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Malgré tout ce qui nous sépare, Sophie TALMEN

1944. L’île de Groix est occupée par l’armée allemande et des chambres sont réquisitionnées chez l’habitant pour loger des officiers.

La vie est dure pour les iliens qui restent, essentiellement des femmes et des enfants. Rose vit seule avec son père handicapé. Elle est la seule sage-femme de l’ile. Elle est contrainte de partager sa petite maison avec deux médecins qui travaillent au lazaret, l’hôpital militaire allemand. La cohabitation est difficile et son père, blessé de la Première Guerre n’y est pas étranger. Après des journées harassantes où elle parcourt Groix pour mettre au monde, soigner, suivre l’évolution des bébés, elle rentre et ne peut se reposer, toujours sur le qui-vive et en vigilance maximum.
Heureusement, on dit que la fin de la guerre est proche…

Dans ce tumulte, Rose se voit confier une gamine de 4 ans, Simonne. Dès sa naissance, elle a senti qu’elle n’était pas désirée dans sa famille. Cinquième enfant après 4 garçons, elle était la bouche de trop à nourrir. Sa courbe de croissance a toujours été mauvaise, son poids en deçà de la norme et la fillette manquait de soin. Rose n’a pas été surprise qu’en partant pour le continent, sa famille la lui confie comme un colis encombrant.

Mon avis :

Ce roman est le premier que je lis de Sophie TalMen, neurologue et écrivaine bretonne. J’ai beaucoup aimé le contexte historique, le lieu et ce que l’on apprend sur le métier de sage-femme dans les années 40. Il est rare que les filles de l’époque fassent des études. On sent que la vie rude du père de Rose l’a poussé à donner à sa fille une chance de vie meilleure. De plus, un seul médecin officiant sur l’ile, c’était précieux pour les Groisillons de pouvoir compter sur une femme lors des accouchements.

Sophie TalMen dose parfaitement le côté historique du récit, la vie sous l’occupation, les dangers qui guettent, le quotidien réduit à la survie et les relations des personnages entre eux. On s’attache très vite à Rose et à Simonne. On est pressé de savoir comment elles vont évoluer, ce qui va leur arriver.
Porté par une plume fluide, ce récit lumineux renoue avec les codes d'un humanisme historique accessible à tous. L’émotion est présente et Rose devient sous nos yeux une figure de courage ordinaire, qui avance comme elle peut entre devoir, colère et compassion.

A la fin du livre, on apprend que Simonne existe et qu’elle est une patiente de Sophie Tal Men. Elle lui a un jour raconté son enfance sur l’île de Groix et de là a germé chez l’écrivaine l’idée d’un roman. Elle s’est ensuite documentée sur la vie de l’île pendant la guerre, aidée par un historien de Groix et le journal intime de la grand-mère d’un ami libraire. Une belle façon de faire mémoire du passé afin qu’il ne tombe pas dans l’oubli.

 

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E
Je ne crois pas avoir rien lu d'elle non plus. Celui-là serait peut-être un bon début !
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A
C'était une découverte pour moi aussi.
P
J'ai lu 2-3 romans de cette auteure. Le dernier que j'ai lu, je n'ai pas aimé. J'ai abandonné l'auteure. Celui-ci pourrait peut-être me réconcilier avec elle.
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