Par argali
En mars 1886 en Belgique, alors que mineurs et verriers se révoltent dans le bassin de la Sambre, l'orchestre philharmonique de Berlin donne un concert à Bruxelles. Lena, une jeune harpiste, rencontre Lazare, un souffleur de verre. Avec lui, elle se retrouve impliquée dans un recel de formules secrètes. Elle doit fuir en Amérique où elle sera nomade parmi les saltimbanques.
Mon avis :
Sur fond de conflits sociaux, cette histoire d’amour nous plonge dans une des pages les plus noires de l’histoire de la Belgique. Infiltrés par des agitateurs à la solde de la bourgeoisie, les ouvriers du Borinage vont voir leurs manifestations dégénérer en massacre, leurs revendications légitimes foulées au pied et leur honneur bafoué. Que faire ? Baisser la tête une fois de plus ou lutter jusqu’à la mort ?
C’est dans ce climat d’insurrection que Lena, jeune bourgeoise de Berlin, découvre notre pays et tombe éperdument amoureuse. Mais rien ne sera épargné à cette jeune femme déterminée et rebelle qui restera fidèle à cet amour quoi qu’il lui en coûte.
Ecrivain, poète et… sculpteur sur verre, Bernard Tirtiaux mêle ici poésie et roman naturaliste, amour et misère, fidélité et trahison avec autant de virtuosité que son héroïne lorsqu'elle joue de la harpe. Sa plume alerte trempée dans l’histoire de son terroir parle aux âmes autant qu’aux cœurs. Excellent conteur, il nous emmène de Berlin à Bruxelles, de Charleroi à Montréal, de New-York à Berlin et on se laisse guider de péripétie en péripétie, glissant nos pas dans ceux de Lena.
J'ai beaucoup aimé ce récit poétique qui est aussi un récit sur l'exclusion, quelle qu'elle soit.
Entre rêve et réalité, les amateurs de belles histoires apprécieront ce roman si joliment écrit.
J'ai eu la chance d'assister à un récital poétique au sujet de ce roman. Vous pouvez lire le compte rendu ICI
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