• La cerise sur les mots, Recettes littéraires1987-2017... Trente ans d’aventure éditoriale indépendante. Une aventure commencée en février 1987 à Lausanne, en Suisse, et poursuivie en Belgique dans un petit village de Hesbaye. Une aventure jalonnée de rencontres humaines d’une grande richesse et de découvertes littéraires de haute tenue. Un chemin tissé de passion, de fidélité et d’amitié, parcouru en compagnie d’auteurs belges, suisses et français – pour un catalogue de 535 titres à ce jour, disponibles dans les principaux pays de langue française.
    Quoi de mieux pour marquer l’événement que ce recueil hors commerce rassemblant quatorze nouvelles inédites et les recettes de cuisine qui les ont inspirées ?
    Signées Mathilde Alet, Laurence Bertels, Michel Claise, Valérie Cohen, Dominique Costermans, Patrick Dupuis, Michelle Fourez, Jean-Pol Hecq, Françoise Houdard, Claudine Hourlet, Aurélia Jane Lee, Anne-Frédérique Rochat et Emmanuelle Sandron.

    Mon avis :

    Quel plaisir de recevoir ce recueil de nouvelles et recettes lors de la Foire du livre de Bruxelles. Une bonne idée pour fêter les trente ans de cette maison d’édition belge qui a découvert bon nombre d’auteurs belges, français, suisses...
    Et, quel meilleur moment que les vacances pour essayer une recette ?

    Cuisine et littérature ont toujours fait bon ménage ; pensez à Rabelais, Corneille, Zola, Loti ou, plus proche, les bonnes recettes de madame Maigret, les romans de Michèle Barrière ou Le voyage de cent pas de Richard C. Morais. Et chez Luce Wilquin, la couverture du dernier roman de Mathilde Alet ne présente-elle pas un gâteau aux framboises ? Et le roman de Valérie Cohen ne parle-t-il pas de cake au chocolat ?

    « La cuisine, on tient ça des mères, c’est bien connu » nous dit Dominique Costermans. Elle nous raconte l’histoire de Julek, né au Congo qui préparait des zrazys ( recette de sa mère, Anka, fille unique du consul de Pologne) quand la famille recevait des invités.

    Les nouvelles sont courtes, entre quatre et six pages, et s’articulent toutes autour d’une recette particulière. J’ai choisi de préparer celle d’Aurélia Jane Lee, une tarte aux poires croustillante, héroïne d’une nouvelle qui se déroule à Silver City, au pays des cowboys. Je vous la conseille, c’est un délice.

    Allez, j’y retourne, après cette succulente lecture, d’autres recettes m’attendent.

    Bon appétit.

     

    La cerise sur les mots, Recettes littéraires2e

     

     

     

     

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  • Si c'est un homme, Primo LEVI"On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce.
    C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur.
    Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité."
    Angelo Rinaldi

    Mon avis :

    Primo Levi raconte ici les treize mois qu’il a passés dans le camp d’Auschwitz III, à 24 ans, après son arrestation par la milice fasciste. Comme il le précise dans la préface écrite en 1947, ce sont des souvenirs, parfois désordonnés, qui caractérisent la vie au camp et l’état d’esprit qui y régnait. Ce témoignage poignant est un des premiers à avoir décrit l’horreur. Depuis, nous sommes bien sûr au courant de tout cela, mais jamais nous ne pourrons appréhender dans notre chair ce que ces hommes et ces femmes ont vécu.
    Primo Lévi évoque le long voyage dans les wagons de marchandise, la faim, la fatigue, l’arrivée au camp et le hasard qui fait que certains prennent la « bonne » file et d’autres non. Il décrit ensuite la structure du camp et ses règles qui séparent les prisonniers selon leur origine et leur religion. Puis viennent les conditions de vie dans les baraquements et le travail éreintant, l’infirmerie où il reste vingt jours et où il prendra conscience que seuls ceux qui sont aptes au travail seront gardés.
    Au-delà des descriptions, il nous livre ses réflexions sur la manière dont certains se blindent pour résister à l’horreur ou au contraire deviennent des loups. Et puis il y a, parfois, les combines, les petits riens qui rendent un peu d’espoir dans cette noirceur permanente.

    Sur les nonante-six juifs italiens arrivés avec lui, il n’en reste que 21 à l’hiver 44. Les autres sont morts dont huit envoyés à la chambre à gaz. Noël arrive, la nervosité se fait sentir de part et d’autre, une mutinerie est déjouée, les punitions tombent. Primo Lévi attrape la scarlatine, ce qui lui sauvera probablement la vie ; les Russes approchent, le camp va être évacué. Et puis le 18 janvier 45, les Russes pénètrent dans le camp...

    Ce texte percutant a mis près de quarante ans à trouver son public. Paru en 1947 chez un petit éditeur, il était sans doute trop précoce. Les gens voulaient oublier pas savoir. Les Alliés avaient commandé à Primo Lévi un rapport technique sur le fonctionnement du camp d’Auschwitz. Il s’en est ensuite servi comme base à son livre, y adjoignant les notes qu’il avait rédigées au camp. Aujourd’hui, ce récit est traduit en une quarantaine de langues et est devenu un best-seller.

    Ce qui m’a frappée, c’est le ton neutre employé par l’auteur. Il raconte l’inhumanité de l’univers concentrationnaire de manière détachée, sans émotion. Alors que certains récits évoquent des moments d’entraide ou de furtifs instants de joie, Primo Lévi ne confie que noirceur, ruse et bestialité. Lui-même a compris comment s’adapter pour survivre et ne tente rien pour résister. Il est docile et compose avec le système, lâchement comme il le dit lui-même.

    Ce témoignage d’une grande puissance évocatrice est primordial, pour ne pas oublier l’indicible horreur. Primo Lévi s’est acquitté de ce devoir de mémoire mais son suicide en 1987 démontre sans doute qu’il n’avait pas réussi à vivre avec les fantômes du passé.

    A nous d’être des passeurs de mémoire pour que cela ne se reproduise jamais.

     

     Si c'est un homme, Primo LEVI

     

     

     

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  • Terminus, Nathalie LAGACEAssise derrière mon volant, j’affronte un défilé d’indifférence journalière. Je m’écrase devant l’arrogance qui me pique de la pointe d’un menton, je sursaute devant la violence démesurée d’un simple geste, je transpire sous la haine qui me respire à grands coups de poumons, je disparais lorsqu’on m’ignore derrière un texto. Je vois la perversité dans un sourire sans sagesse, j’entends la folie d’une discussion sans amis; la drogue explose dans des corps saccadés, l’ivresse coule sous la mollesse de peaux traînées…

    Mon avis :

    Ayant passé sept années au volant d’un bus, Nathalie Lagacé est légitimement la personne idéale pour raconter le quotidien d’Anne, son héroïne. Tout comme elle, elle a fait des études et travaillé comme designer avant de bifurquer, contrainte et forcée, vers le métier de conductrice d’autobus. Outre les anecdotes réelles qu’elle raconte dans Terminus, elle a très certainement partagé en partie les états d’âme de l’héroïne.

    Je n’ai jamais aimé les transports en commun. Cette plongée dans les entrailles d’un bus aux côtés des usagers ordinaires ne me réconcilie en aucun cas avec eux. La promiscuité, les odeurs corporelles, la mauvaise éducation, les commentaires désagréables ou l’agressivité, rien n’est épargné à Anne. Plus d’une fois, elle devra serrer les dents pour éviter de répondre ou garder son sang froid face à des individus mal élevés pour qui elle n’est qu’une « pas grand-chose », un réceptacle à leur mauvaise humeur et leur frustration.

    Peu à peu, Anne en vient à perdre toute estime d’elle-même et son assurance déjà flageolante ne fera que fondre jusqu’à empoisonner également sa vie de couple. Son mal être au travail lui donnera l’impression de ne plus intéresser personne, que ce soit ses amis ou son compagnon et elle se repliera sur elle-même.

    Au fil de courts chapitres, construits comme des nouvelles, Nathalie Lagacé nous décrit la chute en avant de son héroïne qui sombre insidieusement dans la dépression.
    En quelques traits précis et bien sentis, elle nous dépeint une faune digne des pires séries policières américaines (moi qui n’ai jamais rencontré que des Québécois charmants, avenants et éduqués, je tombe de haut) et pourtant, elle existe, là-bas comme ici. Ce roman au sujet original ne peut que rendre hommage à ces travailleurs de l’ombre que l’on croise presque sans les voir. Il dévoile les coulisses d’un métier souvent décrié et nous fait prendre conscience de ce qu’ils endurent à longueur de temps. Je pense qu’à l’avenir, je ne verrai plus les conducteurs de bus du même œil.

    Un premier roman oppressant, dans le huis clos d’un bus, servi par une écriture précise, au style journalistique donnant du rythme au récit. Une auteure à suivre indéniablement.

     

     

     

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  • Vi, Kim THUYAu temps de l’Indochine, le domaine de la famille Lé Van An englobe d’immenses terres et une vaste demeure où s’affairent près de trente domestiques. C’est là que nait le père de Vi, avec le destin d’un prince comblé que l’histoire va déchoir de son royaume. Dans l’ombre dévolue aux femmes, son épouse dirige d’une main de fer l’exploitation fragilisée par les réformes, puis la guerre. Lorsque Vi voit le jour, le dix-septième parallèle sépare déjà le Nord du Sud. La réunification et la chasse aux possédants l’obligent à fuir son pays sur un bateau de fortune. En quittant Saigon pour Montréal, celle dont le prénom signifie « minuscule » et « précieuse » devra apprendre à apprivoiser la grande vie et ses tumultes. Et à saisir les hasards qui lui ouvriront à nouveau, un jour, les portes du pays natal.

    Mon avis :

    Je retrouve Kim Thuy après l’avoir découverte avec « Ru », il y a cinq ans. Alors que Ru ressemblait beaucoup à l’auteure, « Vi » est l’histoire d’une jeune fille qui n’est pas vraiment elle mais lui ressemble. Comme le dit l’auteure, le récit est basé sur des souvenirs et des faits réels mais elle se donne la liberté d’attribuer ces souvenirs à d’autres et de créer des personnages de fiction qui se mêlent aux vrais.

    Vi nait après trois garçons. Jusqu’à dix ans, elle vit heureuse dans une famille jadis aisée et cultivée où l’honneur et le respect des traditions sont de mise. Malgré la dictature communiste, elle connait l’insouciance de l’enfance. Elle nous conte le Vietnam, ses traditions, sa cuisine, la force des femmes et la faiblesse des hommes, les jeux des enfants... Une vie simple dans laquelle évolue Vi jusqu’à la fuite, le départ en bateau, l’exil. Une vie d’ombre et de lumière racontée en chapitres courts et vifs.

    Kim Thuy nous entraine à sa suite au Vietnam, en Malaisie, au Québec, à Londres au gré de l’avancée de Vi dans la vie. Dans chaque situation, Vi fait des choix, se trompe, rebondit et apprend. Des langues qu’elle étudie à travers des listes de mots qu’elle recopie patiemment, aux sentiments amoureux qu’elle vit pleinement, Vi apprend à découvrir qui elle est vraiment. Pour cela, elle devra faire des choix et trouver son chemin entre tradition et modernité, Orient et Occident, amis d’hier et d’aujourd’hui.

    Kim Thuy nous offre ce récit initiatique qui avance par petites touches, au fil des rencontres de son héroïne et de ses apprentissages. Le premier étant celui de la liberté. Comment être libre après avoir connu la vie sous l’emprise des communistes puis dans les camps ? Pour le savoir, Vi devra en payer le prix. Briser le carcan des traditions, être soi-même sans l’approbation des siens, cela ne sera pas facile. Mais la vie ne vaut-elle pas ce qu’elle nous a coûté d’effort ? En tombant amoureuse d’un Français vivant au Vietnam, Vi pourra découvrir son pays d’un autre œil et en verra réellement la beauté.

    L’exil est au cœur de cette initiation, de cette découverte de soi. Vi est à jamais vietnamienne mais elle est aussi devenue québécoise et ne peut se définir sans la richesse de ses deux cultures dont elle nous décrit si bien la beauté.

    Un très beau roman sur l’identité où l’auteure nous démontre qu’une personne ne se résume pas à ce qu’elle est mais est le résultat de ceux qui l’ont précédée, de ce qu’ils ont été et ce qu’ils lui ont donné.

    Je vous le conseille chaudement.

     

     

     

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  • Le labo, Jean-Yves DUHOOQuels secrets se cachent dans les plus prestigieux sites scientifiques et technologiques de France ?
    Quel avenir nous préparent les chercheurs et les scientifiques ?
    Visitez avec Jean-Yves Duhoo ces dix labos exceptionnels rarement ouverts au grand public.

    Mon avis :

    Je cherchais pour mes cours, une manière simple d’aborder la nécessité de préserver la planète. Un collègue m’a parlé de cette bande dessinée et j’ai été conquise.

    Dans ce premier tome, Jean-Yves Duhoo réalise une série de reportages dans des laboratoires de recherches prestigieux (CNRS, Museum d’Histoire naturelle, l’Observatoire de Paris...). Avec rigueur mais aussi beaucoup d’humour, il nous fait pénétrer dans le saint des saints des organismes scientifiques de recherche. Là où le grand public n’a jamais l’occasion d’entrer. Jean-Yves Duhoo interroge les scientifiques sur leur lieu de travail pour qu’ils expliquent ce qu’ils font et dans quel but.

    Notre imaginaire s’est nourri des images de laboratoires fantastiques décrits dans la littérature puis le cinéma. L’intérêt de cet album, c’est de nous montrer la réalité du terrain d’autant que le fruit de ces recherches nous concerne tous et agira un jour sur notre quotidien.
    La première partie nous présente les reportages BD et la seconde, des articles plus précis sur les lieux de travail et le parcours scolaire pour devenir chercheur.

    Deux articles m’ont particulièrement intéressée, celui sur les Iguanodons de Bernissart et celui sur le palais du Louvre mais tous sont édifiants.

    Un album à s’offrir et à laisser trainer à la portée des enfants. Cela marche à tous les coups, j’ai testé.

     

     

     

     

     

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  • La grande patience : 1. La maison des autres, Bernard CLAVELDole, 1937.
    Julien Dubois a quitté l'école et la maison de ses parents. Il a quatorze ans. Apprenti pâtissier, il découvre le travail des humbles, l'humiliation et l'injustice. Mais aussi la douceur et la beauté des femmes. Et bientôt, la guerre qui monte...

    Mon avis :

    Ce roman, choisi par mon club de lecture, ne m’aurait certainement pas attirée. Depuis « Victoire au Mans », roman jeunesse lu en secondaire, je n’avais plus lu aucun titre de cet auteur, grand classique de la littérature française du 20e siècle.

    Le récit commence le jour des 14 ans de Julien. Nous sommes en 1937 et il est temps pour lui de commencer à travailler. Il est engagé comme apprenti par les Petiots dans leur boulangerie-pâtisserie. Après une première phase enthousiaste, dans un milieu professionnel qui lui plaît, il va peu à peu prendre conscience que le paternalisme des Petiot cache des pratiques perfides. Notamment de la part de sa patronne qui n’hésite pas à jouer de ses charmes et de son manque d’enfant pour mieux émouvoir puis exploiter son personnel. Logeant sur place dans un dortoir infesté de punaises, Julien fait l’apprentissage de l’amitié et de la solidarité et découvre quelque moyen d’adoucir son quotidien en résistant à la pression ambiante.

    Ce conte initiatique met en scène un adolescent qui a tout à découvrir de la vie, tant sur le plan professionnel qu’affectif. L’auteur met l’accent sur les bouleversements qu’éprouve chacun à l’adolescence, le tout décuplé par les tensions politiques et sociales de la fin des années trente.

    L’écriture de Bernard Clavel, quoiqu’un peu surannée, est d’une belle qualité littéraire avec son passé simple, son vocabulaire ciselé et ses métaphores si parlantes. Agréable à lire, son récit nous offre un témoignage intéressant de la vie de nos aïeux et de leurs conditions de travail.

     

    La grande patience : 1. La maison des autres, Bernard CLAVEL

     

     

     

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  • Tropique de la violence, Natacha APPANAH«Ne t’endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n’est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c’est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu’à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré? Ils viennent pour toi.»

    Mon avis :

    Natacha Appanah nous emmène à Mayotte, loin des paysages de cartes postales idylliques. Cette île des Comores, ancienne colonie française située entre le continent africain et Madagascar se débat elle aussi dans les problèmes de société, liés à la délinquance, au chômage et à la drogue.

    A travers l’histoire de cinq personnages dont les voix s’apostrophent et montent tel un cri douloureux, nous découvrons la réalité d’une jeunesse abandonnée à son sort et qui, dans certains quartiers, fait sa loi pour survivre. Au centre, il y a Moïse, ce merveilleux bébé abandonné par une jeune mère célibataire clandestine parce qu’il a un œil vert, signe du djinn, et recueilli par Marie, épouse stérile délaissée. Longtemps, ce duo vivra en harmonie, dans un cocon de tendresse et d’insouciance tissé par la jeune femme. L’inévitable quête des origines que mènera Moïse à l’adolescence viendra bouleverser leurs vies et apporter le malheur. Ce sera alors une plongée dans l’enfer, au cœur de cette ile de l’Océan Indien, où affluent les migrants et où des gangs d’enfants perdus font la loi.

    Dans une belle langue, fluide et poétique, Natacha Appanah nous raconte une indicible réalité. D’un côté, il y a les beaux quartiers, l’île aux paysages paradisiaques, aux plages de sable blanc entourées de jardins de lauriers roses et d’hibiscus. De l’autre, c’est l’enfer d’un quotidien livré à la violence, à la misère et aux croyances ancestrales, une zone de non droit baptisée Gaza. Et, dans ce pays désorganisé, la crise migratoire mal gérée a des répercussions sur chacun et particulièrement les plus faibles. Drogues, alcool, brutalités... sont le lot quotidien terrifiant de centaines de gamins échoués là en quête d’un avenir meilleur.

    L’auteure ne porte aucun jugement sur ses personnages qu’une extrême misère a plongé dans un monde sans espoir. Elle parvient à éviter les clichés tout en décrivant une réalité brute quasi apocalyptique. Les mots s’enchainent, un peu plus durs à chaque page, percutants et vifs.

    Un roman fort, empreint d’émotions d’un bout à l’autre ; une histoire noire et grave qui pourrait un jour dépasser les frontières de Mayotte, si on n’y prend pas garde.

     

    Tropique de la violence, Natacha APPANAH18e

     

     

     

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