• Lui, Patrick ISABELLEAprès avoir commis une fusillade et purgé sa peine dans un centre jeunesse, un adolescent retourne chez ses parents avec l’espoir de retrouver une vie normale. Sa libération ne laisse personne indifférent. Le public exprime sa colère sur les réseaux sociaux, tandis que les témoins de la tragédie et les proches du jeune contrevenant tentent avec douleur de comprendre ce qui s’est passé.

    Mon avis : 

    Voici arrivé le terme de la trilogie de Patrick Isabelle. Après « Eux » et « Nous », il nous propose « Lui ». Lui, c’est ce jeune garçon que l’on suit depuis le collège et dont on ne sait toujours pas le nom. Parce que « Lui », ce jeune harcelé et humilié par les caïds de l’école, sans raison apparente, cela peut être n’importe qui.

    « Lui » a purgé sa peine. Après trois ans passés en centre fermé, il espère reprendre une vie laissée entre parenthèses. Mais cela sera-t-il possible ? Le laissera-t-on faire ? Et ces années d’enfermement, brillamment racontée dans « Nous » s’effaceront elles peu à peu de sa mémoire ? Les répercussions du drame qui s’est joué il y a trois ans sont bien plus grandes qu’il ne l’imagine.
    On découvrira ce que sont devenus ses harceleurs, son meilleur ami, ses parents, son enseignante principale… En donnant la parole tour à tour à chacun, Patrick Isabelle interroge adroitement les consciences. Entre crainte, regrets, rédemption et vengeance, tout peut arriver.

    Toujours par de courts chapitres, poétiques et poignants, l’auteur nous raconte le dénouement d’un drame (hélas) ordinaire. Cette fois, le personnage principal ne s’exprime plus en « je », ce sont les autres qui parlent de lui. Ceux qui ont vécu ce drame n’ont pas oublié, la douleur est inextinguible et certaines colères explosives. On sent dès le début que le pire peut se reproduire. A moins qu’on ne puisse sortir du cercle vicieux de la violence.
    Je ne vous dirai pas ce qu’il en est car cette trilogie mérite vraiment qu’on s’y plonge et qu’on la donne à lire aux adolescents. Ces romans jeunesse ne les prennent pas pour des « niaiseux » comme dit l’auteur. Celui-ci leur parle comme à des adultes, comme il aurait aimé qu’on lui parle au même âge. Et il fait mouche !

    Je donne le premier tome à mes élèves et chaque année, cela les bouleverse et les fait réagir. J’attends avec impatience que ces ouvrages soient enfin disponibles en Europe pour les proposer tous.

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  • Le monde dans la main, Mikaël OLLIVIERPierre a tout pour être heureux. Plutôt pas mal, même si trop timide avec les filles, il a seize ans, une sœur pleine d’humour, un père et une mère unie, une vie de rêve baignée par des études musicales à Versailles…
    Enfin ça, c’était avant que sa mère ne disparaisse mystérieusement sans laisser d’adresse !
    Alors tout bascule, tut chavire et Pierre découvre que, sous une apparence très sage, sa famille cache d’inavouables secrets.
    Il lui faudra devenir un autre, moins raisonnable, plus amoureux, pour s’apercevoir qu’enfin, le monde est dans sa main.

    Mon avis : 

    Pierre, 16 ans, a une vie ordinaire : des parents, une sœur, des grands-parents. Il vit à Versailles et étudie le piano. Pour son anniversaire, il va chercher une nouvelle chambre chez Ikea (cet épisode dans le magasin est un morceau d’anthologie). Sa mère énervée de voir que rien ne rentre dans le coffre s’éloigne… et disparait. Toute la vie de Pierre va s’en trouver bouleversée bien plus qu’il ne l’imagine.

    Ce départ inattendu et surprenant de la part d’une épouse et d’une mère attentionnée, aimante, presque parfaite, inquiète. Après l’incompréhension, la colère, la peine, vient la réflexion sur les causes. Sous l’impulsion de Pierre les langues se délient, des secrets de famille sont dévoilés et les masques tombent. Pierre comprend aussi que le hasard joue souvent un rôle curieux dans la vie.
    Mikaël Ollivier décrit avec précision les petits défauts de chacun, les anecdotes familiales, ce qui constituent les bons et moins bons moments… Il nous livre un portrait de famille plausible et finement observé. L’ado mal dans sa peau, mal à l’aise avec les filles, ayant besoin de repères pour avancer va prendre de la maturité. Face à son père déprimé, il prend les choses en main et se montre à la hauteur.

    Ce roman d’apprentissage intimiste devrait plaire aux adolescents à partir de 14 ans. Le talent de Mikaël Ollivier y est, une fois de plus, présent. Les émotions sont mises en scène avec doigté, qu’il s’agisse de rupture, de peur, d’abandon, de tendresse ou d’amour. Mais c’est le personnage de Pierre qui m’a le plus plu. D’une grande sensibilité, il fait preuve au fil du temps d’une force de caractère insoupçonnée et d’une belle vivacité d’esprit. Les adolescents devront se reconnaitre en lui.

    Petit bémol pour la fin ; à mon avis, le dernier chapitre est de trop. On aurait pu finir sur le réveillon de Noël.

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  • Virginia Wolf, Kyo MACLEAR & Isabelle ARSENAULTVirginia, la sœur de Vanessa, est d’humeur féroce – elle grogne, elle hurle à la lune et elle fait des choses très étranges. Elle est prise d’un cafard si intense que toute la maison semble sens dessus dessous.
    Vanessa fait tout ce qu’elle peut pour lui remonter le moral.

    Mon avis : 

    Il y avait longtemps que je n’avais plus lu d’album illustré ; depuis que mon fils n’en lit plus, en fait. Mais j’ai été attirée par la délicatesse des dessins d’Isabelle Arsenault. Et finalement, c’est le tout qui m’a séduite.

    Un matin, Virginia se réveille d’une humeur de loup. Tout l’ennuie, elle grogne et ne veut voir personne. Sa sœur va alors tout mettre en œuvre pour la dérider. Mais rien n’y fait. Jusqu’à ce que Virginia lui confie qu’elle voudrait voler jusqu’à Bloomsberry, un endroit magnifique selon elle. Vanessa n’a aucune idée d’où se trouve ce jardin mais elle le crée avec ses peintures et ses pinceaux.

    Cette histoire d’une petite fille extrêmement triste sans raison apparente, est d’une grande sensibilité. C’est sa sœur qui nous raconte cette journée particulière et comment elle déploie des trésors d’imagination pour rendre le sourire à Virginia. Les dessins sont en accord avec le texte. Chaque idée nouvelle est illustrée de dessins colorés ; chaque échec de dessins noirs sur fond monochrome blanc ou bleu pastel. Lorsque Virginia semble au fond du trou, on ne distingue plus que des silhouettes et celle de Virginia se distingue par ses oreilles de loup. (On découvrira à la fin de quoi il s’agit.)

    La lecture au premier degré de ce très bel album permet aux enfants de se rendre compte qu’il est normal d’être parfois triste ou sombre sans savoir forcément pourquoi. Et qu’a contrario, on peut rendre le sourire à quelqu’un de mal dans sa peau. On peut aussi voir la beauté de la nature ou l’art comme un moyen de chasser ses idées noires.
    Mais cette histoire est aussi celle de Virginia Woolf. L’auteure souffrait de troubles mentaux, elle était bipolaire, sa sœur était peintre et, dans les années vingt, chacune faisait partie d’un groupe d’artistes nommé Bloomsbury. De plus, on ne fait aucune allusion aux parents des fillettes dans cette histoire et Virginia Woolf a perdu ses parents alors que sa sœur et elle étaient adolescentes.

    Cet album raconte une histoire forte joliment mise en images. On sent d’un bout à l’autre l’amour et la tendresse qui unissent les deux sœurs. Les dessins sont plein de fantaisie et d’originalité et s’associent merveilleusement bien au texte. Virginia Wolf est une histoire intelligente et touchante. Et heureusement, elle se termine mieux que la vie de la vraie Virginia.

     

    Virginia Wolf, Kyo MACLEAR & Isabelle ARSENAULT

     

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  • Le groupe, Jean-Philippe BLONDEL« On a tous été secoués. Par toutes les histoires. Les fausses. Les vraies. C’est comme si nous avions été projetés à l’intérieur d’un film très réaliste. Juliette et Camille s’essuyaient les yeux. Boris fixait le plafond pour contrer l’émotion. Mais le plus troublant, c’était Mme Grand. Alors, elle, toutes les digues ont lâché. Elle était carrément en PLS. C’est bizarre de voir un adulte pleurer. »

    Mon avis :

    François Roussel, professeur et écrivain, se laisse convaincre par une collègue d’organiser un atelier d’écriture à l’école, pour des terminales volontaires. Il a toujours refusé de mêler ses deux vies professionnelles mais là, il accepte dubitatif sur l’intérêt des étudiants. Ils seront douze à relever le défi, une heure par semaine.

    Ce roman polyphonique de Jean-Philippe Blondel est largement autobiographique puisqu’il se met en scène dans un exercice qu’il a réellement pratiqué. Lors de l’écriture du roman, il a demandé aux élèves leur autorisation de publier leurs textes et leur a même donné un dernier « devoir » celui de raconter, avec un an de recul, comment ils avaient vécu les mois traversés ensemble. Cinq ont relevé le défi. Une n’a envoyé qu’un texte, le dernier.

    Ce qui m’a touché dans ce récit c’est la justesse des mots employés par les étudiants pour décrire leur quotidien, leurs préoccupations d’adolescents à un carrefour de leur vie. M. Roussel craignait que les élèves ne s’impliquent pas, je pense qu’ils sont allés au-delà de ses espérances, d’où le livre. L’histoire du projet, les exercices, les réactions… tout y est parfaitement retranscrit et nous dévoile peu à peu la personnalité de chacun, sans concession. Tout sonne juste.
    Cet atelier d’écriture et ce livre qui donnent la parole ou plutôt la plume à chacun, tour à tour, témoignent aussi, si besoin en était, de la puissance, du pouvoir de l’écriture sur celui qui en accepte les règles.

    Difficile de savoir où est la fiction, où est le réel. Ecrire, c’est mentir un peu. Mais est-ce important ? L’intime est délicatement rendu, le cheminement de chacun est mis en lumière avec finesse. Les masques tombent peu à peu et chacun en est conscient. Quelque chose de fort les lie désormais. Pour toujours ? Difficile à dire. Mais une chose est sûre, ces cinq mois laisseront des traces dans leur vie.

    Un roman à lire et à faire lire. De bonnes idées d’écriture à puiser pour les enseignants et peut-être, des points de départ pour les jeunes qui voudraient tenter l’expérience.

     

     

     

     

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  • Les Soeurs Hiroshima, Mariko YamamotoHiroshima, 6 août 1945.
    Le soleil brille, les cigales chantent. Akiko, 15 ans et sa grande sœur s’apprêtent à prendre leur petit-déjeuner quand un violent flash de lumière, suivi d’une détonation assourdissante, les surprend brutalement.
    Quand Akiko reprend ses esprits, tout semble irréel. Le soleil n’est plus qu’un disque de papier rouge découpé et collé dans le ciel.

    Mon avis :

    Ce court récit de 140 pages édité chez Bayard est celui d’une journée particulière et funeste dans la vie de deux sœurs vivant à Hiroshima en 1945 : Akiko la cadette de 15 ans et sa grande sœur de 22 ans. Mais c’est aussi le récit de leur complicité, de leurs souvenirs d’enfance, de la vie au Japon avant la guerre…

    En suivant leur errance durant 24h, nous découvrons de l’intérieur l’ampleur de la catastrophe avec des mots choisis. Leur monde est ravagé mais rien n’effacera leurs jeux, leur complicité, leurs secrets et ce qui les a nourries et fait grandir. Même dans l’adversité la plus terrible, les valeurs familiales reçues restent dans leurs préoccupations.

    Ce récit est celui d’Akiko. Une des personnes rencontrées par Mariko Yamamoto auprès desquelles elle a recueilli les souvenirs afin de transmettre la mémoire de ce terrible conflit dans des « récits populaires de guerre ». Il a fallu deux ans pour qu’Akiko parvienne à se confier puis à accepter que ses souvenirs soient publiés. Sa plus grande peur était qu’un tel témoignage ne contribue à relancer une polémique voire un conflit avec les Etats-Unis. La première parution au Japon date de 1973. Le livre a ensuite fait l’objet de nombreuses rééditions car tout le monde s’accorde sur le fait que les jeunes doivent découvrir ce trésor de mémoire que les adultes doivent transmettre dans l’espoir que cela n’ait plus jamais lieu.

    J’ai beaucoup aimé ce récit accessible à tous. Il est juste magnifique. C’est un concentré de bonheurs tout simples, d’émotions et de sourires. Les descriptions sont celles d’une adolescente qui ne comprend pas ce qui lui arrive et raconte ce qu’elle voit et ressent ; ce qu’elle voudrait faire sans y parvenir. Tout est juste.
    On entend encore longtemps après l’avoir terminé la voix de ces deux sœurs.

     

    Merci à Masse Critique et aux éditions Bayard pour cet envoi.

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  • Ne t'attache pas, Morgane BICAILAlexie, seize ans, mène une vie rangée. Ce n’est pas le cas de son voisin, le séduisant et ténébreux Jérémy, qui ne vit que pur le risque et ne tarde pas à l’entrainer dans les défis les plus insensés.
    Mais quel avenir y a-t-il pour une relation placée sous le signe de l’adrénaline et vouée à la clandestinité ?
     

    Mon avis : 

    Il est de ces rencontres qui me font dire que rien n’arrive pas hasard et ce livre en est une. Il est tombé à point nommé, au moment où j’abordais en classe la prise de risque.

    Alexie, 16 ans, fait la connaissance de son voisin Jérémy et tombe rapidement sous le charme de ce mauvais garçon énigmatique et secret. J’ai rapidement compris vers où l’auteure m’emmenait, mais sa force est d’être arrivée à me garder ferrée à l’histoire et à me surprendre.

    Malgré sa jeunesse, Morgane Bicail impressionne par sa justesse de ton et son écriture fluide, sans mièvrerie aucune. On sent dès le départ que cette amitié forte va évoluer et qu’elle risque de déraper. Alexie est trop naïve et sous l’emprise de Jérémie pour pouvoir lui résister et celui-ci, en bon manipulateur, en profite. Pourtant, au départ, Alexie semble être bien dans sa peau, déterminée et lucide. Mais sa gentillesse et sa naturelle candeur ne l’ont pas armé à s’opposer à quelqu’un qui, comme lui, carbure à l’adrénaline et fait de sa vie une prise de risque constante. Parviendra-t-elle à freiner cette mise en danger ou succombera-t-elle, elle aussi, à la tentation de frôler la mort ?

    A l’époque des défis lancés sur les réseaux sociaux, dont la célèbre baleine bleue, il me semble intéressant et utile d’aborder cela dans un roman jeunesse. Certaines scènes auraient cependant pu, à mon sens, amener plus de développement et de réflexion, mais l’ensemble se lit bien et rend le lecteur curieux de connaitre le dénouement. Les personnages sont cohérents, même si Alexie aurait pu être un peu plus consistante, et l’histoire est touchante. Sans doute la jeunesse de l’auteure, elle a 16 ans, y est-elle pour beaucoup mais je pense qu’en vieillissant, elle corrigera d’elle-même ces défauts. 

    En résumé, malgré des points améliorables, j’ai apprécié ce récit et le proposerai à mes élèves qui, j’en suis sûre, y trouveront de quoi s’identifier aux héros.

    Merci aux éditions Lafon pour cet envoi.

     

     

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  • Nous, Patrick ISABELLEDans Nous, on retrouve l’adolescent de « Eux », condamné et incarcéré pour crime. On pénètre avec lui dans le centre jeunesse où il purge sa peine, et, petit à petit, se révèle l’humanité de certains délinquants et intervenants. Malgré la violence qui y règne, on décèle entre ces murs une tendresse contenue, compactée comme de la poudre dans un bâton de dynamite.

    Mon avis : 

    Nous suivons le personnage principal dans sa descente aux enfers. Après avoir été victime de harcèlement trop longtemps, il a un jour pété les plombs et est venu à l’école avec une arme. Il voulait que ça s’arrête, il voulait obliger son agresseur à s’excuser et stopper son acharnement. Mais cela a dérapé.

    Aujourd’hui, le criminel est dans un centre de jeunes délinquants en attendant son procès. Là, il côtoie d’autres jeunes, tous plus fragilisés les uns que les autres, plus sauvages les uns que les autres. En entrant là, on perd son identité, on est « neutralisé ». Chacun porte les mêmes vêtements, se voit raser les cheveux et vit en cellule individuelle, sans fenêtre. On ne se côtoie que dans la salle de classe, pour ceux qui y ont droit. Et là, il faut à nouveau montrer qui on est si on ne veut pas se faire manger. Cercle vicieux.

    Nous sommes immergés dans cet univers carcéral où les jeunes délinquants, parfois très dangereux, sont parqués, parfois oubliés de tous. Le narrateur a encore épisodiquement la visite de son père mais beaucoup ne voient personne. On vit de l’intérieur cet enfermement grâce au récit qu’il nous livre. Car pour résister, calmer ses peurs et sa violence, il écrit. Il noircit des dizaines de pages au fil des jours, confiant son quotidien, son ressenti, ses angoisses et ses petites joies. Il nous présente ses codétenus, les surveillants, le docteur Psycho, son avocate et Sophie. La seule qui est nommée, avec Cynthia la surveillante en chef. Sophie est enseignante et elle pose sur ce jeune un regard différent. Elle l’encourage, le pousse à écrire et développer ses talents. Cynthia, elle, représente le respect de l’ordre, la force. Mais derrière son rôle, on perçoit sa tendresse pour le narrateur, l’espoir qu’elle met en lui, pour qu’il s’en sorte. Cela en ferait au moins un.

    Dans un style dur et épuré, Patrick Isabelle nous plonge dans la noirceur de ces vies d’ados, dans la violence du centre de jeunesse et il y va franco. On s’immisce dans les pensées les plus intimes du personnage principal, ses questionnements et sa profonde détresse. Son passage à l’acte a libéré sa colère et toute la violence qu’il contenait jusque-là. Comment éviter d’y replonger à la moindre provocation ou contrariété ?

     

    Nous, comme Eux, devrait être lu par tous les adolescents. C’est un roman essentiel.

     

     Nous, Patrick ISABELLE2

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