout cela n’est pas neuf. Déjà en 1951, Julien Gracq dénonçait l’industrialisation du livre, la surproduction littéraire et la course aux prix... Soixante-cinq ans plus tard, c’est toujours le cas, cela s’est même accentué. Et ce prix convoité est toujours autant controversé.

      Il faut dire que petits et grands scandales ont émaillé ce prix au fil des ans : confraternité littéraire, vengeance et règlement de compte des jurés, tractations et échanges de bons procédés des éditeurs, tout cela sur le dos des auteurs. Ca n’a pas toujours été joli-joli.
    Qui se souvient par exemple que Pascale Roze a reçu ce prestigieux prix en 1996 pour « Le Chasseur Zéro » ? Qui même connait cet écrivain ? Quand elle est couronnée en 1996, beaucoup ont parié sur Houellebecq qui le rate pour la deuxième fois. Le scandale provoqué par les fans de Houellebecq a complètement occulté le roman primé et n’a pas mis en lumière Pascale Roze et ses qualités littéraires. Ce prix l’a même plutôt desservie car, ayant déjà été lauréate du Goncourt, elle n’a plus jamais édité à la rentrée. Quant à Houellebecq, il le ratera une troisième fois au profit de Weyergans suite à un conflit ouvert entre les représentants de Fayard et Grasset. Il le recevra finalement en 2010 mais est-on sûr qu'il couronne ses qualités littéraires ?

      Au pays des prix littéraires (plus de 2000 !!), le Goncourt reste cependant un prix prestigieux à recevoir pour les auteurs. Ils seront invités dans les médias, mis en lumière quelques temps et réaliseront une plus value. Pas sûr qu’il soit un repère pour le lecteur, souvent perdu dans la masse de publications ni qu’il soit vraiment gage de qualité littéraire, chaque année. Mais une chose est sûre, il permet à l’industrie du livre d’engranger des bénéfices et de se maintenir en ces temps troublés.


    * Dans les six semaines qui suivent l’obtention du prix, le gain pour l’éditeur sera environ de trois  millions d’euros.

    ** Wikipédia
       ARTE, Dans les coulisses du Goncourt
      
    Le blog de Raphaël SORIN
       France Culture, Les prix littéraires, 31.10.2016
       Pierre ASSOULINE, Du côté de chez Drouant

      

     

     

     

     

     

     

     

     

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