Par argali
/image%2F0649062%2F20260107%2Fob_3df832_l-homme-qui.jpg)
A Gaza, en 2014, un vieil homme veille sur ses livres. Un jeune photographe en résidence découvre cet homme lisant devant sa librairie. Après avoir parcouru un quartier dévasté où ne restent que gravats et carcasses automobiles calcinées, cette rencontre le touche et il sort son appareil pour fixer l’instant. Le libraire l’invite alors à entrer boire un thé avant de prendre cette photo. Julien, le photographe et Nabil le libraire se rencontrent ensuite régulièrement et Nabil se raconte.
Mon avis :
J’ai été touchée par cette lecture qui met en lumière la résistance à travers la littérature et le devoir de mémoire. Nabil est le témoin impuissant de l’histoire d’une région, d’un peuple, lui qui est né d’une mère musulmane et d’un père chrétien et a grandi dans les camps. La culture est sa bouée dans ce monde en tempête permanente, un refuge aussi. Il évoque Levi, Malraux, Hugo, Omar Kayyam et d’autres. Ces auteurs qui l’aident à tenir debout. Julien sera son passeur d’histoire.
Rachid Benzine est parti d’une interrogation : que signifie être un homme bon pendant la guerre ? A travers l’histoire personnelle de Nabil surgit une mémoire collective. Pour l’auteur, la littérature devient un espace intérieur qui permet de résister à la déshumanisation. Elle offre une manière de maintenir la dignité. Elle ne protège pas des bombes mais permet de ne pas se réduire à la seule survie.
J’aurais aimé que son roman soit plus long pour entrer dans certains détails. Mais j’ai aimé les questions soulevées et la vision du monde de ce vieil homme.
Le blog d'Argali © - Hébergé par Eklablog