Par argali
/image%2F0649062%2F20260902%2Fob_2720c0_l-adolescence-du-perroquet.jpg)
Alban, le narrateur, vit une existence solitaire. Orphelin depuis l’adolescence, sans attache, il est animateur à la radio. Un jour, il se retrouve en possession d’un très jeune perroquet gris du Gabon. Cet animal protégé ne peut être détenu et il l’installe clandestinement dans son appartement.
La cohabitation se passe bien, même si l’oiseau est exigeant et ne supporte pas la solitude. Libre autrefois, Alban se voit de plus en plus attaché à Jo, le perroquet, auquel il voue un amour paternel. Il s’émerveille de ses progrès langagiers, de sa subtilité jusqu’au jour Jo entre dans l’adolescence.
Mon avis :
Amélie Nothomb aime l’anodin y trouvant la matière première d’une histoire originale. Et ici, nous sommes servis ! Elle y réexplore un thème déjà évoqué dans « Les Catilinaires », celle de l’intrus s’insinuant dans la maison d’un tiers.
La quatrième de couverture, concise comme toujours, nous avertit : « L’amour n’est pas un dû. ». C’est autour de cette sentence que se déploie la trame de ce conte aviaire. Ce roman évoque l’attachement, la paternité, ses devoirs et ses limites sans jamais basculer dans la farce. En manque d’amour, Alban espère en trouver auprès du gris du Gabon. Mais cette relation semble se construire à sens unique. Derrière les apparences et l’originalité de ce lien, Amélie Nothomb développe une réflexion cruelle sur sur la réciprocité des sentiments. C’est drôle et triste à la fois.
Enfin, le récit fait la part belle au rôle du langage, tant dans son lien avec l’autre, que dans sa symbolique. Qu’il unisse ou isole, le verbe claque, déchire, déstabilise et fascine.
C’est de l’Amélie tout craché, parfaitement maitrisé et c’est bon.
Le blog d'Argali © - Hébergé par Eklablog