• Le mystère du livre disparu, Au secours de Peter Pan, P.BACCALARIO, E.JAUREGUIAnna et Gabriel sont bouleversés : la plus belle histoire jamais écrite, dont ils attendaient la sortie en librairie avec impatience, a disparu ! Pire encore, les héros et les histoires de leurs livres préférés sont tous mélangés… L’enquête commence, au cœur d’une aventure incroyable et magique, qui les mènera jusqu’au Pays imaginaire pour porter secours à Peter Pan.

    Mon avis :

    C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Pierdomenico Baccalario, après l’avoir découvert grâce à Typos. Cette fois, il s’adresse à un public un peu plus jeune mais le style et le langage restent soutenus.

    Le propos n’est pas neuf : Gudule avait déjà proposé un voyage au cœur des livres dans La bibliothécaire et Christian Grenier un conflit « livres contre écrans » dans Virus LIV ou La mort des livres. Comme ces prédécesseurs, ce livre pose la question de la place de la lecture dans la vie des jeunes, de l'imaginaire et de la créativité. L’originalité ici vient de l’insertion d’éléments anachroniques au cœur même des classiques de la littérature jeunesse.

    Plongeant d’emblée dans le fantastique, ce roman d’aventures entraine les jeunes lecteurs dans une odyssée au Pays Imaginaire. Ils (re)découvrent ainsi l’univers de Peter Pan, l’original de J.M. Barrie.

    Ce roman est le premier tome de la série. Nous y faisons la connaissance d’Anna et de son frère Gabriel, deux lecteurs passionnés dont la tante Béa est libraire au cœur du quartier gothique de Barcelone. Délaissés par des parents très pris par leur travail, ils meublent leur temps libre dans sa boutique ou en arpentant les rues de la ville pour recenser les dragons ornant les façades. La plume de l’un et le coup de crayon de l’autre remplissent de nombreux carnets dont ils voudraient faire un livre. Observateurs et perspicaces, ils sont tout désignés pour tenter de sauver la littérature dont l’inquiétant Zargo voudrait s’emparer. Son but : rendre ses tablettes indispensables aux écoliers afin qu’ils abandonnent la lecture. Les deux enfants seront-ils de taille pour rivaliser ?

    Le plaisir de lecture est au rendez-vous et il y a fort à parier que les enfants dès 9 ans, plongeront avec joie dans cette lecture aventureuse et rythmée. La question que je me pose, après ce premier tome qui ne résout qu’une partie du problème, est celle du renouvellement de l’intrigue. Ce serait dommage d’assister à une répétition du schéma narratif dans chaque récit.

    Un grand merci aux éditions Flammarion pour l’envoi de ce roman paru le 5 octobre dernier.
    Pensez à le mettre sous le sapin.

     

    Le mystère du livre disparu, Au secours de Peter Pan, P.BACCALARIO, E.JAUREGUI13e

     

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  • Pavel, Matthieu SIMARDIl y a Martin qui aime Anouk, sans retour. Le quotidien d’un collège, des jeunes prisonniers de leur vie. Et il y a Pavel, le plus mystérieux de tous les adolescents de seize ans, qui bouleverse l’existence de tout ce beau monde. Entre réalité et fantastique, Pavel parle d’amour, d’amitié et de liberté.

    Mon avis :

    Pavel, c’est l’histoire de Martin, 16 ans. Etudiant au collège privé du quartier Côte-des-Neiges, c’est un ado comme les autres -un plus solitaire peut-être- qui aime Anouk qui l’ignore. Elle traine avec le gang jet-set que celui-ci ne peut pas sentir.
    Un jour d’automne, arrive au collège un jeune Russe mystérieux, Pavel, qui se tourne naturellement vers Martin et devient son ami. La vie de Martin ne sera plus jamais la même.

    Pavel, c’est aussi un feuilleton littéraire paru en 2008-2009 : treize courts épisodes d’une trentaine de pages chacun, qui paraissaient toutes les deux semaines.

    Comme tout roman jeunesse, il mêle amour, amitié, humour, drame... aux petites et grandes histoires de collège que nous avons tous vécus. Matthieu Simard y ajoute un zest de mystère et de surréalisme et nous ferre ainsi à son récit qu’on ne lâche pas avant le dénouement.

    J’ai bien aimé cette histoire inattendue empreinte d’émotions multiples. L’auteur a le sens du détail tant au niveau de la description des lieux que dans les réactions et attitudes de ses personnages. Il parvient à nous attacher à eux dès le premier épisode. Son langage jeune accroche ; son ironie, parfois cynique, fait mouche aussi et l’autodérision dont fait preuve Martin fait sourire malgré la noirceur de certaines situations.

    J’ai apprécié le rythme, la construction répétitive, l’originalité de l’histoire et le style de l’auteur. C’est un roman attachant et riche, qui dépeint avec justesse la vie dans un collège et dont les accents fantastiques plaisent très certainement aux adolescents. Seul bémol, la version numérique que j’ai achetée ne fait pas la part belle aux illustrations de Daniel Plaisance, toutes concentrées sur une page. Dommage.

     

    Pavel, Matthieu SIMARD 8e

     

     

     

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  • Camille, Patrick ISABELLELa jeune Camille grandit dans un univers de tensions, de craintes et de désirs. Témoin des disputes et des réconciliations de ses parents, elle devient la cible de son père. A l’école, elle doit cacher ce corps qui, lui, ne peut mentir. Couvrir ses jambes, ses bras. Souvent, elle voudrait s’effacer, confie-t-elle à son journal intime.
    Une nuit, sa mère s’introduit dans sa chambre pour la réveiller. On s’en va. S’annonce alors une fuite désespérée qui les conduit en Acadie où Camille s’abandonne aux splendeurs du paysage, à la mer, à l’amour. Puis, du jour au lendemain, elle disparaît.

    Mon avis :

    Une fois commencé, on ne peut s’arrêter de lire « Camille » avant d’avoir atteint le dernier mot. C’est comme une urgence qui vous prend aux tripes et ne vous lâche pas avant de tout savoir, de tout comprendre.

    Une fois de plus Patrick Isabelle réussit la prouesse de parler d’un sujet dur et bouleversant avec les mots justes et le ton adéquat. Comme Camille, on se sent pris dans une souricière, on étouffe, on manque d’air, on a envie de hurler nous aussi. Devant la passivité des uns, la naïveté des autres et la lâche violence dans laquelle elle baigne depuis toujours.

    L’histoire est simple, presque banale, mais Patrick Isabelle a eu l’idée d’en bouleverser la chronologie. Cela crée une tension qui s’accroit de page en page et tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre. Le roman commence par la fin : Mathis recherche Camille qui a disparu. Pourquoi, est la question que tout le monde se pose. Sa mère trouve le cahier dans lequel Camille se confie depuis la fin de l’année scolaire et le lit. On a donc, dans des chapitres numérotés, la narration à la 3e personne des 36h où tout le monde cherche la jeune fille et en parallèle, dans des chapitres datés du 30 juin au 20 août, le récit de Camille où elle raconte son été et les événements qui se sont enchainés jusqu’à cette fameuse journée.

    Comme dans « Eux », Patrick Isabelle nous immerge dans la vie d’un adolescent confronté à la violence. Ici, il s’agit de celle d’une famille dysfonctionnelle où amour et abus s’imbriquent de manière incompréhensible pour les personnes extérieures à cette cellule. Camille n’a jamais rien connu d’autre et vit en permanence avec une boule au ventre. Témoin et victime, tour à tour, de la colère éthylique de son père, elle cache en permanence son corps meurtri sous des jeans et des pulls à manches longues. Une nuit d’audace, sa mère l’emmène dans une fuite effrénée loin de ce père violent. Camille va alors se découvrir une famille qu’elle ne soupçonnait pas et le calme paisible d’une vie ordinaire au bord de la mer. Nait alors le fragile espoir d’une vie nouvelle. Pour combien de temps ?

    Patrick Isabelle réussit à nouveau le pari risqué de se fondre dans son personnage principal afin de coller au plus près à ses réactions et ses émotions. Se glisser dans la peau d’une adolescente présente toujours le risque du décalage, dans le ton comme dans le ressenti. Mais tout sonne vrai et permet au lecteur d’appréhender les choses de l’intérieur et de vivre la dualité des sentiments de Camille sans jamais tomber dans le mièvre ou le pathos. La dynamique des relations familiales est particulièrement bien décrite, soutenue par des personnages à la psychologie étudiée. On sait toute la préparation, l’observation qu’il y a derrière un tel roman sans jamais que cela ne se perçoive. Signe d’un sujet maitrisé et d’une réelle empathie de l’auteur pour ses personnages.

    Un récit fort, superbe, à lire absolument, d’autant qu’il est empli d’espoir et de résilience.

     

    Camille, Patrick ISABELLE1e

     

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  • Les chemins de l'école


    Sans doute connaissez-vous le reportage intitulé « Les chemins de l’école ». Le réalisateur a suivi des enfants des quatre coins du monde qui effectuent des voyages incroyables pour se rendre à l’école chaque jour. Alors que les nôtres trainent parfois les pieds pour marcher 500 mètres, ces enfants entreprennent ces expéditions avec le sourire.

    Les éditions Nathan propose des livres reprenant chacun l’histoire d’un de ces enfants. A travers ces magnifiques portraits, illustrés des photos du film, nous découvrons leur quotidien, leur parcours de plusieurs kilomètres à pied, à cheval et même en fauteuil roulant.

    Quatre récits étaient parus en 2015, quatre nouveaux viennent de sortir : Carlos, l’Argentin, Jackson, le Kenyan, Zahira la Marocaine et Samuel, l’Hindou.
    Zahira qui vit dans le Haut Atlas parcourt tous les lundis vingt-deux kilomètres à travers les montagnes pour rejoindre le collège d’Asni. Le trajet dure quatre heures. Ce jour-là, en compagnie de ses amies, elle voyage avec une poule. Elle a l’idée de la vendre au marché pour acheter des gâteaux pour ses amies du dortoir à l’internat.

    Jackson a onze ans et marche chaque matin deux heures avant d’arriver à l’école. Sa petite sœur l’accompagne. Des dangers les guettent sur le chemin, ils peuvent rencontrer un éléphant ou pire encore. Leurs parents sont pauvres et ils souhaitent que leurs enfants soient vaillants, forts et plus instruits qu’eux-mêmes. Pour eux, l’école c’est primordial.

    Carlos et sa petite sœur de six ans ont plus de chance. C’est à cheval qu’ils parcourent les plaines et montagnes de la Cordillères des Andes. Une heure trente de trajet chaque jour. En route, d’autres copains les rejoignent. Eux aussi viennent à l’école à cheval. Après le lever du drapeau, un petit déjeuner leur sera servi et la classe pourra alors commencé.

    L’histoire de Samuel m’a encore plus touchée que les autres. Chaque matin, ses frères et lui parcourent quatre kilomètres pour arriver à l’école. Ce n’est pas grand-chose mais cela leur prend malgré tout une heure et quart. Samuel est handicapé depuis son enfance suite à une poliomyélite. C’est en voiturette qu’il effectue ce trajet, poussé et tiré par ses petits frères, à travers le sable, les cailloux, la rivière et sous une chaleur tropicale. Il va à l’école à Periyapattinam. La seule école qui a accepté son fauteuil roulant.

    Chaque histoire est un court récit dans lequel le narrateur est l’enfant lui-même. Il raconte son quotidien au lecteur dans un langage simple et clair. L’histoire est abondamment illustrée de superbes photos.

    Ces ouvrages devraient être lus par tous les petits Européens qui ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont. La réalité quotidienne de ces enfants du bout du monde permet de voir l’école autrement. Chacun d’eux fait de gros efforts pour s’y rendre et les familles font aussi des sacrifices. Ils savent que l’école c’est la chance d’une vie meilleure : il est indispensable d’être instruit pour espérer mieux.

    A la fin de chaque ouvrage, une carte du monde situe le pays de l’enfant. Quelques explications supplémentaires sont apportées sur le pays, son alimentation, une journée type à l’école, le niveau d’instruction...

    Ces livres courts sont abordables dès 8 ans. Ils témoignent qu’accéder à l’instruction reste aujourd’hui encore une sacrée aventure et permettent de découvrir d’autres modes de vie. Ils sont édifiants et passionnants. De plus, chaque livre acheté contribue au développement de l’association « Sur le chemin de l’école » qui aide à la scolarisation d’enfants à travers le monde. De quoi joindre l’utile à l’agréable.

    Pensez-y ! Les fêtes de fin d’année seront vite là. J

     

    Merci aux éditions Nathan pour ce bel envoi.

     

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  • Un coupable presque parfait, Robin STEVENSLorsque Daisy Wells et Hazel Wong fondent leur agence de détectives privés, elles espèrent débusquer une enquête digne de ce nom.
    Tout bascule subitement le jour où Hazel découvre la prof de sciences étendue dans le gymnase. Le temps d’aller chercher Daisy, le corps a disparu. Dès lors, il ne s’agit plus seulement d’un crime à résoudre mais d’un crime à prouver, et ce, avant que le coupable ne frappe de nouveau.
    Chaque minute compte lorsque tout indique que le meurtrier est là, coincé à vos côtés, dans l’école où vous vivez.

    Mon avis :

    Ce récit nous plonge dans l’Angleterre des années trente, au collège Deepdean, établissement réputé pour jeunes filles de bonnes familles.

    Daisy et Hazel, deux gamines délurées à l’imagination débordantes, sont bien décidées à découvrir qui a tué Miss Bell, leur professeur de sciences, récemment promue au poste de directrice adjointe. Persuadées que le coupable ne peut être qu’un membre de l’équipe pédagogique, elles décident d’ouvrir l’œil et de questionner habilement chacun afin de vérifier emplois du temps, mobiles et alibis possibles.

    Hazel, surnommée Watson par sa compagne, tient le journal de bord dans lequel elle relate les avancées de l’enquête. C’est elle, la narratrice de l’histoire. Originaire de Hong Kong, elle a été envoyée par son père en Angleterre afin d’y parfaire son éducation. Daisy, elle, est une Anglaise de pure souche, populaire, sûre d’elle et impétueuse. L’ascendant qu’elle a au départ sur Hazel va évoluer au fil de l’enquête et les caractères des deux adolescentes vont s’affirmer dévoilant que les apparences sont parfois trompeuses.

    J’ai bien aimé cette lecture, classique dans sa narration linéaire de l’enquête et animée par de petits potins qui secouent toute institution scolaire. L’auteur crée une atmosphère conforme à l’époque et le huis clos dans lequel se déroule l’enquête augmente la tension inhérente aux risques pris par les deux élèves.

    Un agréable moment de lecture et un roman qui devrait plaire aux jeunes amateurs de récit policier dès 12 ans.

    Merci aux éditions Flammarion pour cet envoi.

    Un coupable presque parfait, Robin STEVENS6e

     

     

     

     

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  • Agatha, Françoise DARGENTAgatha vit seule avec sa mère depuis la mort de son père. Elle s'ennuie. Alors elle lit. Tout ce qui lui tombe sous la main. Surtout des romans policiers. Elle lit, et elle imagine des histoires de meurtre et de disparition. Livre après livre, rêve après rêve, elle grandit. Paris, l'Égypte : Agatha brûle de voir le monde. Elle a soif de goûter à tout ce que la vie peut lui offrir. Plus tard, Agatha Miller prendra sa plume pour écrire. Son premier roman policier sera signé Agatha Christie.  

    Mon avis :

    Françoise Dargent nous propose ici une biographie romancée de l’adolescence d’Agatha Christie. Superbement documentée, elle reste très fidèle à l’auteure et à ce qu’elle fut. Son autobiographie l’a fortement aidée, cela se sent.

    Elle nous présente Agatha telle que je me l’imagine, après mes nombreuses lectures : une jeune femme vive, délurée et réservée à la fois, curieuse et indépendante. Benjamine d’une famille de trois enfants, elle souffrit de l’absence d’un père adoré, décédé avant son adolescence. Elevée par une mère affectueuse mais très attachée aux convenances, au qu’en dira-t-on et à l’instruction, elle se sentira parfois un peu isolée à Toquay et brimée dans ses aspirations de liberté. Ses études poursuivies à Paris lui apporteront ce brin de légèreté et de folie dont elle avait besoin. Ce sera aussi pour elle l’occasion de se rendre compte que son rêve d’être chanteuse d’opéra n’était peut-être pas réaliste malgré de grandes dispositions pour le chant et le piano. Mais sa timidité et son trac devant un parterre d’inconnus l’empêchèrent de mener son rêve à bien. On ne peut que s’en réjouir.

    Ce roman jeunesse est intéressant, dynamique et drôle. L’écriture de l’auteure est précise et savoureuse et rend à merveille cette époque. On se glisse facilement dans les bottines d’Agatha, au sein d’une famille unie et chaleureuse, et l’on vit le quotidien d’un jeune bourgeoise anglaise au début du XXe siècle, à la Belle Epoque. Pas question alors, pour une fille, de sortir du rang ! Il fallait être discrète, bien élevée, aimante et à sa place en toutes circonstances. Les deux ans passés à Paris et son voyage au Caire avec sa mère, l’année de ses dix-huit ans, lui feront prendre conscience que, hors d’Angleterre, ses compatriotes pouvaient vivre plus librement et de façon moins guindée. Cela apportera très certainement de l’assurance à cette jeune fille naturellement portée vers la nouveauté, l’évolution technologique et l’indépendance.

    Dans ce roman très fidèle à la personnalité d’Agatha Christie, l’auteure glisse quelques références à ses futurs romans et c’est très amusant de relever les indices qui évoque « Mort sur le Nil », « Le Crime de l’Orient Express », « Dix petits nègres » ou encore « Musique barbare ».

    Cette biographie romancée est une réussite. Il est impossible de ne pas s’attacher à la jeune Agatha. Les chapitres sont courts, l’écriture vive et les pages se tournent sans effort, tant on est emporté par la fougue de l’héroïne. Cette immersion dans l’Angleterre de la Belle Epoque, où les plages n’étaient pas mixtes, où les enfants étaient, la plupart du temps, élevés par des nourrices, où les bourgeois préféraient envoyer leurs enfants étudier à l’étranger plutôt qu’à Londres avec des enfants d’un autre rang, permet d’appréhender l’évolution de la société en cent ans, mais aussi l’influence que celle d’alors a eue sur Agatha Christie. Cette « bonne société » et l’éducation qu’elle dispensait à ses filles transparaissent, en effet, dans toute son œuvre.

     Un coup de cœur de cette rentrée, que je proposerai sans aucun doute à mes élèves.

    Merci aux éditions Hachette et à NetGalley de m’avoir fait bénéficier de ce partenariat.

    D’autres romans sur Agatha Christie sont attendus en cette rentrée. Pour lire l'article du Parisien, cliquez ici.

     

    Agatha, Françoise DARGENT

     

    4e




     

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  • Le copain de la fille du tueur, Vincent VILLEMINOTCharles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils font les quatre cents coups pour tuer le temps… Jusqu’à l’arrivée de Selma. Cette fille est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un célèbre trafiquant de drogue.

    Mon avis :

    Même si je trouve le titre moche bien peu engageant, je m’attendais à autre chose, Vincent Villeminot étant un auteur jeunesse expérimenté et reconnu, auteur notamment de U4, Stéphane et de la trilogie Instinct.

    Comment parler de ce roman foisonnant et décousu qui m’a laissée sur ma faim ?
    Commençons par l’histoire. Charles est le fils d’un poète, Prix Nobel de littérature, qui a voué toute son œuvre à son grand amour perdu, Emma, la mère de Charles. Celle-ci est, en effet, décédée alors qu’il n’avait qu’un an et son père ne s’en est jamais remis. Enfermé dans sa douleur, il a négligé son fils et ils ont vieilli côté à côté en parfaits inconnus. Quand le récit débute, Charles vient d’intégrer une école suisse réputée et n’a qu’une idée en tête : obtenir son Bac et retourner aux Etats-Unis poursuivre ses études, loin de ce pays natal où il n’a aucune attache. A son arrivée, il se lie d’amitié avec le fantasque Touk-E, fils d’un président-souverain africain. Autant Charles est introverti, réservé, studieux, autant Touk-E est extraverti, excentrique, paresseux. Tout les oppose et pourtant, une étonnante amitié va les lier d’emblée. Touk-E apporte à Charles le grain de folie qui lui manque et Charles parvient quelques fois à rendre Touk-E plus responsable et pondéré. Cette première partie nous conte les frasques de ces deux compères (plus que la vie à l’internat) et décrit les aspirations de chacun d’eux.

    Arrive alors Selma qui fait son entrée à l’internat, en cours d’année. Solitaire, mutique, mystérieuse, elle bouleverse et attire Charles dès le premier jour. Très vite, il apprend qu’elle est la fille d’un célèbre narcotrafiquant et bien qu’elle représente une réalité qu’il exècre, il tombe sous son charme. Il n’aura de cesse de briser son silence et de découvrir qui elle est vraiment.

    Avec ces trois personnages au profil diamétralement opposé, on pouvait s’attendre à de belles joutes oratoires, des échanges d’idées sur la famille, l’école, le monde, le destin... Ce ne fut pas le cas. L’apparition de Selma éclipse quelque peu l’amitié entre les garçons qui passe au second plan et l’accent est mis –un peu trop- sur la romance. L’intérêt de cette partie tient au mystère de Selma. On perçoit très vite qu’elle ne se livre qu’à demi-mots et qu’elle garde des secrets de famille, des fêlures que Charles voudrait apaiser. Je regrette cependant le côté un peu mièvre de cette partie de l’histoire. On reste à la surface des choses, le côté anecdotique prend le pas sur une réflexion plus profonde.

    Dans la dernière partie, tout se précipite : l’année scolaire touche brutalement à sa fin, Selma connait des soucis avec sa famille, Charles quitte l’école pour rester au chevet de son père... et toutes les questions soulevées par la deuxième partie du récit trouvent brusquement des réponses -parfois tirées par les cheveux. Et alors qu’on attend un happy end, un ultime rebondissement vient perturber le début de l’été.

    Si le style et l’écriture sont plaisants car vifs et dynamiques et le rythme enlevé grâce à de très courts chapitres, l’histoire manque de consistance. Elle aurait pu être dense : on y parle de filiation, d’héritage, de transmission mais aussi du poids de la famille, de la société... mais rien n’est vraiment abouti. Elle aurait pu être originale mais le côté too much de certaines scènes, de certaines révélations ne les rendent pas crédibles. Les personnages ont tout pour être attachants mais certaines réactions imprévisibles empêchent de les prendre au sérieux. Il y a un peu de Tarantino dans tout ça : c’est parfois profond, souvent loufoque et toujours excentrique.
    En conclusion, je suis dubitative. Non seulement pour toutes les raisons évoquées ci-dessus mais également parce que je me demande si les adolescents parviendront à s’identifier à ces personnages ou s’ils trouveront un intérêt à leurs aventures.

    Je remercie cependant les éditions Nathan de m’avoir fait parvenir l’épreuve de ce roman qui sortira le 25 août prochain, à la rentrée.

     

     Le copain de la fille du tueur, Vincent VILLEMINOT

     

     

     

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