Par argali
Depuis Shining, Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi.
Mon avis :
Contrairement au film que beaucoup ont vu sans lire le roman, le livre « Shining » se termine alors que Danny, Wendy et Dick Hallorann ont pu s’échapper de l’hôtel avant son explosion. La dernière page nous dit que Danny et Wendy vivent avec Dick après la mort de Jack.
Partant de là, Stephen King a cherché à savoir ce qu’avait pu devenir Danny Torrance. Ayant grandi dans une famille atypique, dysfonctionnelle, il pouvait devenir délinquant, psychopathe, dépressif, violent… Tout était possible et il a laissé son imagination l’emmener à la rencontre de Danny, adulte, qui à l’aide de ses pouvoirs surnaturels est devenu aide soignant, soulageant les malades en fin de vie.
Jusqu’à l’arrivée d’Abra Stone, le roman m’a semblé se trainer un peu. Plus de cents pages pour planter le décor, estomper les personnages, la trame… c’est long. Même sur un livre de six pages signé Stephen King.
Ensuite, le rythme s’accélère, l’intrigue prend forme et les interventions surnaturelles se multiplient. Stephen King réussit le tour de force de mêler à cette vie ordinaire des fantômes, des morts-vivants, le Don… tout en restant crédible (si, si) et passionnant. Ceci est à souligner car ceux qui me suivent savent combien je déteste les histoires de vampires. Mais estampillée King, ça n’a pas la même saveur, si j’ose dire.
Avec l’arrivée d’Abra, donc, Danny passe du rôle d’élève qu’il avait auprès de Dick Hallorann, à celui de mentor. Il sera pour elle une figure paternelle, rassurante et initiatique.
Comme dans les autres romans de King, on retrouve une description sans complaisance de la culture et de la vie américaines (des retraités qui sillonnent les Etats-Unis en camping-car / la mal bouffe / l’alcoolisme / l’ennui / les petites villes où tout le monde sait tout sur tout le monde…). On retouve bien sûr le thème de l’enfance d’un bout à l’autre ainsi que la confrontation entre le Bien et le Mal. Et par là, la violence qui en découle – dure même s’il ne décrit pas longuement de scène de torture.
De nombreuses citations parsèment aussi ce roman, de Shakespeare à Tolkien en passant par celles des publications des AA.
Je ne pense que ce soit son meilleur roman. « Shining », « Carrie », "Salem",« Le fléau »… ont plus de puissance et à l’époque de leur parution, avaient l’attrait de la nouveauté. Mais King sait indubitablement raconter une histoire et nous embarquer avec ses personnages dans un univers fantastique. Et ce roman abouti fera sans doute date. Une fois passée « l’introduction », on ne peut que se laisser mener par la main, là où il veut et ça fonctionne. On frémit, on pose des hypothèses, on a hâte de découvrir la suite… et les cinq cents pages s’avalent à toute vapeur, sans qu’on y pense.
Pas de coup de cœur mais un très bon moment de lecture avec ce thriller fantastique.
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