• Bouée de sauvetage, Patrick ISABELLEVictor jette sur la vie un regard plutôt sombre. Malgré ses onze ans, le cynisme l’a déjà gagné. Il juge et méprise le monde autour de lui, en silence. Lorsqu’un jour il se retrouve en fâcheuse position devant Dandurand et sa bande, c’est une fille forte et marginale qui vient à sa rescousse. Une amitié naît entre eux, tout doucement…

    Mon avis :

    Je ne présente plus Patrick Isabelle, ceux qui me suivent savent qu’il fait partie de mes auteurs chouchou. Chacun de ses ouvrages met en scène un jeune et une problématique (harcèlement, violence familiale, vengeance…) avec beaucoup de lucidité. On ne se sent pas toujours bien dans ses romans mais c’est voulu. Le but est de dénoncer et de faire réagir, que ce soit les adultes qui parfois sont trop investis dans leurs propres préoccupations ou les jeunes, qu’ils soient victimes, témoins ou acteurs.

    Le personnage principal n’est pas toujours cent pour cent sympathique. Il a aussi ses failles et ses défauts et cela le rend particulièrement attachant. C’est le cas ici. Victor est un gamin sans histoire, un enfant comblé, bien qu’il ne s’en rende pas compte. Sa vie va changer suite à la promotion professionnelle de son père qui entraine un déménagement et un éloignement de ce dernier. Victor se retrouve seul des semaines entières avec sa mère qui vit mal cette situation. Comme beaucoup de préados, il n’a aucune empathie pour elle, aucune compréhension pour ses émotions. Il ne voit que son propre mal-être.

    Quand la rentrée arrive et qu’il se fait agresser la première semaine par le caïd de la classe, Victor commence à perdre pied. Mais Alice, l’incroyable Alice, intelligente, sûre d’elle, obstinée, imperméable aux jugements des autres… va lui servir de bouée de sauvetage et devenir sa meilleure amie. Avec elle, il se sentira mieux, vivra ses premières fois et prendra en maturité. Mais cette fille qu’il trouve si forte vit-elle un conte de fées ?

    Publié en 2010, « Bouée de sauvetage » est le premier roman de l’auteur. Quatre ans avant « Eux » il aborde, en partie, la même problématique, le harcèlement. Ce qui diffère, outre l’âge des protagonistes, c’est le fait que Victor n’est pas seul face à Dandurand et qu’à deux, on est plus fort. Ce que j’aime aussi chez Patrick Isabelle c’est que le bourreau n’est pas seulement bête et méchant. Il reste humain et a aussi ses failles qui expliquent, à défaut d’excuser, son comportement.

    J’ai apprécié ce récit plus proche des élèves de 12-13 ans que le récit de « Eux » qui s’adresse, selon moi, aux plus âgés. Même s’il est moins brutal, il est tout aussi percutant. Un bon roman, une plongée habile dans l’univers des presqu’adolescents, tout en sensibilité et pudeur.

    Merci à Billy pour cette découverte.

     

     

     

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  • A treize ans, Lise a une passion pour les hirondelles. Mais lorsqu’elle les voit revenir à Paris en cet été 1942, les oiseaux ne parviennent pas à lui faire oublier les conséquences de l’Occupation : le rationnement, les alertes, la fermeture de l’atelier de confection familial, l’attitude de ses amis depuis qu’elle porte une étoile jaune sur ses vêtements. Le 16 juillet, la vie de Lise bascule lorsqu’elle assiste impuissante, de la fenêtre de ses voisins, à l’arrestation de toute sa famille…

     

    Mon avis : 

     

    L’histoire de Lise pourrait être celle de n’importe quelle jeune fille d’aujourd’hui, rêveuse, aimée et heureuse. Mais Lise est juive et vit sous l’Occupation. Son univers bascule en ce matin de juillet où, alors qu’elle est chez ses voisins d’en face, elle voit, impuissante, sa famille se faire arrêter par la Gestapo. Avec le courage de l’inconscience, elle se rend au bureau de police réclamer qu’on lui rende sa famille. Le policier de faction vérifie sa liste où n’apparaissent pas d’enfants. Elle récupère ainsi, avec une chance incroyable, ses petits frères de 8 ans. Commence alors une longue période d’incertitude, de peur, de mensonges et de cache.

    Même si ce n’est pas le premier que je lis sur le sujet, j’ai apprécié ce roman qui nous raconte la vie sous l’Occupation à travers les yeux d’une jeune fille juive obligée de se cacher pour survivre. Lise et ses frères sont à la merci de ceux qui savent et ne peuvent compter que sur la chance pour qu’aucune malveillance ne les habite. Au fil du récit, Lise va mûrir. Elle va passer de la naïve insouciance de l’enfance à la cruelle lucidité de l’âge adulte sans avoir quasiment eu de jeunesse. Elle doit non seulement s’occuper d’elle mais aussi veiller sur ses petits frères, les rassurer, les protéger alors qu’elle-même est pleine de doutes. Heureusement, la bienveillance des Jaillard, l’opportunité de vacances dans le Nord chez un oncle et les souvenirs heureux de son enfance l’aideront à tenir le coup et à traverser l’enfer.

    Avec Lise, les jeunes d’aujourd’hui découvriront la vie sous l’Occupation, les restrictions, les dangers, la rafle du Vel d’Hiv, les inégalités mais aussi toute la générosité dont certains ont fait preuve sans rien attendre en retour. Une période noire, certes, mais qui a aussi connu de vrais actes humanistes. Une période, en tout cas, qu’on souhaite ne jamais revivre.

    Sophie Adriansen rend ses personnages attachants d’un bout à l’autre. Elle décrit avec les mots justes les situations douloureuses et parvient à nous communiquer une certaine tension. On voit évoluer sous nos yeux Lise et les siens et on ne peut que ressentir de la tendresse et de l’admiration pour eux. L’auteure évite les clichés sur l’adolescence ou sur la guerre. Elle aborde des thèmes graves à travers les yeux d’une jeune fille qui a grandi trop vite et elle fait mouche. Le vocabulaire adapté aux jeunes dès douze ans permettra à un large public de se plonger dans cette lecture qui devrait les toucher vu l’âge et les préoccupations de l’héroïne.

    Arrivée au terme, on comprendra où l’auteure a puisé son inspiration. Si ce livre a une message a délivré c'est que, malgré les difficultés de la vie, il reste toujours un espoir. Une hirondelle peut faire le printemps.

     

     

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    Les hasards sont assassins, Hubert BEN KEMOUNRien, absolument rien ne devait placer sur le chemin de Fabrice Concelis un personnage aussi trouble et malfaisant que Stanislas de Saint Avril. Rien, sinon les hasards qui parfois se jouent si mal ou si bien de nous.

    Mon avis : 

    Il m’arrive rarement de ne pas finir un roman, surtout un roman jeunesse. Mais je me demande comment j’ai pu tenir jusqu’à la page 110 de ce roman recommandé par un collègue.

    Stanislas de Saint Avril n’a qu’un rêve, devenir commissaire de police. Quand il est recalé, sa vie bascule et il en veut à la terre entière. Pas une minute, cet oisif, fils très gâté d’une mère qui l’aime et tient à lui comme à la prunelle de ses yeux, n’imagine qu’il pourrait être la cause même de cet échec.
    Parallèlement, Fabrice est un ado de 13 ans qui tente de s’affirmer et exaspère sa mère par ses sautes d’humeur et son égoïsme. Furieux de devoir la suivre au mariage de sa cousine et de rater ainsi une fête avec des copains, il n’a qu’une idée en tête le lui faire payer.

    Je ne saurai jamais quel lien va unir les deux ; quel événement va les faire se rencontrer et cela m’est égal. J’ai trouvé ce récit violent, malsain et glauque. Les deux personnages sont aussi tellement caricaturaux que je n’ai pu m’intéresser ni à l’un ni à l’autre. Trop c’est trop. Que voulait l’auteur ? Faire de nous des voyeurs ? Nous laisser regarder au-dessus de l’épaule du psychopathe pour nous montrer la folie, la fatalité, la fragilité de la vie ? Je n’ai pas compris. J’ai abandonné dégoûtée et perplexe face à ces deux sales gamins qui ont tout et ne le voient pas tant ils sont nombrilistes. Un de ses premiers romans. Il a bonifié depuis.

    Une chose est sûre, je ne le proposerai pas à mes élèves.

     

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  • GRIS, à travers les automnes, Tony SANDOVAL & Patricio BETTEOLes feuilles mortes qui tourbillonnent dans le vent ravivent les sentiments de Léo. Il y a un an, à l’arrivée de l’automne, il se lia d’amitié avec Gris. Alors qu’il était assis à l’arrière de la camionnette, son père s’arrêta pour faire monter une étrange jeune fille qui venait de sortir de la forêt. Une apparition qui changea le quotidien de ce souffre-douleur des "corbeaux", une bande de filles harcelantes.  

    Mon avis : 

    La couverture et le dessin semblent, a priori, destiner cette bande dessinée aux plus jeunes. Mais une fois plongé dans l’histoire, on se rend compte qu’il n’en est rien. Solitaire, Léo est régulièrement harcelé et malmené par « Les Corbeaux », des filles à l’allure gothique qui le rackettent pour s’acheter des fringues. La rencontre de Gris, une étrange et douce jeune fille, est un rayon de soleil dans sa vie. Pas questions de laisser les Corbeaux lui faire du mal.

    Au fil des pages, l’univers sombre de cette histoire nous étreint. Mais les auteurs, déjouant les préjugés, nous surprennent. Le mystère de Gris, la douceur de Léo, la violence des Corbeaux… tout semble joué… Pourtant…

    J’ai bien aimé ce conte singulier, l’atmosphère que crée le dessinateur, le trait fin, la poésie qui se dégage de certaines planches, les teintes de l’automne qui parent l’album… et toute la violence et la noirceur des racketteuses qui viennent rompre cette douceur.

    Un album atypique, tant par l’histoire que par son format. A découvrir lui aussi.

     

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  • L'île des disparus, La fille de l'eau, Camille & Viveca STENLa timide Tuva n’a pas grand-chose en commun avec ses camarades de classe. Elle ne se sent pas bien sur l’ile où elle habite, dans l’archipel de Stockholm, dont elle connait chaque recoin. Mais, alors que l’automne arrive, le changement e profile ans ce havre si tranquille. Des gens disparaissent en mer, es ombres se cachent sous les vagues et d’étranges lueurs éclairent la forêt. Lors d’une sortie, l’un des élèves s’évapore à son tour. La jeune fille se retrouve embarquée dans une terrible aventure, là où les vieilles superstitions des marins rencontrent la mythologie nordique.

    Mon avis : 

    Viveca Sten nous avait habitués à des polars nordiques. Ici, avec sa fille Camille, elle nous offre le premier tome d’une trilogie fantastique.

    Tuva a 13 ans et, le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas intégrée à sa classe. Depuis son plus jeune âge, les autres se moquent de sa réserve, de ses silences et des cicatrices qu’un accident lui a laissées dans le cou. Elle a donc appris à vivre à l’écart et n’a pas d’ami.
    Depuis la rentrée, elle fait d’étranges cauchemars dont elle s’éveille suffocante et terrifiée. Elle se voit à chaque fois se noyer en mer. Quand Alex, un garçon de sa classe disparaît, cela ne fait qu’empirer. Elle a maintenant des visions et entend des voix. Est-elle en train de devenir folle ?

    Ce roman jeunesse est efficace d’un bout à l’autre. Une fois ouvert, impossible de le refermer sans connaitre le fin mot de l’histoire. Et on n’est pas déçu par les rebondissements et les surprises. Les auteures nous proposent ici un récit au réalisme magique tout à fait plausible pour qui aime les légendes, les mystères et la mythologique scandinave. Dans cette religion panthéiste offrant une large place à la femme et à la nature, on accorde une place privilégiée aux elfes, lutins et autres créatures magiques. Les unes étant bonnes et protectrices des humains, les autres maléfiques et souhaitant leur fin. Encore faut-il que les hommes les respectent et y croient et s’appliquent à protéger leur territoire : la nature. Or, la pollution n’a jamais été si grande et la mer Baltique se meurt, asphyxiée par les déchets et les produits chimiques qui y sont déversés.
    Le décor est planté.

    Ce premier tome se clôt sur des révélations bouleversantes mais que les auteures ont habilement amenées tout au long du récit. On n’est donc pas surpris mais on se demande qui finira par l’emporter et résoudra le problème qui a amené les forces du mal à se réveiller d’un si long sommeil.

    Ce roman fantastique est également un récit initiatique. Il permet à Tuva de trouver sa place parmi les autres et la verra s’éveiller à une série de sensations et sentiments dont elle se pensait exclue.
    Le tome se termine par un mini dossier plaidoyer pour la sauvegarde de la mer Baltique. Il nous livre des chiffres et des faits concernant la pollution qui y sévit et les raisons d’une prise de conscience urgente pour sauver cet écrin. 90 millions d’habitants vivent dans les neuf pays qui l’entourent.

    J’ai pris plaisir à découvrir ce roman jeunesse et suis curieuse de connaitre la suite. Il mêle avec doigté aventure, découverte amoureuse, légendes, mythes fondateurs et mystère. Un cocktail mesuré que j’ai trouvé rafraîchissant.

     

     Merci aux Editions Michel Lafon pour cet envoi.

     

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  • Les Lucioles, Jan THIRIONDepuis la disparition de sa mère, Tyrone ne parle plus et semble ne plus entendre. Il a également cessé de grandir. Ce jeune garçon vit heureux avec son père, sa belle-mère, sn frère, sa sœur et son chien adoré, Biscoto. L’arrivée des Lucioles, un nouveau parti politique, va bouleverser la quiétude de ce petit monde.

    Mon avis :  

    Les éditions Lajouanie proposent des premiers romans et mettent en avant des auteurs inconnus. Elles donnent une chance à des récits sortant des sentiers battus et collant à l’actualité. Ce roman de Jan Thirion s’adresse aux enfants (de 10 à 110 ans, dit-il) mais est écrit avec intelligence et finesse. Il ne prend pas les jeunes pour des sots.

    Tyrone vit heureux dans sa famille recomposée, avec Edgar, Saskia et leur maman, et s’il n’y avait sa différence, il serait semblable à tous les enfants du monde. Mais suite à la perte de sa maman, il a arrêté de parler et sa croissance s’est stoppée également. Aujourd’hui, il a 13 ans mais en parait 7. C’est lui qui nous raconte, dans ce roman à suspens, l’histoire de sa famille et de sa ville. Parfois, il s’exprime comme un enfant de 7 ans, parfois il trouve les mots justes et semble d’avantage avoir 13 ans. Ses phrases sont courtes et ses idées concises et cela rend donc la lecture facile et rapide pour les bons lecteurs.

    La vie de cette famille va changer peu à peu. Nous sommes en période électorale et le parti des Lucioles mène campagne. Une grande kermesse est organisée où chaque enfant reçoit de petits cadeaux alors que les adultes écoutent des orateurs leur promettent une vie meilleure et plus lumineuse. Leur couleur est le noir à pois blancs. Elle se décline en foulards, fanions, pulls et se retrouve même sur les véhicules officiels du parti. Tyrone s’amuse de voir que son petit bichon, Biscoto, est à l’inverse blanc, avec un œil cerclé de noir. A la télévision, des reportages montrent les militants Lucioles en action dans les quartiers défavorisés et dans les rues. Ils portent des colis, des couvertures et apportent leur soutien aux résidents des maisons de retraite. A l’école, des adultes viennent expliquer aux enfants le bien fondé des idées du parti… Aux élections, les Lucioles sont les grands vainqueurs.
    Et lentement, les changements se mettent en place. Tyrone se voit d’abord obligé de tenir son petit chien en laisse quand il se promène dans le parc et ne peut plus gambader sur les pelouses. Il assiste impuissant au tabassage en règle d’un accordéoniste bien connu du quartier que la milice va arrêter… Saskia et Edgard partent chaque week-end s’amuser dans des stages de formation et leurs relations avec la famille se transforment peu à peu… Le jour où ses parents perdent leur travail et où ils voient deux amis handicapés quitter sa classe, Tyrone comprend que plus rien ne sera plus comme avant.

    Avec doigté, Jan Thirion décrit à la perfection la mise en place d’un régime dictatorial. De la phase de séduction, à l’horreur la plus infâme, il trouve les mots justes pour expliquer aux jeunes comment on parvient à manipuler les gens et leur ôter tout esprit critique. Criant d’actualité, ce récit met en scène un parti démocratiquement élu qui, une fois au pouvoir, montre réellement son vrai visage. Au-delà de cette dénonciation, l’auteur nous propose aussi un roman d’apprentissage. Le jeune héros va beaucoup changer tout au long du récit. Il va passer par toute une palette de sentiments, se confronter à la dureté de la vie, à la violence de certaines situations et comprendre peu à peu en qui on peut avoir confiance et de qui on doit se méfier. La présence de son chien l’aidera terriblement jusqu’au moment de sa perte. Des épisodes de grande intensité que l’auteur nous offre là.

    Ce roman extrêmement juste plaira sans aucun doute aux jeunes. Selon l’âge différents niveaux de lecture peuvent être proposés. C’est LE roman idéal pour aborder le processus démocratique, la montée des extrémismes, la mise en place d’un régime totalitaire et les conséquences sur la population. A faire lire absolument.

     

      

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  • Bergères guerrières, J.GARNIER & A.FLECHAISVoilà maintenant dix ans que les hommes du village sont partis, mobilisés de force pour la Grande Guerre. Dix ans qu’ils ont laissé femmes, enfants et anciens pour un conflit loin de chez eux... La jeune Molly est heureuse car elle peut enfin commencer l’entrainement pour tenter d'entrer dans l’ordre prestigieux des Bergères guerrières : un groupe de femmes choisies parmi les plus braves, pour protéger les troupeaux mais aussi le village ! Pour faire face aux nombreuses épreuves qui l'attendent, Molly pourra compter, en plus de son courage, sur Barbe Noire, son bouc de combat, mais également sur l’amitié de Liam, le petit paysan qui rêve aussi de devenir Bergère guerrière – même si ce n’est réservé qu’aux filles....

    Mon avis : 

    Je poursuis ma découverte des BD lues par mes élèves.
    Bergères guerrières nous raconte l’odyssée de Molly dans un univers fantastique et médiéval inspiré par les légendes celtiques. Ayant enfin atteint l’âge requis pour intégrer le groupe, elle va devoir se montrer à la hauteur et défendre son village et ses terres contre les envahisseurs. Très vite, ce qui pour elle semblait un jeu va prendre une dimension primordiale. Elle se rend compte que de vrais enjeux imposent cette défense, que le rôle qu’elle a accepté est une charge plus lourde qu’elle ne croit et qui implique des responsabilités.

    Ici aussi, le postulat de départ est classique : des hommes partis à la guerre, un village resté aux mains des femmes et des anciens, des habitantes qui s’organisent pour leur sauvegarde… Le scénariste y ajoute habilement l’entrée dans l’adolescence de l’héroïne et l’absence de figure paternelle qui ne peut donc contrer sa rébellion. A l’histoire du village se mêle celle de Molly : son parcours initiatique est extrêmement bien décrit. Entourée d’amis sincères, dont Liam, elle progressera dans sa recherche d’identité et son combat pour la liberté. La lecture est fluide et prenante et l’humour bien présent. Par de nombreux côtés, elle m’a rappelé le film « Dragons »

    Les décors colorés et précis donnent une belle ambiance au récit et aux combats. Le dessin dynamique et chaleureux d’Amélie Fléchais alterne les rythmes du récit riche en rebondissements. Quant aux personnages, ils sont bien campés, plausibles et raviront les jeunes lecteurs.

    Ce récit d’apprentissage et d’amitié met en scène une joyeuse troupe attachante et fait la part belle aux relations entre les protagonistes. On est loin des frêles bergères d’antan et c’est tant mieux.

     

     

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