• Je ne suis pas Eugénie Grandet, Shaïme CASSIM

    Je ne suis pas Eugénie Grandet, Shaïme CASSIMTout à commencé à cause de l'exposition Louise Bourgeois : Moi, Eugénie Grandet… C'est Anne-Louise qui a eu l'idée d'y emmener sa petite sœur, Alice. Anne-Louise est excessive, passionnée : un danger public de l'émotion incontrôlable. Sa sœur est sa digue, son rempart. Alice a essayé de lire Eugénie Grandet, le roman de Balzac, mais l'histoire de cette jeune fille sacrifiée, qui se fane sous les yeux du lecteur, la perturbe. En contemplant les œuvres de Louise Bourgeois, elle est saisie d'un vertige. Elle suffoque. Elle a peur du temps qui passe, peur de rater sa vie. Un sentiment qu'Anne-Louise ne connaîtra jamais. Alors, pour la première fois, Alice repousse Anne-Louise. Elle préfère prendre du recul pour réfléchir, elle ne veut plus être dans l'ombre de sa sœur. Une chose est sûre : elle n'aura pas le destin d'Eugénie Grandet.

     

    Mon avis :

     

    Ce livre estampillé « roman jeunesse » n’est pas particulièrement facile à comprendre. Le parallèle que fait Alice, 17 ans, entre la vie et la personnalité d’Eugénie, la sienne et celle de sa grand-mère n’est pas aussi simple et anodin qu’il n’y parait. On y découvre aussi une seconde œuvre clé de la littérature « La Cerisaie » de Tchékhov. Le proposer à des lecteurs de 12 ans me semble un peu précoce.

     

    Le récit se découpe en trois parties : la première où Alice découvre le roman de Balzac, avant de se rendre à l’exposition de Louise Bourgeois qui lui rend hommage : la deuxième où elle nous parle de sa tyrannique grand-mère et découvre sans s’y attendre, qu’elle n’est pas tout à fait celle qu’elle a cru ; la troisième, enfin, qui nous parle de « La Cerisaie » mise en scène par Max, l’ami de sa sœur.

     

    Le début m’a un peu surprise tant les personnages sont bizarres, farfelus ou obsessionnels et parfois difficiles à suivre. Mais très vite, on s’attache à eux et on souhaite les découvrir vraiment.

    Pourquoi Alice est-elle si angoissée dans cette exposition, devant les œuvres de Louise Bourgeois ? Pourquoi son attitude frôle-t-elle l’hystérie ?

    En fait, elle a peur. Peur de perdre ses repères ; peur de perdre ceux qu’elle aime ; peur d’être abandonné ou de vivre dans la solitude… et le départ précipité de sa mère, lorsqu’elle était enfant, renforce davantage ces sentiments.

     

    Son départ chez sa grand-mère pour les fêtes est censé lui changer les idées (bien que ce ne soit pas une partie de plaisir) mais elle va là aussi, continuer à s’interroger sur sa vie et le monde qui l’entoure.

    Ensuite, cela devient un peu brouillon à mon sens. Le personnage d’Alice passe au second plan et la grand-mère devient le centre d’intérêt.

     

    Arrive la 3e partie et on ne parle plus ni de la grand-mère ni même d’Alice bien qu’elle reste narratrice. On partage les inquiétudes de Max, metteur en scène et ami d’Anne-Louise la veille de la dernière représentation de la pièce « La Cerisaie ».

     

    Bien qu’agréable à lire et de qualité stylistiquement, j’ai trouvé ce récit poétique un peu décousu. Chaque situation aurait pu être exploitée davantage et faire l’objet d’une histoire à part entière. Au lieu de ça, nous avons trois parties qui se juxtaposent sans vraiment avoir de lien entre elles, si ce n’est évoquer le temps qui passe inexorablement et révéler peu à peu Alice à elle-même. Mais même là, on reste sur sa faim.

    J’ai bien aimé mais il m’a manqué quelque chose que je ne peux définir, tout au long de l’histoire.

    Il donne cependant envie de lire ou relire « Eugénie Grandet » et « La Cerisaie » et ce n’est déjà pas si mal.

     

    Malgache d’origine indienne, Shaïne Cassim vit et publie en France depuis 7 ans. Elle a signé d’autres romans, jeunesse et adultes.

      

    J'inscris ce roman au challenge "Petit bac" en personnage célèbre.

      

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 25 Janvier 2012 à 10:46
    Anne Sophie

    ça donne envie de lire eugénie grandet, puis celui-ci ensuite.

    et hop, +2 dans ma wish list, d'un coup d'un seul :)

    2
    Vendredi 27 Janvier 2012 à 22:09

    Souvent la 4e de couverture donne un âge trop bas, je trouve. Tous les enfants ne sont pas de grands lecteurs, loin de là!

    Passe un bon weekend.

    Philippe

    PS Eklablog n'accepte plus mon prénom!

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