• Mes lectures

    Même si je lis beaucoup de littérature jeunesse afin de choisir les titres les plus appropriés à mes élèves, je lis aussi pour mon plaisir. Des romans surtout. Mais pas seulement.

    Derrière le mot roman se profilent des textes bien différents : romans de gare, romans épistolaires, romans policiers, romans réalistes, romans d'aventures... Le roman est pluriel et il existe donc de multiples raisons de s'y engouffrer.

    Le roman séduit, émeut ; il propose l'original, l'inattendu, l'éphémère, le sensuel, le hasard d'une rencontre, la violence des sentiments... Il permet de se trouver tour à tour dans la peau d'une empoisonneuse, d'un détective, d'une amoureuse, d'un aventurier, d'un dictateur... Il nous met en contact avec la complexité de nos propres vies et de celles des autres. Il nous renvoie à nous-mêmes tout en nous donnant à sortir de nous-mêmes. Il parle à notre coeur autant qu'à notre intelligence.

    Lire un roman c'est un peu prendre rendez-vous avec soi-même.

    Je conterai donc ici mes rendez-vous. Je partagerai mes coups de coeur et mes déplaisirs. Vous verrez, je suis une éclectique.

     

     

  • « Je m’appelle Sylvie Meyer. J’ai cinquante-trois ans. Je suis mère de deux enfants. Je suis séparée de mon mari depuis un ans. Je travaille à la Cagex, une entreprise de caoutchouc. Je dirige la section des ajustements. Je n’ai aucun antécédent judiciaire. »

    Sylvie est une femme simple, sur qui on peut compter, une femme en apparence sans histoire, qui subit la violence du monde et qui étouffe depuis des années celle qu’elle porte en elle. Jusqu’à un jour de novembre où elle se révolte, commet une faute, choisit une voie condamnable par la justice et par la société. Le temps de cette révolte, Sylvie se sent enfin vivante, libre.

     

    Mon avis

     

    Sylvie a 53 ans, est mère de deux jeunes fils dont elle partage la garde avec son mari depuis un an. Elle travaille dans une entreprise de caoutchouc sans enthousiasme. Elle subit. Jusqu’à ce que son mari la quitte et que le patron lui demande de faire des heures supplémentaires et de surveiller les autres salariés afin de lister les compétents et les autres car une vague de licenciements se profile.

    Ce récit écrit par une femme nous dépeint un portrait de femme à la fois mère, épouse puis ex-épouse et travailleuse. Ses interrogations, ses craintes, ses aspirations et sa révolte font, devraient faire, écho en nous. C’est la vie d’une femme ordinaire, vulnérable, fragile, sans désir et de son rapport à l’amour, au travail, à la dépendance. Elle a résisté longtemps, tant qu’elle a pu, accepté sa condition de femme. Tout au long de sa vie, elle a accumulé sans rien dire, jusqu’au jour où elle explose. Enfin, tente de s’opposer.

     

    J’ai lu beaucoup de critiques dithyrambiques sur ce roman. Je l’ai trouvé intéressant mais je suis restée un peu spectatrice de l’histoire. Je n’ai pas été touchée par le texte de Nina Bouraoui, je l’ai trouvé froid, sans émotion. J’ignore si cela vient du fait que c’est un texte théâtral remanié, sans doute.

     

    Je n’ai pas vraiment aimé le style de ce récit non plus : des phrases très longues où les subordonnées se succèdent, à l’image de la page 73 qui n’est qu’une seule et même phrase, une certaine pauvreté de vocabulaire et des phrases trop orales pour me séduire. Bien sûr, cela colle à la personnalité de Sylvie, à sa manière simple de s’exprimer. Mais cela m’a empêchée d’entrer réellement dans l’histoire. Sans doute aurais-je été plus touchée de l’entendre, avec toute la dimension d’interprétation qui peut magnifier un texte. Peut-être aussi en attendais-je trop.

     

    Un roman intéressant, interpellant mais sans plus en ce qui me concerne.

     

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  • Le dernier bain, Gwenaële ROBERTParis, an II. La France vibre sous le souffle de la Terreur.

    Jane, une jeune Anglaise cachée dans l’appartement d’aristocrates émigrés, Théodose, un moine qui a renié sa foi par peur de la guillotine, Marthe, la lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, David, le fameux peintre et député de la Convention, ou encore une Normande du nom de Charlotte Corday, tout juste arrivée à paris… Ils sont nombreux, ceux qui tournent autour du logis de la rue des Cordeliers où Marat, cloîtré, immergé dans des bains de soufre, traque les suspects hostiles aux idées de la République.

    Il ignore que certains d’entre eux souhaitent sa mort et qu’il ne lui reste plus que trois jours à vivre.

     

    Mon avis

     

    Cette lecture s’inscrit à la fois dans le challenge #Marsauféminin et dans le Prix Horizon du 2e roman. Je serais probablement passée à côté si je n’avais pas fait partie du jury de ce Prix et cela aurait été dommage tant ce roman est intelligent et bien construit.

     

    Gwenaële Robert est professeur de lettres. Avec une plume élégante et fine, mais simple à appréhender, elle dépeint avec précision l’ambiance du Paris de la Terreur, des violences d’Etat, des exactions de ceux qui revendiquent son autorité, des délations de « bons » citoyens… On ne peut pas parler à proprement parler de roman historique même si son récit s’appuie sur des faits réels, car la plupart des personnages sont des personnages de fiction. Ce qu’elle tend à nous montrer c’est davantage une époque dont parlent peu les manuels scolaires et qui est bien loin des idéaux de la Révolution. Et le contexte historique est intégré de manière très réussie au récit. Elle nous montre aussi le vrai visage de Marat à la fois craint et adulé et donc cible de choix pour les opposants au régime.

     

    Ses personnages nous font entrer de plein pied dans le Paris de la Terreur, chacun par un chemin différent. L’un rêve de vengeance, l’autre de réparation, un troisième culpabilise d’avoir été faible et lâche et un quatrième agit par idéal espérant faire cesser les massacres. L’auteure nous laisse penser que c’est le hasard qui a fait de Charlotte la meurtrière car d’autres auraient tout aussi bien pu se charger de cette tâche, tant leur haine du révolutionnaire était forte.

    A travers ce roman polyphonique, l’auteure nous fait entendre des voix de femmes pour lesquelles la Révolution a ouvert des possibles. Deux d’entre elles voyagent seules, vivent seules, impensable à l’époque ; une troisième ose s’affirmer contre les idées de son mari et l’on sent planer l’ombre d’Olympe de Gouges. Les interventions des hommes lors du procès de Charlotte Corday donnent à voir ce qu’est alors la condition de la femme et l’on comprend que l’acte de cette dernière fait peur parce que, par lui, la femme apparaît comme dangereuse, à l’instar des hommes.

     

    Partant du tableau célèbre de David, Gwenaële Robert remonte le temps pour nous permettre d’imaginer comment on en est arrivé là et pourquoi. Peu à peu, par petites touches, elle peint à son tour l’Histoire autour de l’œuvre.

    Enfin, « Le dernier bain » m’a appris aussi que la baignoire de Marat n’était pas celle du tableau et que la vraie était conservée au Musée Grévin et le tableau aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, choses que j’ignorais.

     

    Habillement construit, tenant en haleine jusqu’au bout malgré l’issue connue, ce roman m’a beaucoup plu. Cette déconstruction d’un mythe, s’appuyant sur des faits historiques, fut une très belle et agréable lecture.

     

    Le dernier bain, Gwenaële ROBERT4e

     

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  • L'apparition du chevreuil, Elise TURCOTTEAu XXIe siècle, entre deux révoltes féministes, une écrivaine se retire dans un chalet après avoir été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux. Remontant le cours de la colère, une histoire familiale revient la hanter. Au cœur d’une tempête qui à la fois obscurcit et enlumine le paysage, elle appréhende la forêt ou rien n’est tranquille. Abandonné et rongé par la mérule, le chalet voisin se dresse comme une menace. Et si on l’avait suivie ?

     

    Mon avis :

     

    Volontairement coupée du monde, dans un chalet sans téléphone ni internet, une écrivaine décide de mettre par écrit une affaire de famille : la sienne. Par bribes quelque peu décousues au départ, elle retrace le cours de l’histoire, les événements qui l’ont poussée à écrire des articles féministes virulents sur son blogue, à prendre des risques au péril de sa vie, à suivre une thérapie, à affronter le harcèlement avant de lâcher prise et de fuir en plein hiver dans la forêt.

     

    Si les propos semblent décousus c’est que la narratrice est au cœur d’une tempête qui dure depuis des années. Au sein de sa famille, en elle, dans la société, elle lutte, refusant l’autorité destructrice d’un homme et d’un groupuscule d’extrême droite : La Souche. Elle est en colère et cela la rend lucide. Elle fuit une menace ; virtuelle sur les réseaux sociaux, réelle dans sa famille. L’écriture sera-t-elle salvatrice ? Elle l’espère. Cette mise en abyme d’elle-même dans un récit où l’héroïne est romancière est sa manière de résister.

     

    Paru à l’automne 2019, « L’apparition du chevreuil » a été rédigé dans la foulée du mouvement #agressionnondénoncée au Canada. Parler c’est bien, dénoncer c’est indispensable. Mais il faut aussi être prête à affronter les mises en doute qui suivent, le refus d’entendre, la minimisation des faits, parfois des lendemains encore plus violents. Et il faut les dénoncer, encore et toujours. C’est pour cela que la narratrice de ce récit prend la plume. Elle va raconter l’intime, l’interdit. Et se rendre compte que ce n’est pas si simple de dévoiler au grand jour la vie de famille.

    Les personnages ne sont pas nommés. C’est Elle (la psy), la mère, la sœur, l’enfant… Par retenue et parce qu’hélas cette histoire est universelle. Le texte est au présent « J’emploie le présent et je veux mettre en scène un personnage d’écrivaine. C’est une provocation. » dit la narratrice. Le style est pluriel, les niveaux narratifs multiples. Les voix des uns et des autres se mêlent dans les souvenirs de l’écrivaine qui brise ainsi la linéarité du récit. Et la vérité se tisse peu à peu, libérant la parole.

    Mais le danger guette, même au cœur de cette forêt. Quand frappera-t-il ? Où ? La proie deviendra-t-elle chasseur ?

     

    Elise Turcotte nous offre un thriller psychologique implacable, dans l’air du temps. Un récit nécessaire car parler c’est survivre.

     

    L'apparition du chevreuil, Elise TURCOTTE3e

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  • Marche blanche, Calire CASTILLONHortense, une fillette de quatre ans, a disparu. Ses parents survivent au drame, entre enquête, espoir et résignation. Dix ans après, de nouveaux voisins emménagent dans la maison d’en face. Leur fille a quatorze ans, exactement l’âge qu’aurait Hortense, et une petite cicatrice sur la lèvre, comme celle de la fillette disparue… Il n’en faut pas plus à la mère pour reconnaître sa fille.

     

    Mon avis

     

    L’écriture de Claire Castillon, on y adhère ou pas. Son style bouleverse les codes grammaticaux, ses phrases sont hachées, brèves, inventives. Elle nous livre un portrait de femme désespérée, poignant porté par cette écriture de l’urgence. Cette mère orpheline d’enfant n’est que douleur et survit péniblement depuis dix ans dans l’espoir de retrouver sa fille Hortense.

     

    Le drame est raconté à la 1e personne. La force de l’auteure est de nous décrire avec finesse la psychologie de l’héroïne en permettant au lecteur de s’immiscer dans la tête de cette femme devenue folle de douleur. Logico-délirante dira le médecin. Cette voix intérieure nous relate les épreuves par lesquelles ce couple est passé et passe encore. Les difficultés de la maternité, de l’isolement d’une mère au foyer, des petites joies quotidiennes, les rêves d’avenir, le drame, le repli sur soi… Un monologue déstructuré, confus qui construit peu à peu la vérité.

     

    Trop grandes, la souffrance et l’absence ont éloigné les parents qui ne sont plus unis que par leurs recherches. Alors que le père vit une souffrance intérieure, muette et solitaire, la mère voit sa fille partout. Avec l’arrivée des nouveaux voisins qui ont une fille du même âge, tout s’emballe. Elle reconnait sa fille à d’infimes détails. Elle est persuadée qu’Hélène est Hortense. Rien n’y personne ne parviendra à lui faire entendre raison.

    On entre ou pas dans ce roman glaçant. Personnellement, je l’ai aimé notamment pour les émotions si bien décrites qu’il offre, entre un lent processus de folie et une extrême logique qui nous laisse espérer. Un récit construit avec rigueur, tenant en haleine jusqu’au bout.

    Percutant.

     

    Marche blanche, Calire CASTILLON 

     

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  • Agrippine, Claire BRETECHERAgrippine est une adolescente des années quatre-vingt-dix. Cynique, teigneuse, cossarde, désabusée, peste, mais touchante à force de se chercher - en vain - une identité. Elle traîne son mal de vivre avec ses copines de classe, houspille son petit frère et drague au coup par coup des garçons qui ont du mal à la suivre. Agrippine use allègrement d'un langage aussi mystérieux qu'hilarant: "Pourquoi les gnolguis xéroxent tout leur comporte sur des gourous baveux, ça persécute à force", susurre-t-elle à sa meilleure amie, plongée dans un abîme de perplexité. Pleine d'humour et de tendresse cachée, Agrippine tend un miroir gentiment déformant aux adolescentes et aux adolescents de sa génération.

     

    Mon avis :

     

    Pour inaugurer le challenge « Mars au féminin », j’ai choisi de rendre hommage à Claire Bretécher et exhumé de ma bibliothèque cet album, acheté il y a trente ans.

     

    J’ai toujours préféré « Les frustrés » à Agrippine, classiques décapants au regard acide et plein d’humour mais les albums de l’auteure restent des monuments incontournables de la bande dessinée qu’elle a contribué à mettre en lumière et à rendre adulte.

     

    Un jeune qui lirait Agrippine aujourd’hui trouverait sans doute le propos trop parisien, trop bobo et daté. Les walkmans, le Top 50, le verlan… cela fait boomer aujourd’hui. Moi je me suis replongée avec plaisir dans mes jeunes années et ai retrouvé l’irrévérence de Bretécher qui s’attaque ici aux travers des adolescents des années 80.

     

    Contestataire, Agrippine rouspète sur tout, trouve son petit frère chelou, ses parents ringards, s’ennuie au bahut et s’affale devant la télé. « C’est trop dur la vie ». L’adolescente dans toute sa splendeur (quelle que soient les époques). Et quand elle s’extasie, c’est Giga !

     

    Ce qui est le plus succulent, ce n’est pas tant le dessin, parfois brouillon même si on le sait travaillé, que le texte et les tics de langage, le phrasé et les tournures propres au groupe social dont l’auteure se moque allègrement. Son observation pointue de ce microcosme et le rendu qu’elle en fait donnent à l’album toute sa puissance humoristique. C’est une satire forte où l’exagération participe grandement au comique des situations.

     

    Me replonger dans cet album quelque peu occulté par nombre d’autres lectures m’a aussi fait prendre conscience que le sabir des jeunes d’aujourd’hui n’a rien à envier à celui qui fut, en partie, le nôtre. Le verlan fortement employé tout au long de l’album a connu ses beaux jours une bonne décennie avant de laisser la place à d’autres formules, matinée du langage des cités, même dans la classe moyenne décrite par Bretécher.

     

    Bref, ses personnages névrotiques, ses ados dépressifs, en fin de vie pour une peccadille et capable de passer du rire aux larmes en une seconde m’ont beaucoup amusée. Et finalement, mis à part le langage qui évolue, les adolescentes d’aujourd’hui sont les mêmes que celles d’avant-hier.

     

     Agrippine, Claire BRETECHER

     

     

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  • Les petites victoires, Yvon ROYComment dire à son fils tant désiré qu’il est le plus formidable des petits garçons malgré le terrible diagnostic qui tombe comme un couperet : autisme, troubles psychomoteurs, inadaptation sociale…

    C’est le combat que va mener ce père, resté uni à sa femme malgré leur séparation, pour transformer ensemble une défaite annoncée en formidables petites victoires.

     

    Mon avis

     

    Yvon Roy raconte ici la vie de son fils. Encouragé par une éducatrice spécialisée admirative de ce qu’il avait réussi à faire avec son fils, poussé par Régis Loisel à en faire une BD plutôt qu’un récit comme tant d’autres, il va se mettre à la tâche. Avec pudeur et tendresse, il nous livre un témoignage lumineux et optimiste que les parents dans son cas liront, je pense, avec reconnaissance.

    Evidemment, ce qui a fonctionné pour Olivier ne fonctionnera peut-être pas avec un autre enfant, d’autres parents… et Olivier n’est pas guéri. Mais il a terriblement évolué et ce qui est bouleversant dans ce témoignage c’est l’amour donné et reçu par les membres de la famille. La dimension humaine de ce récit ne laisse pas indifférent. A force d’innovations, d’inventions, de sacrifices, Yvon Roy est parvenu à ce que son fils dépasse son handicap, s’ouvre et trouve un chemin dans la vie. Son chemin.

     

    Le dessin noir et blanc, simple, efficace, aide à la lecture de ce récit fluide qui ne s’alourdit jamais, ne tombe pas dans le larmoyant et nous rend attachant chacun des personnages. Sobre et même poétique, ce récit évite tous les écueils et clichés que l’on pourrait craindre. De petites victoires en petites victoires, on suit les progrès d’Olivier, les échecs, les recommencement et on est admiratif devant ce père si aimant. C’est touchant et drôle à la fois.

     

    J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée, tant grâce aux dessins qui m’ont charmée que par le récit en lui-même qui traite de l’autisme et de la différence. Ayant un élève autiste en classe, je perçois bien la patience qu’il a fallu à ce papa, l’enthousiasme et les moments de déprime qui ont alterné tout au long de l’enfance de son fils. Les méthodes présentées m’ont aussi intéressée et j’aurais aimé en savoir davantage. Car, il faut bien le dire, nous ne savons pas grand-chose en ce qui concerne les traitements de l’autisme.

     

    Je retiendrai une phrase de l'album qui résume toute la philosophie de cette famille : "Je ne veux pas qu'il apprenne à vivre avec son handicap, je veux qu'il apprenne à le surmonter."

     

    Je vous conseille vivement cet album vivifiant et tendre. Une belle leçon de vie.

     

     

     

     

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  • Le village, Virginie DELAGE« Finalement, je ne sais pas ce qui a déclenché tout ça. Son regard, à lui. Ses yeux, à elle. Ou le gosse ? Le gosse me demandant : « Tu viens nous aider ? »

    J’ai la rage, soudain. Tout ça, c’est à cause de lui. Uniquement à cause de lui. Voilà pourquoi je m’apprête à faire une chose que je n’aurais jamais pensé faire, moi qui ne suis pas un violent. Dans quelques minutes, je vais tuer cet homme. »

    Les villages de l’adolescence sont parfois dangereux quand on les revisite, des années plus tard, et qu’on se confronte à ses rêves de jeunesse…

     

    Mon avis :

     

    Deux narrations en alternance composent ce roman. Dans l’une, on suit les pérégrinations professionnelles d’Oscar dans un monde des affaires qui semblent trop grand pour lui et va en faire un être cynique et froid. Dans l’autre, les heureux souvenirs d’enfance d’un narrateur qui ne dira pas son nom. Le premier récit est rédigé à la 3e personne, le second à la 1e.

    Un point commun semble relier ces deux récits : le village duquel les protagonistes sont originaires. Se connaissaient-ils ? Etaient-ils liés ? Il faudra attendre les deux tiers du roman pour avoir une réponse.

     

    Virginie Delage signe ici son premier roman. J’ai apprécié sa plume fluide et agréable qui nous offre de belles descriptions, que ce soit du village, du monde du travail ou de certains personnages. La construction du récit donne envie d’avancer dans le livre car à peine a-t-on quitté un protagoniste qu’on a hâte de connaitre ce qui lui arrivera au chapitre suivant.

    Et le souci c’est que l’attente est longue. Je me suis donc rapidement ennuyée, attendant un déclencheur qui ne viendra réellement jamais. Jusqu’à la fin, que j’avais fini par pressentir et qui m’a laissée dubitative. Tout ça pour ça.

    Je n’ai pas non plus réussi à m’attacher aux personnages. Malgré les efforts faits par l’auteure, elle ne parvient pas à les rendre vivants, touchants. J’ai suivi leur progression comme j’aurais parcouru un fait divers dans le journal du matin pour oublier assez vite et passer à autre chose.

     

    Ce premier roman a reçu un prix et a donc plu à d’autres lecteurs, je m’en voudrais de vous décourager. Mais je suis passée à côté. Reste que Virginie Delage a des qualités d’écriture indubitables et que je la tiendrai à l’œil dans l’avenir.

    Merci aux éditions Michel Lafon pour cet envoi.

     

     

     

     

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