• Mes lectures

    Même si je lis beaucoup de littérature jeunesse afin de choisir les titres les plus appropriés à mes élèves, je lis aussi pour mon plaisir. Des romans surtout. Mais pas seulement.

    Derrière le mot roman se profilent des textes bien différents : romans de gare, romans épistolaires, romans policiers, romans réalistes, romans d'aventures... Le roman est pluriel et il existe donc de multiples raisons de s'y engouffrer.

    Le roman séduit, émeut ; il propose l'original, l'inattendu, l'éphémère, le sensuel, le hasard d'une rencontre, la violence des sentiments... Il permet de se trouver tour à tour dans la peau d'une empoisonneuse, d'un détective, d'une amoureuse, d'un aventurier, d'un dictateur... Il nous met en contact avec la complexité de nos propres vies et de celles des autres. Il nous renvoie à nous-mêmes tout en nous donnant à sortir de nous-mêmes. Il parle à notre coeur autant qu'à notre intelligence.

    Lire un roman c'est un peu prendre rendez-vous avec soi-même.

    Je conterai donc ici mes rendez-vous. Je partagerai mes coups de coeur et mes déplaisirs. Vous verrez, je suis une éclectique.

     

     

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    Le héron de Guernica, Antoine CHOPLINAvril 1937, le bombardement de Guernica fournit à Picasso le sujet de sa plus célèbre toile. A l’opposé du travail du Maitre, Basilio, jeune peintre autodidacte, s’absorbe dans l’observation des hérons qui hantent les marais des alentours… Alors que l’aviation allemande réduit la ville en cendres, il tente, par son art, de saisir la dignité et la fragilité de l’oiseau au milieu de cette folie. 

    Mon avis : 

    Basilio tente avec patience de rendre au mieux sur la toile, la finesse des plumes chatoyantes du héron, la lumière qui danse dans son œil, le port altier de l’échassier… Ce 26 avril 1937, il est en train de peindre quand le ciel s’emplit du ronronnement des moteurs et s’obscurcit au passage des trente-trois bombardiers qui s’apprêtent à lâcher sur Guernica, sa ville, plus de 2500 bombes incendiaires. Il court alors vers la place où se tient le marché, inquiet pour son oncle et ceux qu’il y a laissés mais quand il arrive, il découvre un paysage dévasté. Pendant qu’il s’occupe des blessés, le prêtre Eusébio lui confie un appareil photo et lui demande de conserver ainsi le souvenir de ce jour funeste pour que l’on sache ailleurs, qu’on se rende compte de la folie meurtrière des hommes. Avec son regard d’artiste, il va donner corps à cette tragédie, photographiant les avions lâchant leurs bombes à l’aveugle, un vélo abandonné, des humains en déroute, la violence et la souffrance.
    Deux mois plus tard, le prêtre lui confie que Picasso, dont il n’a jamais entendu parler, expose à Paris une toile qui commémore le massacre. Il invite Basilio à le rencontrer pour lui montrer ses toiles. Ce grand maitre les comprendra sûrement. 

    Ce court roman tout en finesse décrit le bombardement de Guernica à travers les yeux de Basilio et aussi son travail de peinture. Naïf, se contentant de joies simples, il s’acharne à reproduire l’authenticité de ce qu’il voit et exclusivement les hérons cendrés. Il est touchant de pureté et attachant par le regard plein de bonté qu’il pose sur les gens et les faits. Le personnage de Basilio pose aussi la question de la difficulté à restituer avec justesse par l’art, la véracité des choses, que ce soit le plumage d’un oiseau ou l’horreur d’une ville en flamme. L’art peut-il rendre tout ça ? 

    Il est presque cruel de voir que ce n’est pas au jeune artiste local, ayant vécu l’événement de près que l’on a demandé de témoigner du bombardement mais bien au « maître », dont l’œuvre « Guernica » marquera l’Histoire à jamais.  

    J’ai aimé ce roman délicat constitué de courts chapitres ; cette écriture concise et poétique qui peu à peu constitue le tableau final. J’ai apprécié la manière dont il donne à voir la ville avant et pendant l’horreur, en touches impressionnistes : un taureau qui fume, un cheval calciné, une roue de vélo qui tourne, des hommes affolés… Une histoire remplie d’humanité et de sagesse.

    Quatre-vingt ans après les faits, ce récit reste hélas d’actualité.

     

     

     

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  • Nous sommes tous des faits divers, Vincent ENGELNous sommes tous des faits divers.
    Tous. Victimes ou coupables de ces gestes anodins sur lesquels le destin bascule. De ce hasard de grain de sable qui nous ensevelit ou nous ressuscite.
    A travers ces quatre nouvelles portées à la scène par Michel Poncelet et Bernard Francq, voici quatre portraits qui nous ressemblent peut-être…
    Des faits divers ? Peut-être. De ceux dont on tisse l’humanité.

     

    Mon avis :

     

    Relayés quotidiennement dans nos médias, les faits divers attisent la curiosité. Surtout lorsqu’ils sont sordides et se transforment en feuilleton dans la presse. S’y intéresser c’est se défouler de sa propre violence, l’extérioriser. C’est en ça qu’ils nous fascinent.

    Dans ce recueil de quatre nouvelles, Vincent Engel tend à nous prouver que chacun d’entre nous, à un moment de sa vie, et par le plus grand des hasards, peut devenir l’objet d’un fait divers.

    Ses quatre histoires, très différentes, nous invitent dans l’intimité d’un personnage, à partager quelques jours de son quotidien.

    Un designer de génie, concepteur de rutilantes voitures de sport, cherche à tout prix à surprendre son épouse afin de la garder.
    Un jeune inspecteur de police, peine à découvrir l’assassin de la première affaire qu’on lui confie et rencontre un flic en retraite, jadis le meilleur dans son domaine. Un clochard se rend chaque vendredi dans un cercle juif laïc où il se croit attendu comme le messie. Enfin, une mère nous confie sa douloureuse confession après le décès de son dernier enfant, sensible à la musique de Bach.

    Vincent Engel nous dépeint avec lyrisme ou humour des vies simples, en détresse où les personnages se dévoilent. Ces mises à nu nous parlent de mort, d’amour, de vérité, de religion ; des valeurs qui parlent à tout un chacun. Et cela émeut car nous pourrions être à leur place. Chacun de ces textes nous renvoie à nous-mêmes.

    Mises en scène dans les années 90, ces nouvelles ont été republiées aux éditions Ker en 2013. Un court recueil que je vous recommande.

     

     

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  • Angélique à Québec, Anne et Serge GOLONEn ce matin de novembre, la population de Québec, dans le lointain Canada, regarde avec appréhension s’avancer sur le grand fleuve, une flotte étrangère dont le pavillon ne se recommande d’aucune nation
    Amis ou ennemis ? Qui sont ces nouveaux venus ?
    A bord de leurs navires, Angélique et son époux, Joffrey de Peyrac, jettent sur la petite ville dressée devant eux le même regard d’incertitude. Ici, le Roi de France qui les a bannis règne en maître. D’un mot, ses représentants peuvent les arrêter, les juger, les condamner.
    Ce défi, Joffrey de Peyrac l’a relevé avec son courage habituel. Près de lui, en magnifiques atours, Angélique, elle aussi, s’apprête à relever un autre grand défi. Aura-t-elle raison de l’hostilité qu’a suscitée contre elle un jésuite puissant à Québec, faisant courir le bruit qu’elle était une créature du Démon ? Saura-t-elle dissiper les doutes, charmer, fasciner, conquérir ? (…)

     

    Mon avis :

     

    Connaissant mon amour pour le Québec, une copine m’a offert ce gros volume de huit cents pages, retrouvé dans la bibliothèque de ses parents. En clin d’œil au mois québécois, j’ai programmé mon billet pour clôturer novembre.

    En ce rude hiver, le complot qui menace Angélique et dont un puissant jésuite, Sébastien d’Orgeval, est à l’origine, n’est hélas pas le seul. En effet, le duc de Vivonne est prêt à tout pour la conquérir alors qu’une femme mystérieuse cherche à l’évincer pour séduire Joffrey. Angélique doit se défendre contre ceux qui l’attaquent de toutes parts.

    Tout le monde connait cette saga dont ce tome est le 11e de la série et qui a été immortalisée à la télévision grâce à Robert Hossein et Michèle Mercier. Paru en 1980 et nous plongeant dans le Québec du dix-septième siècle, ce récit décrit Québec comme une petite ville insignifiante du bout du monde, telle qu’elle devait être vue à l’époque.

    Sur la 4e de couverture, que je n’ai pas reprise en entier, on lit : Comment Québec, cité perdue, abandonnée aux confins du monde, au-delà d’un océan de ténèbres, livrée à la cruauté du froid et des glaces et à celle des sauvages Iroquois qui ont juré sa perte, passera-t-elle ce terrible hiver ?
    Et page 14 : Ce retour vers la France, ne fût-ce qu’en mettant pied dans la petite capitale du Canada…

    Mais Québec est aussi une ville de fête où savourer l’art de vivre et ce tome qui lui est dédié voit défiler les mondanités. Il mêle aussi la grande et la petite histoire et les descriptions que nous font les auteurs montrent à quel point ils se sont documentés sur les habitudes et les événements de cette période de l’Histoire et la vie des premiers colons. Je pense notamment à cette scène incroyable où des milliers d’Iroquois remontèrent le St Laurent en canoë passant sous la ville de Québec en hurlant des insultes.

    Immergé dans le règne de Louis XIV, ce récit a une dimension historique incroyable, chaque détail étant passé au crible et beaucoup de personnages cités ayant réellement existé. Même si c’est un roman d'aventures, il existe toujours un fond de vérité.

    Cette fresque romanesque m’a fait passer un bon moment avec ce couple mythique de la littérature, épris de liberté et d’aventures.

     

    Angélique à Québec, Anne et Serge GOLON

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  • L'impureté, Larry TREMBLAY

    La romancière à succès Alice Livingston est morte.
    Elle laisse derrière elle des lecteurs éplorés, un manuscrit inédit, un fils qui cherche à refaire sa vie le plus loin possible de son père, et son mari Antoine, incapable de pleurer sa mort et qu’i n’a jamais apprécié son œuvre. Pourtant, le roman posthume de sa femme va le bouleverser et le contraindre à faire face à ses souvenirs. Et inévitablement à ses démons enfouis. Car la fiction parfois tisse entre les lignes une toile vengeresse.
     

    Mon avis : 

    Je découvre Larry Tremblay avec ce roman. Je n’ai pas encore lu « L’orangeraie » mais je sais qu’il y parle de guerre, de confrontation entre le bien et le mal et de choix cornélien. Ici aussi, les personnages sont confrontés à la violence (de la trahison cette fois) et Antoine au mal dans une guerre envers lui-même, intime, où la culpabilité le dispute à la négation.

    Blessée, trahie, Alice, auteure à succès, met toutes ses forces dans un combat trouble afin de mettre son compagnon face à ses responsabilités et aux torts qu’il a causés pour que lui aussi connaisse la souffrance. Elle décide d’écrire un roman sur leur histoire, un roman règlement de compte.

    J’ai découvert un auteur qui ne se laisse pas facilement apprivoiser. Derrière ce roman s’en cache un autre, intitulé aussi « L’impureté » et à l’intérieur, un autre encore nommé « Un cœur pur » (celui d’Alice). Les personnages sont les mêmes mais leurs noms changent et les histoires s’entremêlent. Cette mise en abîme est troublante. Il m’a fallu quelques pages pour entrer dans cette histoire multiple qui nous conte à la fois la vie d’Antoine à travers le récit d’Alice et les réactions de celui-ci, ses états d’âme à la lecture du roman où il apparaît en manipulateur cynique et sans scrupule.

    J’ai aimé le style de Larry Tremblay, ses phrases vives au style impeccable qui décrivent en quelques traits précis une situation. J’ai aussi apprécié la subtilité de la mise en abîme et tout ce qui concerne la manipulation. Quelle fin brillante ! J’ai moins adhéré à la philosophie qui traverse le récit qui, même si elle nous offre quelques beaux passages, véhicule moultes clichés. De plus les nombreuses citations m’ont paru superfétatoires. Enfin, contrairement à beaucoup, j’ai trouvé les personnages peu profonds, parfois peu crédibles et je n’ai pas réussi à m’y attacher.

    J’ai donc bien des difficultés à avoir un avis clair et tranché. On verra dans quelques temps ce qui me reste de cette lecture.

     

     L'impureté, Larry TREMBLAY9

     

     

     

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  • Moi aussi j'aime les hommes, S. BOULERICE & A. LABONTEOctobre 2015, Alain est assis dans son salon. A la télévision, des images défilent : un jeune homme, les yeux bandés et les mains liées, est amené au sommet de la plus haute tour d’une ville puis poussé dans le vide. Parce qu’il est homosexuel. Habité par la colère et l’incompréhension, Alain écrit à la première personne à laquelle il pense : Simon. Celui-ci, dans les nuages entre Montréal et Baie-Comeau, lui répond.
    C’est ainsi que s’amorcent entre les deux auteurs des échanges qui abordent leurs parcours, leurs aspirations, leur joie face aux avancées des droits LGBT ici, leurs réaction face aux horreurs perpétrées ailleurs, l’importance de la famille et de la création ?

    Mon avis :

    Après avoir été bouleversés par les images intolérables de meurtres d’homosexuels par Daesh, Alain et Simon échangent leur avis par courriel. S’installe alors une correspondance qui durera presque une année où ils commenteront l’actualité et se confieront l’un à l’autre sur leur travail, leur vie, leurs rêves…

    Leurs échanges parlent d’homosexualité, du sida mais aussi d’art, de création, d’amitié, d’amour, de foi, de la société et de l’humanité comme elle va… et se réjouissent aussi des avancées des droits des LGBT au Québec.

    Je ne connais pas ces deux auteurs, de générations différentes. Je n’ai jamais eu l’occasion de les rencontrer ou de les lire. Dans ces échanges, ils se livrent sans fard, avec sincérité et s’exposent donc forcément. Les discussions à bâtons rompus se suivent enchainant des sujets différents, une idée en entrainant une autre. Je me suis souvent retrouvée dans leurs réflexions, notamment quand ils s’émeuvent du manque d’amour et de respect, du peu de compassion que certains ont pour les moins nantis ou se réjouissent de leur chance d’avoir eu un entourage aimant et serein.

    Je n’ai pas vu les images dont ils parlent, mais nous en avons tous d’autres en tête. Je me souviens du calvaire d’Ishane Jarfi, massacré à coups de pieds et de poings et abandonné dans un champ, parce qu’homosexuel. J’ai énormément de respect pour le combat de son père, professeur de religion islamique, qui préside une fondation qui porte le nom de son fils défunt et lutte pour le respect des homosexuels et des différences, notamment en se rendant dans les écoles pour témoigner.

    Ce livre m’a touchée. Moi aussi je suis privilégiée et cela me permet, je pense, de mieux saisir la laideur du monde et de lutter à mon niveau pour l’embellir un peu.

    J’ai découvert des artistes à travers ce qu’ils disent de leur vie professionnelle et de leurs créations, des livres qu’ils ont lus, des pièces ou films qui les ont marqués… J’ai fait des recherches sur le net pour en découvrir davantage. J'ai maintenant envie de lire d'autres de leurs oeuvres.

    Un essai épistolaire sans prétention, nécessaire car il fait du bien. Moi aussi j’aime les Hommes.

     

     Moi aussi j'aime les hommes, S. BOULERICE & A. LABONTE7

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  • Les cendres de Sedna, Ariane GELINASAprès la mort tragique de sa mère et de sa tante, le jeune Wilmard Boudreau est venu habiter l’île Kanty, en Basse-Côte-Nord, en compagnie de son père, Anselm, et de sa cousine Hypoline. De tempérament rêveur, Wilmard est aussitôt attiré par les rumeurs qui courent dans la région concernant un de leurs voisins, le vieux Nayati, que l’on dit immortel mais aussi la proie d’une malédiction ancienne. Et puis il y a Taliana, l’une des domestiques de Nayati, qui attise son désir…

     

    Mon avis :

     

    Ce roman fantastique d’Ariane Gélinas, basé sur une légende Inuit, se déroule sur trois périodes. La premère en 1873 présente la légende et les protagonistes. La seconde, en 1921, nous raconte l’évolution de la situation. La troisième en 2015 nous confie la situation finale. Le récit chronologique est entrecoupé des mémoires du personnage principal de chaque période : Wilmard, Sora et Maïk.

     

    Selon la légende, un père donna sa fille à marier à un homme-oiseau qui l’emporta avec lui sur une île. Maltraitée et malheureuse, elle pleura et cria tant que son père l’entendit et vint la délivrer. Mais au retour, alors qu’il la ramenait en kayak, la mer se déchaina et le père, paniqué, jeta sa fille par-dessus bord. Celle-ci se cramponna au kayak pour ne pas retourner auprès de son mari mais le père craignant de chavirer la força à lâcher prise en lui coupant les doigts. Alors qu’elle s’enfonçait dans la mer, ses doigts tranchés se transformèrent en mammifères marins. Elle devint ainsi la maîtresse de la mer et des animaux marins, capable de produire de redoutables tempêtes ou de faire chavirer les bateaux. Son nom était Sedna.

     

    C’est cette légende qui a donné naissance au roman d’Ariane Gélinas. En 1873, Hypoline découvrit le squelette d’une homme-oiseau, en bêchant un potager. Forcée contre son gré d’obéir à Sedna, elle disparut de longues années. Ce roman nous conte les conséquences de cette découverte et de la disparition de la jeune fille jusqu’au 21e siècle.

     

    Comme dans « Les villages assoupis », la trilogie de l’auteure qui m’avait tant séduite, on retrouve l’originalité et l’inventivité d’Ariane Gélinas et sa plume onirique et limpide qui nous fait voyager autant dans l’intimité des personnages que dans les grands espaces sauvages de la Basse-Côte-Nord.
    Cependant, je dois bien avouer que je ne suis pas entrée dans l’histoire. N’étant pas fan de fantasy, ce qui m’avait plu dans sa trilogie, c’est le côté plausible des récits se déroulant dans des villes fantômes, chargées d’histoires, joyeuses ou horribles, ayant laissé des traces dans l’espace et le temps. Ici, on entre de plain-pied, dans la légende, le rêve, la fantasy dans ce que cela peut avoir de noirceur, de brutalité et d’irréel. Et même si l’arrivée des éléments fantastiques dans l’histoire se fait crescendo, je trouve ça too much.

    Les qualités d’écriture d’Ariane Gélinas sont toujours bien présentes. Les descriptions sont précises au point que le registre olfactif est presque perceptible ; les atmosphères sont bien rendues ; son univers est d’une grande cohérence ; la nature reste son sujet de prédilection et elle en parle merveilleusement bien… Mais je suis restée en dehors, insensible aux malheurs des personnages, à leur détresse ou à leurs espoirs. 

     

    Je ne voudrais pas vous empêcher de découvrir ce roman car le talent de conteuse d’Ariane Gélinas est indéniable et son écriture superbe. Elle a réellement du talent. Mais ce genre littéraire n’est pas pour moi.

    Les cendres de Sedna, Ariane GELINAS6

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  • Voyage léger, Mélissa VERREAULTUne jeune photographe entreprend un voyage afin d’échapper à un quotidien morne et sans saveur. Mais une fois à l’aéroport, c’est face à elle-même qu’elle se retrouve. Sa remise en question soudaine et l’introspection qui en découle lui font emprunter une tout autre trajectoire que celle escomptée.
    La plume limpide et pleine d’espoir de Mélissa Verreault fait entendre le monologue intérieur d’une héroïne mélancolique, dans ce récit fourmillant de détails justes et d’aveux touchants.

     

    Mon avis :

     

    Mélissa Verreault nous offre un récit intimiste dans lequel Ariane raconte sa fuite en avant née d’une crise existentielle profonde. A la dérive, elle décrit sa vie comme autant d’instantanés pris sur le vif. En textes très courts, émaillés de réflexions personnelles et d’un faisceau de souvenirs, elle s’interroge. Au hasard des rencontres, elle remet en question ce qui a fait sa vie jusqu’ici : son enfance, sa famille, son couple… Qui est-elle ? Que veut-elle ? Qu’attend-elle de la vie ?

    Sans aucune planification, elle prend les choses comme elles viennent. Ouverte à l’autre, à l’inattendu, à ce qu’une journée peut apporter, elle effectue une lente métamorphose. Au bout de deux mois, elle renoue avec la vie et l’envie.

    L’auteure va droit au but ; elle ne s’embarrasse pas de digressions, de détails, elle nous offre le récit réaliste et brut d’une femme en plein mal être qui se raconte en tissant des liens constants entre son passé et son présent. Sa quête du bonheur est décrite avec finesse et justesse dans une langue fluide et légère. On la sent souvent au bord du gouffre mais un fil tenu la raccroche à la vie presque malgré elle et lui fait peu à peu prendre goût aux petits bonheurs quotidiens. Fragile et touchante, Ariane s’offre à nous sans pudeur.

    Ce premier roman de Mélissa Verreault fut une belle surprise et me donne le goût de découvrir « L’angoisse du poisson rouge » son dernier roman.

     

    Voyage léger, Mélissa VERREAULT5

     

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