Par argali
Iris quarante-deux ans, n’y croit plus. Marc, son compagnon, lui avoue qu’il est homosexuel et qu’Alain, son amant depuis plus de vingt ans, et lui, sont victimes d’un odieux chantage, et risquent de voir diffuser sur internet, des photos d’eux prises dans un motel, où ils se sont retrouvés ensemble.
Iris est inspectrice de police, et travaille pour la cellule de disparition des enfants mineurs, tandis que Marc est inspecteur à la criminelle. En finissant un rapport d’enquête concernant un jeune adolescent, elle constate que les données recueillies, sont incomplètes. Elle en informe de suite, la Directrice judiciaire Josée Darcy, sa supérieure hiérarchique. Le procureur Lionel Cassandre, est en charge du dossier.
Un poste d’Inspecteur à la brigade des mœurs se libère, et Iris l’accepte. Dorénavant, elle va devoir collaborer avec Lionel, sur cette affaire.
Mon avis :
J’ai découvert ce roman d’une jeune auteur belge, autoéditée, lors d’un salon du livre de ma région. L’enthousiasme de l’auteure lorsqu’elle m’a présenté ses personnages et le sujet de ce policier m’ont poussée à l’acheter. Ayant eu l’occasion de découvrir de petits bijoux de l’autoédition, avec feu les agents littéraires, je me suis lancée sans hésitation.
J’aime qu’on me raconte une histoire, qu’on m’embarque dans un univers, et en cela, l’auteure a atteint son but. L’écriture de Michèle Hardenne est agréable, le style fluide, sans artifice inutile, se lit bien et les pages se tournent sans effort. Les personnages sont attachants (mention spéciale pour Henri) et dès le départ, on a envie de savoir ce qui va leur arriver. Mais…
Je regrette qu’assez vite, ce roman présenté comme un policier se transforme en romance. Il est construit, en fait, en trois parties. La première plante le décor, le commissariat, les collègues, les relations des uns et des autres, le couple Marc-Iris, et l’enquête sur laquelle travaille cette dernière. Arrive ensuite l’élément perturbateur : Marc dévoile à Iris son homosexualité, le chantage dont il fait l’objet et lui annonce qu’il l’aime mais qu’il la quitte. S’ouvre alors la deuxième partie où Iris, en vacances dans le sud de la France, essaie de se remettre de cette désillusion. Elle rencontrera une série impressionnante de personnes, toutes plus attachantes les unes que les autres, qui chercheront à l’aider et à lui faire oublier ses blessures. Enfin, dans la troisième partie, Iris retournée au travail, reprendra le dossier qu’elle traitait avant son congé et mènera l’enquête à son terme.
Personnellement, je regrette que la majeure partie de l’histoire se focalise sur Iris, ses amours, ses déceptions, ses doutes, ses espoirs… Ce n’est pas ce que j’attends d’un policier, même si j’apprécie que les inspecteurs ne soient pas déshumanisés et obsédés par leur boulot. Mais vraiment, j’aurais préféré plus d’enquête, de suspens et moins de romance.
Ensuite, je trouve Iris trop lisse, trop gentille, trop belle… trop. Sa réaction lorsqu’après dix ans de vie commune, Marc lui annonce son homosexualité qu’il lui a toujours cachée, n’est pas du tout plausible. Pour avoir vécu cette situation autour de moi, je peux affirmer que c’est un choc, voire un traumatisme. Et que si, plus tard, cela peut se passer très bien, il faut longtemps pour que la femme trompée se remette d’une telle révélation et se reconstruise. C’est humain, tout simplement. De même, les nombreuses rencontres qu’elle fera seront toutes agréables, joyeuses, respectueuses, chaleureuses… C’est trop beau pour être vrai. L’héroïne n’a aucun défaut. J’ai eu du mal à y croire.
Enfin, et je sais hélas que c’est le lot de beaucoup d’ouvrages autoédités, j’ai été gênée après la moitié du livre, par de nombreuses fautes d’orthographe et de concordance des temps. A force de se relire, on ne voit plus les erreurs, on connait presque le texte par cœur. C’est là une des grandes difficultés pour les auteurs qui publient hors des maisons d’édition. Je le comprends mais cela a vraiment perturbé ma lecture.
Je pense cependant que l’auteur a du talent et mériterait d’être entourée, guidée dans les phases d’écriture. C’est là qu’on sent toute l’importance de la relecture et de l’encadrement que seules les maisons d’édition peuvent proposer. Mais il n’est pas simple de débuter dans le métier.
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