• Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Fred FORDHAM Maycomb, petite ville de l’Alabama, pendant la Grande Dépression. Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il accepte envers et contre les préjugés moraux et politiques de son époque de défendre un homme noir accusé d’avoir violé une femme blanche…

     

    Mon avis :

     

    J’ai lu le roman original il y a dix ans et j’ai vu le film de Mullingan, avec Grégory Peck dans le rôle d’Atticus Finch. C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans ce roman graphique.

    Alors que le film adaptait très librement le roman pour répondre aux critères d’Hollywood, Fred Fordham qui l’a adapté et illustré est resté fidèle au texte d’Harper Lee. L’auteur et l’éditeur ont choisi de garder les termes de l’époque pour des raisons de vraisemblance et parce que l’emploi des mots « nègres » et « moricauds » montrent leur pouvoir de déshumanisation. Cela semblera logique à la plupart des lecteurs mais c’est courageux en cette période.

    Kathryn Stockett dans « La couleur des sentiments » avait remis ce roman au goût du jour en en faisant le livre de chevet d’Aibileen et de ses amies. Gageons que les talents de Fred Fordham lui donnera une nouvelle vie chez de plus jeunes lecteurs.

    Grâce à une recherche minutieuse sur l’époque et l’auteure ainsi qu’une exploration photographique des lieux, Fordham a réussi à respecter l’historicité de cette histoire se déroulant dans les années 30 et à lui donner une certaine modernité. Les thèmes universels et intemporels du roman d’Harper Lee y participent grandement : l’enfance, la crise, les rumeurs de voisinage, les a priori et surtout les préjugés raciaux sont toujours au cœur de notre société.

    L’histoire se met lentement en place, permettant une plongée au cœur de la petite ville de Maycomb. Les dessins de Fordham rendent magnifiquement bien l’atmosphère de l’époque, la lenteur de la vie (par rapport à aujourd’hui), la chaleur étouffante des étés, les jeux des enfants, la vie dans une ville de province et son atmosphère lourde et suspicieuse. Les couleurs tendres, rappelant les dessins à l’aquarelle donnent une finition idéale au récit.

    Une belle manière de (re)découvrir un classique de la littérature américaine.


    Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Fred FORDHAM Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Fred FORDHAM

     


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  • Le tram de Noël, Giosué CALACIURAUn tramway quitte la ville, dans l’obscurité de la nuit de Noël, pour s’enfoncer vers les périphéries. A chaque arrêt, des précaires de la vie montent à bord. Ils se laissent bercer par le rythme du tram, dans le silence, en ce soir de réveillon où la magie n’opère plus, avec leur lot de misère, de tristesse et de déception. Au cœur de cette nuit, le cri d’un nouveau-né, déposé à l’arrière, va tresser un lien entre ces voyageurs, éveiller quelque chose en eux…

     

    Mon avis :

     

    Pour une fois, c’est la couverture de ce livre qui m’a attirée. Bien placé en vitrine de ma librairie, ce tram rouge à peine visible dans la nuit m’a intriguée. Cela fait quelques années que je n’ai plus lu de contes de Noël et ce « Tram de Noël » m’a donné envie de m’y replonger.

     

    Comme dans « Un conte de Noël » de Dickens, on plonge dans un univers sombre, triste, cruel au sein des laissés pour compte et des déçus de la vie. Les voyageurs de ce tram sont seuls en ce soir où tout le monde réveillonne et fête au cœur d’un foyer chaleureux. Eux sont là, dans le froid, la fatigue et la solitude. Rien ne les prédestinait à se rencontrer, ni même à se parler. Mais en cette nuit de Noël, un enfant va les rassembler et faire (re)naitre en eux des émotions oubliées.

     

    Ce court récit de douze chapitres présente, à chaque arrêt, la vie du passager qui monte dans le tram et la raison de sa présence. On côtoie un homme, veuf, cherchant un peu de chaleur humaine dans les bras d’une jeune prostituée qui ne pense qu’au repas qu’elle pourra faire ; un vieux vendeur de parapluies éreinté par sa marche incessante pour éviter les contrôles policiers ; un jeune garçon squattant une bâtisse loin après le terminus ; un mage d’Orient atteint d’Alzheimer ; une infirmière africaine dont une des patientes vient de mourir…

    Le style sensuel et baroque de l’auteur italien est riche en implicite et parvient à renouveler le genre du conte. Dans ce voyage improbable, parmi ces cabossés, on se surprend à retrouver toute la magie de Noël, la vraie, loin des clichés, de la société de consommation et des réjouissances artificielles. En ces temps particulièrement lourds, les mots de Giosué Calaciura résonnent et interpellent plus que jamais.

     

    Chaque chapitre est illustré par une superbe acrylique de Gérard Dubois, l’auteur de la couverture. Peintre et illustrateur, il a publié dans de nombreuses revues comme The New York Times et illustré des albums pour enfants. J’ai été séduite par ses œuvres, tout en noir et rouge, où se fond le personnage du chapitre. Elles subliment le conte et le rendent réel.

    Un conte de Noël tellement d’actualité et ce tramway, tel un phare dans la nuit, qui vient redonner un peu d’espoir ont fait de ce livre un coup de cœur.



     


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  • Belgiques, Michel TORREKENSAccident de l'histoire, fruit de compromis, la Belgique est-elle vouée à disparaître ?
    À travers l'évocation de son passé, de son présent et de son avenir, Michel Torrekens brosse le portrait d'un pays multiple, défini par sa royauté et sa vie littéraire unique...

     

    Mon avis :

     

    Après Luc Baba, Vincent Engels ou Frank Andriat, c’est à Michel Torrekens que les éditions Ker ont proposé de présenter « leur » Belgique. Comme toujours, l’écriture de l’auteur m’a plu car en quelques phrases, il plonge d’emblée le lecteur dans un lieu et une atmosphère particulière. De même j’ai aimé les chutes inattendues qu’il sait si bien concocter mais je regrette le pessimisme de l’ensemble.

     

    A travers quinze nouvelles, Michel Torrekens nous partage son affection pour certains lieux du pays (Gembloux notamment, où il est né), sa nostalgie d’une enfance heureuse dans une Belgique autre et ses craintes pour l’avenir du pays. C’est notamment le cas dans la nouvelle qui ouvre le recueil.

    L’Histoire y est bien présente également, à travers l’homme de Spy, le musée africain de Tervuren ou dans la nouvelle « Académia (Belgica) » qui évoque le démantèlement du pays de « Bye, bye, Belgium ». A le lire, Michel Torrekens semble penser que ce qui fait notre force est moins notre unité que notre passé. Nostalgique ou réaliste ?

    Un autre thème récurrent dans ces nouvelles est celui des rendez-vous manqués : celui d’une dame fascinée par le roi Baudouin et dont la vie va prendre, à sa mort, une tournure autre que celle qu’elle aurait pu prendre ; celui d’un petit garçon fan des Diables rouges ou d’un père et d’un fils dont les retrouvailles scellent des années de rendez-vous manqués.

    Ajoutons encore, l’identité, la filiation, l’enfance et la rencontre de quelques célébrités belges et vous aurez un petit aperçu de ce que nous propose Michel Torrekens.

     

    Un recueil qui suscite des réflexions sur ce pays surréaliste et unique qui est le nôtre et pour lequel nous éprouvons souvent un mélange d’amour-haine.

     

    « L’amour n’a pas d’âge. »

    « L’enfance est le creuset de fidélités indéfectibles »

    « Tout passe sauf le passé. »

    « Tout était écrit depuis longtemps dans le Brueghel l’ancien mais les hommes avaient désappris à lire.

     

     


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  • Rebecca, Daphné DU MAURIERUn manoir majestueux : Manderley. Un an après sa mort, le charme noir de l’ancienne propriétaire, Rebecca de Winter, hante encore le domaine et ses habitants. La nouvelle épouse, jeune et timide, de Maxim de Winter pourra-t-elle échapper à cette ombre, à son souvenir ?

     

    Mon avis :

     

    La narratrice, naïve jeune femme de 20 ans, est demoiselle de compagnie d’une acariâtre veuve et séjourne à l’hôtel Monte-Carlo. Elle y rencontre un lord anglais, veuf depuis peu. Agé de 42 ans, il prend la jeune femme en amitié et bientôt s’en éprend et l’épouse. Il l’emmène dans son manoir des Cornouailles, Manderley mais l’accueil y est glacial. La gouvernante, madame Danvers n’a de cesse de la mépriser lui rappelant sa condition modeste et de lui mettre des bâtons dans les roues. Très attachée à feue madame de Winter, Rebecca, elle est bien décidée à prouver que sa mort est un meurtre et empêcher la nouvelle madame de Winter d’être heureuse.

     

    Ce roman était un des préférés de ma maman mais je ne l’avais jamais lu. Quelle découverte ! Pour un roman en 1938, il est d’une modernité, d’un ton et d’une intensité incroyable. Je croyais lire un roman d’amour, un peu à l’eau de rose, mais c’est un véritable thriller que j’ai découvert.

    Daphné Du Maurier nous offre une galerie de personnages au caractère entier et puissant. Bien qu’elle soit morte quand le récit commence, l’ombre de Rebecca, idéalisée, plane sur eux d’un bout à l’autre du roman et les démons du passé hantent tant Madame Danvers que Maxim de Winter. Son souvenir obsédant détruit les relations. L’atmosphère est pesante et les manigances de la gouvernante n’y sont pas étrangères, de même que le mystère qui rôde autour de Rebecca dont Maxim parle peu à sa jeune épouse. L’angoisse prend corps au fil des pages et on se demande comment chacun s’en tirera. Timide, peu instruite et trop naïve, la narratrice qui n’a aucun code pour soutenir son rang dans l’aristocratie anglaise est le jouet de Madame Danvers. Et pour bien montrer son insignifiance, elle n’est même pas nommée par l’auteure. Mais l’amour qu’elle porte à son mari, sa loyauté et son obstination lui permettront de s’affirmer et de se révéler une alliée indispensable quand l’orage éclatera.

     

    J’ai aimé l’écriture de Daphné Du Maurier, sa précision dans les descriptions et son talent pour camper une atmosphère. C’est brillant de faire d’une morte l’héroïne principale du roman et innovant. L’auteure rend justice aux femmes dans ce roman en en dressant des portraits forts, puissants dans des styles aux antipodes alors que les hommes sont présentés comme lâches, traitres, fats.

     

    Un roman que je suis heureuse d’avoir enfin lu. Il ne me reste qu’à découvrir l’adaptation cinématographique qu’Hitchcock en fit en 1940.

     


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  • La colère des simples, Pascaline DAVIDDes déchets nucléaires vont être déposés à 500 m sous la terre comme à Bure. Les habitants sont partagés entre la préservation de leur espace naturel et l’argent qu’on leur propose pour partir. 

     

    Mon avis :

     

    Lazare raconte. Illettré, il fait la dictée à son épouse Simone. Sans lui dire, elle ajoute son point de vue, complète le récit. Le style oral et haché de Lazare contraste avec les passages fluides et structurés de Simone. Mais dans les deux, une grande sensibilité affleure.

    Costaud, Lazare est un paysan dur à la tâche, un homme de la terre. Sa vie s’écoule humblement, dans toute sa banalité, loin du village et des regards. Le jour où un homme vient lui demander un service contre une belle somme d’argent, il hésite. Mais la perspective de voir son environnement détruit, saccagé, pollué le bouleverse. Il accepte. Il ignore alors que les meurtrissures de son passé referont surface et que sa vie ne sera plus jamais la même.

     

    Cette fable écologique est le premier roman de Pascaline David, éditrice des Editions Diagonale. Dès les premiers mots, elle nous immerge dans un univers âpre et cruel. Celui des gens simples comme Lazare, qui ne connait que le dur labeur paysan ; celui qu’elle crée ensuite et où vont évoluer ses personnages. La faible instruction de Lazare, la précarité dans laquelle sa femme et lui vivent en font la personne idéale pour réaliser un sale boulot. Lui qui n’a jamais rien demandé à personne, subit son sort avec humilité et travaille avec courage malgré les injustices subies, va se révéler capable de la pire sauvagerie. Pour sauver le bois du village, il va rejoindre les habitants de la région et oser s’opposer aux destructeurs, se révolter contre ceux qui les oppressent.

     

    Ce récit violent est touchant par son authenticité. On ressent avec acuité la misère de ce couple et l’amour qu’ils se vouent, les petites joies simples qui font leur ordinaire et l’injustice de l’influence des puissants sur leur vie. C’est de là que surgira toute leur colère.

    L’écriture de l’auteure est belle, construite mais sans affectation, et forte dans sa puissance d’évocation. On aimerait que l’histoire soit plus longue pour la goûter encore.

     

    Je vous invite à découvrir cette nouvelle plume belge, publiée aux éditions Sans escale. Vous ne le regretterez pas.

     


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  • Nous ne trahirons pas le poème, Rodney ST ELOI"L'ancêtre parle, invoque terre, feu, ciel, océan. Des voix résistent, résonnent ; le poème se joue, tambour, espérance et acte de foi. Rien n'est trahison dans cette traversée. Tout porte vers l'incandescence, lumière de nos humanités." 

     

    Mon avis :

     

    Rodney St Eloi n’est pas seulement le directeur de la maison d’édition « Mémoire d’encrier », il est également romancier, essayiste et poète.

    J’ai acheté son recueil en mars 2020, lors de la fête organisée par la librairie Tulitu pour son 5e anniversaire. Le confinement qui a suivi ne m’a pas donné l’était d’esprit nécessaire pour lire ce recueil de poèmes. Je l’ai donc sorti de mal PAL durant le congé de Toussaint. Et j’ai bien fait.

     

    Dès les premiers vers, je me suis sentie connectée à l’auteur. « Ecrire pour ne pas mourir/écrire sa carte d’identité pour semer les milices/…/Je veux écrire un poème qui ne trahisse/ni passé ni présent ni futur »

    La littérature est vue comme un cri, une urgence, un besoin vital. Une aide pour traverser les moments douloureux, le quotidien et ses violences, l’exil. Mêmes autochtones dans notre pays, ne vivons-nous pas tous parfois ce sentiment de ne pas être en phase avec le présent ?

     

    Rodney St Eloi donne ici une parole aux oubliés, aux silencieux. Ils nous parlent des Première nations, des migrants qui meurent en Méditerranée et de tous les opprimés que l’on préfère ignorer. Sensible mais juste, il nous rappelle que nous ne pourrons pas toujours les fuir, qu’il faudra rendre des comptes. Fier, il se met en scène aux côtés de ces hommes de l’ombre, lui le migrant haïtien du Québec.

    Trouver sa place, dessiner sa voie, sans se renier, en alliant passé et mémoire, en s’enrichissant de rencontres, de moments partagés avec les autres, différents. Savoir qui l’on est et le dire fièrement. Parce que la diversité enrichit.

     

    J’ai aimé ce court recueil, ces mots forts, intenses qui résonnent encore en moi. J’ai goûté cet hommage aux souffrances tues, à la résilience et à la résistance. Je ne peux que vous inviter à découvrir toute l’humanité qui habite les mots de Rodney St Eloi. Il y a urgence.

     

    « Je recherche un amour d’encre / pour que ne s’arrête jamais le chant du monde. »

    Nous ne trahirons pas le poème, Rodney ST ELOI7e


     


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  • Le lièvre d'Amérique, Mireille GAGNEDiane fuit. Suite à un événement traumatisant, elle a quitté son ile natale pour Montréal et s’est enfoncée corps et âme dans le travail. Totalement aliénée, sa vie entière se focalise sur son job. Diane ne s’accorde jamais cinq minutes pour se détendre ; sérieuse à longueur de temps, elle n’a aucun ami.

    Alors que le burnout la guette, elle entend parler d’une opération qui pourrait lui être salutaire.

     

    Mon avis :

     

    Ce premier roman de Mireille Gagné est construit de manière particulière. Les six chapitres du récit sont constitués de trois parties : une double page sur le lièvre d’Amérique, ses caractéristiques et son mode de vie, puis le présent de Diane alors qu’elle se réveille de l’opération et enfin un retour dans son enfance sur l’Ile-aux-Grues. Chaque chapitre est séparé du suivant par une double page représentant un dessin en noir et blanc. Cette construction originale nous permet de faire connaissance avec Diane et de comprendre sa vie présente à la lumière de son passé.

     

    Je n’ai pas envie de vous dévoiler trop longuement ce roman car j’ai savouré le fait de n’avoir rien lu à son propos avant de l’entamer. Il m’a été conseillé souvent mais personne n’a défloré le sujet et je me suis refusée à m’informer davantage pour que la découverte soit entière. Et j’ai bien fait. Si on est un peu surpris au début, cela ne dure pas. Une fois la lecture entamée, on n’a de cesse de connaitre la suite et on est tenu en haleine jusqu’à l’épilogue.

     

    Ce court roman fantaisiste de 138 pages est tout bonnement fabuleux. Inspiré d’une légende indienne, il mêle habilement la réalité du quotidien et du monde du travail à la magie des histoires ancestrales. A la fois récit initiatique, conte satirique, fable animalière et critique sociale, ce récit trace un portrait très fin d’une jeune femme en souffrance, en rupture avec sa nature profonde, tout en décrivant avec acuité la nature, sa force, sa grandeur et ses mystères.

    J’ai aimé aussi les changements de rythme et de style selon que Diane erre sur l’ile de son enfance ou perd pied dans son travail vivant les premiers symptômes du burnout. Mireille Gagné a publié auparavant trois recueils de poésie et cela se sent dans son écriture ciselée et les métaphores qu’elle emploie. (D’ailleurs, par de nombreux côtés, « Le ciel en blocs » annonce le présent roman.)

     

    Ode à la nature et à la liberté, ce court roman recèle une sagesse universelle qui vaut vraiment la peine d’être entendue. A découvrir au plus vite.


    Le lièvre d'Amérique, Mireille GAGNE7e

    Un livre sorti en 2020


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