• Donner le goût de la lecture, éveiller la curiosité, faire lire nos élèves, nous essayons tous. Avec plus ou moins de bonheur.

    Les faire écrire, rédiger, oser l’imagination, ce n’est guère plus facile.

    Cette semaine, j’ai réalisé avec mes deuxièmes un exercice que j'avais donné l'an passé en 4e. A travers divers auteurs* de poèmes courts, haïku et tanka compris, j’ai essayé de leur montrer qu’en choisissant les mots justes, les émotions précises, on pouvait décrire un moment, un sentiment, une impression fugace ou même raconter une histoire en quelques mots à peine. Mais avant de les lancer dans le grand bain, nous y sommes allés pas à pas.

    J’ai emprunté des livres, j’ai demandé aux élèves de venir avec trois livres de chez eux et j’ai complété avec une bonne quinzaine des miens. Ainsi parés, je leur ai demandé de composer des poèmes de type haiku à l'aide des titres. (Les puristes se rendront compte que la structure 5-7-5 n’est pas toujours respectée, mais là n’était pas le but premier).

    Je ne m’attendais pas à tant d’enthousiasme et de bonne humeur. Certains agencements ont même donné lieu à de réels fous rires. Au fur et à mesure, ils prenaient ces haïkus en photo (chouette, on peut utiliser le GSM en classe) pour en garder une trace et me les envoyer ensuite. Nous avons presque de quoi réaliser un recueil de poèmes à notre tour.

    Non seulement, ils ont écrit de la poésie, sans s’en apercevoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, mais je les ai vus lire certaines 4e de couverture yes.

    Comme quoi, il suffit parfois d’un rien pour déclencher l’imaginaire et l’envie de lire.
    Prochaine étape, écrire seul un haïku...

     

    * Vincent Delfosse, Thierry Cazals, Thierry Werts, Ryokan Taigu

     

    (Pour voir les photos en grand, cliquez dessus)

     

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    Des sourires, pour chasser la tristesse, 
    De l’audace, pour que les choses ne restent jamais en place, 
    De la confiance, pour faire disparaître les doutes, 
    Des gourmandises, pour croquer la vie, 
    Du réconfort, pour adoucir les jours difficiles, 
    De la générosité, pour le plaisir de partager, 
    Des lectures, pour colorer les idées noires, 
    Du courage, pour continuer à avancer ! 


    Bonne Année à tous !

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    Bilan 2017 et coups de cœur de l'année

     

    Voici venu pour moi le temps des bilans.

    J’aime savoir, d’année en année, quelle part j’ai laissé à la lecture et me souvenir des romans qui ont su me toucher au point d’être des coups de cœur. J’ai lu beaucoup de belles choses cette année, des histoires intéressantes, distrayantes, bouleversantes… Mais ces romans avaient à mes yeux, quelque chose en plus ; que ce soit une écriture agréable, un sujet original, un point de vue particulier, un contexte intéressant ou un dénouement inattendu. 

    J’ai lu moins en 2017 et je compte bien me rattraper l’an prochain. Nonante ouvrages seulement (roman, BD ou essai). Et parmi eux, ceux qui m’ont particulièrement plu sont :

      

    Mes lectures :

    Vi, Kim Thuy

    L’ordre du Méchoui, Lionel Noël

    La gloire des maudits, Nicolas d’Estienne d’Orves

      

    Romans jeunesse

    Stabat Murder, Sylvie Allouche

    Le jardin d’Amsterdam, Linda Mayot

    Nous, Patrick Isabelle

    Les Sœurs Hiroshima, Mariko Yamamoto

    Le groupe, JP Blondel

      

    Romans policiers

    Reflex, Maud Mayeras

    Tu ne jugeras point, Armel Job

    Temps glaciaires, Fred Vargas

      

    Et vous ? Quels sont vos coups de cœur ?

     

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  • Il n'est pas toujours facile de faire lire les jeunes, surtout quand il s'agit de lectures imposées par l'école. L'acte de lecture n'est pas spontané ou inné chez mes élèves du qualifiant et je cherche sans cesse de nouveaux romans à leur proposer qui rencontrent leurs attentes, leurs goûts, leur imaginaire. En effet, si l'offre de lecture se limite aux mêmes valeurs, au même genre littéraire, au même corpus, l'élève n'aura pas beaucoup d'occasions de construire et façonner ses envies, ses goûts. C'est pourquoi je change au moins la moitié de mes propositions, chaque année.

    Il est encore moins évident de proposer des moyens variés de vérifier la compréhension de l'oeuvre et la construction du sens. C'est pourquoi j'aime bien leur demander de reformuler un passage ou le rôle d'un personnage. Mais il arrive que certains éprouvent des difficultés à verbaliser par écrit leur lecture (absence de projet de lecture, manque de vocabulaire, méconnaissance des codes, difficultés à paraphraser...)
    Pour faciliter leur compréhension et faciliter les représentations mentales, j'ai demandé cette fois à mes élèves de réaliser une étagère littéraire. Découverte il y a quelques années, grâce à ma copine Pascale, cette construction de sens sous forme poétique permet à chacun -pour peu qu'il s'en donne la peine- d'exprimer sa compréhension de l'oeuvre en la transposant. Mots, phrases, dessins, collages... le mélange des genres est encouragé. Construite au fur et à mesure de la lecture, cette tâche permet à l'élève de "soulager sa mémoire" dès que l'information devient abondante et de synthétiser l'essentiel du récit.
    Une fois terminée, l'élève devra la présenter en justifiant par écrit ses choix ou en explicitant oralement la procédure qu'il a mise en place pour la finaliser.

    Pour que vous puissiez visualiser ce dont il s'agit, voici quelques travaux portant sur le roman "L'Elite" de Joëlle Charbonneau. Les élèves devaient à la fois présenter des éléments essentiels de l'histoire et les caractéristiques inhérentes du genre dystopique. 

     

     

     

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  • TOP 10 de mes lectures québécoisesTOP 10 de mes lectures québécoises

     

     

    Pour ce mois québécois, il nous est demandé d’établir notre TOP 10 des lectures que nous avons aimées.

    Quel choix cornélien !

    D’autant que j’ai lu (j’ai fait le compte pour l’occasion) pas moins d'une centaine de romans et une quinzaine de BD ou romans graphiques. Et une dizaine attendent encore d’être lus et certainement de très bons romans.

    Alors après moultes hésitations, choix, changements… et pour des raisons qui me sont propres (allant de l’émotion ressentie à l’écriture et au style en passant par l’originalité, la véracité…) je vous livre le nom des dix romans qui m’ont le plus marquée. Mais j’aurais pu y mettre tant d’autres aussi. Je me sens frustrée de devoir m’arrêter à dix.

     

     

    Eux, Patrick Isabelle (et la suite, Nous)

     

    La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie

     

    Il pleuvait des oiseaux Jocelyne Saucier

     

    Nirliit, Juliana Léveillé-Trudel

     

    Le mur mitoyen de Catherine Leroux

     

    Brouillard d’automne Lionel Noël

     

    Vi, Kim Thuy 

     

    Traité de peaux, Catherine Harton

     

    Le passager, Patrick Senécal

     

    Violence à l’origine, Martin Michaud  

     

     

    Retrouvez-les à la rubrique Littérature québécoise et canadienne et vous aurez les liens vers mes chroniques.

     

     

     

     

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  • Livrés à domicile fait la fête aux lecteurs

    Depuis septembre 2011, il est, en Belgique francophone, une équipe de passionnés qui anime nos fins de soirée chaque lundi. Seule émission littéraire belge, Livrés à domicile et ses chroniqueurs ont révolutionné le genre, en choisissant de recevoir un écrivain chez un de ses lecteurs. Pari osé de vouloir mettre le lecteur au centre d’une émission ! Pour l’écrivain invité, c’est l’incertitude totale : la rencontre sera-t-elle agréable ? Le lecteur aura-t-il aimé son livre ? Si non, ce sont des milliers de téléspectateurs qui entendront son analyse. C’est parfois plus stressant que l’avis d’un chroniqueur.

    C’est, encore une fois, les lecteurs que l’équipe –des chroniqueurs au réalisateur Patrick Lemy, en passant par la script, le casteur, les divers techniciens...- a voulu mettre en évidence ce samedi 24 juin. Elle leur a donné rendez-vous à Liège pour les rencontrer et leur offrir une multitude d’ouvrages récents. Sympathique manière de fêter la lecture !

    Dès 10h30, l’équipe était au rendez-vous. Le réalisateur de l’émission, la script, les chroniqueurs Gorian Delpâture et Michel Dufranne attendaient les amoureux des livres de pied ferme. Accueil, présentation de chacun, échanges sur la face cachée et les anecdotes de tournage, rencontres avec des hôtes de l’émission, commentaires des téléspectateurs... rien ne fut tabou et toutes les questions ont trouvé réponses.

    Livrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteurs

    Au départ, une immense chasse aux livres était prévue dans le magnifique parc de la Boverie. C’était sans compter sur un malheureux contretemps (un pneu crevé) qui a retardé Thierry Bellefroid et son précieux chargement.
    Qu’à cela ne tienne, c’est en toute simplicité que les livres ont été déposés sur des couvertures et partagés avec la cinquantaine de lecteurs présents. Sans bousculade, chacun a choisi, conseillé et négocié les titres qui le tentaient.

    Livrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteursLivrés à domicile fait la fête aux lecteurs

    Certains sont ensuite restés pour un pique-nique avec l’équipe quand d’autres rentraient se plonger dans leur lecture.

    Si je devais résumer ces trois heures en quelques mots, ce serait simplicité, joie, complicité. Non seulement l’équipe s’entend bien et cela se sent mais en plus les lecteurs ont vraiment eu l’impression d'en faire un peu partie.

    Merci à tous pour ces sympathiques et chaleureux moments ! Et longue vie à votre émission !

     

     

     

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  • Boulevard du Polar, 1er numéro.Ce week-end avait donc lieu la première édition du Boulevard du Polar.
    Dans un endroit méconnu, l’atelier Coppens, place du Nouveau Marché aux Grains, il regroupait cinquante-trois (excusez du peu) auteurs et dessinateurs de polars, thrillers, romans noirs et autres mauvais genres.

    A l’entrée, un tapis rouge invitait chacun à pénétrer dans le saint des saints afin de rencontrer, dans une atmosphère feutrée et chaleureuse, des écrivains connus ou qui ne demandent qu’à le devenir. Auteurs de bandes dessinées, écrivains, éditeurs, libraires accueillaient les visiteurs dans une grande pièce centrale. Dès les premières heures, certains fans étaient en attente de leur chouchou, livres lus à la main. D’autres déambulaient à la découverte des visages de ceux qui hantent leurs pires cauchemars. Et à de rares exceptions près, il faut bien dire que ces auteurs de mauvais genres ont tous une mine bien sympathique. Détendus, accueillants, ils bavardent avec le même naturel avec les lecteurs convaincus ou ceux qui n’ont pas encore franchi le pas.

    Dans une pièce annexe, le Compartiment Auteurs proposait de s’asseoir autour d’un verre pour écouter une série de rencontres, d’interviews, d’interrogatoires même. J
    Samedi, c’est la marraine de l’événement, Nadine Monfils qui a ouvert le bal au bras de Todd Robinson. J’ai ainsi fait la connaissance de ce Newyorkais aussi impressionnant, que charmant. Videur dans une boite de nuit, c’est son métier qui l’a inspiré pour écrire les aventures de Boo et Junior (Cassandra et Une affaire d’hommes, parus chez Gallmeister en NeoNoir)

    Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.

    Barbara Abel et Karine Giebel ont enchainé un pas de deux sous le regard amical de Marc Bailly, particulièrement en verve. Ces deux amies ont répondu avec bonne humeur à ses questions sur le métier, leur style, leurs histoires.

    Alors que Christophe Collins discutait genre et style avec deux auteurs belges, Jean-Louis Aerts et François-Xavier Dillard, je suis allé saluer mon ami Richard Sainte-Marie. Venu tout spécialement du Québec pour l’événement, il était en compagnie de Patrick Senécal sur le stand de la libraire Tulitu. Un vrai plaisir de les revoir à Bruxelles cette année.

    Après une pause repas, j’ai encore entendu Sire Cédric et Kid Toussaint discuter des adaptations de romans en bandes dessinées, Carlos Zanon et Hannelore Cayre partager leurs impressions sur la société actuelle qu’ils décrivent dans leurs romans noirs et Tim Willocks évoquer avec Benjamin Legrand le siège de Malte de 1565. Ce fait historique est au cœur du roman « La religion » de Tim Willocks, paru en 2009 et traduit puis adapté en BD par Benjamin Legrand. Une rencontre particulièrement intéressante et érudite.

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    Une troisième rencontre « roman-bd » entre Marcus Malte et Pierre-Henry Gomont a évoqué les qualités nécessaires à une adaptation réussie. « Les nuits de Saturne » est l’adaptation en bande dessinée de « Carnage constellation » de M. Malte.

    Enfin, j’ai écouté mon duo préféré raconter diverses anecdotes à propos de leur métier et de leur entrée sur le Vieux Continent. Patrick Senécal et Richard Sainte-Marie, auteurs bien connus au Québec, ont tout à prouver ici. Ils ont comparé les deux continents sur l’édition, les habitudes de lecture, les rencontres, les lecteurs... Ce fut très plaisant, comme toujours.

    Outre ces rencontres, deux projections cinématographiques ont eu lieu : celle du court métrage « Caïds » de François Troukens et le thriller de Nabil Ben Yadir « Angle mort ».

    En ce qui me concerne, je pourrais aussi vous parler des rencontres amicales partagées avec Sylvie Allouche (Stabat Murder) et Emilie de Lilys éditions, des formidables échanges avec Marcus Malte à propos de son roman « Les Harmoniques » que j’ai adoré et de son livre jeunesse « Scarriels » que j’ai acheté ou de la découverte de la revue « Sang froid » que je lirai avec plaisir cet été. Je pourrais aussi vous parler des files patientes devant Bernard Minier, Sire Cédric, Karine Giebel ou Barbara Abel et de deux auteurs que je ne connais pas du tout mais dont la gentillesse a séduit mon époux et moi-même : Pierre Pouchairet (policier à la retraite) et Véronique Sousset (avocate puis directrice d’une prison actuellement).
    Juillet sera noir cette année, à n’en pas douter.

    J’espère sincèrement que 2018 nous proposera une nouvelle édition de ce sympathique salon. Mais, si je peux me permettre, il serait bon qu’il ait lieu une ou deux semaines plus tôt. Beaucoup de lecteurs et de blogueurs sont dans l’enseignement et ce week-end est le plus chargé de l’année.

     

    Boulevard du Polar, 1er numéro.Boulevard du Polar, 1er numéro.

     

     

     

     

     

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